Christian Churches of God
No. 121
(Édition
1.1 19950624-19991009)
L’usage de ce texte par les binitariens est ici examiné et démontré erroné.
L’exposé de l’hérésie du Pouvoir Duel est démontré faux. Ce document examine
la prophétie de ce texte relativement au Messie et à sa relation avec Dieu.
Christian Churches of God
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ã 1995, 1999 Wade Cox)
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Michée 5:2-3 [121]
Nous comprenons que le texte de
Michée 5:2-3 subit une interprétation erronée de la part des ministres
binitariens afin de justifier le binitarisme ou l’hérésie du Pouvoir Duel
comme on l'appelait autrefois.
Cette doctrine soutient
l'existence de deux Dieux coéternels dans les cieux, qu'on les considère ou
non comme coégaux à l'instar du trinitarisme. Une telle hérésie porte
logiquement atteinte à l'omnipotence divine et tente de nier la portée des
textes de Jean 17:3 et de 1 Jean 5:20, lesquels affirment qu'il n'existe
qu'un
Seul Dieu Véritable et que
Jésus-Christ est Son fils.
Jean 17:3 Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul
vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. (LSG)
1Jean 5:20 Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et qu’il nous a
donné l’intelligence pour connaître le Véritable ; et nous sommes dans le
Véritable, en son Fils Jésus-Christ. C’est lui qui est le Dieu véritable, et
la vie éternelle. (LSG)
Ce texte est traduit afin de
laisser entendre que l'expression le Véritable Dieu, et la vie éternelle
pourrait s’appliquer au Christ, ce qui n'est point le cas. En outre, les
commentaires de la Bible Douay-Rheims (par exemple, celui de Haydock)
s'efforcent de soutenir que l'article défini, employé ici pour désigner le
Seul Dieu Véritable se réfère au Christ, ce qui est inexact.
Le Vrai Dieu est le Seul Dieu
Véritable et Il n'est point Jésus-Christ qu'Il a envoyé. Nul homme ne L'a
jamais vu, et nul ne peut Le voir (Jean 1:18). Lui seul est immortel. Il
n'est visible qu’en Esprit.
1Timothée 6:13-16 Je te recommande, devant Dieu qui donne la vie à toutes
choses, et devant Jésus-Christ, qui fit une belle confession devant Ponce
Pilate, 14 de garder le commandement, et de vivre sans tache,
sans reproche, jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus Christ, 15
que manifestera en son temps le bienheureux et seul souverain, le roi des
rois, et le Seigneur des seigneurs, 16 qui seul possède
l’immortalité, qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni
ne peut voir, à qui appartiennent l’honneur et la puissance éternelle.
Amen ! (LSG)
Remarquons ici que c'est Dieu
qui donne la vie à toutes choses. Il est le bienheureux et seul Souverain,
le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs. Lui seul possède
l'immortalité. Par conséquent, Lui seul octroie la vie à toutes choses.
C’est ainsi que Lui seul donna la vie au Christ.
Soutenir que le Christ soit
coéternel frappe au cœur même de la souveraineté du Seul Dieu Véritable, et
relève du polythéisme. Christ a été élevé pour devenir le Fils de Dieu
investi de puissance par sa résurrection d'entre les morts (Romains 1:4).
L'affirmation selon laquelle Michée confèrerait également l’éternité au
Christ tend à nier le texte de 1Timothée 6:16, établissant que Dieu seul est
immortel. Une telle allégation est une dénaturation de l'Écriture.
Examinons le texte.
Michée 5:2-3 Mais toi, Ô Bethléhem Ephrata, qui est petite parmi les clans
de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit être le dominateur en
Israël, et dont l’origine est des temps de jadis, des jours anciens. 3
C’est pourquoi il les livrera jusqu’au temps où enfantera celle qui doit
enfanter, et le reste de ses frères reviendra auprès du peuple d’Israël.
(Traduit de la RSV)
Cette affirmation est basée sur
le texte de la KJV, dont la formulation rend ladite interprétation possible.
Michée 5:2-3 Et toi, Bethléem Éphrata, bien que tu sois petite entre les
milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit être dominateur en
Israël, dont les activités remontent aux temps anciens, depuis l'éternité. 3
C'est pourquoi il les abandonnera jusqu'au temps où celle qui travaille en
enfantement aura enfanté ; alors le reste de ses frères reviendra auprès des
enfants d'Israël. (KJV)
Le texte y est traduit par :
whose goings forth have been from old, from everlasting [dont les
activités/sorties remontent aux temps anciens, depuis l'éternité].
La RSV, quant à elle, restitue
ainsi le texte : Whose origin is from old, from ancient days [dont
l'origine remonte aux temps anciens, aux jours d'autrefois]. Ainsi, la
construction d'éternité repose sur le terme
everlasting de la KJV, ce qui s'avère une tournure
par trop fragile de la langue anglaise.
Le texte est ainsi traduit dans
la Bible Interlinéaire :
Et toi, Bethléem Ephrata, qui est moindre parmi les milliers de Juda, de toi
Il sortira vers Moi, pour devenir le Dirigeant en Israël, et Son origine
remonte aux temps anciens, depuis les jours de l'éternité.
L’expression depuis les
jours de l'éternité est la traduction de deux mots hébreux. Le premier
est miymy (*/*/) dérivé de SHD 3117 yowm (.&*) signifiant un jour (ou ces jours), du
lever au coucher du soleil, et issu d'une racine inusitée signifiant être
chaud. Le second terme est le SHD 5769 'owlawm (.-&3) lequel signifie caché ou jusqu'au point de fuite. Il désigne
un temps immémorial ou par extension, pratiquement l'éternité
(selon le dictionnaire Strong) d’où les sens de toujours, depuis
les temps anciens, etc. En aucune manière ce texte ne saurait être
interprété comme conférant l'éternité à un être subordonné au Seul Dieu
Véritable. On peut déduire de ce passage la préexistence du Messie depuis
les temps anciens, mais il ne lui octroie nullement la coégalité ni la
coéternité avec Dieu. En vérité, l’on discerne dans ce texte que le Messie
sort pour Dieu, ce qui exclut toute coégalité. Prétendre qu’un être
soit éternellement coexistant avec le Seul Dieu Véritable revient à
contester Son omnipotence.
L’édition Soncino traduit
Michée 5:1[2] par Dont les issues, sont dès l’ancienneté, dès les
jours anciens et interprète le texte ainsi :
Issues [origines] : i.e. le lignage.
dès les jours anciens.
Il est possible que cette formulation ait donné naissance à la doctrine
juive postérieure selon laquelle le Messie existait dans l'esprit de Dieu
depuis des temps immémoriaux, s'inscrivant dans le dessein du Créateur dès
l'initialisation de l'univers. Dans le Talmud, le nom du Messie figure parmi
les sept choses créées avant que le monde ne fût amené à l'existence.
Dieu seul habite l'éternité.
Ésaïe 57:15 Car ainsi parle le Très-Haut, dont la demeure est éternelle et
dont le nom est saint : J’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté ;
mais je suis avec l’homme contrit et humilié, afin de ranimer les esprits
humiliés, afin de ranimer les cœurs contrits. (LSG)
Ce mot pour l'éternité est SHD
5703 'ad ($3) qui véhicule le concept de terminus et,
par implication, d’une durée au sens de perpétuité, d’où éternité ou
(à) jamais. Ce concept s’étend, comme nous le constatons, à quiconque
possède un esprit contrit et humble afin de ranimer l'humble et le contrit.
Dès lors, cette capacité d'habiter l'éternité s'avère une fonction déléguée
aux individus pour opérer leur salut. Le mot’owlawm ou olam
n'est point utilisé ici. On retrouve en revanche’owlawm pour
qualifier les rites physiques, dont nous savons qu'ils ne sont pas
spirituellement éternels. L'épithète éternelle appliquée à l'alliance
éternelle dans Genèse 9:16 ; 17:7-8,13,19 est également utilisée pour le
Dieu de l’éternité dans Genèse 21:33.
Genèse 21:33 Abraham planta des tamariscs à Beer-Schéba ; et là il invoqua
le nom de l’Éternel, Dieu de l’éternité (LSG)
Pourtant, nous savons que ni la
chair ni la terre ne sont éternelles,
que ce fût au
commencement ou à travers les âges. Ainsi, l'usage de ce terme n'implique
nullement une coéternité avec le Seul
Véritable Dieu. En vérité, si le Messie était
coéternel, il ne saurait être le Fils, puisque rien ne pourrait se fonder
sur une telle relation. De surcroît, l'existence de fils multiples dès la
fondation du monde exigerait, sous le prisme d'une coéternité de la
filiation, d'embrasser le polythéisme. Christ, en tant qu’un elohim, avait
des compagnons (Hébreux 1:8-9 cf. Ps. 45:6-7). Il fut oint elohim par
Son elohim. L'affirmation propre à l'hérésie du pouvoir duel est
quasi-Hénothéiste (Cela implique le culte des anges en postulant l’éternité
de leur existence indépendamment de Dieu). Prétendre que Dieu, en tant
qu'Elohim, se cantonne à deux entités implique nécessairement que l'un des
elohim fût l'Ange de Yahovah, puisque Zacharie 12:8 affirme catégoriquement
que l'Ange de Yahovah était un elohim.
Zacharie 12:8 En ce jour-là, l’Éternel mettra un bouclier sur les habitants
de Jérusalem, et le plus faible parmi eux en ce jour-là sera comme David ;
et la maison de David sera comme Dieu, comme l’ange de l’Éternel, à leur
tête. (traduit de la RSV)
Zacharie 12:8 En ce jour-là, l’Éternel protégera les habitants de Jérusalem,
et le faible parmi eux sera dans ce jour comme David ; la maison de David
sera comme Dieu, comme l’ange de l’Éternel devant eux. (LSG)
Ce texte démontre que la maison
de David sera comme Elohim, comme l'Ange de Yahovah (traduit par
l’Éternel/le Seigneur), devant eux ou à leur tête.
L’édition Soncino restitue ici elohim par un être divin. Il
est ainsi entendu que le terme elohim s'étend à d'autres.
C’est le Messie qui est à la
tête de la Maison de David. L'être divin, ou la tête (chef), qui marche
devant les élus en tant que l'Ange de Yahovah est donc le Messie. À aucun
moment il n’est sous-entendu que la maison de David ou l’Ange de l’Éternel,
du fait d'être ou de devenir elohim, fussent coéternels avec Eloah,
qui est Dieu le Père (Prov. 30:4-5). Eloah seul est l'objet de l’adoration
du temple (Esdras 5:1-8), qui était Son temple (Esdras 6:16-18). Eloah était
l'objet des sacrifices (Esdras 6:9-10), le Dieu du ciel et la source de la
Loi (Esdras 7:14). L'affirmation selon laquelle Michée 5:2-3 confèrerait la
coéternité procède d’une déformation du passage, isolée du reste des textes
qui réfutent une telle position.
Il est fondamental d’examiner
le concept de coéternité. La coéternité exige que le Messie fût un autre
Dieu, ayant existé indépendamment du Seul Véritable Dieu. Dès lors, il
faudrait faire fi des textes affirmant l'existence du Seul Véritable Dieu.
Il y aurait, en fait, deux Vrais Dieux, alors que les Écritures stipulent
qu'il n'y a qu'un Seul Véritable Dieu (Deut. 6:4 ; Jean 17:3.). S'il n'y a
pas Deux Vrais Dieux, alors l'un des êtres dépend de l'autre pour son
existence. L'un est par conséquent Dieu, et l'autre est une création ou une
génération de ce Dieu.
Tout comme le fils est une
génération du Père, le fils est également un produit du Père. Il existe de
multiples fils de Dieu depuis le commencement (Job 1:6 ; 2:1 ; 38:4-7),
lesquels sont les compagnons du Christ (Psaume 45:6-7; Héb 1:8-9). Ainsi,
Dieu devint de la même manière un Père dès leur génération. L’édition
Soncino identifie le Psaume 45:7[8] comme messianique. Kimchi déclare :
L’huile était le symbole de la joie (Ésaïe lxi. 3) et le psalmiste entend
par là que Dieu, en oignant le Messie comme Son roi, l’élèvera au-dessus des
autres et générera une joie universelle.
Ce royaume des multiples fils
de Dieu est ce qui est décrit comme étant un royaume éternel (Psaume 145:13)
bien qu'il ne fût point
coéternel avec Lui. L’alliance de Dieu avec Abraham était une alliance
perpétuelle ou éternelle ('owlawm) (Ps. 105:10) ; pour autant, cela
n’implique nullement une coéternité avec Dieu. Le Psaume 93:2 stipule que
l’Éternel existe de tout temps (depuis l'éternité). Le concept de ce texte a
trait au règne de Dieu. Le règne de Dieu était de toute éternité (remonte
au commencement des temps ; Soncino), alors même que les sujets
restaient à créer. Ce concept a été compris à partir d’Ésaïe 9:6 sous les
vocables d’Admirable (Merveilleux), Conseiller, Dieu (El) puissant, Le Père
éternel, Le Prince de la Paix. Les termes Admirable et Conseiller sont
restitués dans la Septante (LXX) par Le Messager du Grand Conseil
(Megales boules aggelos). Le terme de puissant El ne confère ni égalité
ni identité avec Eloah ou Dieu. Pas plus que le terme de Père éternel
ne confère une identité avec et comme Dieu le Père. Il existe de nombreuses
paternités dans les cieux et sur la terre. Chacun tire son nom de Dieu le
Père (patria, Éph. 3:15). Christ se voit accorder la paternité de la
race humaine. Christ n'a pas toujours été un Père éternel, d'où le fait que
ce titre lui ait été conféré. Le terme
ne véhicule donc point d'immortalité autre que celle dérivée de Dieu. Le
texte est ainsi rendu dans l’édition Soncino ( (Ésaïe 9:5[6]) :
Et son nom est appelé Pele-joez-gibbor-Abi-ad-sar-shalom.
La Soncino déclare :
La signification des mots en hébreu est ‘Admirable en conseil est Dieu le
Puissant, le Père Éternel, Le Souverain de la Paix.’ L'enfant portera ces
noms significatifs afin de rappeler au peuple le message qu’ils incarnaient
(Arbarbanel).
Le texte est ainsi considéré
comme véhiculant une autorité déléguée. Que le texte soit tenu pour
messianique ou non, le résultat relève toujours d'une autorité déléguée. En
expliquant le passage qui suit ce verset, à savoir dès maintenant et pour
toujours, Rachi affirme que le mot hébreu olam désigne également
une durée considérable. Cette explication procède d’une tentative de
circonscrire le texte au règne d’Ézéchias. Néanmoins, l'explication de sa
signification s'avère utile.
On peut donc voir
que l’usage de Michée 5:2-3 pour conférer la coéternité au Messie, et par là
même soutenir le Binitarisme ou l’hérésie du Pouvoir Duel, constitue une
atteinte à l’omnipotence de Dieu et une entorse à la structure du
Monothéisme. C'est faire fi d'une multitude d'Écritures explicatives
majeures qui démontrent le caractère erroné d’une telle interprétation.
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