Les Églises Chrétiennes de Dieu

[179]

 

 

 

Le Cantique de Moïse

dans Exode 15 [179]

 

 

(Édition 1.0 19981110-19981110)

 

Ce commentaire est sur le premier des deux cantiques de Moïse dans le Pentateuque. Il concerne la délivrance d'Israël. Le deuxième de ces textes est dans Deutéronome 32.

                                          

 

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(Copyright © 1998 CCG, Thomas McElwain, éd. Wade Cox)

(Tr. 2011)

 

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Le Cantique de Moïse dans Exode 15 [179]

  

L'étude qui suit est à la fois inhabituelle et très personnelle. L'auteur s’est approché du texte avec un certain degré d'érudition, mais n'a pas épuisé les sources scripturaires pour leur contemplation, ni non plus n’a examiné de nombreuses facettes culturelles et historiques ouvertes à son interprétation. Il a choisi avec parcimonie parmi les autres textes qui l’éclairent. La majorité de l’emphase est mise sur un examen philologique combinée à une contemplation des mots. 

 

Exode 15:1 Alors Moïse et les enfants d’Israël chantèrent ce cantique à l’Éternel. Ils dirent : Je chanterai à l’Éternel, car il a fait éclater sa gloire ; Il a précipité dans la mer le cheval et son cavalier. 

 

Le cantique en lui-même commence après la respiration. C’est utilisé à nouveau comme un refrain de réponse au rythme d'un tambourin au verset 21. Cela montre que le premier verset est le thème central du cantique, le triomphe glorieux du Seigneur. Le cantique est en commémoration de la délivrance du peuple de l'Égypte et de l'attaque du Pharaon à la Mer Rouge. Bien que de nombreux événements de délivrance soient décrits dans les Écritures, celui-ci reste le modèle sur lequel des siècles de croyants se sont penchés. Ce cantique de la délivrance est chanté par ceux qui ont reçu la victoire sur la Bête et son image dans Apocalypse 15:3, à moins que la référence ne soit du Cantique de Moïse dans Deutéronome 32.

 

Note : Le Cantique de Moïse est écrit tant à la fois dans le texte d’Exode 15:1-19 que dans celui de Deutéronome 32:1-43, et ils sont les deux à la fois comme un témoignage à Israël au sujet de la Loi de Dieu et de Ses actions.

 

Le cantique est clairement adressé à YHVH, le nom étant mentionné deux fois dans le verset. La glorieuse victoire peut ne pas sembler si grande aujourd'hui, mais il est bon de rappeler que la machine de guerre égyptienne était le sommet à l'époque. Le message est que la victoire militaire de Dieu est au-dessus du meilleur équipement utilisé contre les gens avec absolument rien. La séparation de la mer a été pensée pour être les effets naturels du vent et de marée dans la région, et en effet, de tels phénomènes sont censés avoir eu lieu là. La différence entre un événement naturel et miraculeux est essentiellement une question de perception humaine. Sûrement, le maintien de l'univers est assez miraculeux, et beaucoup plus grand que la séparation de la mer. Pourtant, les gens vaquent à leurs affaires sous la merveille des cieux ouverts, sans leur accorder une pensée. Si en effet l'événement était celui qui se produisait de temps en temps, son temps alloué serait si opportun pour être providentiel dans l'expérience d'Israël. Cela a certainement été traité comme étant une puissante intervention divine par l'ancien Israël et dans les Écritures.

 

Exode 15:2 L’Éternel est ma force et le sujet de mes louanges ; C’est lui qui m’a sauvé. Il est mon Dieu : je le célébrerai ; Il est le Dieu de mon père : je l’exalterai. 

 

Ce verset est extrêmement riche en informations au sujet de Dieu, et pourtant il ne dit presque rien de ce que Dieu est intrinsèquement et en Lui. Tout est par rapport à l'humanité. La réalisation que Dieu est ma force est de constater que je ne peux rien faire mais tout ce qui est fait vient de Dieu. Il n'y a aucune force qui a la capacité de le faire, excepté Dieu. La profondeur de la dépendance humaine sur Dieu et de la proximité divine à l'humanité est au-delà de l’imagination.

 

Dieu est mon cantique, ou plus littéralement Psaume. Les Psaumes sont appelés l'habitation de Dieu, dans les Psaumes (voir Ps. 22:3). Dieu est ici le Psaume. Si une personne devait faire une telle déclaration aujourd'hui, la plupart des gens la trouveraient blasphématoire. La vérité est que Dieu est au-delà des recherches, et tout ce qu'un être humain rencontre n'est pas Dieu dans Son essence, mais une habitation, un mode de révélation adaptée aux limites humaines. Aucun homme n'a jamais vu Dieu ou ne peut le voir (Jean 1:18 ; 1 Tim. 6:16). Il se révèle Lui-même à travers l'Esprit Saint. Par conséquent, dans l'expérience humaine, le Psaume à travers lequel Dieu se révèle au cœur humain est tout ce qu’un être humain peut connaître de Dieu. Le Psaume est Dieu. L'échec historique de le réaliser a signifié que le Judaïsme s’est développé au-delà du Siddur primitif ou livre d’adoration qu’est le livre des Psaumes, pour passer version après version des livres liturgiques. Le Christianisme est peut-être allé encore plus loin. L’Écriture Sainte est le seul véritable texte pour l’adoration en plus des prières spontanées, du témoignage et de l'exhortation. Non seulement les Psaumes mais aussi d'autres portions de l'Écriture, comme le livre de l'Apocalypse, sont clairement écrits avec l'intention à être récités et entendus comme adoration. Si l'Écriture est l'incarnation de Dieu, alors il peut être soutenu que, remplacer le livre des Psaumes par un recueil de cantiques c’est remplacer le Dieu des Écritures par une idole.

 

Dieu devient le salut. C'est un processus en quatre étapes. Cela commence par la reconnaissance de Dieu comme la force qui est la dépendance humaine complète sur Dieu et la relation la plus étroite possible avec Lui. La deuxième étape est la réalisation que l'Écriture est Dieu dans la mesure où les humains peuvent connaître Dieu tel que révélé par l'Esprit Saint. La troisième étape est le salut par le biais de l'habitation de l'Esprit Saint comme Dieu avec nous. La quatrième étape définit le salut : Il est mon Dieu.

 

L'état du salut est ensuite décrit. Cela est de construire une habitation pour Dieu, qui est de chanter les Psaumes de la délivrance, les louanges d'Israël qui sont Sa demeure. Dieu a choisi d'habiter dans les élus en tant qu’Israël. Ils deviennent ainsi le Temple de Dieu. La récitation de la musique inspirée de la Bible par l'Esprit Saint dans l’adoration est effectivement de construire le Temple de Dieu. Les temples de l'homme sont liés à une place, et sont donc capables de monopole et éventuellement de corruption et de manipulation. Le temple de Dieu est fait de Fils de Dieu engendrés de l’Esprit adorant les jours de Sabbat, ce temple démocratique, fugace et insaisissable qui vient également en haut et en bas par l'habitation de l'Esprit Saint, et contient aussi la présence de Celui qui est Invisible. Enfin, le temple de Dieu est fait de récitation de l'Écriture, des louanges d'Israël, à nouveau potentiellement disponibles pour tous ceux qui ont une voix, un œil, une oreille, ou un esprit. Je L’exalterai est un parallèle, une répétition de la pensée que je Lui bâtirai une habitation.

 

L'apôtre Paul a sans doute atteint le summum contemplatif de la vérité inimaginable contenue dans ces expressions quand il a déclaré que les corps des élus dans le Christ sont le temple de Dieu. L'Apôtre Pierre est allé directement au cœur de la vérité en disant : “Grâce à ces choses, il nous a accordé librement des promesses précieuses et les plus grandes afin que vous deveniez par elles des participants de la nature divine” (2Pierre 1:4). 

 

Exode 15:3 L’Éternel est un vaillant guerrier ; L’Éternel est son nom. 

 

L'hébreu en fait utilise le mot iish ou homme en référence à l'Éternel. Ce serait d’interpréter les Écritures contrairement à elles-mêmes que d'attribuer l'humanité à Dieu de quelque façon que ce soit. Nombres 23:19 déclare clairement : Loo iish Eel, Dieu n'est pas un homme. L'expression pourrait être une référence elliptique à l'ange de l'Éternel, mais le contexte semble clair que le verset parle de Dieu Lui-même. En hébreu, il n'est pas permis de séparer les deux mots d'une construction d'expression, et celle-ci en est une d’entre elles. Ce qui doit être analysé, c’est la phrase entière iish milhaamaa, homme de guerre. En tant que tel, la phrase ne concerne pas l'humanité ou son absence d’elle. Elle se concentre sur la fonction militaire. Dans ce cas-là, la fonction militaire en est une de salut. L'expression a la signification que Dieu sauve.

 

La dernière moitié du verset révèle le nom de Dieu. De connaître le nom ou la réputation d'une personne (en hébreu le mot recouvre deux significations) donne accès à ce que cette personne peut faire en sa faveur. L'humanité a besoin de délivrance quelquefois, et connaître le nom de Dieu, c'est de savoir où se tourner, et d’avoir la possibilité de se tourner vers Lui. 

 

Exode 15:4-10

Il a lancé dans la mer les chars de Pharaon et son armée ; Ses combattants d’élite ont été engloutis dans la mer Rouge.

Les flots les ont couverts : Ils sont descendus au fond des eaux, comme une pierre.

Ta droite, ô Éternel ! a signalé sa force ; Ta droite, ô Éternel ! a écrasé l’ennemi.

Par la grandeur de ta majesté Tu renverses tes adversaires ; Tu déchaînes ta colère : Elle les consume comme du chaume.

Au souffle de tes narines, les eaux se sont amoncelées, Les courants se sont dressés comme une muraille, Les flots se sont durcis au milieu de la mer.

L’ennemi disait : Je poursuivrai, j’atteindrai, Je partagerai le butin ; Ma vengeance sera assouvie, Je tirerai l’épée, ma main les détruira.

Tu as soufflé de ton haleine : La mer les a couverts ; Ils se sont enfoncés comme du plomb, Dans la profondeur des eaux.  

 

La description de l'événement à la Mer Rouge est impressionnante et même les sons de celui-ci avaient un fort effet. La difficulté principale de ce texte est la description anthropomorphique de Dieu. Une grande partie de ceci peut s'expliquer par les habitudes de l’ancien hébreu d’utiliser les mêmes mots pour le concret et l'abstrait. Un étranger à l'ancienne culture reçoit une plus forte impression de l'anthropomorphisme et du concret que l'original a suggérée. Une illustration est dans le premier mot de ce passage, “ta main droite.” Que Dieu ait une main droite réelle ou pas, le texte ne l’implique en aucun cas. L'expression hébraïque “main droite” ou “main” signifie “force” ou “pouvoir” tout autant qu’une main physique. De choisir l’un ou l’autre revient à l’interprétation, et aucune n’est une traduction plus littérale que l'autre.

 

L'esprit habitué à traiter les attributs métaphysiques de Dieu éprouve des difficultés avec les expressions anthropomorphiques, mais ce n'est qu'un pur préjugé. Le mot “majesté” dans le verset sept est tout aussi difficile, même si le lecteur le saute sans remarquer le problème. Le mot g'oon vient d'un verbe signifiant s’agrandir. La métaphore de la hauteur est transférée à la fierté et l'excellence. Attribuer à Dieu la hauteur est de déterminer Dieu dans l'espace, ce qui est tout aussi gênant en fait que l’anthropomorphisme.

 

La réponse à ces deux problèmes est simplement de reconnaître que le langage humain n'est pas capable d'exprimer l'essence de Dieu. Par conséquent, nous ne devrions pas prendre ses expressions comme essentielles à Dieu. Elles sont là pour le but de révéler Dieu, dans Sa relation à l'humanité, et non pas dans Sa nature essentielle. Et à cette fin, elles sont tout à fait adéquates, en effet, merveilleuses.         

 

Exode 15:11-12

Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel ? Qui est comme toi magnifique en sainteté, digne de louanges, opérant des prodiges ?

Tu as étendu ta droite : La terre les a engloutis.

 

Ce passage commence par la question : Qui est comme Dieu ? L'expression n'est pas sans rappeler le titre de l'ange de l’Éternel tel que noté dans Daniel 12:1: Et à ce moment-là se lèvera Michel ... et Daniel 10:13,21. Il y a onze figures humaines dans la Bible qui portent également le nom. Le sens du nom est de rappeler que nul n'est semblable à Dieu, en posant la question rhétorique. Certains des aspects anthropomorphiques qui sont apparemment appliqués à Dieu dans la Bible peuvent en effet se référer à l'ange de l’Éternel qui est clairement le moyen d’expression de la révélation dans un certain nombre de passages (Genèse 16:7, 22:11 suiv. et al.) et fort probablement dans beaucoup d'autres.

 

Il y a une certaine consistance en interprétant les paroles de Jésus dans Jean 8:58 (Avant qu'Abraham fût, je suis) comme une revendication d’être cet ange de l’Éternel incarné. L'ange de l’Éternel est si effacé qu'il dit les mots de Dieu directement, à la première personne, comme s'il n'avait aucune existence propre. Jésus reflète cette attitude en disant dans Jean 5:30 : “Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j'entends, je juge : et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté du Père qui m'a envoyé.” Ceci est certainement la voie à la participation à la nature divine 2Pierre 1:4.

 

L'expression dieux ou Eeliim au verset 11 a une lecture marginale dans la version KJV comme les puissants. Cela semble effectivement être la connotation du mot Eel dans la Bible, qui est utilisé de diverses manières de la même façon que le mot Elohim. Il est utilisé comme puissant dans plusieurs endroits (Deut. 28:32 ; Néh. 5:5 ;... Pro. ​​3:27 et al.) Il est même traduit comme beau dans le Psaume 80:10 (11). Il se réfère clairement à un faux dieu dans quelques textes, comme dans Juges 9:46, et à l'idole physique elle-même dans d'autres comme Ésaïe 44:10,15,17. Parfois, c’est générique à la fois tant du vrai Dieu que des faux dieux comme dans Exode 34:14. Mais surtout il se réfère au seul vrai Dieu comme dans Genèse 14:18 ; 17:1 ; 21:33 ; 31:13 et 33:20, où d'autres titres y sont joints. Utilisé seul en référence à Dieu, il est plus typique dans les livres de Job, les Psaumes et Ésaïe (Job 5:8 ; Ps. 5:4 (5) ; Ésaïe 5:16 et al.)

 

Mais nous sommes ici confrontés à une utilisation particulière du mot au pluriel, les puissants, qui pourrait se référer apparemment à un groupe de faux dieux ou autres dieux, à des êtres humains puissants, ou à autre chose. Exode 15:11 est le premier texte qui semble faire référence à cette autre chose par le mot Eeliim. Une comparaison avec les quelques autres textes pertinents suggérera que cette expression est un terme technique pour la congrégation appelée diversement les fils de Dieu (Job 1:6 ; 2:1 et al), les étoiles du matin (Job 38:4), les armées (Ésaïe 1:9 et al.), et les étoiles de Dieu (Ésaïe 14:16). Psaume 29:1 : Rendez à l'Éternel, ô puissants, gloire et force. L'expression ici est les fils du puissant, une expression claire par rapport aux expressions dans le livre de Job. Psaume 82:1 : Dieu se tient dans l'assemblée des puissants... L'expression pourrait mieux être traduite grande congrégation ou la congrégation de Dieu. C’est clairement en référence à une congrégation incluant d'autres que les êtres humains. Psaume 89:6(7) : Qui, dans le ciel peut être comparé à l'Éternel ? Qui parmi les fils du puissant peut être comparé à l'Éternel ? Ce texte est le plus semblable à Exode 15:11. Mais il définit plus précisément qui est exactement impliqué. Les puissants ne sont pas les figures humaines puissantes de l'Égypte, mais des êtres qui sont dans le ciel. Ce verset associe également les fils du puissant du Psaume 29:1 dans le contexte de la congrégation céleste. À ce point, les expressions de Psaume tombent toutes en place dans leur rôle explicatif d'Exode 15:11.

 

En se déplaçant du contexte des Psaumes, nous trouvons Ésaïe 14:16 : Car tu as dit en ton cœur : Je monterai au ciel, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu : Je m'assiérai sur la montagne de l’assemblée, à l'extrémité du septentrion. Si en effet nous reconnaissons ce verset comme se référant à Satan, comme une longue tradition chrétienne le pose, il y a deux références claires ici pour les armées célestes. La première est les étoiles de Dieu et la seconde est la congrégation. Les étoiles de Dieu pourraient bien être traduites les grandes étoiles, ce qui les distingue ainsi des orbes donnant la lumière que l'on voit lors d’​​une nuit claire.

 

Daniel 11:36: “Le roi fera ce qu’il voudra ; il s’élèvera, il se glorifiera au-dessus de tous les dieux, et il dira des choses incroyables contre le Dieu des dieux ; il prospérera jusqu’à ce que la colère soit consommée, car ce qui est arrêté s’accomplira.” L’expression Dieu des dieux ici est Eel eeliim. Ce texte montre clairement que Dieu règne sur ​​une congrégation de eeliim.

 

Exode 15:12 suggère que les puissants sont en fait les Égyptiens. Il se pourrait bien que nous devrions comprendre le mot eeliim au verset 11 comme se référant non seulement à l'armée fidèle céleste et leurs homologues humains mais aussi aux infidèles avec les puissants d'Égypte. Le texte suivant d'Ézéchiel semble décrire les puissants d'Égypte dans leur perdition commune avec les infidèles de l'armée céleste. Ézéchiel 32:21: Les puissants héros lui adresseront la parole au sein du séjour des morts, avec ceux qui étaient ses soutiens. Ils sont descendus, ils sont couchés, les incirconcis, tués par l’épée. Le mot eeliim est traduit ici comme (les) puissants.

 

Exode 15:13 Par ta miséricorde tu as conduit, Tu as délivré ce peuple ; Par ta puissance tu le diriges vers la demeure de ta sainteté.

 

Ce passage contient la notion du peuple élu. L'idée de la rédemption dans la Bible a deux fondements. L’un est dans le rachat des premiers-nés qui est une pratique consistant au fait de reconnaître que toutes choses appartiennent à Dieu. Cela est bien établi dans les passages qui précèdent un peu ce texte, qui est, dans Exode 13:2 et al., et est clairement symbolisé dans l’Exode lui-même, qui survient dans le contexte de Dieu revendiquant les premiers-nés d'Égypte, et passant au-dessus de ceux marqués par le sang sur les poteaux (note de Ex. 12:12,13). L’autre figure de rachat dans la Bible est celle du rachat de la femme d'un frère mort, le lévirat, le plus célèbre mentionné dans l'histoire de Ruth. Les personnes choisies deviennent à Dieu par l'Exode, au sens figuré comme un fils premier-né racheté, ou une femme rachetée. C'est la toile de fond des références prophétiques à Dieu comme le Père et mari, et l'idolâtrie comme l'infidélité conjugale.

 

La prochaine question est de savoir qui sont les gens rachetés ou choisis. Il y a deux facteurs à considérer : l'un est la descendance et l'autre est la participation à l'acte rédempteur de la Pâque et de l'Exode. C'est précisément cette dernière qui semble importante dans l'histoire. Il y a clairement des gens de descendance non-israélite parmi les rachetés (Et une multitude mélangée monta avec eux : Ex. 12:38). Considérant les avertissements forts de mettre du sang sur les poteaux, il est très probable que certaines personnes de descendance israélite ne figuraient pas parmi les rachetés.

 

Néanmoins, les deux facteurs ont une certaine importance. En considérant la dispersion des Israélites, il est très probable qu'il n'y ait aucun individu en vie aujourd'hui qui ne descende pas d'un de ceux rachetés dans l'Exode. Si la vérité était connue, beaucoup pourraient être surpris par le pourcentage d’une telle descendance de ces peuples qui semblent des candidats improbables. Même la dispersion des Juifs, à une date ultérieure, a couvert le globe, alors ce que l'ampleur des dix tribus dispersées pourrait être doit s’approcher de l'universalité. Néanmoins, la participation à la Pâque et l’Exode comme ils s'appliquent à un niveau plus universel est le facteur le plus essentiel. Comment l'on en rapporte à ce Cantique de Moïse est une caractéristique intégrante de cela.          

 

Exode 15:14-16

Les peuples l’apprennent, et ils tremblent : La terreur s’empare des Philistins ;

Les chefs d’Edom s’épouvantent ; Un tremblement saisit les guerriers de Moab ; Tous les habitants de Canaan tombent en défaillance.

La crainte et la frayeur les surprendront ; Par la grandeur de ton bras Ils deviendront muets comme une pierre, Jusqu’à ce que ton peuple soit passé, ô Éternel ! Jusqu’à ce qu’il soit passé, Le peuple que tu as acquis.

 

Les deux derniers passages de ce grand hymne décrivent les deux groupes confrontés : le rachat et l'assiégé craintif. La première description ici souligne comment l'on amène l’assiégé à craindre Dieu par les nouvelles de Sa délivrance des rachetés à la Mer Rouge. Cela s'étend au-delà des Égyptiens à ceux qui s'opposent à Dieu dans toutes les nations.

 

Exode 15:17-19

Tu les amèneras et tu les établiras sur la montagne de ton héritage, au lieu que tu as préparé pour ta demeure, ô Éternel ! Au sanctuaire, Seigneur ! que tes mains ont fondé.

L’Éternel régnera éternellement et à toujours.

Car les chevaux de Pharaon, ses chars et ses cavaliers sont entrés dans la mer, et l’Éternel a ramené sur eux les eaux de la mer ; mais les enfants d’Israël ont marché à sec au milieu de la mer.

 

Ce dernier passage réitère les thèmes importants de l'hymne dans sa description des rachetés. Si le passage précédent va au-delà des Égyptiens, celui-ci va au-delà du temps pour attendre une victoire universelle des rachetés. Ils reçoivent leur héritage et sont faits pour habiter dans le Temple de Dieu, où le Seigneur régnera pour toujours et à jamais.

 

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