Christian Churches
of God
No. 246
La Doctrine du Péché Originel
Partie I :
Le Jardin d’Éden
(Édition 1.0 19980422-19980422)
Cet ouvrage examine la question du
Jardin d'Éden, la chute d'Adam et Ève ainsi que la Doctrine du Péché
Originel.
Christian
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(Copyright
ã
1998 Wade Cox)
(Tr. 2011, 2026, rév. 2026)
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La Doctrine du Péché Originel Partie
I [246]
Le Jardin d'Éden
Genèse 1:1-2
Au commencement,
Dieu créa les cieux et la terre. 2 La terre était dévastée et
chaotique : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de
Dieu se mouvait au-dessus des eaux. (LSG)
Nous voyons ici la création originelle des
Cieux et de la Terre. Il s'agit du « monde d'alors » (2Pierre 3:5-6), auquel
appartiennent tous les fossiles et les vestiges antérieurs, avant qu'il ne
devienne Tohu - Bohu, c'est-à-dire dévasté et chaotique. Ce
monde fut détruit à nouveau par le Déluge, à l'époque de Noé. Cependant, il
était ici dévasté pour une tout autre raison (cf. notes sur les versets 1 et
2 de la Companion Bible).
Les cieux et la terre furent créés par
les elohim, qui dirent : « Faisons l'homme à notre image ». L'homme
et la femme furent ainsi tous deux faits à l'image des elohim. Ils
reçurent ensuite l’ordre de se multiplier et de remplir (ou de peupler) la
terre (Genèse 1:28 ; cf. Ps. 8 et Héb. 2:6-8).
Nous constatons au Chapitre 2, verset 1
et suivants, que les activités relatives aux « générations des cieux et de
la terre » (au pluriel) relèvent de ce chapitre 2 et de la création d'Adam
et Ève.
Genèse 2:1-17 Ainsi
furent achevés les cieux et la terre, et toute leur armée. 2 Dieu
acheva au septième jour son œuvre, qu’il avait faite : et il se reposa au
septième jour de toute son œuvre, qu’il avait faite. 3 Dieu bénit
le septième jour, et il le sanctifia, parce qu’en ce jour il se reposa de
toute son œuvre qu’il avait créée en la faisant. 4 Voici les
origines des cieux et de la terre, quand ils furent créés. Lorsque l’Éternel
Dieu [Yahovah elohim] fit une terre et des cieux, 5 aucun arbuste
des champs n’était encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne
germait encore : car l’Éternel Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre,
et il n’y avait point d’homme pour cultiver le sol. 6 Mais une
vapeur s’éleva de la terre, et arrosa toute la surface du sol. 7
L’Éternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans
ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. 8
Puis l’Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l’orient, et il y
mit l’homme qu’il avait formé. 9 L’Éternel Dieu fit pousser du
sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et
l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien
et du mal. 10 Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le jardin, et
de là il se divisait en quatre bras. 11 Le nom du premier est
Pischon ; c’est celui qui entoure tout le pays de Havila, où se trouve l’or.
12 L’or de ce pays est pur ; on y trouve aussi le bdellium et la
pierre d’onyx. 13 Le nom du second fleuve est Guihon ; c’est
celui qui entoure tout le pays de Cusch. 14 Le nom du troisième
est Hiddékel ; c’est celui qui coule à l’orient de l’Assyrie. Le quatrième
fleuve, c’est l’Euphrate. 15 L’Éternel Dieu prit l’homme, et le
plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. 16
L’Éternel Dieu donna cet ordre à l’homme : Tu pourras manger de tous les
arbres du jardin ; 17 mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la
connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras.
(LSG)
D’après cela, il ressort que la
géographie n'était pas la même que celle que nous connaissons aujourd’hui et
que les fleuves s’écoulaient de manière très différente. Le jardin est
clairement identifié comme la région s’étendant de la Syrie à l'Égypte,
englobant ce qui constitue aujourd’hui Israël.
Le Jardin d'Éden, en tant que zone
topographique liée aux Quatre Fleuves du Paradis, a été examiné dans le
document
La Croix : Son
Origine et Sa Signification (No. 039). Les Quatre Fleuves du Paradis,
symbolisés par la Croix Solaire Encerclée, y sont également analysés
en détail.
"La croix solaire encerclée semble
représenter les quatre fleuves du Paradis. La Bible s’y réfère comme au
fleuve qui sortait d'Éden et se divisait en quatre bras. Selon la tradition,
ces quatre fleuves coulaient dans des directions opposées. On retrouve cette
tradition dans le récit de l'Âge des Commencements chez les Indiens
Navajos, ainsi que dans l'histoire du Paradis chinois du Kwen-lun. Les
quatre fleuves apparaissent également dans le Rig Veda hindou, et le
Vishnu Purana identifie ces quatre cours d'eau au paradis de Brahma,
au sommet du monde. Eux aussi coulent dans quatre directions (Talbot,
ibid.). Ce récit se retrouve dans les mythes iraniens concernant la
fontaine centrale d’Ardi Sura, et correspond à la Mer de Vie des Kalmouks de
Sibérie. Les Mandéens d'Irak perpétuent la même tradition que la Genèse,
tout comme les Babyloniens qui parlaient également du Pays des Quatre
Fleuves.
La demeure de la déesse grecque Calypso,
située au nombril de la mer, possédait également une fontaine
centrale d’où jaillissaient quatre cours d’eau coulant dans des directions
opposées.
L’Edda scandinave parle de
l'origine des eaux du monde comme provenant de la source
Hvergelmir,
située dans le pays des dieux. Les Slaves, quant à eux, les
faisaient naître de la pierre magique Alatyr, située sur l'île paradisiaque
de Bouïane. Talbot note que Brinton a retrouvé les quatre fleuves mystiques
chez les Sioux, les Aztèques et les Mayas, tout comme Fornander les a
découverts dans les mythes polynésiens (Talbot, p. 121).
Peu de nations, voire aucune, qui
conservent ce souvenir collectif ne peuvent indiquer une source géographique
réelle et précise à cette imagerie. Ainsi, lorsque les Babyloniens invoquent
Ishtar comme la « Dame, Reine du pays des Quatre Fleuves d'Erech », ou
lorsque les textes égyptiens de Dendérah célèbrent les « quatre Nils » à
Éléphantine, il s’agit là d’une imagerie qui renvoie à une mythologie
ancienne dépourvue de toute réalité concrète dans la géographie environnante
immédiate. Talbot soutient que la raison de la disparité entre les paysages
terrestres et mythiques s’explique par le fait que les quatre fleuves
coulaient, non pas sur notre terre, mais traversaient les quatre quartiers
de la
“patrie” polaire
(Talbot, p. 121). Talbot (ibid.) soutient que pour chaque mythe dominant, il
existe des signes spécifiques. Le signe des quatre fleuves est la croix
solaire et la croix solaire encerclée ;
cette dernière
illuminant la première en montrant que les quatre cours d'eau appartiennent
à l’enclos originel. Jaillissant du centre polaire (c'est-à-dire du soleil
central), les quatre fleuves s’écoulent vers les quatre coins de la Terre
de Saturne (c’est nous qui
soulignons).
Ainsi, le concept contenu dans le récit
de la Genèse (Genèse 2:10), tout en attribuant une géographie spécifique aux
quatre fleuves, représente également un thème fondamental : celui des
fleuves d'eau vive qui jaillissaient depuis la source centrale, à savoir
Dieu, par l’intermédiaire de Son étoile du matin, qui était alors Satan.
Par conséquent, la
source centrale, qui alimentait aussi bien les terres d'Afrique que le Tigre
et l'Euphrate, revêtait une signification spirituelle que l’on a attribuée
au système religieux babylonien, jusqu'à Ishtar, puis aux Égyptiens, ainsi
qu'à travers le monde entier via le chamanisme issu de ce système central.
Le système babylonien était, dans son essence, de l'animisme (voir
Babylonian Life and History de Budge, 2e éd.,
Londres, 1925).
Ainsi, pour les Anciens, les quatre
coins du monde possédaient une signification cosmologique bien
spécifique, qui renvoyait non pas à la géographie terrestre, mais à la
carte du royaume céleste. Talbot cite O'Neill comme l'un des rares
érudits à avoir reconnu cette qualité des
“quatre coins” mythiques :
Il ressort de toute
étude approfondie du symbolisme des mythes et de la nomenclature des Quatre
Quartiers que ces directions étaient envisagées, dans l’orthodoxie stricte
de la mythologie céleste, non comme les points cardinaux
(Nord-Sud-Est-Ouest)
de
n'importe quel endroit de la Terre, mais comme quatre divisions célestes
disposées autour du "pôle".
La croix solaire
[...] en tant que symbole des quatre quartiers, appartient au soleil
central. Dans la cosmographie sacrée, la position centrale du dieu
solaire devient souvent la
“cinquième” direction. Pour comprendre un
tel langage, il est commode de concevoir les “directions” mythiques (ou bras de la croix) comme des mouvements ou des
flux d'énergie. À partir du grand dieu, s’écoulent, dans quatre
directions, les éléments de la vie. Le dieu lui-même, qui incarne tous ces
éléments, est “ferme”, “inébranlable” ou “en
repos”, son cinquième mouvement est celui de
la rotation tout en restant en un même lieu.
Les "directions"
peuvent également être conçues comme des régions : la région centrale
(cinquième), et les quatre quartiers disposés autour d’elle.
C'est pourquoi les
Pythagoriciens considéraient le nombre cinq comme représentant l'axe fixe du
monde. Cette idée pythagoricienne correspond clairement à l’ancienne
symbolique hindoue des directions. Outre les quatre directions standard, la
doctrine hindoue en connaît une cinquième, appelée la "direction fixe" : le
centre polaire (Talbot, p. 122-123).
Talbot associe également cette
conception en Chine, ainsi qu’au symbolisme nahuatl du Mexique où le chiffre
cinq est le nombre du centre (ibid.)
" (cité d’après le document
La Croix : Son Origine et Sa
Signification (No. 039) de CCG, 1997, pp. 4-5).
Ce thème est commun à la plupart des
peuples et constitue le cœur de leur expérience religieuse ancienne.
Les quatre fleuves forment la base de l'enclos originel que nous connaissons
sous le nom de
Croix
Solaire. Le
document sur la Croix est indispensable pour comprendre ce qui se joue
dans la Structure de la Genèse et dans la mythologie des cultes du Soleil
inspirée par Satan qui s’en est suivie, car ces cultes sont aujourd’hui
endémiques dans le symbolisme chrétien.
La structure du récit du compte rendu de
la Genèse est centrale pour la majeure partie des mythologies, peu importe
le point de vue narratif sur lequel ces mythologies se fondent. Nous
constatons, à partir de la croix solaire encerclée, que la croix centrale
est abaissée sous le cercle pour donner le symbole de Vénus, représentant le
désir charnel et le symbole du féminin. Il s’agit là d’un autre reflet du
récit que l’on trouve dans l'Ancien Testament, depuis la Genèse et tout au
long de la Bible jusqu’aux récits du Nouveau Testament sur la chute et la
condition de la femme sous la loi.
Ce point de vue est fondamental pour le
récit de l'existence humaine. La même lutte est narrée à la fois par les
mythes des nations et au sein des récits bibliques. Il ne s'agit pas
d'histoires différentes, mais d’un seul et même récit, raconté sous des
perspectives distinctes du Bien et du Mal, telles que racontées par deux
forces spirituelles en conflit.
Un fleuve donne naissance à quatre
fleuves, et ce nexus quintuple constitue le message sous-jacent à la Croix
Solaire. Ce qui est en jeu dans ces récits, c’est l'entité ou la divinité
qui contrôle ce symbolisme – ou est représentée par lui – et, en substance,
qui est le véritable Dieu. La Croix Solaire est l’indice de la rébellion et
des prétentions formulées par Lucifer en tant que dirigeant (ou :
contrôleur)
ou ‘adon.
Nous revenons à présent au récit de la
Genèse.
Exemples Positifs des Commandements
Dans cette section de la Genèse située
dans le Jardin, nous constatons que Dieu établit les Commandements
par l’exemple
positif. Les quatre premiers commandements apparaissent ici dans l'acte de
création et de sanctification du jour du Sabbat, institué comme jour de
repos et jour saint.
Nous y voyons également l'établissement
d'une ordonnance directe confiant à Adam la responsabilité de respecter
l’interdiction concernant les arbres.
C'est à partir de ce moment que les
animaux furent créés. Au chapitre 1, ils sont mentionnés avant la création
de l'homme, le sixième jour. Ici, ils apparaissent après cette création,
mais avant celle de la femme.
Genèse 2:18-25
L’Éternel Dieu dit : Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai
une aide semblable à lui. 19 L’Éternel Dieu forma de la terre
tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir
vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être
vivant portât le nom que lui donnerait l’homme. 20 Et l’homme
donna des noms à tout le bétail, aux oiseaux du ciel et à tous les animaux
des champs ; mais, pour l’homme, il ne trouva point d’aide semblable à lui.
21 Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur
l’homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes, et referma la chair à sa
place. 22 L’Éternel Dieu forma une femme de la côte qu’il avait
prise de l’homme, et il l’amena vers l’homme. 23 Et l’homme dit :
Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! on
l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme. 24 C’est
pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et
ils deviendront une seule chair. 25 L’homme et sa femme étaient
tous deux nus, et ils n’en avaient point honte. (LSG)
Ici, nous voyons la structure de la
domination confiée à Adam, qui donna des noms à toute chose. Dans les temps
anciens, le fait de nommer un être symbolisait le pouvoir exercé sur
celui-ci. Les noms indiquent l’autorité et la délégation du pouvoir qu'ils
véhiculent.
La création d'Ève à partir d'une côte d'Adam s’apparente aux processus
génétiques que nous comprenons aujourd’hui. Par cet acte, l'institution du
mariage se trouve également établie dès l’instant de la création d’Ève. Les
termes homme et femme correspondent en hébreu à ish et
isha (le féminin de ish). Ishi signifie
« mon mari » (littéralement « mon homme »).
Adam
signifie rougeâtre (SHD 120) et provient du terme (SHD 119)
’adam,
qui signifie montrer du sang (au visage), rougir ou devenir
rosâtre, ainsi qu’être teint ou rendu rouge. Par
conséquent, Adam était un homme au teint rouge.
Le mot ish est le terme hébreu
désignant l'homme au sens général. Berithish signifie un
homme de l'alliance ou d’une confédération, en référence à un
pacte scellé en passant entre des morceaux de chair (cf. SHD 1285).
C'est d’ailleurs le sens et l’étymologie du mot « British »
(Britannique). De Genèse 1:26 jusqu'à Genèse 2:23, c’est le terme
SHD 120 adam qui est employé. Le mot ish apparaît ici pour la
première fois en Genèse 2:23 et 2:24.
Cette distinction est faite parce que
cet acte d'union est applicable à l’ensemble des êtres humains de la
création de Dieu. Elle revêt une importance capitale pour les événements qui
vont suivre au chapitre suivant.
C'est ici que nous voyons s'établir la
série suivante de commandements. Les responsabilités envers les parents y
furent instituées, tout comme les Septième et Huitième Commandements. Dieu
se réserva un droit de propriété par commandement. Ainsi, l’ordre tu ne
mangeras pas de l'arbre de la connaissance du bien et du mal équivaut en
substance à tu ne déroberas point. Le Dixième Commandement concernant
la convoitise des biens d'autrui y est également établi. Le fait de
reconnaître ces institutions consacre par la même occasion la Vérité et
condamne le Faux Témoignage.
Dans Genèse chapitre 3, nous rencontrons
l'une des allégories les plus puissantes de la Bible. Le terme employé au
verset 1 fait référence au Nachash, ou l’être qui brille,
traduit par serpent dans la version anglaise [et française]. Cet
être de lumière est le Chérubin Protecteur, l'Ange de Lumière ou Porteur
de Lumière, Lucifer, mentionné dans le chapitre 14 d’Ésaïe et Ézéchiel
28:13-17.
Ce même sens s’applique aux serpents
brûlants dans Nombres 21:6,9. Ils sont désignés comme nachashim saraphim.
Ces serpents furent qualifiés de « brûlants » en raison des sensations de
brûlure provoquées par leurs morsures, mais probablement aussi parce qu'ils
étaient dirigés par des anges lorsqu’Israël parla contre Dieu et contre
Moïse pour les avoir conduits dans le désert. Le terme saraph
signifie « brûler ». Les séraphins d'Ésaïe 6:2 étaient appelés «
êtres brûlants ». Ainsi, l'armée angélique possédait un visage/aspect de feu
ou de bronze ardent ou brillant.
Le serpent ancien (dans 2Cor. 11:3) se
déguise en ange de lumière (2Corinthiens 11:14). Le serpent est donc utilisé
comme une allégorie pour désigner Satan, qui parla à la femme et la trompa.
Il se passe beaucoup de choses dans cette section au sujet des arbres.
Genèse 3:1-5 Le
serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l’Éternel
Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne
mangerez pas de tous les arbres du jardin ? 2 La femme répondit
au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. 3 Mais
quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous
n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne
mouriez. 4 Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez
point ; 5 mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos
yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et
le mal. (LSG)
Le terme
Elohim utilisé ici est
le même mot pluriel. Cette pluralité s'étend à plus d'une, voire plus de
deux entités
: elle désigne une famille élargie d'elohim. Abraham s'est entretenu
avec trois de ces elohim (ou anges) selon Genèse 18:2, où lui et Lot
les appelèrent tous Yahovah (Gen. 18:27 ; 19:18). Ce terme fut plus
tard modifié en Adonaï
par les Sopherim, à la place de Yahovah, afin de masquer cet usage du
pluriel
(cf. également les notes de la Companion Bible sur ces versets,
notamment sur Gen. 18:2, qui tente de restreindre le terme elohim à
une seule entité tout en admettant que Yahovah s’applique aux trois).
Le mot
‘arum, traduit ici par
rusé, signifie en réalité sage, astucieux ou prudent (cf. Job 5:12 ;
15:5 ; Prov. 12:16,23 ; 13:16 ; 14:8,15,18 ; 22:3 ; 27:12 et en relation
avec Ézéchiel 28:12,13,17). Ce mot
‘arum
est également employé pour « nus
» au chapitre précédent, au verset 25. Ils étaient tous deux nus et ne
connaissaient que le bien, conformément à la prescription du verset 17. Ils
n'en avaient point honte, étant en présence des elohim. L'usage du
terme « bête » ou « animal » en Genèse 3:1 correspond au sens du mot zoon
employé pour les quatre créatures vivantes dans Apocalypse 4:6-9 et 5:6, 8,
14, etc. Il est donc utilisé pour désigner l’Armée céleste aux niveaux les
plus élevés, puisqu'ils avaient tous un seul et même Père qui les avait tous
créés (cf. Mal. 2:10 ; Héb. 2:11). Nous pouvons mieux en saisir le sens en
examinant le livre d’Ézéchiel.
Ézéchiel 28:12-17
Fils de l’homme, Prononce une complainte sur le roi de Tyr ! Tu lui diras :
Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel : Tu mettais le sceau à la perfection, Tu
étais plein de sagesse, parfait en beauté. 13 Tu étais en Éden,
le jardin de Dieu ; Tu étais couvert de toute espèce de pierres précieuses,
De sardoine, de topaze, de diamant, De chrysolithe, d’onyx, de jaspe, De
saphir, d’escarboucle, d’émeraude, et d’or ; Tes tambourins et tes flûtes
étaient à ton service, Préparés pour le jour où tu fus créé. 14
Tu étais un chérubin protecteur, aux ailes déployées ; Je t’avais placé et
tu étais sur la sainte montagne de Dieu ; Tu marchais au milieu des pierres
étincelantes. 15 Tu as été intègre dans tes voies, Depuis le jour
où tu fus créé Jusqu’à celui où l’iniquité a été trouvée chez toi. 16
Par la grandeur de ton commerce Tu as été rempli de violence, et tu as
péché ; Je te précipite de la montagne de Dieu, Et je te fais disparaître,
chérubin protecteur, Du milieu des pierres étincelantes. 17 Ton
cœur s’est élevé à cause de ta beauté, Tu as corrompu ta sagesse par ton
éclat ; Je te jette par terre, Je te livre en spectacle aux rois. (LSG)
Nous constatons donc ici que le chérubin
protecteur fut placé dans le jardin d'Éden et qu’il était plein de sagesse.
Ainsi, deux êtres se trouvaient présents dans le Jardin : Christ et Satan.
Satan se corrompit en raison de son propre éclat ; sa connaissance devint
ainsi la cause de sa propre perte.
Nous constatons ici un nombre
indéterminé d'arbres, dont un seul ne pouvait pas être utilisé pour se
nourrir.
L’arbre de vie pouvait être approché, au
même titre que les autres arbres, selon cette perspective. L’arbre dont on
ne pouvait pas manger était l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
Tous les autres arbres ne produisaient que le bien. Cet arbre produisait une
connaissance à la fois du bien et du mal. Le mal est en substance le péché,
c’est-à-dire la transgression de la loi de Dieu. Ainsi, nous voyons que les
lois de Dieu découlaient de Sa propre nature même et qu’elles existaient dès
le commencement de la création (voir les documents
Le Gouvernement de Dieu (No. 174) et
L'Amour et la Structure de la Loi (No.
200)).
Par conséquent, l'idée selon laquelle
les lois de Dieu n'auraient été données qu’au Sinaï, et uniquement à Israël,
va à l’encontre des déclarations et de l'intention même de la Torah.
Le Judaïsme rabbinique tente de faire
valoir qu'il existait une chose telle que la loi de Noé [lois noahides], que
nous examinerons plus tard (voir le document La Tradition des Lois
Noahides). Cette assertion selon laquelle Noé n’aurait pas eu les lois
de Dieu, et que les Gentils (Païens) disposaient d’une loi fondamentale
différente ou inférieure à la Torah, relève de la fiction rabbinique, conçue
pour introduire les Gentils (Païens) au Judaïsme rabbinique ou pharisien par
une approche furtive, en contradiction flagrante avec l'Écriture.
Les Arbres du Jardin comme des Êtres
Le concept qu'il convient d'examiner est
également celui du terme arbre. L'« arbre » est utilisé comme terme
désignant un être spirituel appartenant à l'armée céleste. Cet arbre de la
connaissance du bien et du mal représente aussi Satan et le système qu'il
souhaitait instaurer et par lequel il corrompit l’armée céleste. Nous
examinerons ce concept plus en détail ultérieurement.
Ézéchiel 31:3-18
Voici, l’Assyrie était un cèdre du Liban ; Ses branches étaient belles, Son
feuillage était touffu, sa tige élevée, Et sa cime s’élançait au milieu
d’épais rameaux. 4 Les eaux l’avaient fait croître, L’abîme
l’avait fait pousser en hauteur ; Des fleuves coulaient autour du lieu où il
était planté, Et envoyaient leurs canaux à tous les arbres des champs.
5 C’est pourquoi sa tige s’élevait au-dessus de tous les arbres des
champs, Ses branches avaient multiplié, ses rameaux s’étendaient, Par
l’abondance des eaux qui l’avaient fait pousser. 6 Tous les
oiseaux du ciel nichaient dans ses branches, Toutes les bêtes des champs
faisaient leurs petits sous ses rameaux, Et de nombreuses nations habitaient
toutes à son ombre. 7 Il était beau par sa grandeur, par
l’étendue de ses branches, Car ses racines plongeaient dans des eaux
abondantes. 8 Les cèdres du jardin de Dieu ne le surpassaient
point, Les cyprès n’égalaient point ses branches, Et les platanes n’étaient
point comme ses rameaux ; Aucun arbre du jardin de Dieu ne lui était
comparable en beauté. 9 Je l’avais embelli par la multitude de
ses branches, Et tous les arbres d’Éden, dans le jardin de Dieu, lui
portaient envie. 10 C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur,
l’Éternel : Parce qu’il avait une tige élevée, Parce qu’il lançait sa cime
au milieu d’épais rameaux, Et que son cœur était fier de sa hauteur, 11
Je l’ai livré entre les mains du héros des nations, Qui le traitera selon sa
méchanceté ; je l’ai chassé. 12 Des étrangers, les plus violents
des peuples, l’ont abattu et rejeté ; Ses branches sont tombées dans les
montagnes et dans toutes les vallées. Ses rameaux se sont brisés dans tous
les ravins du pays ; Et tous les peuples de la terre se sont retirés de son
ombre, Et l’ont abandonné. 13 Sur ses débris sont venus se poser
tous les oiseaux du ciel, Et toutes les bêtes des champs ont fait leur gîte
parmi ses rameaux,
Le texte montre ici qu’il est question
de l'armée déchue, et particulièrement du chérubin du chapitre 28 d'Ézéchiel
et du chapitre 14 d’Ésaïe : Lucifer, qui devint Satan et fut précipité aux
côtés de la fosse.
14
Afin que tous les
arbres près des eaux n’élèvent plus leur tige, Et qu’ils ne lancent plus
leur cime au milieu d’épais rameaux, Afin que tous les chênes arrosés d’eau
ne gardent plus leur hauteur ; Car tous sont livrés à la mort, aux
profondeurs de la terre, Parmi les enfants des hommes, Avec ceux qui
descendent dans la fosse.
Ils furent livrés au milieu des fils des
hommes, avec ceux qui descendent dans la fosse. Ceci nous éclaire sur le
sort de l'armée céleste dans les derniers jours. Sa chute, dans ce
processus, fut magistrale.
15
Ainsi parle le
Seigneur, l’Éternel : Le jour où il est descendu dans le séjour des morts,
J’ai répandu le deuil, j’ai couvert l’abîme à cause de lui, Et j’en ai
retenu les fleuves ; Les grandes eaux ont été arrêtées ; J’ai rendu le Liban
triste à cause de lui, Et tous les arbres des champs ont été desséchés.
16 Par le bruit de sa chute j’ai fait trembler les nations, Quand je
l’ai précipité dans le séjour des morts, Avec ceux qui descendent dans la
fosse ; Tous les arbres d’Éden ont été consolés dans les profondeurs de la
terre, Les plus beaux et les meilleurs du Liban, Tous arrosés par les eaux.
17 Eux aussi sont descendus avec lui dans le séjour des morts,
Vers ceux qui ont péri par l’épée ; Ils étaient son bras et ils habitaient à
son ombre parmi les nations.
Nous constatons ici qu'il est identifié
en Éden et au sein de celui-ci.
18 À qui ressembles-tu
ainsi en gloire et en grandeur Parmi les arbres d’Éden ? Tu seras précipité
avec les arbres d’Éden Dans les profondeurs de la terre, Tu seras couché au
milieu des incirconcis, Avec ceux qui ont péri par l’épée. Voilà Pharaon et
toute sa multitude ! Dit le Seigneur, l’Éternel. (LSG)
L’être auquel il est fait référence ici
dans Ézéchiel était à la fois l'Assyrien et Pharaon ; il se trouvait dans le
Jardin d'Éden sous la forme d’un Cèdre du Liban ; nul n’était aussi sage ou
aussi beau que lui, et aucun ne pouvait l’égaler en beauté et en perfection.
L'Égypte et l'Assyrie se trouvaient encore dans les reins d'Adam et étaient
postérieures au Déluge à l’époque du Jardin d'Éden. Cet être ne peut être
que le chérubin protecteur qui fut chassé, ainsi que les démons — ou arbres
— qui se rebellèrent avec lui.
Ainsi, les elohim présents
dans le Jardin étaient multiples et soumis aux directives de Dieu quant à ce
qu'ils pouvaient ou ne pouvaient pas enseigner et faire. Le fait de se
nourrir des arbres ne consistait pas simplement en des aliments physiques et
des fruits, mais représentait également un enseignement et une guidance.
On remarque le commentaire de Satan dans Genèse 3:1. Il a dit :
« Quoi ! Dieu a-t-il vraiment
dit : Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin ! »
Il ne s'agissait pas véritablement d'une question, mais d'une affirmation
d'iniquité. La femme répète alors l’interdiction en précisant la sanction :
Vous n’en mangerez point et vous n'y toucherez point, de peur de mourir.
Le Nachash ou
l’être brillant, répondit alors :
“vous ne mourrez sûrement pas. Car elohim sait que le jour où vous
en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme des elohim,
connaissant le bien et le mal.”
Le concept de pluralité est donc ici
engagé. Une fois que l'on en mange, les yeux s'ouvrent et l'on devient comme
des elohim. La pluralité des elohim apparaît clairement. Le
terme Yahovah elohim est employé dans un sens spécifique à partir de
Genèse 2:4. Le Nachash n’utilise cependant pas cette expression, ce
qui implique une certaine égalité des êtres dans ce contexte.
L'usage trinitaire du terme elohim,
qui le restreint à un aspect tripartite, obscurcit le sens du passage. Nous
savons que le destin de toute l'humanité est de devenir comme des elohim,
mais par étapes. Nous le savons par Zacharie 12:8, ainsi que par Psaume
82:6, que Christ lui-même a repris dans Jean 10:34-35 et inclus par lui
comme élément faisant partie de la Loi, contrairement à la division
habituelle en Loi, Psaumes et Écrits (cf. Luc 24:44). Christ a qualifié les
Psaumes de « Loi » à au moins deux occasions.
Cette distinction est peut-être
délibérée et renvoie au premier concept de la promesse, qui émerge ici sous
sa forme initiale. Satan ne proférait donc pas un mensonge absolu à Ève, il
ne faisait que produire une falsification, qui dissimulait les changements
profonds et les conséquences qui résulteraient de cet acte de désobéissance.
La terre est devenue maudite en raison
de cet acte d'Ève.
Pour aggraver le problème, Satan a
développé la Doctrine de l'immortalité de l'âme, de sorte que l'immortalité
— ou vie aionienne —, qui est accordée par Dieu par le moyen de
l'obéissance, est présentée comme un attribut intrinsèque de l'individu.
Ainsi, le mensonge Vous ne mourrez sûrement pas est désormais
endémique dans la théologie mondiale (voir les documents
L’Âme (No. 92) et
Sur l'Immortalité (No. 165)).
Satan offrait ici un choix à Ève, et le
problème comporte plusieurs aspects. Ces êtres avaient été créés et placés
sous l’autorité du Messie en tant qu’Ange de Yahovah. Il leur avait été
donné un système suffisant pour leur subsistance parfaite.
La substance du différend tient à ceci :
Satan considérait la connaissance du bien et du mal comme le moyen
d’introduire l’erreur dans le système, car celle-ci accordait la liberté de
faillir ou la liberté d'expérimenter le système sous l’autorité de celui qui
en avait la charge.
Deux Arbres ou davantage ?
La focalisation du récit ici s'est faite
autour de la seule existence de deux arbres. L'un symbolisait l'arbre de la
connaissance du bien exclusif et la confiance envers l'autorité déléguée de
Dieu par le moyen de l’Esprit Saint. L'autre arbre était celui de la
connaissance du Bien et du Mal. On présente souvent ces deux arbres comme
des arbres littéraux portant des fruits réels d’une variété non spécifiée.
Les deux arbres sont mentionnés comme l'Arbre de Vie et l'Arbre de la
Connaissance du Bien et du Mal. Cependant, il y avait plus d'un arbre dont
on pouvait consommer les fruits, notamment l'Arbre de Vie.
Le fruit défendu conférait donc un mode
de pensée ou une connaissance en soi et par soi-même. Il s’agit là d’une
explication assez simpliste de la parabole ou de l’allégorie, qui ne
parvient pas à résoudre un certain nombre de questions d'ordre philosophique
très sérieuses qui méritent d'être prises en considération.
Nous constatons dans ce chapitre qu'il y
avait plus de deux arbres, et que tous les autres arbres pouvaient servir de
nourriture. Un seul arbre était interdit. Ainsi, ce n’est pas un arbre isolé
qui était en jeu, mais l’ensemble du système alimentaire qui avait été
établi.
L'arbre de la connaissance du bien et du
mal leur était interdit, et Satan savait qu'il en était ainsi. Il entraîna
Ève dans un piège, puis Adam se laissa lui-même prendre au même piège. Cet
acte constitue en soi une transgression de la loi énoncée dans Exode 23:2.
La punition pour avoir mangé de ce fruit
était la mort. Cela signifie que si Adam n'avait pas mangé de ce fruit, il
est axiomatique qu’il n’aurait pas connu la mort. Autrement, le châtiment
n'aurait aucun sens et il serait mort de toute façon. Nous parlons donc ici
de la mort selon une terminologie complexe.
Lorsque Satan a dit : vous ne mourrez
point, il considérait les effets à long terme du plan de Dieu, selon
lequel il n'est pas dans la volonté de Dieu qu'aucun être de chair ne
périsse (2Pierre 3:9). Techniquement, cette affirmation était donc
essentiellement vraie. Même dans le péché, ces êtres devaient bénéficier de
la résurrection. Pourtant, Dieu avait déclaré qu’ils mourraient assurément.
Nous discernons ici deux aspects dans le
plan du salut. Si Adam et Ève avaient obéi, ils n’auraient pas connu la
mort. Cependant, le plan prévoyait qu'ils deviennent des elohim, et,
par conséquent, des êtres spirituels. Il y eut donc nécessairement un
changement fondamental dans le plan concernant la Première Résurrection.
Deux possibilités s’offrent à nous :
1. Adam, Ève ainsi que les personnes
obéissantes ne seraient pas morts et seraient ensuite devenus des êtres
spirituels. Cela se serait produit par transformation en des êtres
spirituels soit :
La disparition d'Énoch, de même que
celle d'Élie, a été examinée dans le document
Les Témoins (incluant les Deux Témoins)
(No. 135).
2. Si leurs descendants s'étaient
montrés désobéissants, ils pécheraient, mourraient et la Première
Résurrection serait devenue superflue ; ils seraient tous passés à la
Deuxième Résurrection ; ou bien, ils auraient pu bénéficier de la Première
Résurrection par repentance. Dans ce cas, trois systèmes effectifs auraient
coexisté. Les 144000 auraient alors pu constituer un autre groupe, la grande
multitude étant la seule à participer à la Première Résurrection.
Cette hypothèse se heurte toutefois à
l'omniscience de Dieu, qui connaissait d’avance le résultat et connaissait
les élus, les ayant inscrits dans le livre de vie de l'Agneau avant la
fondation du monde. L'Agneau lui-même a également été immolé avant la
fondation du monde, ce qui montre que nous sommes en présence d'un événement
connu d'avance.
Si Satan et l'Armée céleste n'avaient
pas tenté Ève, leur position au sein de l’Armée n’aurait pas pu être
testée/mise à l’épreuve. Ainsi, la chute rapportée dans Genèse 3 fut tout
autant, sinon davantage, un test/une mise à l'épreuve pour Satan qu'elle ne
le fut pour Adam et Ève.
Nous perdons souvent de vue ce fait :
c’est à partir de ce moment que Satan mit en place un système religieux
ancien et un pouvoir correspondant.
Les Pommes à Rome
Nous savons que le fruit défendu est
souvent symbolisé par une pomme, bien qu'il n'existe aucune preuve
scripturaire directe étayant cette conjecture dans la Bible. Le concept de
la pomme provient des mythologies grecque et romaine. Connue sous le nom de
Pomme de la discorde, elle fut jetée par Éris — la personnification
de la discorde — au milieu de l'assemblée des dieux (theoi ou
elohim). Cette pomme d'or fit l'objet d'une querelle entre Junon,
Minerve et Vénus (cf. Oxford Universal Dictionary, 3e éd., 1964, p.
86). « Pomme d'or » (Golden apple) est également un autre
terme utilisé pour désigner l'orbe du couronnement du Royaume-Uni (ibid.).
Ainsi, l'idée selon laquelle une
structure centrale de la Discorde est semée par un fruit, spécifiquement
associé à une pomme, est ancienne et commune aux systèmes non hébraïques.
La dispute autour de cette structure menée par Vénus, en tant
qu'Étoile du Matin ou Étoile du Soir, revêt peut-être une signification plus
grande qu'on ne le pense de prime abord.
L’importance de Vénus est examinée dans les documents
Le Veau d'Or (No. 222) ainsi que
Les Origines de Noël et de Easter/Pâques
(No. 235).
On retrouve dans les légendes de Junon,
depuis les temps anciens, l'idée selon laquelle le serpent était associé à
la chasteté de la femme. Cette idée s’est perpétuée depuis les temps anciens
jusqu'à l'époque moderne.
Les Romains considéraient cette idée de
chasteté religieuse comme essentielle dans l’approche des dieux.
Elle occupait une place centrale dans
l’idéal du temple de Vesta. C'est à travers le culte de Juno Sospita
à Lanuvium que l'on voit cette idée primitive se maintenir dans les temps
historiques (Encyclopedia of Religion and Ethics) (ERE article
Chastity, 3, pp. 496-497).
Une fois que la jeune fille était
choisie, elle offrait un gâteau au Serpent du Temple. Si le gâteau était
accepté, cela prouvait la virginité de la jeune fille et constituait un
présage favorable pour l'année. Si le serpent refusait le gâteau, l'inverse
était considéré comme vrai (ibid.).
Nous sommes ici en présence de l'exact
opposé du concept biblique où l'offrande d'un gâteau était présentée au
serpent comme gage de la chasteté de la jeune fille. En d'autres termes, le
concept sous-jacent faisait du serpent le gardien et l'objet même de la
chasteté féminine. Cela nous donne une idée de ce qui se cache derrière la
parabole de Genèse 3.
À tout le moins, les Gréco-Romains
établissaient un lien entre le serpent et la chasteté au sein du système
antique.
Jupiter, Junon et Minerve formaient la
grande trias ou Trinité du culte du Capitole à Rome. W. Warde Fowler
est d'avis que la religion romaine était davantage démoniste plutôt que
polythéiste (ERE Roman Religion, vol. 10, p. 823 et suiv.). Ainsi, le
concept initial était que le daemon constituait l'essence de l'être ;
par conséquent, un individu pouvait devenir dieu grâce à l'immortalité du
daemon ou essence de l’individu (ou de ce qu'il avait été). La forme
originelle de cette croyance se manifestait sous les traits de Jupiter
Feretrius, dont le numen (ou esprit) était censé résider dans un
chêne sacré sur la colline du Capitole. C’est là que Romulus, dit-on, aurait
fixé le premier trophée (spolia opima) d'un ennemi vaincu. Ce point
de vue était également partagé par les Suèves germaniques (cf. ERE ibid.) et
était commun aux Teutons et aux Latins. Nous savons en outre qu'elle était
endémique chez les Celtes et chez tous les peuples aryens (voir le document
Les Origines de Noël et de Easter/Pâques
(No. 235)). Ainsi, le système assyro-babylonien semble
partager cette perspective où l'arbre représentait l’être ou la divinité, ce
qui donne tout son sens à l'emploi de ces termes dans le texte hébreu.
Le nom de la divinité Jupiter
dérive du terme Diovis pater (lui-même issu de la racine
div, "brillant"). Ainsi, le « père brillant » était reconnu comme la
divinité du soleil, de la lumière, des tempêtes et des cieux, sous quelque
forme que ce soit. Cette compréhension est importante pour saisir la pensée
ancienne et le symbolisme religieux en général. Lorsque la Bible parle d’Arbres
par l’intermédiaire des prophètes, elle traite des systèmes religieux des
Anciens de manière générale. Ces êtres spirituels sont représentés sous
l'allégorie d'arbres, comme nous l'avons vu plus haut. La religion
primitive et ancienne des Latins, à l'instar de celle des Teutons et de tous
les Aryens (y compris les Celtes), se pratiquait dans des bois sacrés,
généralement des forêts de chênes ou d'autres arbres mentionnés dans
le document
Les Origines de Noël et de Easter/Pâques
(No. 235) et
le document La Croix : Son Origine et Sa
Signification (No. 39). Le culte du chêne formait l’image celte de Zeus
(Max. Tyr. Diss., viii) et revêtait un caractère sacro-saint
(Pline HN, xvi. 44 cf. ERE. Article Celts, p. 295 cf.
La Croix : Son Origine et Sa
Signification (No. 039)).
En Irlande, le frêne et l'if étaient
encore plus vénérés que le chêne, mais chaque arbre représentait un aspect
des divinités du système solaire (La Croix : Son Origine et Sa
Signification (No. 039), ibid., p. 9 et suiv.). Les arbres revêtaient une
importance particulière pour les divinités à des fins spécifiques. Le culte
central de Jupiter Optimus Maximus, de Junon et de Minerve sur le
Capitole était en réalité d'origine étrusque, et le temple de cette colline
présente des traces indéniables de conception étrusque. Ce culte triune
(trinitaire) n’était pas considéré comme originellement romain, mais était
commun chez les Grecs ; en Étrurie, il était représenté par les noms
Tinia, Thalna et Minerva (ERE, 10, p. 830). Cette
forme idéalisée du système triune fut établie sur le Capitole à Rome pour
manifester la puissance écrasante de l'État romain dans l'esprit de sa
population et pour supplanter les anciens cultes, unifiant ainsi l'État.
Les Étrusques n'étaient pas
originairement natifs de l'Étrurie, mais trouvaient leurs origines en Asie
Mineure. Les divinités grecques furent introduites à partir du Ve siècle AEC
(avant notre ère). En l’an 493 AEC, un temple fut érigé en l'honneur de la
trias grecque composée de Déméter, Dionysos et Perséphone, sous leurs
noms romains respectifs de Cérès Liber et Libera.
Apollon et les oracles de la Sibylle ont suivi en l’an 431 AEC. On voit
ensuite Artémis sous le nom de Diane et Aphrodite sous celui de Vénus. Vénus
était historiquement une ancienne divinité romaine des jardins. Les rites
grecs et romains furent tous deux déclarés licites, et l’on observe un degré
remarquable de syncrétisme et d'identification dans le système romain. Ce
qui ressort manifestement de l'ensemble de ces cultes et des systèmes
religieux en général, c'est qu’il existait des conceptions antiques
communes, qui attribuent une réalité concrète au cadre que nous voyons
dépeint dans le Jardin d'Éden, non seulement chez les Hébreux, mais
également dans le monde antique tout entier.
L'ancien dieu romain Sylvain (Sylvanus),
divinité des champs, des forêts (bois) et des frontières, était apaisé par
les femmes sous la forme d’un gobelin ou d’un être cauchemardesque lors des
accouchements
(cf.
ERE, art. Birth, vol. 2, p. 649).
Dans l'ancien système romain, la
religion était fondée sur l’idée ancienne selon laquelle il n'existait que
deux catégories d'êtres intermédiaires entre les hommes et la Divinité
suprême. Ces deux catégories étaient tout d'abord :
Il s'agit là de l’idée ancienne
originelle qui n'attribuait aucune frontière fixe aux êtres spirituels, en
ce sens qu’ils pouvaient agir en tant qu'esprits sur et à travers les
humains sans division spécifique. C'est ce qui explique les cas de
possessions démoniaques multiples. Le polythéisme n'était pas le système
originel. Ces êtres spirituels ont reçu des identités distinctes chez les
Grecs, idée qui fut adoptée par les Romains et qui devint ce que nous
entendons par polythéisme. Il n'en était pas ainsi dans les anciens temps.
L'idée ancienne était que le Père Universel (All-Father) avait
créé tous les theoi ou dieux, et que chaque nation, cité ou État
avait été attribué à un être spirituel.
Il n'existait
cependant pas de division claire des entités. Ces entités pouvaient
également représenter un groupe collectif.
Ces êtres spirituels étaient identifiés
à et comme des arbres, au sein desquels résidaient leur esprit
et leur essence. Ils pouvaient néanmoins agir sur et à travers les êtres
humains sous forme de Daemonia.
L'esprit comme un être distinct
Nous sommes désormais en mesure de
comprendre l'allégorie et le contexte dans lequel elle s'inscrivait
lorsqu'elle fut rédigée — ainsi que la période antérieure où elle était
transmise oralement de génération en génération parmi les anciens, tant
avant qu’après le Déluge. Il existe d'innombrables exemples de cette
conception d'une personnalité invisible, distincte mais étroitement liée à
la vie de l’homme visible et individuel. Les Perses l'appelaient fravashi,
les Égyptiens ka, les Grecs psyché. La division romaine de
cette notion nous permettra de saisir comment elle était comprise et ce qui
se joue dans cette distinction. Le terme
appliqué à l'esprit présent chez les individus est le genius, d’où
dérive notre mot « génie ». L'ancien symbole babylonien des Génies (Genii)
était un être à tête d'aigle. Les anciens Italiens attribuaient une entité
distincte à ce Genius ancien, séparée de l'homme lui-même, à laquelle
était conféré le pouvoir de propager la race. Le lit conjugal, placé dans l'atrium
d'une ancienne maison romaine, était très explicitement nommé
lectus genialis ; ce qui révèle un concept lié au mariage et à l'union
conjointe dépeinte dans la Genèse. C'est de cette notion que provient
l'expression «
faire plaisir à son
génie
» (to do one’s genius a pleasure).
La Matrone (maîtresse) de maison
désignait cette puissance sous le nom de sa juno, et la déesse
Junon ultérieure n'est qu'une généralisation et une glorification
des junones individuelles des femmes. Nous
touchons ici au cœur du concept du système triune. Jupiter représente la
manifestation physique de la structure, de la divinité et de la capacité
masculine des Genii. Junon constitue la manifestation collective de
la capacité spirituelle féminine du peuple. Ces éléments venaient à
l’existence avec les individus et disparaissaient avec eux, tout en étant
capables d'exercer une forte influence sur eux et de déterminer leur «
fortune », pour ainsi dire (ERE, 4, p. 621).
Le lien avec la doctrine de la
transmigration de l'âme apparaît clairement : l'être ne cessait pas
d’exister avec le corps.
Avec le temps, l'absurdité logique
surgit d’inventer des Genii pour les grands dieux, alors que ces
derniers étaient en fait les genii eux-mêmes et représentaient la
structure collective. Cela devint le polythéisme corrompu de ce système. En
réalité, le système triune originel de Rome, comme celui de tous les Aryens,
s'apparentait à un gigantesque culte de fertilité dont la Trinité occupait
la position suprême en tant que symbole de l'interaction collective du
serpent et du couple originel ici présent dans l’Éden. Le serpent était
identifié comme le symbole à la fois du genius et de la juno.
Horace déclare que le genius est
un dieu, tout en affirmant qu'il est sujet à la mort (Ep. II, ii, 188
cf. ERE 4, p. 621). Les Grecs représentaient le génius par
tychē, bien qu’occasionnellement le daemon soit
perçu exactement dans le même sens que
le
genius
[génie]
romain. Nous avons donc affaire à une conception commune selon
laquelle le genius (ou daemon) est un dieu sujet à la mort,
mais qui exerce une influence sur la vie des hommes et des femmes, et est
représenté par un arbre.
L'un des dieux sema la discorde au sein
du royaume divin en jetant la pomme d’or de la discorde.
En provoquant ce conflit, il est
devenu la source de la lutte entre les symboles masculin et féminin de la
fertilité collective — ce qui correspond précisément à la manière dont nous
percevons Adam et Ève, Ève étant la mère de tous.
Le Soleil, la Lune et les Étoiles au
sein des Anciennes Religions
Le Zeus grec, sous son épithète
la plus ancienne de « Grand Œil » (Wide Eye), est le porteur de la
lumière du jour — d'où « porteur de lumière » (light bearer) et dieu
solaire. À cet égard,
Jupiter et Zeus sont identiques. Le lien avec les Celtes se poursuit
non seulement à travers le chêne — ou Duir — en tant que
manifestation de Zeus/Jupiter, mais également à travers les autres arbres
dans leurs caractères sacrés liés aux divinités des Mystères, y compris
Apollon. Les Druides (terme signifiant « ceux du chêne ») utilisaient même
les caractères grecs pour leurs actes publics
(voir le document
La Croix : Son
Origine et Sa Signification (No. 039)).
La réincarnation chez les Celtes
Les Celtes semblent avoir intégré le
système en neuf degrés des anciens chamans
à leur système de culte et de
réincarnation.
Il apparaît qu'un aspect des fouilles
archéologiques menées en 1978-1979 par Jörg Biel et son équipe, sur la tombe
du prince de Hochdorf (Bade-Wurtemberg), ait été négligé. La sépulture,
intacte et non pillée, constitue un site funéraire complet. Nous pouvons
ainsi en tirer des conclusions qui, autrement, nous seraient restées
inaccessibles.
La tombe contenait un grand chaudron en
bronze italien daté d'environ 530 AEC, ainsi qu'un ensemble de neuf
services de vaisselle en bronze destinés aux besoins de neuf personnes. On y
trouvait également neuf cornes à boire, dont la neuvième était plus grande
que les autres. Cet agencement a été interprété comme l'illustration du
modèle du symposium grec, le grand chaudron de vin comme l'indice que
le banquet ou symposium dans l'au-delà correspondait aux attentes du
Celte, qui se voyait transmigré dans un autre corps, en un autre lieu, après
la mort.
Les autres objets
funéraires, notamment les chars et les effets personnels, ne seront pas
examinés ici, si ce n'est pour noter qu'il s'agissait d’un habit de grande
qualité, de nature non militaire. Cette explication peut cependant être
poussée bien plus loin. L'interprétation du symposium grec n'était
pas éloignée de la réalité, mais elle s'apparente à une banalisation des
conceptions religieuses exprimées dans cette tombe.
Dans le document
La Croix : Son Origine et Sa
Signification (No. 039) (3e éd. CCG, 1994, 1997, p. 10), il est fait
référence aux représentations de symboles solaires — tels que les svastikas,
les triskèles, les cercles et les croix — gravés sur les effigies en bronze
du dieu Dispater. Le symbole en forme de « S » apparaît également sur
les pièces de monnaie. Neuf de ces symboles en « S » sont suspendus à un
anneau porté par le dieu à la roue.
L'ERE (art. Celts, pp. 301-302)
déclare :
Plusieurs
explications ont été proposées de cette figure : la plus probable est celle
qui y reconnaît une foudre.
Or, il ne s’agit là que d'une
explication partielle ; et il semble que les explications proposées jusqu’à
présent en la matière soient entièrement trop superficielles.
Le « S » représente exactement ce qu'il
prétend être dans la mythologie standard, à savoir un serpent. Ce serpent
est associé aux cultes à Mystères et se retrouve précisément selon la
séquence de neuf que nous observons chez Dispater. Les neuf anneaux
du serpent correspondent aux neuf serpents qui gardent les corridors dans le
royaume du dieu Seker. Les premier, troisième et neuvième serpents sont
symbolisés par une ânkh, intégrée à leur nom (voir Budge, The Book of the Dead
Arkana, Londres, xcv, f. cf. Cox ;
La Croix : Son Origine et
Sa Signification (No. 039) ibid., La Croix Ankh, p. 6)
Nous discernons
ainsi ce qui se joue dans le prétendu symposium des Grecs et dans les
préparatifs du banquet de neuf couverts dans la tombe du prince celte de
Hochdorf.
La Roue de Dispater est la Roue
de la Renaissance (ou de la Réincarnation) des Celtes hyperboréens. Ce
système religieux, centré sur Apollon chez les Celtes hyperboréens de la
vallée du Danube, fut la raison même pour laquelle la Philosophie fut à
l’origine constituée comme une religion (cf. Burnet, Early Greek
Philosophy, 4e éd. Black, London, 1958, p. 81 et suiv.).
Ce qui se manifeste ici, c’est que les
neuf serpents du système égyptien et les neuf serpents des Celtes traitent
du système de réincarnation de l'âme, établi également chez les anciens
Grecs. Ces cultes se sont répandus en Thrace sous la forme dionysiaque des
mystères. Dionysos était associé aux fêtes bachiques. Chez les Romains, ces
manifestations prirent la forme des réjouissances bacchanales dédiées à
Bacchus. On retrouve également ce système dans les rituels orphiques, entre
autres. C'est Pythagore qui importa l'école délienne en Italie (Burnet,
ibid.).
Les neuf serpents — ou démons — doivent
être apaisés à chaque niveau d'ascension jusqu'au neuvième et dernier degré.
Ce neuvième niveau constitue l'entrée ultime au siège de la divinité, et par
conséquent, le contrôle sur la vie et la renaissance.
L'ânkh
repose sur le même concept que le symbole de Vénus et dérive, là encore,
d'une variante de la croix solaire encerclée, où la croix était
repositionnée sous le cercle.
Ankh-em-beu-mit est le neuvième
serpent dans le système égyptien. On ne saurait constater une similitude
aussi nette entre des systèmes partageant une tradition d'origine commune du
sacerdoce, pour ensuite ignorer les déductions évidentes qui s'imposent à
partir de ces typologies religieuses. Dans le langage des Anciens, le
serpent est le représentant de l'armée céleste. L'hébreu en est un exemple
éloquent, et les formes celtiques — en particulier le brittonique (ou
celtique en P) — sont associées au punique et à l'hébreu.
Les druides chez
les Celtes provenaient d’Égypte avec les Gadelians et furent rejoints par
les Milésiens en Espagne ou Ibérie, parmi les Gadelians (MacGeoghegan et
Mitchell, History of Ireland, Sadlier, New York, 1868, p. 42). Les
Grecs qui entrèrent en contact avec eux étaient les anciens Graeci
Vetustissimi. Les Grecs et les Romains plus récents, quant à eux, ne
connaissaient pas la Bretagne (ibid.).
On peut donc
conclure logiquement que l’ancien prince de Hochdorf fut en réalité préparé
aux rites initiatiques d'ascension à travers les neuf niveaux de l'au-delà.
Chaque niveau était gardé par un être spirituel, symbolisé par le serpent
correspondant. De la même manière, les sept niveaux des Hekhalot dans
le mysticisme de la Merkabah, au sein du judaïsme kabbalistique, sont gardés
par un ange. Rappelons que le terme hébreu pour Séraphins est associé
à celui de « serpent brûlant », en tant qu'être brillant (shining one).
Ce système fut le même, de l'Égypte jusqu'à l'Inde, et s'étendait de là en
Asie et au-delà.
Le neuvième niveau était matérialisé par la taille de la neuvième corne à
boire, reflétant la stature et la puissance relatives de la divinité. Le
modèle du symposium constituait ainsi, à certains égards, un rite de
passage participatif et, idéalement, n'impliquait que les individus de sexe
masculin (cf. Smith, Dictionary of Greek and Roman Antiquities,
article Symposium, Londres, 1851, pp. 1082 et suiv.).
Les conclusions
relatives à cette origine commune ne sont pas admises par la recherche
universitaire moderne, car le paradigme de l'archéologie européenne moderne
exclut une telle vision commune et exige une genèse ethno-culturelle
autochtone des Celtes, laquelle fait l'objet d'une élaboration théorique
continue.
Comme nous le verrons, les légendes sont
identiques et renvoient toutes à ce texte biblique concernant le Jardin
d'Éden. Les systèmes religieux anciens portent un contexte analogue.
Le culte commun
Le soleil, la lune ainsi que les étoiles
du matin et du soir apparaissent comme des objets d’un culte commun chez les
peuples Aryens, depuis les tribus de la Baltique jusqu'aux Teutons et aux
Perses. Tous ces peuples présentent les phénomènes célestes associés à la
lumière. Cela remonte aux concepts religieux les plus anciens, communs à
tous les Aryens avant leur dispersion (cf. ERE,
The
Aryan Religion, 2,
p. 34 et suiv.)
Il semble (d'après
des informations provenant des Teutons occidentaux) qu'il existait également
une ancienne divinité féminine du soleil, nommée Sunna. Son nom
correspondait en vieux germanique à Sunnen-aband, terme qui désignait
à l’origine « veille du dimanche » ou « soir précédant le dimanche ».
De cette matrice
conceptuelle découle la sacralisation du feu, descendu sur Terre sous la
forme du feu de la foudre. Ainsi, les cultes de Vesta à Rome, d’Estin
(Hestia) en Grèce et de Fistia en Arcadie — incarnations du Foyer ou
de la Mère du Foyer — constituent des concepts liés à cette structure
aryenne ancestrale. Ce système est
intimement lié au chêne, arbre hautement symbolique représentant le dieu qui
accordait la fertilité à la communauté et à l'individu par l'intermédiaire
des esprits qui gouvernent les hommes.
D'autres essences d'arbres symbolisaient
différents aspects de la divinité, ultérieurement transmis sous d'autres
noms (cf.
Les Origines de Noël
et de Easter/Pâques (No. 235)). À l'origine, ces entités
étaient toutes perçues comme des « fils de Dieu ».
Initialement, ces
divinités ne possédaient aucun nom distinct en dehors de ce système fondé
sur le Soleil, la Lune, l'Étoile du matin et le cycle de la fertilité qu'il
représentait. Ce n’est que de manière secondaire que les Aryens ont forgé
des noms et anthropomorphisé ces divinités ou entités. C’est ainsi que nous
retrouvons dans l’ancien récit de la Genèse l’allégorie du serpent en tant
qu'« Être de lumière » (Shining one) associé à l'arbre d'Éden.
C'est à l'action de
cette entité que l'on doit la dissension survenue au sein de l'Armée
céleste, ainsi que l'explication du mythe romain de la pomme d'or que nous
avons évoqué ci-dessus.
Le troisième élément de ce récit est
incarné par Minerve, la déesse qui entra en conflit avec Jupiter et Junon.
Ce nom dérive d'une racine ancienne totalement disparue dans les anciennes
langues italiques ; Schrader considère à ce titre qu'il s'agit d'une forme
extrêmement ancienne (ERE 4, p. 35). Le nom (Menese ova qui présente
les formes grecques menos et menes os) semble lié au concept
de la déesse originelle du matin. Chez les Teutons, cette dernière
était appelée Ostara, déesse du printemps, elle-même apparentée —
comme nous l'avons vu — au système d'Ishtar chez les Assyro-Babyloniens (voir le document
Les Origines de Noël et de Easter/Pâques
(No. 235)).
Ici, Minerve entre en concurrence avec
Vénus en tant qu’Étoile du Matin et du Soir. Nous obtenons ainsi une
triade : le principe masculin collectif incarné par Jupiter, le principe
féminin collectif par Junon, et l'Étoile du matin ou Porteur de Lumière
représenté par Minerve et Lucifer.
Nous revenons ainsi
à l’ancien système expliqué dans la Genèse : un système compris mais
dénaturé par les Aryens, dont la structure globale reposait sur l’anima
ou les esprits qui habitaient les humains et influençaient la conduite de la
Création. Les Aryens ont
emprunté ce système aux Sémites et aux Sumériens dès la période
indo-iranienne (ERE, 4, p. 36). Cette explication déformée du système chez
les assyro-babyloniens devint l'animisme, lequel s'infusa dans l'ensemble
des systèmes religieux mondiaux sous forme de chamanisme chez les peuples
nomades, tandis qu'il évolua vers des formes plus élevées de mysticisme chez
les peuples plus sédentaires.
Le mysticisme développe cette structure
d'ascension vers ces êtres par le biais de la contemplation.
L'explication des
événements du chapitre 3 de la Genèse dépasse de loin la simple allégorie
triviale. Elle constitue le fondement de l’explication des systèmes
religieux mondiaux et marque la ligne de rupture nette entre la Bible et
l'ensemble du système fondé sur les cultes païens, symbolisés par les cultes
des solstices d'où découlent Noël et Easter/Pâques.
Les structures religieuses anciennes en
témoignent. Le site de Stonehenge fut édifié sur une période s'étendant d'il
y a environ 5 000 ans à 3 500 ans. Stonehenge présente toutes les
caractéristiques du système des cultes liés au solstice d'hiver. Les fossés
de cendres indiquent la présence de feux sacrés. L'orientation du site est
rigoureusement alignée sur le solstice. La nature grisâtre de la pierre
indique qu'elle était destinée à allumer les feux sacrés
de chêne. Cette chronologie englobe des
périodes antérieures et postérieures à celle habituellement attribuée au
Déluge. Ce système solsticial représente la religion ancienne de l'Armée
céleste.
C'est là que réside
la distinction majeure entre l’ancien système des assyro-babyloniens et la
Bible. Nous en voyons l'illustration dans l'évolution d'Hermès et d'Apollon
vers des concepts que l'on retrouve également dans le texte biblique.
Apollon signifie « Celui de l'enclos » (du troupeau). Hermès signifie «
Celui des pierres » ou « Celui du tas de pierres »
(voir
ERE, Aryan Religion, 4, p. 36).
Ce titre lié aux pierres en vint
progressivement à désigner le Messager des dieux et le protecteur des
voyageurs, d'où l'érection de cairns sur les routes (cf.
La Croix : Son Origine et Sa
Signification (No. 039), pp. 12-15).
Quant à « Celui de l'enclos » ou
de la bergerie, il devint également celui du parc à bétail.
Dès les temps les
plus reculés, Apollon fut associé à Phoibos (Phoébus), l'Être de
lumière, en tant que divinité solaire
(ERE
ibid.).
Le dieu-soleil Phoebus
ouvrait les parcs à bétail le matin pour conduire le troupeau au pâturage.
De même, la divinité des lisières de forêts, Sylvain (Sylvanus),
semble initialement correspondre aux pierres marquant les frontières. Ces
concepts primitifs ont fini par donner naissance à des divinités aux
personnalités complexes et à multiples facettes, ce qu'elles n'étaient pas
comprises comme telles à l'origine.
Ce que nous observons ici, ce sont ces
mêmes concepts évoqués ici dans la Bible, mais dont le sens profond s’est
égaré à travers les cultes primitifs.
Phoibos ou
Lucifer
(Ésaïe 14:12), le Porteur de Lumière était le chérubin protecteur oint qui
couvrait le propitiatoire et marchait au milieu des pierres de feu (Ézéchiel
28:14).
Le messager des elohim est le
Memra ou l’Ange de Yahovah. Le titre d'Étoile du Matin et de Porteur de
Lumière reposait initialement sur Satan, et est en train d’être transféré au
Messie. Les fonctions du Messie furent usurpées par Satan, qui s’est érigé
en instructeur de l'humanité. Cette fonction d'enseignement correspond,
comme le montre le Livre d'Hénoch, à la compréhension commune qu'avaient les
anciens Hébreux en ce qui concerne la chute de l'Armée céleste.
Ce que nous semblons contempler, c’est
un concept antique commun qui a sombré dans la trivialité en raison des
réinterprétations erronées ultérieures des mythologies nationales. La
théologie défaillante des premiers Pères de l'Église aux IVe et Ve siècles y
porte une lourde responsabilité. Dieu avait établi les nations selon le
nombre des fils de Dieu (cf. Deut. 32:8 RSV, voir aussi la LXX ; 1 Clément
et les MMM sur ce texte). Il avait placé l'humanité sous la tutelle de ces
êtres spirituels.
Israël fut placé sous Yahovah comme sa
part (Deut. 32:9). Les autres nations furent placées sous l'autorité des
autres membres de l'armée céleste. C'est précisément la raison pour laquelle
le texte de Deutéronome 32:8 a été modifié dans le texte massorétique par le
judaïsme rabbinique après la chute du Temple (voir le document
La Préexistence de Jésus-Christ (No.
243)).
Deux Chemins ; Deux Systèmes
Il apparaît désormais que les arbres
représentent des systèmes d’ordre et d’expérience. Dieu avait initialement
établi un système au sein duquel l'humanité aurait pu produire un ordre
exempt de péché et de mort, et par lequel elle aurait été en mesure de
parvenir à la connaissance de la vérité et à la vie éternelle.
C’est substantiellement selon ce modèle
que l’Armée céleste fut créée. Tous les êtres étaient issus de Dieu le Père
et demeuraient soumis à Sa volonté afin de conserver l'Esprit Saint.
Il était Eloah, l'Unique et Véritable Dieu dès l’origine. Comme l'ont
affirmé le Christ, les apôtres et les Pères de l'Église tels qu'Irénée, rien
ne lui était coéternel (cf. Jean 17:3 ; 1 Jean 5:20, etc. ; voir également
Irénée,
Contres les Hérésies,
cité dans le document
La Première
Théologie de la Divinité (No. 127)). En d'autres termes, il n'y
avait ni deux ni trois dieux au commencement : il n'y avait que l’Unique et
Véritable Dieu.
Cette structure dépendait entièrement de
la volonté du Père et agissait en conformité avec elle. Le système
établi sur Terre avait pour but de placer Adam sous l'autorité de l'Ange de
Yahovah, ou Yahovah elohim. Cet être était à la fois Elohim et
Yahovah, celui-là même contre qui Jacob lutta et sur qui il prévalut,
comme le rapporte Osée 12:3-5. Yahovah des Armées est le mémorial de
cet elohim. Autrement dit, il tire son nom et son autorité de Yahovah
des Armées (cf. le document
L'Ange de YHVH (No. 024)).
Ainsi, Adam fut placé sous la direction
du Messie, qui portait le titre de Yahovah elohim. Satan tenta de
persuader le genre humain de suivre un autre système et d'agir selon sa
propre voie. En ce sens, cette situation constituait également une mise à
l'épreuve d'Azazel, qui devint Satan. Satan désirait cribler l'humanité et
l'accuser devant Dieu. En définitive, c'est la viabilité même de la création
adamique qui est ici en jeu.
La Tentation
Nous en arrivons à présent à la question
de la tentation et de la chute. Ève a-t-elle littéralement consommé un fruit
au sens propre ? Comment cet acte a-t-il ouvert les yeux ? En quoi Satan et
Adam furent-ils impliqués ? La question évidente, posée depuis des siècles,
est la suivante : s'agissait-il d'un acte sexuel ? Les réponses apportées se
présentent en deux catégories, qui dépendent essentiellement de l'époque
considérée.
Dans les temps anciens, et ce jusqu'à
Augustin d'Hippone (dont les écrits datent d'environ 405 EC), la réponse
unanime était affirmative : la fornication était bel et bien en cause. Les
anges s'étaient rendus coupables de fornication avec des femmes, un acte
auquel la Bible fait explicitement référence à plusieurs reprises. Les
écrits anciens non bibliques contiennent également des mentions ou des
interprétations similaires, voire identiques, et ces idées ne se limitaient
pas à l’ancien Israël. Dans son ouvrage Les Antiquités judaïques (Livre, I, III, 1), Flavius Josèphe
affirme que certains anges :
Se firent de Dieu
leur ennemi ; car beaucoup d’anges de Dieu s’unirent à des femmes et ont
engendré des fils qui se sont avérés injustes.
Dans sa note de bas de page relative à
ce passage, William Whiston précise que :
Cette opinion, selon
laquelle les anges déchus furent, en un certain sens, les pères des géants
d’autrefois, constituait l'opinion constante de l'Antiquité (Complete Works
Kregel, 1981, p. 28).
Cette conception ne se réduisait pas à
l’idée qu’une autre lignée humaine avait agi de la sorte, car cette notion
fut d’ailleurs directement transposée dans le Nouveau Testament par Paul
dans sa première épître aux Corinthiens, lorsqu'il écrit :
1Corinthiens 11:9-10
et l’homme n’a pas été créé à cause de la femme, mais la femme a été créée à
cause de l’homme. 10 C’est pourquoi la femme, à cause des anges,
doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend. (LSG)
Nous savons également, par
l'intermédiaire de Jude, le frère de Jésus-Christ, que telle était sa vision
des choses :
Jude 6-7 qu’il a
réservé pour le jugement du grand jour, enchaînés éternellement par les
ténèbres, les anges qui n’ont pas gardé leur dignité, mais qui ont abandonné
leur propre demeure ; 7 que Sodome et Gomorrhe et les villes
voisines, qui se livrèrent comme eux à l’impudicité et à des vices contre
nature, sont données en exemple, subissant la peine d’un feu éternel. (LSG)
La version KJV utilise le terme
fornication (dérivé du terme grec SGD 1608 ekporneusasai issu de
ekporneuo, signifiant se livrer totalement à l’impudicité) plutôt que
« vices contre nature
»,
et c'était également le sens retenu par d'autres textes anciens, à
l'instar du Livre d'Hénoch.
Ainsi, le sens profond de ces écrits
découle du concept de la création de la femme et du fait que des femmes se
livrèrent à l’impudicité avec les anges.
Telle était l'opinion de l'Antiquité, et
c’est là tout le sens de Genèse 6:4 lorsque des enfants leur furent nés ;
or, la descendance de ces géants fut privée de la résurrection (cf. les
documents
Les Nephilim (No.
154) et
La Résurrection des Morts (No. 143)). Ces êtres étaient
connus sous le nom de Rephaïm et n'avaient droit à aucune
résurrection, comme le souligne Ésaïe 26:13. Ce sont eux, les « autres
maîtres » qui régnaient sur les hommes :
Ésaïe 26:13-14
Éternel, notre Dieu,
d’autres maîtres que toi ont dominé sur nous ; Mais c’est grâce à toi seul
que nous invoquons ton nom. 14 Ceux qui sont morts ne revivront
pas, Des ombres ne se relèveront pas ; Car tu les as châtiés, tu les as
anéantis, Et tu en as détruit tout souvenir. (LSG) L’expression d'autres
maîtres (ou seigneurs) correspond à l’hébreu SHD 113 'adon, qui
désigne un souverain ou un dominateur, qu’il soit humain ou
divin. C’est ce même mot que l’on trouve dans le Psaume 136:3, ainsi dans
Genèse 19:2 et Deutéronome 10:17.
À tout le moins, ce contexte met en
évidence qu’une forme d'éveil ou de prise de conscience sexuelle était en
jeu
entre Ève et Satan.
Le point de vue transmis par les autres
systèmes religieux antiques issus du Déluge semble véhiculer cette idée dans
chaque facette de leur symbolisme. La triade ou Trinité, telle qu’elle était
comprise autrefois, était le symbole de l'action conjointe du Soleil, de la
Lune et de l'Étoile du matin dans les rites de fertilité. L'aspect duel de
ce principe au sein du système dans les cultes babyloniens et d'Ishtar (dont
la pérennité est démontrée dans le document
Le Veau d'Or (No. 222)) est lié au Ciel et
à la Terre. Ainsi, l'anima (qui ne peut être qu’un esprit mensonger)
s'introduit chez les hommes par l’activité de Satan, en tant qu'Étoile du
matin, agissant de concert avec les aspects masculin et féminin.
Dès lors, tout le symbolisme se trouve
corrompu : il passe du Soleil de Justice, de la Lune — comme figure de
l’Église — et de l’Esprit Saint agissant de concert, à une triade de trois
êtres distincts des élus en tant qu’Église.
Augustin d'Hippone
La deuxième interprétation fut
introduite par Augustin d'Hippone au début du Ve siècle. Il
s’opposa à l'idée selon laquelle Seth appartenait à la véritable lignée
adamique tandis que Caïn aurait contracté des unions avec la descendance de
l'Armée Déchue, de sorte que la postérité de ce dernier n'était pas pure
dans ses générations
— contrairement à
Noé qui, lui, fut dit "pur" ou "parfait dans ses générations" (Gen. 6:9)
(cf. L'Apocryphe de la Genèse, Manuscrits de la mer Morte ;
voir également Vermes, The Dead Sea Scrolls in English, 2ᵉ éd.,
Pelican, 1975, p. 215 et suiv.).
Dans son ouvrage
La Cité de Dieu (Livre XV, XXIII, NPNF 1ʳᵉ série, vol. 2, p. 303 et
suiv.), Augustin décréta que les anges n’ont pas cohabité avec des femmes
humaines. Selon lui, les « fils de Dieu » représentaient la lignée pure
issue de Seth, tandis que les « fils des hommes » étaient les descendants de
Caïn, et que les géants devant être détruits étaient précisément issus de la
postérité de Caïn.
Or, cette
explication fort commode et bien agencée convenait à tous ceux qui
s'avéraient incapables de discerner la vérité de la Bible en tant que texte
littéralement inspiré. Elle fournissait à l'Église chrétienne, qui œuvrait
sous l'égide de l'Empire, une réponse toute faite et limpide, propre à
satisfaire la curiosité sans laisser de questions en suspens. En d'autres
termes, cette thèse servit de solution commode à un clergé peu instruit, et
ce jusqu'aux découvertes scientifiques de la révolution industrielle.
Dès lors que les esprits s'affranchirent
de l’emprise d'une Église dogmatique, ils commencèrent à sonder le passé ;
ils découvrirent ainsi que la Terre était ancienne, sur laquelle avaient
existé d'autres animaux bien antérieurs à l'homme, ainsi que d'autres types
d'hominidés plus archaïques qui n'avaient absolument aucun lien avec eux.
C'est alors que tout l'édifice augustinien commença à s'effondrer.
Il est remarquable que cette
interprétation fût abandonnée en premier lieu au sein même de l'Église qui
l'avait promue, à savoir l'Église catholique. Sa branche romaine a
d'ailleurs récemment accepté la théorie de l'évolution plutôt que d'admettre
la vérité littérale du texte biblique.
En réalité, les plus fervents défenseurs
de ce que nous qualifierons de « théorie augustinienne de la séparation
lignagère » se recrutaient parmi les courants fondamentalistes ; ces
derniers s'opposaient pourtant à l'Église catholique romaine, tout en lui
ressemblant fortement sur le plan organisationnel. Cette perspective rendait
toutefois extrêmement difficile la compréhension de toute allégorie ou
signification profonde dans les textes de la Genèse.
Il ne fait aucun
doute que, selon la Bible, l'Armée Déchue se rendit coupable de fornication
avec des femmes humaines. Quant à savoir si le premier épisode de cette
nature impliquait ou non un acte sexuel au sens propre, il nous est
impossible de l'affirmer. Il semble toutefois qu’une forme d’intelligence ou
de complicité ait accompagné les agissements de la femme, lorsqu'elle céda
aux instances du serpent — ou Nachash —, et que cet acte ait valu à
ce dernier d'être précipité au sol et d’être privé de sa rectitude, comme en
témoigne le châtiment qui lui fut infligé.
Que ce premier acte ait ou non été
d’ordre sexuel, il fut indubitablement considéré comme ayant conduit à de
tels comportements chez les descendants de la femme. Nier ce fait revient à
contester le sens littéral et explicite du texte biblique.
Le Mariage
L'institution du mariage et la vocation
à la procréation constituent l'intention manifeste de Genèse 1:28. Ève fut
donnée à Adam pour être son aide et son soutien ; ils furent ainsi unis en
une seule chair et reçurent l'ordre de remplir la Terre. C'est exactement ce
même commandement qui fut adressé à Noé après le Déluge.
La perspective initiale était donc celle
de relations conjugales établies, et l'homme et la femme n'en éprouvaient
aucune honte. On constate cependant par la suite que lorsque Adam et Ève
commirent le péché, la honte les envahit, au point qu'ils se fabriquèrent
des pagnes de feuilles pour dissimuler leur nudité. Les premiers instants
n'impliquaient aucune honte ; les seconds, en revanche, en étaient
manifestement empreints, pour avoir été suscités par Satan en cette
circonstance.
Dieu avait donné à
Adam une instruction claire : lui obéir et ne point consommer de ce fruit.
Or, sous l'influence d'un autre être, la femme désobéit à son mari ainsi
qu'à son elohim. Il incombait à Adam, envers son épouse, la
responsabilité de la guider et de faire preuve de fermeté, ce qu'il ne fit
pas. Il la laissa pécher, de sorte qu'elle perdit sa pureté originelle
devant Dieu.
De la même manière, le second Adam est
responsable de son épouse, l'Église, et il lui appartient de la présenter
sans tache devant Dieu. Sous cet aspect, la relation conjugale a été
instituée dès avant la Chute, et elle demeure sainte.
Le Déluge
Le but de l'adversaire était d’entraver
le plan de Dieu, et cette ingérence a directement porté atteinte au dessein
même de la Création, provoquant ainsi le Déluge. Il s'était immiscé dans la
Création à un tel degré qu'à l'époque du Déluge, les êtres humains étaient
devenus corrompus et devaient être détruits, ne laissant survivre que les
personnes issues de générations pures.
Ainsi, la structure de cette rébellion
était foncièrement d’ordre sexuel, car elle tentait de s'attaquer à
l’intégrité du patrimoine génétique de la Création. Cette tentative semble
avoir été jugulée. Néanmoins, les problèmes génétiques ont persisté,
réduisant encore les capacités de la Création.
Le Gouvernement
Ce qui n'est pas examiné dans cette
affaire, c’est que le gouvernement de la planète fut placé sous l’autorité
de Satan, en tant qu’Étoile du Matin ou Porteur de Lumière. Ce Gouvernement
ne fut pas confié à Jésus Christ. Par conséquent, le système que Dieu avait
établi, depuis au moins la Chute, dut nécessairement être remis à Satan.
Le Péché Originel eut donc pour effet
immédiat d’expulser la création humaine du Jardin d'Éden et de rompre sa
relation avec Dieu. Dans le Jardin, le Ruach de Dieu se mouvait, et
Adam et Ève avaient la capacité de converser avec Dieu.
Genèse 3:8-12
Alors ils
entendirent la voix de l’Éternel Dieu [Yahovah elohim], qui parcourait le
jardin vers le soir, et l’homme et sa femme se cachèrent loin de la face de
l’Éternel Dieu [Yahovah elohim], au milieu des arbres du jardin. 9
Mais l’Éternel Dieu [Yahovah elohim] appela l’homme, et lui dit : Où es-tu ?
10 Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu
peur, parce que je suis nu, et je me suis caché. 11 Et l’Éternel
Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre
dont je t’avais défendu de manger ? 12 L’homme répondit : La
femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé.
(LSG)
Par cet acte, ils s’étaient ainsi coupés
de l'Esprit Saint ou Ruach de Dieu. Ils entendirent le son de
Yahovah elohim. Il s'agissait de la brise (SHD 7307) du Jardin,
ou de la fraîcheur (ruach) du jour. L'Esprit du jour était le
Ruach.
Ils avaient péché, et s’étaient cachés
de Dieu au milieu des arbres du Jardin. La première question de l'Ancien
Testament est celle que Dieu adresse au pécheur qui se cache (Genèse 3:9).
Yahovah elohim dit à Adam et Ève : « Où êtes-vous ? »
Cela contraste radicalement avec la
première question du Nouveau Testament (Matthieu 2:2), formulée par le
pécheur qui demande : « Où est-il ? »
Matthieu 2:2 et
dirent : Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Car nous avons vu son
étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer. (LSG)
Nous voyons ici des Mages, ou sages, à
la recherche du Fils de Dieu et de la rédemption qu’ils avaient perdue
lorsque Adam pécha. Ainsi, l'Être qui les avait cherchés dans le Jardin fut
à son tour recherché par les sages lorsqu’il vint les racheter. Cette
sagesse ne venait pas des hommes, mais des Cieux.
Adam entendit le son et se cacha parce
qu’il était nu. C'est une connaissance qu'il ne possédait pas auparavant, et
qui résultait de la connaissance du bien et du mal. L’argument avancé selon
lequel seule la connaissance du bien constituait la voie de Dieu est erroné.
En outre, nous savons que cet Être était
l'Ange de Yahovah, ou Yahovah Elohim, car nous savons sur le
témoignage de cet Être lui-même qu’est Jésus-Christ, qu’aucun homme n'a
jamais vu Dieu ni entendu Sa voix (Jean 5:37).
Jean 5:37 Et le Père
qui m’a envoyé a rendu lui-même témoignage de moi. Vous n’avez jamais
entendu sa voix, vous n’avez point vu sa face, (LSG)
Ainsi, d'après le témoignage de
Jésus-Christ (et des apôtres), ce Yahovah elohim n'était pas Celui
qui est l’Unique Véritable Dieu.
Nous constatons plus loin que ce que
Satan avait dit était en réalité vrai, et que la connaissance du bien et du
mal était indispensable à l'accession au statut d’elohim.
Qu'est-ce que le Yahovah elohim a
dit aux autres ?
Genèse 3:21-24
L’Éternel Dieu [Yahovah elohim] fit à Adam et à sa femme des habits de peau,
et il les en revêtit. 22 L’Éternel Dieu dit : Voici, l’homme est
devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal.
Empêchons-le maintenant d’avancer sa main, de prendre de l’arbre de vie,
d’en manger, et de vivre éternellement. 23 Et l’Éternel Dieu le
chassa du jardin d’Éden, pour qu’il cultivât la terre, d’où il avait été
pris. 24 C’est ainsi qu’il chassa Adam ; et il mit à l’orient du
jardin d’Éden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le
chemin de l’arbre de vie. (LSG)
Tous ces êtres possédaient la
connaissance du bien et du mal. Et Yahovah Elohim dit : voici,
l'homme est devenu comme l'un de nous pour la connaissance du bien et du
mal. Or, de peur qu'il ne prenne aussi de l'arbre de vie, n'en mange et
ne vive éternellement, il fallut le bannir du jardin.
De la même manière, l'accès permanent à
l'arbre de vie fut également refusé aux démons. En ce sens, ils ne furent
plus
“immortels” au sens de posséder la vie
aionion, mais se trouvaient confinés dans le temps et l'espace, comme
nous le constatons dans ces textes ici et dans les évangiles du NT en
général. Ainsi, la connaissance du bien et du mal, combinée à l'arbre de
vie, les rendait comme des elohim.
Satan avait raison dans ce qu'il disait
à Ève. Lui, en tant que Chérubin protecteur, possédait cette connaissance,
tout comme le Yahovah elohim — c'est-à-dire le commandant délégué qui
régnait au nom de Yahovah des Armées
— ce qu’était véritablement cet Être.
Il est donc absurde de soutenir qu’un
arbre entraînait nécessairement la mort. Cet arbre fut interdit parce que
Dieu avait un plan qui aurait permis aux humains de progresser vers le
statut d’elohim dans un cadre différent de celui que nous connaissons
aujourd’hui.
Ayant provoqué cette situation, Satan se
vit alors confier la responsabilité de conduire la création jusqu’à son
terme, une gestion sur laquelle il sera ultimement jugé. La manière dont il
choisit de traiter les humains dicta les conditions imposées à lui-même et
au Messie pour faire l'expérience de la condition humaine.
Négligence coupable
Il y a là un argument très sérieux en
faveur du Déterminisme. Si Dieu savait, et qu’il a placé ces deux êtres à la
tête de la création et qu’il savait que Satan interviendrait, sa
responsabilité est engagée dans les événements. Étant omniscient, il devait
le savoir ; autrement, le Messie n'aurait pu être « l'Agneau immolé dès la
fondation du monde ».
Soit Dieu n'a pas instruit correctement
Yahovah elohim, soit Il voulait permettre à ces deux êtres de
déterminer, par leurs propres actions, la méthodologie du plan de salut tout
au long de la période d'épreuve. Par Sa non-intervention, Dieu pouvait
également tester l’Armée céleste dans ses responsabilités à tous les
niveaux.
Christ, en tant que Yahovah elohim
agissant par délégation — et n’étant pas omniscient, comme nous le voyons
dans des textes ultérieurs —, n’a soit pas été informé, soit a participé à
la chute par son inaction.
Dans un cas comme
dans l'autre, le transfert de contrôle s'est opéré de Yahovah elohim
vers le Nachash (le Serpent), qui fut précipité à terre. Ce Nachash, en tant qu’Étoile du Matin,
conservait néanmoins un accès régulier au trône de Dieu, comme nous le
voyons dans Job 1:6 et 2:1.
La terre a ensuite été maudite en raison
de la transgression d'Adam et Ève. C'est là tout le concept sous-jacent à
Deutéronome 32:8. La Loi est dès lors entrée en vigueur, et les malédictions
ont pris effet.
Si le Yahovah elohim n'a pas agi
pour protéger, il est coupable au même titre que des parents sont coupables
s’ils ne parviennent pas à protéger leur enfant contre les dangers qui vont
entraîner la mort.
Toute cette structure semble avoir été
initiée par Dieu pour éprouver d'abord les elohim, puis, après
leur avoir fourni la structure et les alternatives, les laisser conduire la
création jusqu'à son terme.
Les Esprits sont ici de deux sortes
: le premier relève de l'obéissance, le second d'un désir de se
situer hors de la volonté de Dieu. C’est ce schéma qui a été essentiellement
instauré ici. Que cela ait induit une prise de conscience de leur condition
par rapport aux elohim ne fait aucun doute.
Ainsi, nous ne parlons pas d'une prise
de conscience de leur nudité l’un envers l’autre. Nous parlons de la prise
de conscience de leur nudité respective devant les elohim, une
connaissance qu’ils ont acquise après leur exposition.
Que Dieu le Père ait su que cela
arriverait ne fait aucun doute. La participation du Christ en tant que
Yahovah elohim à
ces
événements n'implique pas une omniscience au même niveau que celle de
Yahovah des Armées.
Le Plan de Dieu englobait ainsi bien
plus que ce que tout autre être, y compris Christ, savait. C'est pourquoi le
Christ a lui aussi été éprouvé dans l'obéissance et la foi ; car
l'omniscience entraîne nécessairement l'absence de foi. Là où se trouve la
connaissance certaine, la foi devient superflue.
Le prélude à cet argument est souvent
invoqué pour définir Dieu comme un Être unique en deux ou trois hypostases.
Un exemple de ce point de vue se trouve dans la déclaration de
l'Église Universelle de Dieu (Worldwide Church of God, WCG) dans sa
brochure In the Beginning: Answers to Questions from Genesis (WCG,
1980, p. 2) :
Considérez Jean 1:1
: "Au commencement était la Parole et la Parole était avec Dieu et la Parole
était Dieu."
C'est la toute
première trace préhistorique. Cela a pu se produire il y a des millions ou
des milliers de millions d'années. Les deux Personnages Spirituels
éternellement vivants, qui constituaient ensemble le DIEU UNIQUE, étaient
SEULS dans l’espace vide. Il n'y avait pas encore d'univers physique, - PAS
ENCORE. (Emphases d'origine conservées)
L'article poursuit ensuite en parlant de
Dieu au singulier :
Mais alors même que
l'homme pense, dessine et planifie avant de fabriquer, de même Dieu a conçu
le plan et le dessein de créer des anges – des êtres spirituels immortels,
composés entièrement d'esprit. Dieu a créé les anges avant la création de la
terre. Nous savons qu'ils avaient été créés avant la terre parce qu'ils ont
chanté ensemble et ont crié de joie à la création de la terre (Job 38:4-7)
(emphase d’origine conservée).
C'est là une théologie purement païenne.
Elle dérive directement du culte du dieu Attis, à partir duquel s'est
développé le modalisme du système romain. Ceci est examiné dans le document
Les Origines de Noël et de Easter/Pâques
(No. 235). Dans ce système, Dieu existait sous deux modes
d'existence, le Père et le Fils. Cela fut plus tard étendu au stade
trinitaire par l'adjonction du Saint-Esprit au Concile de Constantinople en
l’an 381. Ce système Binitaire, qui tentait de faire une distinction entre
les deux entités, s’est développé à partir du Concile de Nicée en l’an 325
EC.
Ce système est pourtant païen, contraire
aux Écritures, et marque le début de la corruption trinitaire au sein des
églises de Dieu. Elle commence dès son application ici, dans la Genèse.
Examinez les
simples déclarations de la Genèse. Yahovah elohim a parlé avec Adam
et Ève. Yahovah elohim a parlé au pluriel aux elohim présents
et a dit : « l'homme est devenu comme l'un de nous ». Il s'agit d'êtres
multiples. Satan est une Étoile du Matin, et celles-ci sont mentionnées dans
Job 38:4-7. Le Messie est également une Étoile du Matin.
Il y avait trois êtres elohim qualifiés
d'anges, ainsi que Yahovah, qui est le nom de l'un des elohim ayant parlé à
Abraham et à Loth, comme nous l'avons vu plus haut.
Le Christ a dit que personne n'a jamais
vu Dieu ni entendu Sa voix. Pourtant, Adam et Ève ont parlé face à face avec
Yahovah elohim, tout comme Moïse. Jacob a lutté avec lui.
Manifestement, Yahovah elohim n'est pas le Père, l’Unique Véritable Dieu
dont le Christ parle dans Jean 5:37. En outre, il existe au moins trois
êtres dans l'Ancien Testament qui portent le nom de Yahovah, dont aucun
n’est Dieu le Père, et dont trois sont identifiés comme des anges.
Ainsi, la distinction faite par ces
binitariens est incorrecte. Plus tard, ces mêmes personnes ont pu écrire que
Dieu et le Christ, en tant que deux êtres distincts, auraient pu avoir une
discussion pour savoir qui descendrait pour être sacrifié. Un tel
raisonnement est aberrant : il oscille de manière incohérente entre le
dithéisme et le binitarisme, sans tenir compte des paroles du Messie
lui-même.
Le Dieu Très-Haut n’était pas présent en
Éden, si ce n'est par l'Esprit Saint. Les deux êtres qui occupaient une
position d'autorité et de contrôle étaient les deux êtres suprêmes présents
sur les lieux.
Ils ont mis en place le système pour la
phase suivante. L'être supérieur, désigné ici comme Yahovah elohim, est le
même que celui auquel fait référence Osée 12:3-4.
Ainsi, le plan était établi pour mettre
à l'épreuve les elohim qui contrôlaient la planète. Ils s'étaient rebellés,
et ils allaient être éprouvés en fonction des motifs mêmes de leur
rébellion.
Le système pour lequel Satan avait
plaidé fut mis en place, et il en reçut le commandement. La nation d'Israël
fut cependant laissée de côté et confiée à Yahovah elohim, afin d'amener le
monde entier au salut à travers cette lignée et ce système, qui allaient
être préservés sous les lois de Dieu. Ainsi, l'ensemble du système était en
place dès le commencement.
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