Christian Churches of God
No.
178
Psaume 110
(Édition
2.0 19970904-20000712-20070509)
Ce Psaume est court mais d'une
importance capitale. Son texte
fait partie des 134 passages modifiés par les Sopherim, où le nom
Yahovah (ou
Jéhovah) a été
remplacé par Adonaï.
Il débute par une formule d'identification précisant qu'il s'agit d'un
Psaume de David. Par conséquent, le verset ne fait pas référence à David
lui-même, mais au Seigneur de David. Cette entité est donc le Messie.
Il est désigné sous le nom de
Jéhovah dans le Psaume
110:5, terme qui fut altéré en
Adonaï, comme nous le
verrons ultérieurement.
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Psaume 110 [178]
Psaume 110:1-7 De David. Psaume. Parole de l’Éternel à mon Seigneur :
Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton
marchepied. 2 L’Éternel étendra de Sion le sceptre de ta
puissance : Domine au milieu de tes ennemis ! 3 Ton peuple est
plein d’ardeur, quand tu rassembles ton armée ; avec des ornements sacrés,
du sein de l’aurore ta jeunesse vient à toi comme une rosée. 4
L’Éternel l’a juré, et il ne s’en repentira point : Tu es sacrificateur pour
toujours, à la manière de Melchisédek. 5 Le Seigneur, à ta
droite, brise des rois au jour de sa colère. 6 Il exerce la
justice parmi les nations : tout est plein de cadavres ; il brise des têtes
sur toute l’étendue du pays. 7 Il boit au torrent pendant la
marche : C’est pourquoi il relève la tête. (LSG)
Ce Psaume est court
mais d'une importance capitale. Son texte fait partie des 134 passages
altérés par les Sopherim, où le nom
Yahovah (qualifié à
tort de Yahweh ou
Jéhovah) a été
remplacé par Adonaï.
Le texte du verset 110:1 utilise la forme
adoni, un fait
théologique exploité par les unitariens radicaux pour soutenir que le
Seigneur en question
est un être humain, dans la mesure où ce terme peut désigner un
propriétaire, un maître ou un seigneur humain. Même le
dictionnaire Strong
répertorie ce cas de figure. Cependant, cette restriction artificielle est
réfutée par Bullinger, car le texte fait manifestement référence à l'Adonaï
assis à la droite de Dieu. Le terme employé à l'origine en 110:5 était
Yahovah, mais il a
été modifié en Adonaï
sous la même forme possessive
Adoni qu'en 110:1,
signifiant Adonaï et
désignant Yahovah.
Ce psaume traite manifestement de
deux êtres divins, dont l'un est subordonné à l'autre et se tient à sa
droite. Ce subordonné est également nommé Yahovah (se reporter au document
L'Ange de
YHVH (No. 024)).
Les Sopherim ont modifié le mot en
Adonaï afin
d'occulter la divinité du Messie par son association avec
Yahovah,
l’Unique Véritable Dieu.
Le texte s'ouvre sur l'indication
qu'il s'agit d'un Psaume de David. Le verset ne renvoie donc pas à David,
mais au Seigneur de David. Par conséquent, cet être est le Messie.
Les autorités rabbiniques s'appuient sur
ce passage dans leurs commentaires pour l'attribuer à Abraham, en exploitant
le lien avec Melchisédek au verset 4 (voir les commentaires
Soncino sur les
Psaumes, p. 371-372, et noter le texte hébreu du Texte Masorétique [TM] dans
les deux versets).
Or, Abraham a versé la dîme à Melchisédek ; il s'agit donc nécessairement du
Messie et de son ordre sacerdotal, auquel Abraham est subordonné. Il est
désigné sous le nom de Yahovah (ou Jéhovah selon certains) au
verset 110:5, et ce terme a été modifié en Adonaï, comme nous allons
le démontrer.
Psaume 110:1 De David. Psaume. Parole de l’Éternel à
mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes
ennemis ton marchepied.
Jéhovah s'adresse à un être qualifié de « mon Seigneur » (Adoni) qui est le
Seigneur de David. Cet être est Adonaï. La
forme hébraïque employée pour l'un des êtres divins est identique à celle
utilisée pour l'autre, pourtant certains prétendent que l'une s'applique à
un humain tandis que l'autre se réfère clairement à
Yahovah, qui était le
terme originel. Les Sopherim ont donc falsifié le texte. Ce passage est cité dans Matthieu
22:41-46, Actes 2:34-35 et Hébreux 1:13.
L'expression
Jéhovah a dit correspond à ne'um Yahovah.
Il s'agit en réalité de l'Oracle
direct de Yahovah. Cette
formule est systématiquement employée pour désigner une déclaration
immédiate et directe de
Jéhovah, et n'est que très rarement attribuée à un prophète (cf. Nombres 24:3,15), ou
de David (cf. 2Sam. 23:1) (voir la
Companion Bible, note de bas de page du v.1). Le mon Seigneur
mentionné ici est le Seigneur de David, c'est-à-dire le Messie.
Ainsi, le Messie était le Seigneur de
David alors même que ce dernier ne l'avait pas encore engendré, le Messie
étant son ancêtre distant. La fin du Psaume, aux versets 5 à 7, démontre sa
nature prophétique et eschatologique (dont l'accomplissement est à venir).
Matthieu 22:41-46 Comme les pharisiens étaient assemblés, Jésus les
interrogea, 42 en disant : Que pensez-vous du Christ ? De qui
est-il fils ? Ils lui répondirent : De David. 43 Et Jésus leur
dit : Comment donc David, animé par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur,
lorsqu’il dit : 44 Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi
à ma droite, jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied ? 45
Si donc David l’appelle Seigneur, comment est-il son fils ? 46
Nul ne put lui répondre un mot. Et, depuis ce jour, personne n’osa plus lui
proposer des questions. (LSG)
Il était donc prédestiné,
préexistant à David tout en étant son descendant
(voir également le document
La Préexistence de Jésus Christ (No. 243)).
La formule assieds-toi à ma
droite jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied est citée à
sept reprises dans le Nouveau Testament (Matt. 22:44 ; Marc 12:36 ; Luc
20:42 ; Actes 2:34 ; Héb. 1:13 ; 10:13 ; 1Cor. 15:25).
Cette métaphore est issue de la coutume consistant à
placer le pied sur le cou des vaincus
(cf. Josué.
10:24).
Elle signifie que les ennemis
du Messie seront réduits à lui servir de marchepied. Dans le Nouveau
Testament grec, le verbe devient
tithemi, significant
aura placé
(voir la Companion Bible,
ibid.). 1Corinthiens 15:25 est considéré comme une exception oùu les
ennemis ne sont pas placés comme un marchepied mais sous ses
pieds, car ce texte fait référence à l'accession du Christ à son propre
trône (Matt. 25:31 ; Apoc. 3:21) et non à sa
session sur le Trône de Son Père, contrairement à tous les autres passages
(ibid.). Le commentaire
Soncino évite la portée messianique de ce psaume.
Psaume 110:2 L’Éternel enverra de Sion la verge de ta force, domine au
milieu de tes ennemis ! (DAR)
L'expression verge de ta
force est un idiome hébreu pour désigner ta houlette de fer ou
puissant sceptre (voir
Soncino). Il s'agit ici du bâton ancestral symbolisant à la fois le
prêtre et le prince, remis ici au Messie en tant que fils de David.
Sion représente ici le centre
du Royaume du Messie (cf. Rom. 11:25-27). La phrase
tu gouverneras au milieu de tes
ennemis, placée entre guillemets, constitue un ordre divin (Soncino).
Romains 11:25-27 Car je ne veux pas, frères, que vous ignoriez ce mystère,
afin que vous ne vous regardiez point comme sages, c’est qu’une partie
d’Israël est tombée dans l’endurcissement, jusqu’à ce que la totalité des
païens soit entrée. 26 Et ainsi tout Israël sera sauvé, selon
qu’il est écrit : Le libérateur viendra de Sion, et il détournera de Jacob
les impiétés ; 27 et ce sera mon alliance avec eux, lorsque
j’ôterai leurs péchés. (LSG)
Ce texte est à mettre en
parallèle avec Ésaïe 59:20 et Luc 21:24. Le Messie doit venir à Sion et vers
ceux de Jacob qui se détournent de leurs transgressions. Ainsi, au temps
marqué, à la fin du temps des Gentils (Païens), le Messie viendra
pour racheter Israël et établir son gouvernement depuis Sion.
Psaume 110:3 Ton peuple est plein d’ardeur, quand tu rassembles ton armée ;
avec des ornements sacrés, du sein de l’aurore ta jeunesse vient à toi comme
une rosée.
La formule ton peuple est
plein d’ardeur quand tu rassembles
ton armée
signifie qu'ils
s’offriront volontairement comme des offrandes volontaires au jour de ton
combat. Ce sont des offrandes volontaires du type de celles mentionnées
dans Exode 35:29 ; 36:3 ; 1Chroniques 29:9,14,17 ; Esdras 3:5 ; 8:28. On
retrouve la même racine hébraïque dans Juges 5 (Soncino). Le terme
traduit par ta puissance signifie littéralement ton armée.
Cette époque correspond littéralement au temps de l'armée du Seigneur des
Derniers Jours. Le peuple se ralie de lui-même à sa bannière (cf. Soncino).
L'expression
ornements sacrés est lue dans
certains codex comme dans (ou sur) la montagne
sainte (voir la Companion
Bible, note de bas de page du v. 3). La Soncino traduit le texte
par dans les ornements de la sainteté, à l’instar des Psaumes 29:2 ;
96:9. Ces ornements de sainteté désignent les vêtements sacerdotaux de la
prêtrise (Soncino) – d’où, les robes blanches des élus. Les autorités
rabbiniques sont partagées quant à l'attribution de ce passage à David.
Toutefois, Kimchi et Hirsch traduisent par majesté du sanctuaire,
rapportant le texte à Jérusalem.
Le texte est explicité ainsi :
[comme la rosée] issue du sein maternel, avant l'aurore, je t'ai engendré
[comme fils] (cf. Ps. 2:7). Il ne devrait pas y avoir de point après le
mot aurore.
Nous sommes en présence
du concept du Fils préexistant, ordonné avant l'aurore ou avant les temps
éternels.
Il possède la rosée d'un fils (rendue ici par
jeunesse) (voir Companion Bible).
Psaume 110:4
L’Éternel l’a juré, et il ne s’en repentira point : Tu es sacrificateur pour
toujours, à la manière de Melchisédek.
Ici, le terme juré
correspond à celui du verset 1
en tant qu'Oracle de Dieu. Ici, le Messie a été
ordonné prêtre pour toujours selon l'ordre de Melchisédek (voir Genèse
14:18 ; Héb. 6:20 ; 7:1-28). Les rabbins tentent d'attribuer ce verset à
David dans une tentative d’éviter la portée Messianique et le transfert du
sacerdoce. Pour
cela, ils s'appuient sur 2Samuel 8:18 où le mot
cohen est utilisé pour désigner les
fils de David et traduit par principaux ministres – or le
terme exact est bien cohen. David portait l’éphod sacerdotal (2Sam.
6:14) et offrait les holocaustes et les offrandes de paix (2Sam. 6:17).
Cependant, c’était le devoir du Prince, comme l’indiquent Ézéchiel et
d’autres textes, et n'impliquait nullement l'institution d'un nouvel ordre
sacerdotal.
Le Nouveau Testament démontre
que cet ordre a été dévolu au Messie, puis, par son intermédiaire, transmis
à l'Église. La lignée de Lévi s'oppose à tort à cette interprétation. La
Companion Bible méconnaît la signification profonde de ce sacerdoce.
Celui-ci a été ouvert aux Gentils, car il est sans généalogie, sans
commencement ni fin. Le sacerdoce aaronique se transmettait par filiation
biologique au sein de Lévi. Le Messie était de la lignée de David, et David
ne possédait aucune ascendance sacerdotale. Le Messie descendait également
de Lévi par la maison de sa mère (voir le document
La Généalogie du Messie
(No. 119)). Les prophéties
annonçaient qu'il serait issu de Lévi par Schimeï, et de David par Nathan
(voir Zach. 12:12). Le sacerdoce aaronique a ainsi été élargi lors de ce
transfert pour inclure non seulement Juda, mais aussi Israël et les Gentils.
Dieu ne se repentira pas et ne révoquera pas ce qu'Il a décrété (voir aussi
Melchisédek (No. 128)).
Psaume 110:5 Le Seigneur, à ta droite, brise des rois au jour de sa colère.
Le texte original a été altéré
par les Sopherim : Le Yahovah (ou Jéhovah (sic)) à ta droite est
devenu L’Adonaï à ta droite (voir l'Annexe 32 de la
Companion Bible pour la liste complète.
Cette modification a été introduite parce
qu'il existait manifestement un
Yahovah subordonné au
Yahovah des Armées,
lequel était le Seigneur. Le Seigneur de David, le Messie,
était également désigné par le nom
de Yahovah, mais non
par celui de Yahovih
(ou Jéhovih), qui est
le Yahovah des Armées.
Cette distinction est préservée par les termes Jéhovah (SHD 3068) et
Jehovih (SHD 3069). À
l'oral, le terme SHD 3068 est systématiquement prononcé
Adonaï, tandis que
Jéhovih (Yahovih)
(SHD 3069) est toujours prononcé
Elohim. Par ce procédé, les Juifs
cherchaient à préserver le monothéisme transcendant de
Yahovah des Armées
(voir les commentaires du dictionnaire
Strong).
Yahovih (Jéhovih)
était donc le Dieu Très-Haut.
Yahovah (Jéhovah)
était l'Elohim d'Israël en tant qu'entité subordonnée. Ainsi, le Messie
brisera des rois au jour de Sa colère (c'est-à-dire de la colère de Dieu).
Psaume 110:6 Il exerce la justice parmi les nations, il remplit les lieux de
cadavres, il brise les têtes sur un grand pays.
Le Messie doit juger parmi les
nations (c’est-à-dire les Gentils (Païens)). Laissez-le juger parmi les
peuplades [les régions] pleines de cadavres
(voir Kimchi, cf. Soncino). Ainsi, la mort d’une multitude
est prophétisée dans ce processus. Le mot hébreu traduit par cadavres
désigne à la fois les corps vivants (Genèse 47:18) et morts.
Ibn Ezra l'interprète dans le premier sens, soulignant la
puissance numérique des nations. D'autres exégètes considèrent qu'il s'agit
des corps des victimes abattues. Hirsch y voit les victimes des nations qui
les ont pillées. Le Plan du Salut démontre qu'il s'agira des deux (voir
spécifiquement Apoc 20:1-15). Le Messie destitue les dirigeants (têtes) des
nations. Ainsi, la gouvernance des systèmes de ce monde sera abolie. Le
terme au singulier, tête, se réfère à Satan ainsi qu’à la destruction
du système de la Bête sous l’égide du faux prophète des Derniers Jours
(Apoc. 19:11-21). Cela renvoie également à la semence de la femme, qui est
le Messie (Genèse 3:15). L’expression de “plusieurs pays” (ou « grand pays
») désigne une vaste terre.
Le verset suivant débute en
réalité par la lettre hébraïque Mem,
signifiant en français Depuis ou
De.
Cela correspond au verset 3 explicité plus haut.
Psaume 110:7 Il boit au torrent pendant la marche : C’est pourquoi il relève
la tête. (LSG)
Il boit au torrent pendant la
marche
est intimement liée au fait de « relever la tête ».
Il s'agit d'une métaphore relative au transfert de pouvoir. Kimchi précise
que le texte écrit au singulier peut ici se traduire au pluriel (Soncino).
La « tête » au singulier qui est retranchée est celle de Satan, qui domine
sur les nations (voir aussi Ps. 98:22 où cette formule désigne le
dirigeant des combattants (cf.
Rashi, Soncino). Dans ce contexte, cela désignerait le chef des
rebelles. En ce sens, Satan est l'Antichrist, et tout ce qui émane de son
système revêt un caractère antéchristique. La tête relevée symbolise la
direction du vrai Dieu par le moyen de l'Esprit Saint. Le Messie s’abreuve à
cet esprit. De la sorte, il
possède la plénitude de la Divinité, ou la
Theotetos. Il s'agit
de l'essence divine (voir le dictionnaire de Thayer). Le Christ était rempli
de l'essence divine et, par conséquent, de la Divinité.
Le verset 10 nous indique que nous sommes également remplis du Christ et
que, par extension, nous demeurons dans la plénitude de la Divinité, tout
comme le Christ en était rempli (Theotetos).
Cette réalité transparaît dans
le concept de se tenir devant Dieu évoqué dans Apocalypse 7:9-15. Les êtres
humains rachetés ainsi que les Anciens (ou le Conseil) se tiennent devant
Dieu. De cette manière, Dieu est élevé. Les Anciens jettent leurs couronnes
devant Dieu, plaçant ainsi l'intégralité du système sous l'autorité de
l’Unique Véritable Dieu, confirmant la doctrine monothéiste. En se tenant
devant le Trône, chacun se voit attribuer une fonction, une autorité et une
puissance.
C'est ainsi que nous « relevons
la tête » en buvant au torrent, qui est l'Esprit Saint.
Le commentaire
Metsudath David
affirme que la victoire sera exclusivement le fruit de l'intervention divine
(cf. Soncino, note du
v. 7).
C'est là le dénouement eschatologique de la rébellion, suivi de la
restauration universelle sous l'égide du Messie assis à la droite de Dieu.
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