Christian Churches of God

[F022iii]

 

 

 

Commentaire sur le Cantique des Cantiques : Partie 3

 (Édition 2.0 19951021-19990607)

 

Nous poursuivons ici le Commentaire à partir du Chapitre 4:8 jusqu'au Chapitre 5:16.

 

 

Christian Churches of God

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(Tr. 2010, 2020, rév. 2020)

 

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Commentaire sur le Cantique des Cantiques : Partie 3 [F022iii]

Audio C [audio en anglais]

 

Chapitre 4

 8 Viens avec moi du Liban, ma fiancée, viens avec moi du Liban ! Regarde du sommet de l’Amana, du sommet du Senir et de l’Hermon, des tanières des lions, des montagnes des léopards. 

 

Metsudath David conclut : “Ravi de sa promesse, il poursuit, ‘Ta beauté est vraiment ravissante ; je vais t'aider à t’échapper de cette tanière de lions et de léopards’” (Soncino).

 

La Soncino note que le reste du chapitre décrit l'amant qui la supplie de s’enfuir du palais royal. Notez la ferveur de sa supplication : Viens avec moi, ne reste pas avec lui (Salomon). La supplication est la même que celle faite à l'Église pour qu’elle sorte du royaume de ce monde et en particulier de sa fausse structure religieuse dont Salomon lui-même s’est rendu coupable (Apoc. 18:4). Le texte rendu regarde du sommet de l'Amana suit Rashi, Ibn Ezra, Kimchi et d'autres. Metsudath David rend le texte : part du sommet de l'Amana (cf. Ésaïe 57:9 pour le sens du verbe). Ainsi, il l’exhorte à quitter la résidence royale au Liban. Amana est le nom du sud de l'Anti-Liban, la chaîne de collines orientale qui fait face à la plaine de Damas (cf. 2Rois 5:12) (Soncino). La chaîne montagneuse du Liban, à l'extrême nord de la Palestine, est constituée de plusieurs sommets, dont les plus élevés sont l’Hermon et le Senir. La Soncino soutient que Salomon y avait probablement construit des résidences royales. Dans Deutéronome 4:48, Senir est appelée Sion, et Deutéronome 3:9 nous dit que les Sidoniens l’appelaient Sirion (voir aussi Soncino). Liban et Senir étaient également à l’origine de la construction du système satanique décrit comme Tyr dans Ézéchiel 27:5. Cela faisait partie de ce qui a conduit à la condamnation de Satan, le chérubin protecteur oint aux ailes déployées d’Ézéchiel 28, qui était assis sur les montagnes de Dieu. L'association avec Éden n'est pas non plus développée ici, alors qu’elle pourrait peut-être être appropriée.

 

9 Tu me ravis le cœur, ma sœur, ma fiancée, tu me ravis le cœur par l’un de tes regards, par l’un des colliers de ton cou. 10 Que de charmes dans ton amour, ma sœur, ma fiancée ! Comme ton amour vaut mieux que le vin, et combien tes parfums sont plus suaves que tous les aromates ! 11 Tes lèvres distillent le miel, ma fiancée ; il y a sous ta langue du miel et du lait, et l’odeur de tes vêtements est comme l’odeur du Liban. 12 Tu es un jardin fermé, ma sœur, ma fiancée, une source fermée, une fontaine scellée.

 

Selon Akedath Yitschak, les retrouvailles lui ont donné le courage de l'emmener loin du confinement forcé. Cela lui a donné un nouveau cœur (lebab). C’est ainsi que le Messie doit ici emmener des captifs (Éphésiens 4:8). Le processus est commencé avec l'Église.

 

Le texte suivant fait référence à ma sœur, ma fiancée. Ce processus a d'abord été incarné dans la relation entre Abraham et Sara, comme l’explique la Genèse 12:10-20 et 20:1-18. Quiconque s’interposait entre Abraham et son épouse était maudit et puni. La pénalité payée par Abimélec était de mille pièces d'argent. En d'autres termes, la totalité des milliers de Dieu devait être apaisée. Ce processus est compris là où le Messie est à la fois le mari des élus et leur frère, où tous sont fils de Dieu. Il est le premier-né entre plusieurs frères et l'Armée considère les élus comme ses frères (Rom. 8:29 ; Apoc. 6:11 ; 12:10).

 

Le regard d'un œil est jugé séduisant par Metsudath David. Le kere a le féminin pour le mot une pour concorder avec le mot œil, qui en hébreu est féminin. La signification de la kethib est soutenue par Daath Mikra pour signifier peut-être avec un (regard) de tes yeux. Le texte continue pour lire avec une perle de ton collier (cf. Proverbes 1:9). Ibn Ezra explique cela comme une sorte de bande ornementale nouée autour du cou. Le sens est qu’une perle du collier, un œil du corps, est fiancée au berger, comme une épouse à part entière. Cela équivaut à la parabole des vierges sages et folles (Matthieu 25:1-12).

 

Le texte tes lèvres distillent le miel se poursuit au texte le miel et le lait sont sous ta langue. La louange de Dieu fournit la réponse de Dieu, afin que le miel et le lait soient la récompense des prières des saints. Les Anciens du Conseil sont chargés de surveiller ces prières (Apoc. 5:8).

 

Et l'odeur de tes vêtements est comme l'odeur du Liban est soutenue par la Soncino pour être une allusion à la coutume orientale de parfumer les vêtements. Le Liban était connu pour son parfum (cf. Os. 14:7) (Metsudath David). La Soncino ajoute : La jeune fille doit avoir échangé son humble robe contre certains vêtements portés par les magnifiques dames de la cour.

 

La véritable réponse était que la Sulamithe a effectivement obtenu un nouveau vêtement. Ce vêtement de noces était celui obtenu par le baptême et le processus de purification dans le sang de l'Agneau et par l'Esprit Saint. Il est fascinant que le symbolisme des élus après le baptême ne soit pas repris par les autorités rabbiniques, alors qu'il est si cohérent.

 

Un jardin fermé fait référence au fait que les élus sont un jardin isolé pour tous sauf à son possesseur légitime (comme le dit David Metsudath). L'Église est chaste et modeste comme les jardins sont clos pour empêcher l'intrusion d’étrangers (cf. Ésaïe 5:5) (Ibn Ezra, Metsudath David).

 

Au Moyen-Orient, les fontaines étaient scellées par de l'argile qui séchait et faisait l'effet d'un sceau, ce qui en faisait une propriété privée. La capacité de boire l’eau des élus était également scellée. L’Esprit Saint n'était offert de façon permanente qu'aux élus étant ordonnés d’avance ou prédestinés, choisis, appelés, justifiés et glorifiés (Romains 8:29-30).

 

13 Tes jets forment un jardin, où sont des grenadiers, avec les fruits les plus excellents, les troënes avec le nard ; 14 le nard et le safran, le roseau aromatique et le cinnamome, avec tous les arbres qui donnent l’encens ; la myrrhe et l’aloès, avec tous les principaux aromates ;

 

Le texte traduit ici comme tes jets est littéralement tes pousses sont etc. (Isaiah da Trani). Le sens est que les élus produisent le fruit de l'Esprit Saint, qui à la fois développe les mystères du Royaume de Dieu (voir le document Les Mystères de Dieu (No. 131)) et aussi démontre et soutient les élus ou l'Église en tant que résidence de Dieu par l'Esprit Saint. Malbim soutient qu'elle n'est pas comme un jardin ordinaire mais qu’elle est pleine de fruits les plus délicieux. Pardes ou parc est considéré comme d'origine persane (cf. Ecclés. 2:5) (Kohut). Marcus prétend que c’est d'origine phénicienne (Soncino). Pour nard, l'hébreu nerd est huile du nard (Midrash).

 

Le safran est obtenu à partir du crocus en Palestine et est utilisé comme condiment. En hébreu mishnaïque, il est utilisé sous forme de verbe, signifiant devenir pâle (voir Kohut, Jastrow ; Soncino). Le calamus (Hébreu kaneh) est une plante à tige semblable à un roseau et de couleur fauve, bien connue des anciens et importée en Palestine en provenance de l'Inde (Daath Mikra). Le cinnamome est cultivé dans les Indes orientales et atteint une hauteur de trente pieds (9,14 mètres). La Soncino note, du Midrash, que Rabbi Huna a dit : “Le cinnamome croissait en Terre d'Israël, et les chèvres et les moutons s’y nourrissaient”. Le Midrash, selon Aruch, considère que la myrrhe est l'huile obtenue à partir de la plante mêlée au vin.

 

L’aloès pousse en Inde. Son bois est très aromatique et vénéré par les indigènes. R. Joshua dit qu'il s’agit de la foliation - un onguent (pommade) ou une huile préparée à partir des feuilles du nard. L'utilisation du terme ohel ou tente signifiait que la substance était obtenue par importation par les habitants des tentes, à savoir les Bédouins. D'autres soutiennent que c’est appelé tente parce qu’elle est parfumée et qu’elle se répand et remplit la Tente d’Assignation (Midrash).

 

Toutes ces comparaisons sont considérées comme pertinentes pour les aspects des élus dans leur relation avec l'Esprit Saint et leurs tâches dans le Royaume de Dieu. L'ajout avec tous les principaux aromates signifie que le rapport des charmes de la Sulamithe se propage comme le parfum de la plus précieuse des herbes aromatiques (Metsudath David).

 

15 Une fontaine des jardins, une source d’eaux vives, des ruisseaux du Liban. 16 Lève-toi, aquilon ! Viens, autan ! Soufflez sur mon jardin, et que les parfums s’en exhalent ! – Que mon bien-aimé entre dans son jardin, et qu’il mange de ses fruits excellents ! – (LSG)

 

Cette fontaine de jardins et cette source d’eau vive exposent l'Église comme elle est sous le Messie, d’où coulent des eaux vives (Jean 4:10,11 ; 7:38 ; Apoc. 7:17) et le pain vivant (Jean 6:51).

 

Chapitre 5 

Cantique des Cantiques 5:1-16 J’entre dans mon jardin, ma sœur, ma fiancée ; je cueille ma myrrhe avec mes aromates, je mange mon rayon de miel avec mon miel, je bois mon vin avec mon lait… –Mangez, amis, buvez, enivrez-vous d’amour ! – 

 

Le contexte du Chapitre 5 porte sur le sacrifice du Messie et la recherche permanente de l'Église. Les trois premiers versets renvoient à la crucifixion et à la résurrection. Les versets suivants récapitulent l'ascension et la persécution subséquente de l'Église.

 

Verset 1 : Je suis venue dans mon jardin. Selon la Soncino, en hébreu, le verbe au parfait exprime également un acte futur défini (Metsudath David). Son amant s'y imagine déjà. Sforno, en faisant une homélie de tout le chapitre, applique ce verset à l'éducation religieuse des enfants. Le parfait du verbe peut également indiquer un acte accompli défini. L'avènement du Messie s’est fait sous deux formes. L’intention Messianique de ce texte doit être nié comme une action passée et achevée car cela implique deux avènements et dans ce cas une action achevée. Nous allons voir que c'est en fait le sens d'une comparaison avec les Évangiles.

 

Le symbolisme de la sœur/fiancée est examiné ci-dessus. L’exemple des paraboles du frère/fiancé de l'Église comprend les vierges sages et folles de Matthieu 25:1-13.

 

J'ai recueilli ma myrrhe avec mes épices. La racine arah signifie ‘cueillir des fruits’ (cf. Psaume 80:13). La traduction littérale est : ‘J'ai cueilli ma myrrhe avec mon baume’ (Daath Mikra).

 

La référence au Psaume 80:13 est pertinente aussi car 80:8-13 fait référence à Israël comme à une vigne autrefois soignée, mais maintenant abandonnée et une nourriture pour les bêtes sauvages. La myrrhe et les épices sont examinées ci-dessus et se rapportent aux prémices.

 

La référence au ‘rayon de miel et au miel’ est un jeu sur la référence à 1Samuel 14:27. L’éclat des yeux de Jonathan était semblable à l'illumination de l'Esprit. Le texte J'ai bu mon vin avec mon lait est évité par les commentaires. Les auteurs du Nouveau Testament appliquent les concepts de l'Esprit Saint et à la Parole de Dieu.

 

Le texte, Mangez Ô amis, est attribué par Rashbam comme une invitation aux amis des amoureux à participer au festin de noces. La plupart des commentateurs font correspondre amis avec bien-aimés (ce qui est au pluriel) en conformité avec le contexte et le parallélisme poétique (Soncino). La signification des amis qui participent au festin de noces est expliquée par Christ dans les paraboles du mariage et à nouveau dans les textes de l'Apocalypse. Ceux qui étaient à l'origine conviés à manger au mariage ne sont pas venus, et ceux qui auraient été considérés comme moins dignes ont été invités à leur place (Matt. 22:1-14). Ceux-ci sont les amis qui sont invités à manger. Cependant, chacun doit avoir un vêtement. Ce sont ceux qui font partie de la multitude générale qui gardent les commandements de Dieu et le témoignage de Jésus (Apoc. 12:17 ; 14:12 et 22:14 voir KJV pour l’intention). Ainsi, le dîner de noces est composé de deux groupes, les épouses et les amis. Tous deux sont dans le Royaume de Dieu comme nous le voyons par la distinction faite dans l'Apocalypse entre les 144000 (Apoc. 7:1-8) et la grande multitude (Apoc. 7:9-17). La grande multitude sert également Dieu devant Son trône, immédiatement après leur rachat (rédemption) de la grande tribulation. Ainsi, cette distinction était connue de l'Ancien Testament dans le Cantique.

 

Buvez, oui, buvez abondamment Ô bien-aimés fait référence à l'abondance de l'alimentation des élus par l'Agneau. Les 144000 sont nourris par l'Agneau comme des prémices. Eux seuls chantent le Cantique de l'Agneau devant le trône de Dieu et les quatre êtres vivants et les vieillards (anciens) qui forment le conseil intérieur des elohim (voir Apocalypse 14:1-5). Il y a donc une distinction entre les 144000 et la grande multitude qui servent également devant le trône.

 

Le texte aborde ensuite les questions complexes liées à la crucifixion et à la résurrection.

 

2 J’étais endormie, mais mon cœur veillait… C’est la voix de mon bien-aimé, qui frappe : – Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, ma parfaite ! Car ma tête est couverte de rosée, mes boucles sont pleines des gouttes de la nuit. –

 

Ici, le Messie dormait, mais il qualifie le texte. Les commentaires rabbiniques montrent les difficultés complexes auxquelles ils sont confrontés dans l'application du texte tout en évitant les concepts Messianiques. 

La Soncino (se référant à Daath Mikra) dit :  

Une journée d'excitation est suivie par des rêves troublés. Dans les versets 2-7, elle raconte son rêve (Daath Mikra). Mais les exégètes précédents l'interprètent comme un événement réel : au verset 8, elle demande aux dames de la cour, qui se sont proposées pour l'aider dans ses recherches, de dire à son amant, lorsqu’elles le trouvent, qu'elle est malade d'amour pour lui. Elles lui demandent (verset 9) ce qu'elle peut voir de si extraordinaire en lui pour justifier toutes ses émotions et excitation, ce qui lui donne l'occasion de peindre une image glorieuse de ses grâces (Soncino).

 

La compréhension ici est évidente. Tant les filles de Jérusalem que la bien-aimée cherchent le Messie. Le bien-aimé qui est venu a été rejeté par Juda, car il n'était pas extraordinaire. Elles s’attendaient au roi Messie, non au prêtre (sacrificateur) Messie. L'Église a alors prêché l'Évangile de la grâce à Juda, qui ne s’est pas converti, sauf pour des individus.

 

Le commentaire concernant, Mon cœur veillait traite de la résurrection par la grâce de Dieu qui tient le centre (noyau) même de l'Esprit. Daath Mikra explique que le cœur était le siège des passions, mais aussi le siège de l'intelligence. À la mort, l'Esprit de l'homme retourne à Dieu qui le donne. Le Messie a reçu de Dieu l’ordre d'être ressuscité en tant qu’Esprit. Tel est le sens du terme mon cœur s’éveille. Son Esprit a été ramené à la vie par ordre de Dieu. Le texte proclame donc, à partir du verset 3, le miracle de la résurrection et le baptême et le salut des élus qui s’ensuivent.

 

Le texte se poursuit ensuite au verset 2 pour dire écoutez mon bien-aimé frappe. La Soncino note que Voyant que les dames sont sympathiques, elle leur raconte son rêve. Cette traduction suit la LXX qui prend dophek comme une clause distincte en accord avec dodi, ‘mon bien-aimé frappe’. 

 

Pour kol, avec le sens écouter, voir 2:8. Cela peut également être rendu ‘mon bien-aimé frappe fort’ (voir Heidenheim, Mecklembourg, [Genèse 4:10] (Soncino). 

 

L'appel s’adresse aux élus pour qu’ils s’ouvrent au Messie. Le terme pour celui qui frappe à la porte est rendu sous la forme arabe comme Al Tarikh qui est le nom de l'Étoile du Matin. La Sourate Al Tarikh est ainsi rendue sous différentes formes. Dans la traduction Pickthall elle est rendue comme l’Étoile du Matin, alors qu'elle est rendue le Visiteur Nocturne par Darwood. Elle signifie aussi Celui qui frappe à la porte. Le sens du texte est ainsi identifié au Messie d'ici et aussi d’Apocalypse 3:20. Ici, le Messie entre et mange avec ceux qui lui ouvrent.

 

Le commentaire selon lequel sa tête est trempée de rosée est une nouvelle fois une référence au Visiteur Nocturne qui contient, en arabe, un lien avec l'Étoile du Matin (voir également Pickthall). L'Étoile du Matin ou Étoile du Jour, le Porteur de Lumière ou Lucifer est le rang de l'elohim de cette terre, qui était tenue par Satan comme chérubin protecteur oint, comme nous le savons d'après Ézéchiel 28:14 et Ésaïe 14:12. Ce rang est donné à Christ, qu'il partage avec les élus (2Pierre 1:19 ; Apoc. 3:27-28 ; 22:16). La rosée fait également référence à Juges 6:38 comme le note aussi la Soncino.

 

Les commentaires indiquent qu'il a pu venir de la maison de sa mère pendant la nuit. Cela note également qu'il a attendu toute la soirée, après sa résurrection jusqu'au dimanche matin (Jean 20:1,8-10,16-17) où il est monté au ciel en tant que l’offrande de la gerbe agitée, puis est revenu ce soir-là (Jean 20:19).

 

3 J’ai ôté ma tunique ; comment la remettrais-je ? J’ai lavé mes pieds ; comment les salirais-je ?

 

Le texte est appliqué exactement dans les Évangiles au dernier Dîner. Christ a mis de côté (tithenai) son vêtement. Cela symbolisait la mise de côté de sa vie. Le terme, comment pourrais-je la remettre ? montre le miracle de la résurrection par la puissance de Dieu. Seul Dieu pouvait la remettre. Le terme J’ai lavé mes pieds comment pourrais-je les salir ? fait une référence au symbolisme du lavement des pieds du Dîner du Seigneur fait en premier lieu pour le Messie dans le nard. Le premier exemple de l'événement montre que c’est directement lié au pardon des péchés (Luc 7:38-50). Jean 11:2 montre que c'est Marie qui a fait cela. L'incident à Jean 12:3 a également été commis par Marie. Elle a oint les pieds de nard en prévision de sa crucifixion. Cela est arrivé six jours avant la Pâque (soit le 9 Nisan) et le 10 Nisan, on lui donna un dîner et il a été oint. Il a donc été mis de côté en tant que l'Agneau de la Pâque. Il n'a pas souillé ses pieds. Il est mort sans tache en tant que la Pâque. Le même sentiment d'être sans défaut est appliqué à tous ceux qui ont leurs pieds lavés au Dîner du Seigneur, par le sang du Messie. Le mot comment dans ce texte est un mot que l’on ne trouve que dans Esther 8:6. Ce texte a la connotation de comment puis-je laisser cela se produire. Le mot est SHD 346 ’ayeh qui signifie où ? apparemment dérivé de SHD 335 ‘ay où, comment ou pourquoi. Le sens est comment cela peut-il être et le sens de l'impossibilité permanente d'être placé dans cette position.

 

4 Mon bien-aimé a passé la main par la fenêtre, et mes entrailles [traduit cœur dans la KJV] se sont émues pour lui. 

 

Le texte montre le retour du Messie de la résurrection. La Soncino donne la signification : En entendant ses excuses boiteuses pour ne pas répondre à son coup, il s'éloigne, et son action provoque son anxiété (Rashi). La traduction ici diffère de celle de la Soncino qui applique le texte comme Mon bien-aimé a mis sa main par le trou de la porte. L'explication est donnée de telle sorte qu'il semblerait qu’une porte non verrouillée puisse être ouverte en insérant la main dans le trou (Isaiah da Trani, Daath Mikra). D'autres soutiennent que le trou servait également à voir et à parler au visiteur.

 

Le terme cœur est littéralement mes entrailles, qui étaient pour les anciens le siège des émotions (cf. Jér. 31:19 ; Ps. 40:9).

 

5 Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé ; et de mes mains a dégoutté la myrrhe, de mes doigts, la myrrhe répandue sur la poignée du verrou.

 

Les commentaires notent que lorsque les coups ont cessé, elle est devenue anxieuse.

 

Se précipitant vers la porte, ses mains ont touché le parfum liquide avec lequel son bien-aimé avait aspergé la porte, [peut-être en geste d'amour, ou selon la coutume d'oindre la porte d'un être bien-aimé avec des épices parfumées] (Isaiah da Trani). Certains commentateurs estiment qu'elle s’oignait de myrrhe avant de se retirer pour la nuit (Rachi, Metsudath David).

 

La véritable position est que le bien-aimé ne cherchait pas à entrer ici. Il essayait de donner à la bien-aimée les moyens de s'échapper du système du monde ou mondial. Dès l'acte même de son ouverture, la bien-aimée a été ointe avec les épices de l'Esprit et libérée de son environnement. Toutefois, elle ne pouvait pas encore être unie à l'amant. Il était parti pour une longue période. La recherche du bien-aimé commence, parce qu'elle n’a de contact avec lui que par l'Esprit.

 

6 J’ai ouvert à mon bien-aimé ; mais mon bien-aimé s’en était allé, il avait disparu. J’étais hors de moi, quand il me parlait. Je l’ai cherché, et je ne l’ai point trouvé ; je l’ai appelé, et il ne m’a point répondu. 

 

C'est la période de l'Église dans le désert. Les commentaires disent [Imaginez son chagrin, sa douleur de ne pas le trouver là ! Les verbes chamak abar (s’en est allé, était parti) sont les plus expressifs, et l'omission de la particule ‘et’ reflète son esprit perturbé.] (Soncino).

 

Son âme l’a abandonné (traduit j’étais hors de moi dans la LSG) signifiait qu'elle se sentit faible (Metsudath David). La qualification quand il parlait est significative. Rachi commente : ‘Parce qu'il a dit, “je n’entrerai pas maintenant, puisque tu as tout d'abord refusé de m'ouvrir”’. Metsudath David, Isaiah da Trani et Malbim suivent cette explication. Akedath Yitschak, cependant, l’explique comme un passé au parfait, ‘mon âme m’avait abandonné, quand il a parlé’ c'est à dire quand il a dit : ‘Ouvre-moi, ma sœur, mon amour’. Je n'ai pas accordé à ses paroles toute l'attention qu’elles méritaient. Je ne les ai pas prises au sérieux. C'est exactement la situation avec Juda, la sœur de sang du Messie. Ils ne l'ont pas écouté et, par conséquent, il s'en est allé pour la période de quarante Jubilés, jusqu’à la fin du temps des Nations et de la période du règne de Satan.

 

Il n'y a eu aucune réponse à partir de cette période. Aucun signe n’a été donné à son ministère, si ce n’est le signe de Jonas (voir le document Le Signe de Jonas et l'Histoire de la Reconstruction du Temple (No. 013)).

 

7 Les gardes qui font la ronde dans la ville m’ont rencontrée ; ils m’ont frappée, ils m’ont blessée ; ils m’ont enlevé mon voile, les gardes des murs. 

 

Metsudath David dit que ceux qui patrouillent la ville la nuit, en la prenant pour une dévergondée, tentent de l'arrêter, et quand elle refuse, ils ont recours à la violence. C'est exactement ce qui est arrivé à l'Église non seulement en Judée, mais ailleurs. Ils lui ont pris son manteau. La Soncino dit : “Le mot (redid) ne se produit à nouveau que dans Ésaïe 3:23 (voile)”. Il était porté par les dames d'Orient à l'extérieur, et peut avoir été un beau vêtement en étoffe fine jeté sur toute la robe. Kimchi pense que c'était un voile en soie. Le concept d'Ésaïe 3:16-26, c'est que les parures de Juda et des filles de Sion sont retirées à cause de leur arrogance aveugle. Ésaïe 4:1 et suiv. continue à montrer comment sept femmes s’empareront d’un homme pour lui ôter sa honte. C'est le temps du Messie, où ceux qui resteront dans Sion seront appelés saints, tous ceux qui ont été enregistrés pour la vie à Jérusalem. Ce sont eux qui sont écrits dans le livre de vie de l'Agneau. Les souillures des filles de Sion seront lavées par un esprit de jugement et un esprit de feu. En ce temps-là, il y aura une nuée le jour, de la fumée et l'éclat d'un feu ardent la nuit, sur tout le site du Mont Sion et sur ses assemblées. Par-dessus toute la gloire, il y aura une voûte et un pavillon comme ombre, comme refuge et comme abri (Ésaïe 4:5-6).

 

8 Je vous en conjure, filles de Jérusalem, si vous trouvez mon bien-aimé, que lui direz-vous ?… Que je suis malade d’amour. – 

 

Le texte ici montre que les dames de Jérusalem sont invitées à prendre part à la recherche. La conversion leur est donc étendue. La Soncino dit que les commentateurs juifs appliquent ce verset à l'amour intense d'Israël pour Dieu en dépit des souffrances prolongées. Le texte au verset 8 est cependant une question : Que veux-tu lui dire ? Que je suis malade d'amour. La question semble être rhétorique, en ce sens que l'amant n'est guère susceptible d’accepter une telle excuse pour son comportement.

 

La Soncino note : 

Elle les invite à dire à son amant, dès qu’ils l’auront trouvé, que toutes les blessures que lui ont infligées les gardiens n’étaient rien en comparaison de son mal d’amour pour lui (Akedath Yitschak, Metsudath David). 

 

La véritable explication semble être basée sur l'échange entre la bien-aimée et les filles de Sion. La relation du mot dans Ésaïe 3:23 est notée. Pourtant, aucune référence à l'action ou à la critique faites à ces femmes n’est même, malgré tout, mentionnée par les commentateurs alors qu'il est évident qu'il existe une relation directe entre les textes. La raison en est que les textes sont clairement Messianiques et que la bien-aimée du Messie n'est pas une des filles de Jérusalem.

 

9 Qu’a ton bien-aimé de plus qu’un autre, ô la plus belle des femmes ? Qu’a ton bien-aimé de plus qu’un autre, pour que tu nous conjures ainsi ? – 

La distinction est encore plus apparente à partir de ce verset suivant. Ils voient la relation distincte et passionnée entre la Sulamithe et le bien-aimé. La Soncino dit : 

Surprises par sa grande passion, elles le lui reprochent. Que voit-elle en lui pour exciter ses émotions ? La question lui fournit l'occasion de rendre compte de sa grâce physique.

 

10 Mon bien-aimé est blanc et vermeil ; il se distingue entre dix mille. 11 Sa tête est de l’or pur ; ses boucles sont flottantes, noires comme le corbeau. 12 Ses yeux sont comme des colombes au bord des ruisseaux, se baignant dans le lait, reposant au sein de l’abondance. 13 Ses joues sont comme un parterre d’aromates, une couche de plantes odorantes ; ses lèvres sont des lis, d’où découle la myrrhe. 14 Ses mains sont des anneaux d’or, garnis de chrysolithes ; son corps est de l’ivoire poli, couvert de saphirs ; 15 ses jambes sont des colonnes de marbre blanc, posées sur des bases d’or pur. Son aspect est comme le Liban, distingué comme les cèdres. 16 Son palais n’est que douceur, et toute sa personne est pleine de charme. Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami, filles de Jérusalem ! – (LSG)

 

La représentation de sa beauté a aussi une connotation spirituelle et peut être renvoyée à d'autres textes ; sa peau blanche et claire (cf. Lam. 4:7). Sa prééminence au-dessus de dix mille est comprise par les commentaires comme :  

Tout comme un étendard (degel) est élevé au-dessus de la tête d'une armée en marche, de même il domine tous les autres en raison de sa beauté (Akedath Yitschak, Isaiah da Trani). Dix mille exprime un très grand nombre (Kimchi)

 

La description or le plus fin en hébreu est kethem paz, qui est une figure de style pour l'excellence. En commençant par sa tête, elle décrit en images incomparables tous les membres de son corps bien galbé. Ibn Ezra traduit kethem par ‘un diadème’ et paz par ‘des pierres précieuses.’ Rashi le rend ‘des choses recherchées que les rois chérissent’ et Rashbam : ‘un tas d'or, de couleur perle’. Ses cheveux sont frisés est littéralement ‘tas sur tas (taltallim), ondulant comme les collines (tel) (Isaiah da Trani). La référence aux yeux comme des colombes est également appliquée plus tôt. Les concepts sont la clarté et la beauté. L'œil est considéré comme la fenêtre de l'âme ou la lumière du corps (Matt. 6:20). Des yeux clairs sont nécessaires pour le sacerdoce (Lév. 21:20). Les joues sont comme des parterres de fleurs de baume surélevés (cf. arugah Ézéch. 17:7). Comme les banques de fines herbes utilise l'hébreu migdaloth ou ‘tours’. Akedath Yitschak dit que les épices étaient placées autrefois dans des récipients comme des tours (la pratique a peut-être suivi le texte plutôt que l'inverse cependant). La Soncino continue : 

La forme arrondie et la couleur bigarrée de ses joues suggèrent cette comparaison audacieuse. Sa barbe se pose sur ses joues parfumées et son haleine est aussi douce que la myrrhe la plus pure (Metsudath David). 

 

On peut déduire de ce texte que le Messie est ici prophétisé pour avoir porté une barbe. Le texte pourrait toutefois être appliqué au symbolisme spirituel des aspects notés dans l’Apocalypse. Le texte d’où découle la myrrhe est pris comme indiquant une conversation douce (Akedath Yitschak) ou sans faille. Béryl ou Tarshish est la chrysolite trouvée en Tartessus en Espagne. Sa couleur est jaune et diaphane, ce qui suggère les ongles des doigts qui sont d’un rose transparent (voir Kehunnah Bigdei, Shaffer, Jérusalem, 1964) (Soncino).

 

Le terme ivoire poli suggère un corps blanc et lisse. La Soncino note son but comme :  

pour indiquer que chaque pouce de son corps lui est bien plus précieux que toutes les richesses de Salomon. Esheth (poli) désigne une masse (Rashi). Ibn Ezra explique ‘briller de mille feux’ [cf. Jér. 5:28]. 

 

La note de Rachi comme désignant une masse s’applique au corps du Messie. Le sens élargi du corps comme étant une masse et comme étant plus précieux que la richesse de Salomon fait référence aux élus en tant que le corps de Christ.

 

Les saphirs sont considérés comme étant peut-être le lapis-lazuli descriptif de sa tunique pourpre recouvrant sa peau luisante (voir Ibn Ezra, Kimchi). Son corps est aussi beau qu’un morceau d'ivoire parsemé de saphirs (Rachi, Metsudath David). Ici, nous abordons le concept de la richesse et de l’autorité pourpre, qui était utilisé pour la royauté. Cette notion est étendue au corps, qui est revêtu de ce symbolisme.

 

Le texte comme des colonnes de marbre (sur des piédestaux d'or Ibn Ezra, Akedath Yitschak) a le concept d'être soutenu par les colonnes du Temple qui sont le système de Philadelphie d'Apocalypse 3:12.

 

La comparaison avec le Liban est descriptive d'une beauté majestueuse. Les références au Liban sont les mêmes que ci-dessus (et aussi cf. Deut. 3:25). Ibn Ezra note qu’il est réputé pour sa fertilité et sa beauté.

 

Ces cèdres dominent tous les autres arbres (cf. Amos 2:9). Ainsi, le bien-aimé est remarquable parmi tous les hommes (Rashi). Tel est le Messie. Sa bouche est très douce (Lit. ‘son palais’), comme auparavant, ce qui fait référence au fait que sa bouche ne prononce rien d’autre que des choses agréables (Metsudath David). Il serait peut-être plus correct de dire que son discours est sans reproche plutôt qu’inoffensif.

 

La conclusion tel est mon bien-aimé et tel est mon ami est un défi pour les filles de Jérusalem. La Soncino dit : 

et maintenant jugez vous-mêmes là où mon bien-aimé est pour moi plus que tout autre.’ Elle estime qu'elle a plus que répondu à la question méprisante contenue au verset 9 (Malbim). 

 

Ainsi, la Sulamithe a répondu aux filles de Jérusalem. Juda est condamné. Et voici qu’arrive le changement apparent d’avis.

 

Poursuivre ici avec la Partie 4 : (No. F022iv).

 

 

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