Christian Churches of God

[F022iv]

 

 

 

Commentaire sur le Cantique des Cantiques : Partie 4

 (Édition 2.0 19951021-19990607)

 

Nous poursuivons ici le Commentaire à partir du Chapitre 6 pour terminer au Chapitre 7.

 

 

Christian Churches of God

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(Tr. 2010, 2020, rév. 2020)

 

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Commentaire sur le Cantique des Cantiques : Partie 4 [F022iv]

Audio D [audio en anglais]

Chapitre 6 

Cantique des Cantiques 6:1-12 Où est allé ton bien-aimé, Ô la plus belle des femmes ? De quel côté ton bien-aimé s’est-il dirigé ? Nous le chercherons avec toi. 

 

Les filles de Jérusalem semblent avoir changé d’avis. S'il est si merveilleux, alors laisse-nous t'aider à le chercher (Yitschak Akedath, David Metsudath, Malbim). De même, les nations se sont moquées d’Israël : Où est ton Dieu pour t’aider ? (Midrash). Le texte peut donc être pris dans l'ironie. Juda se moque de l'Église pour sa foi Messianique. La Sulamithe répondrait de manière évasive. 

 

2 Mon bien-aimé est descendu à son jardin, au parterre d’aromates, pour faire paître son troupeau dans les jardins, et pour cueillir des lis. 3 Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi ; il fait paître son troupeau parmi les lis.  

 

La réponse est prétendument évasive ; la réponse à l'attitude habituelle de Juda lorsque le Messie n'est pas là en tant que Roi Messie et souverain. C'est le même problème que nous avons vu pendant le ministère du Messie et la raison pour laquelle il a été rejeté en premier lieu. La réponse est qu'il est peut-être sorti dans ses repaires habituels, rassembler des guirlandes comme auparavant (Mikra Daath). Le repaire habituel du Messie, en tant que l'Ange de Yahovah (Jéhovah) à la tête de la nation (Zacharie 12:8) était en tant que l’elohim d'Israël (Zacharie 12:8 ; Ps. 45:6-7 ; Héb. 1:8-9) et son protecteur.

 

Les réponses évasives seraient dues au fait que les filles de Jérusalem ont tenté de lui détourner son affection. C’est le problème permanent de l'Église avec le Judaïsme et ceux qui épousent un système judaïque au détriment des textes du Nouveau Testament. La disparition du bien-aimé ne sert qu'à rendre cela encore plus accablant. Les éléments dramatiques qui sont prononcés dans ce chapitre visent à donner une unité et un mouvement au poème (Mikra Daath). La véritable compréhension du fait que le Messie devait aller et revenir à l'intérieur du signe de Jonas ne pouvait être révélée que sous les mystères de Dieu.

 

La dévotion de la Sulamithe n'a pas été diminuée. Le terme qui se nourrit parmi les lis est considéré comme signifiant qu'elles ne doivent pas chercher. C'est le devoir de la Sulamithe seule. Les commentaires soutiennent que la jalousie parle maintenant. On dit qu’elle est anxieuse d’avoir pu éveiller leur curiosité en chantant ses louanges. Metsudath David pense que cela est exprimé dans la crainte de perdre le bien-aimé. Il s'agit plutôt d'un témoignage de la foi des élus. Il note cependant que le terme signifie Tout comme je lui suis toujours fidèle, ainsi m’est-il toujours fidèle. Il ‘se nourrit parmi les lis.’ Il est allé pour m'apporter des lys de son jardin (Metsudath David). Akedath Yitschak et Metsudath David sont notés par la Soncino comme soutenant le texte suivant : 

Après avoir entendu les paroles agréables de la jeune fille dans son éloge sans limite pour lui, et en voyant la douleur que lui causait son absence et comment ses péchés ont été expiés, son bien-aimé revient et approuve les paroles des dames de la cour qui avaient chanté ses charmes.

 

Le point important à noter est que les commentateurs notent ici que l'expiation des péchés de la Sulamithe a eu lieu. C'est précisément une fonction du Messie. Les commentateurs, du moins Akedath Yitschak et Metsudath David, doivent donc savoir que le texte est Messianique. Il est probable que la majorité, sinon la totalité, le sache. Nous frôlons ici la dissimulation délibérée de la vérité au peuple de Juda par les Scribes (voir aussi le document Le Mesurage du Temple (No. 137)).

 

4 Tu es belle, mon amie, comme Thirtsa, agréable comme Jérusalem, mais terrible comme des troupes sous leurs bannières. 5 Détourne de moi tes yeux, car ils me troublent. Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, suspendues aux flancs de Galaad. 6 Tes dents sont comme un troupeau de brebis, qui remontent de l’abreuvoir ; toutes portent des jumeaux, aucune d’elles n’est stérile. 7 Ta joue est comme une moitié de grenade, derrière ton voile…

 

 Les commentaires reflètent maintenant les louanges faites auparavant au sujet du troupeau de chèvres de Galaad, ainsi que des grenades et des dents. Les élus sont à nouveau loués pour la pureté de leur foi et leur unité d’intention. Il s’agit en fait d’une nouvelle épreuve, au cours de l'histoire de l'Église. Au cours de l'histoire de l'Église en Europe, il y a eu un sapement concerté de l'Église en Europe de l'Est par les Ashkénazes, et l'Église a été infiltrée et diminuée. C'est ce que l'on appelle traditionnellement l'ère de Thyatire.

 

Les commentaires du verset 4, se rapportent à Thirtsa. Les commentaires affirment que le roi s’adresse maintenant à elle (voir Soncino). Thirtsa est une ancienne cité cananéenne (Josué 12:24). Elle était célèbre pour sa beauté et était reconnue comme la résidence des rois d'Israël, après la révolte de Jéroboam. La Soncino dit qu’elle a peut-être été liée ici à Jérusalem, au lieu de la Samarie qui était la capitale du royaume du nord, en raison de la mauvaise réputation dans laquelle cette dernière jouissait au temps de Néhémie. Thirtsa a conservé la distinction d'être une résidence royale jusqu'aux jours d'Omri, qui a construit Samarie (1Rois 16:15 et suiv.). La ville était d'une beauté saisissante, comme l'indique son nom hébreu, qui signifie ‘être agréable’ (Metsudath David). D'où la remarque du Midrash, suivie par des commentateurs juifs : ‘Tu (Israël) es belle lorsque tu accomplis des actions qui Me plaisent." (Soncino).

 

Il y a donc une reconnaissance claire que la beauté est alliée à l'adhésion à la parole de Dieu. Le contraste de la partie suivante du texte, terrible comme des troupes sous leurs bannières, est une comparaison directe avec Proverbes 7:26. Le pouvoir de séduction d'une femme est comparé à celui d'une horde armée. Ici, l’élu, grâce à sa constance, est aussi redoutable qu’une armée (aussi Metsudath David).

 

Les commentaires sont des répétitions des éloges déjà faits, pourquoi devrait-elle chercher des éloges d'une source moins importante ? Le commentaire, détourne tes yeux de moi parce qu'ils ont triomphé de moi, semble être un étrange plaidoyer.

 

Le texte suivant, à partir du verset 8, est considéré comme faisant référence à une déclaration de celui qui est vraisemblablement le bien-aimé.  

8 Il y a soixante reines, quatre-vingts concubines, et des jeunes filles sans nombre. 9 Une seule est ma colombe, ma parfaite ; elle est l’unique de sa mère, la préférée de celle qui lui donna le jour. Les jeunes filles la voient, et la disent heureuse ; les reines et les concubines aussi, et elles la louent. – 10 Qui est celle qui apparaît comme l’aurore, belle comme la lune, pure comme le soleil, mais terrible comme des troupes sous leurs bannières ? –

 

La Soncino dit : 

Il aborde les filles de Jérusalem et déclare : ‘Salomon est le possesseur d'un harem de belles femmes, soixante reines, quatre-vingts concubines et des jeunes filles sans nombre. Pourquoi devrait-il retenir ma bien-aimée contre son gré ? (Malbim).

 

Malbim continue ensuite en déclarant que une seule signifie : Pour moi, elle est la seule. En outre, pour sa mère, elle est la seule. Il estime que toutes les filles l'appelaient heureuse et que les reines et les concubines la louaient en dépit de leur rivalité.

 

La louange du verset 10 est considérée comme son bien-aimé, citant la louange des dames lorsqu’elles l’on vue pour la première fois (Metsudath David, Malbim). Ces louanges font référence aux aspects des élus dans leur relation avec le Messie à la restauration. Ce n'est qu’alors que la pleine stature des élus est connue. La femme est revêtue du soleil, de la lune et des étoiles (Apoc. 12:1). Elle est de l'astre ou l’étoile du jour.

 

11 Je suis descendue au jardin des noyers, pour voir la verdure de la vallée, pour voir si la vigne pousse, si les grenadiers fleurissent. 12 Je ne sais, mais mon désir m’a rendue semblable aux chars de mon noble peuple. – (LSG)

 

La jeune fille ici est tenue de présenter des excuses pour avoir fui le palais de Salomon. Elle affirme innocemment : ‘Je suis descendue dans le jardin des noyers etc.’ (Malbim). Cependant, c’est le bien-aimé qui semble parler ici. Il parle de ses activités. Le Midrash compare Israël aux noyers. Tout comme la coquille d'une noix lorsqu’elle tombe dans la boue, protège le noyau contre l’impureté, ainsi Israël a conservé sa pureté lorsqu’il s’est dispersé parmi les nations. Ainsi, nous voyons que le Midrash comprend que nous sommes en présence des activités du Messie. Il va voir les plantes vertes de la vallée et voir si la vigne a bourgeonné. Le symbolisme est clairement celui d'Israël dans la dispersion. La vigne de l’Éternel des Armées est toute la maison entière d'Israël et la nation de Juda, sa plantation agréable (Ésaïe 5:7). Le Messie s’occupe des affaires de son Père.

 

Le sens n’est peut-être pas entièrement expliqué dans le texte de la KJV, qui, comme la LXX traite les mots peuple princier comme un nom propre ammi nadib. Selon Rashi le yad n'est pas le suffixe mais une terminaison poétique. Il interprète : “‘Mon âme m’a fait devenir comme le char des princes étrangers sur lequel ils peuvent monter,’ c’est-à-dire que j'ai involontairement mis un joug étranger sur moi. Voilà comment elle se sent à la cour au milieu d'elles, tout à fait au mauvais endroit”. Le verset 12 de la Soncino dit :  

Avant que je ne m’en rende compte, mon âme m’a fait monter sur les chars de mon peuple princier.

 

La Soncino dit :  

…il s'agit d'un verset difficile. Elle se rétracte de sa déclaration précédente et déclare : ‘En fait, je ne sais pas pourquoi j'ai fui les quartiers du roi. Mon âme, c'est-à-dire mon bien-aimé, qui est mon âme et ma vie, m'a conduit comme un char aux membres princiers de mon peuple, pour que je ne sois plus désormais emprisonnée mais libre (Malbim). 

 

Ici le concept est que l'Église a été établie par le bien-aimé au sein des élus d'Israël pour qu’elle ne soit plus emprisonnée. C'est ce que le Messie a dit quand il a déclaré que le Royaume de Dieu serait donné à une nation montrant les fruits du Royaume (Matthieu 21:33-43). Ainsi, la nation montrant les fruits du Royaume était également en Israël. L'âme de l'Église ici est considérée comme la bien-aimée. Cependant, l'Esprit Saint est le mécanisme par lequel cela peut se produire. Ainsi, l'activité du Messie au sein des élus par le biais de l’Esprit Saint a été vue à partir du Cantique.

 

Chapitre 7 

La phase suivante est tirée du Chapitre 7. Il y a une grande disparité dans les traductions de 7:1,2 et suiv. 

 

La Soncino commence le texte par : 

1. Reviens, reviens, ô Sulamithe ; reviens, reviens, que nous te regardions. 

Qu’il y a-t-il encore à voir dans la Sulamithe ? Comme s’il s’agissait d’une sorte de danse de deux compagnies. 

2. Qu'ils sont beaux, tes pas dans des sandales, ô fille de prince ! Les contours de tes hanches sont comme les maillons d'une chaîne. L’œuvre des mains d'un artisan qualifié.

 

Le texte du verset 1 signifie qu’après avoir révélé aux filles de Jérusalem son intention de retourner auprès de son peuple et de son bien-aimé, elles l’invitent à revenir aux chambres de Salomon, où elles lui accorderont 'honneur (Malbim). 

 

La question ‘quel honneur accorderez-vous à la Sulamithe ?’ est considérée par Malbim comme une question qu'elle leur pose. L'histoire de Sunem a été donnée ci-dessus. C'est un village dans la plaine d'Esdraelon à trois miles et demi au nord de Jezréel, à l'ouest de l’élément appelé “Little Hermon”. Il se trouve en Issacar où les Philistins campèrent avant la dernière bataille de Saül (1Sam. 28:4). Abisag venait de là et Élisée y a logé (2Rois 4:8).

 

Elle remet en question les louanges de la Sulamithe ou Sulamite. Les louanges venant d'autres que du bien-aimé n'est pas pertinent. Le texte comme s’il s’agissait d’une danse de deux compagnies est rendu par Malbim comme ‘puisque je suis entourée de deux compagnies’ à savoir je suis emprisonnée de tous côtés. D'autres l'interprètent comme un appel par son amant de lui revenir. Elle répond alors à sa demande conformément aux deux dernières phrases du verset, qui signifient ‘Que peux-tu voir et louer de plus dans celle dont les compagnies du peuple ont fait l'éloge ?’ (Akedath Yitschak). Le sens le plus probable est que la Sulamithe est une danse de deux compagnies. La première compagnie est celle des 144000. La seconde compagnie est la grande multitude qui entoure le Messie et assiste à son festin de noces. Les explications sont très insatisfaisantes en ce qui concerne ce texte. En effet, il n'apparaît pas dans la Bible KJV ni dans la Bible RSV en tant que Chapitre 7:1 (c’est replacé à 6:13). Il se trouve dans le Texte Massorétique et apparaît dans l’Interlinéaire de Green dans le texte principal, mais est bien sûr déplacé dans le texte Receptus qui l’accompagne. Greens traduit le texte comme : 

Reviens, reviens Ô Sulamithe ! Reviens, reviens que nous puissions te regarder ! Que verrez-vous dans la Sulamithe ? Comme la danse de deux camps (armés).

 

Le concept est clairement que la Sulamithe peut être considérée comme la danse de deux camps (armés). Les armées du Dieu vivant sont en quelque sorte incarnées par la stature de la Sulamithe. Pourquoi a-t-il été déplacé alors qu’il a clairement une grande influence sur le texte ?

 

La [version] KJV de la Bible et la [version] RSV commencent le Chapitre avec le verset 2 comme étant le verset 1. Le texte se lit dans la [version] Oxford Annotated RSV : Que tes pieds sont gracieux dans tes sandales Ô jeune fille de reine !

 

Cantique des Cantiques 7:1 [2]-13 [14]  

1 Que tes pieds sont beaux dans ta chaussure, fille de prince ! Les contours de ta hanche sont comme des colliers, l’œuvre des mains d’un artiste habile.

 

Il y a deux points de vue sur ce texte. Malbim pense que si les filles de Jérusalem s'adressent à elle, elles disent en effet que Tes pieds sont beaux dans les sandales que tu portes dans les chambres de Salomon, ce qui n’est pas le cas si tu es la femme aux pieds nus d'un simple berger.

 

Akedath Yitschak explique qu'il fait son éloge après l’avoir épousée et avoir été intime avec elle. (Rachi rend le texte : les endroits secrets de tes cuisses). C'est la différence entre l'intimité de ces expressions et celles à 4:1-5. L'allusion de l'artisan qualifié est tenue pour se référer au bien-aimé (d’après Metsudath David). Toutefois, Malbim semble passer à côté de l'artisanat de Dieu dans le processus (Psaume 139:13-18), qui se rapporte également à la prédestination (Rom. 8:29-30) et soutient que le texte signifie seulement si elles sont parées de bijoux, l’œuvre d'un artisan qualifié, comme dans les chambres de Salomon, et non pas si tu deviens la femme d'un pauvre berger (Soncino).

 

La Soncino estime que le terme Ô fille de prince pourrait mieux être “Ô dame née”. Bath nadib signifie un descendant d'une famille noble, mais peut aussi signifier le possesseur d'un noble caractère. La Sulamithe naît de nouveau afin d’entrer dans le Royaume de Dieu (Jean 3:3). La perfection du Saint caractère juste est l'intention du processus, dans la crainte de Dieu (2Cor 7:1). Christ a été rendu parfait le troisième jour (Luc 13:32).

 

Les élus ou les saints sont rendus parfaits pour toujours (Hébreux 10:14 ; Éph. 4:13) et en eux l'amour de Dieu est parfait (1Jean 2:5 ; 4:12). C'est l’intention du perfectionnement de la Maison de Dieu (2Chron. 8:16).

 

2 Ton sein est comme un gobelet rond, où le vin parfumé ne manque pas ; Ton corps est un tas de froment, parsemé de lis. 

 

Le texte est également rendu dans lequel aucun vin mêlé ne manque (Soncino). La référence comme un gobelet rond est importante. L'hébreu est agan hasahar, litt. ‘un bol de rondeur’ (Soncino). ‘Il y a des endroits où la lune est appelée sahara. Sahar est une allusion au Sanhédrin assis en rangées semi-circulaires, comme une demi-lune, qui a également la forme de l'aire de battage’ (Midrash).

 

Ce texte se réfère ainsi à la mise en place du Conseil qui reflète celui dans Apocalypse 4:1 à 5:14. Le Sanhédrin, tout comme  le Conseil du sacerdoce, est le reflet du conseil céleste, qui sert le sanctuaire céleste (Hébreux 8:4-5). Le gobelet rond a peut-être aussi un rapport avec les coupes d'or remplies de parfums qui sont les prières des saints dans Apocalypse 5:8. Le remplacement du Sanhédrin par les soixante-dix [deux] (Luc 10:1,17) est reflété ici dans ce symbolisme du bien-aimé. Le vin mêlé est considéré comme une pratique des anciens rendant le vin plus doux (Metsudath Zion). Le texte est probablement un reflet de la Sagesse de Proverbes 9:1-5. La Sagesse fait référence ici à l'Esprit Saint qui a envoyé ses servantes qui sont l'Église. Nous voyons aussi que du vin mêlé avec de la myrrhe a été offert à Christ lors de la crucifixion, mais qu’il n’en a pas bu (Marc 15:23).

 

En Syrie, la peau parfaite est celle de la couleur du blé après avoir été battu et vanné (Soncino). Metsudath David prend cela comme faisant référence à l'odeur de son corps. Isaiah da Trani et Ibn Ezra le décrivent comme une description de son abdomen, large en bas et étroit au sommet. La référence au blé s’explique par le fait que la récolte de blé est la récolte de la Pentecôte, qui représente la récolte de la Sulamithe, qui est l'église. Le fait d’entourer le blé avec des épines le protégeait du bétail. Les rabbins interprètent cela de manière homilétique, comme une louange pour Israël, pour qu'il s'abstienne de transgresser les interdits religieux, bien qu'ils soient fortifiés avec seulement de faibles garanties, comparées aux lys (Soncino). Les rabbins interprètent donc ceci comme le mur autour de la Torah. Il s’agit cependant de la protection d'Israël par l'Esprit.

 

3 Tes deux seins sont comme deux faons, Comme les jumeaux d’une gazelle.

 

La comparaison se fait avec 4:5 où le berger utilise les mêmes termes. 

4 Ton cou est comme une tour d’ivoire ; Tes yeux sont comme les étangs de Hesbon, Près de la porte de Bath-Rabbim ; Ton nez est comme la tour du Liban, Qui regarde du côté de Damas.

 

Le symbolisme de la tour a été examiné également en relation avec les armées de l’Éternel. Le corps est décrit ci-dessus comme une danse de deux compagnies (de l’armée).

 

5 Ta tête est élevée comme le Carmel, et les cheveux de ta tête sont comme la pourpre ; un roi est enchaîné par des boucles !…

 

Hesbon est l'ancienne capitale de Sihon, roi des Amorites, situé à vingt miles à l'est du point où le Jourdain entre dans la Mer Morte. C’était à l'origine une ville Moabite (Nombres 21:25), et plus tard elle a été possédée par les Amorites (Josué 9:10). Moïse l’a d'abord attribué à Ruben, puis à Gad. Comme le note la Soncino, elle a passé à plusieurs reprises la main entre les Israélites et les Moabites. Pendant de nombreuses années, elle était la fierté de Moab. Elle était célèbre pour sa fertilité et sa campagne riche en réservoirs ou bassins. D’où, la paix et la beauté des bassins de Hesbon (Isaiah da Trani, Daath Mikra).

 

Le terme à la porte de Bath-rabbim est considéré comme un nom propre (Metsudath David) ou comme ‘la porte de la ville peuplée’. Les portes étaient le lieu du jugement et le centre ou le lieu de rassemblement de la population (voir aussi Rachi).

 

Bain-rabbim est une combinaison de deux mots, SHD 1337 et SHD 7227. SHD 1337 est considéré par Strong comme étant le mot Bath rabbiym dérivé de 1323 signifiant ‘fille’ et un masculin pluriel de 7227 signifiant la fille (ou ville) de Rabba. 7227 rab signifie abondant (en quantité, qualité, taille, âge, nombre ou rang). Par conséquent, cela signifie abondant, capitaine, âgé, grand, etc., beaucoup, maître, officier puissant, prince, etc. (voir Strong pour les applications). Le même mot est à SHD 7228 où il est également utilisé pour un archer. Le Chaldéen (7229) est le même mot et signifie capitaine, chef, grand, seigneur, maître et aussi robuste. La signification des mots est la porte de la ville du Seigneur.

 

Le texte ton nez est comme la tour du Liban est complexe. Rachi dit : “Depuis quand un nez proéminent est-il un signe de beauté”. Le mot traduit nez serait dérivé du SHD 639 ‘aph. C’est dérivé de SHD 599 ‘anaph qui est une racine principale de respirer fort ou être en colère, donc 639 peut signifier nez ou narine, de là le visage ou occasionnellement une personne.

 

Cela signifie également de respirer rapidement dans la passion, l’ire, la colère ou le courroux. Le même mot est aussi SHD 637 ‘aph une particule première signifiant adhésion, aussi ou oui. Le mot chaldéen est le même et signifie aussi. Ainsi, le mot a l'implication de votre adhésion ou confirmation ou acceptation, qui est aussi utilisé du nez, et donc, comme un jeu de mots, est assimilé à la tour du Liban. Nous entendons donc la forteresse des élus. Les commentaires ont de la difficulté avec ce texte et la Soncino dit : 

Le mot appech est donc pris pour signifier ‘ton visage.’ Il semblerait que la comparaison se fasse entre le nez bien proportionné et la belle tour en saillie (Isaiah da Trani, Metsudath David).

 

Cela permet d’éviter la question de la signification complexe du texte et des multiples possibilités.

 

Ta tête est élevée comme le Carmel est tenu pour être comme le sommet du Carmel surplombant la mer au nord-ouest de la Palestine (Isaiah da Trani). Le sort du Carmel est lié à la destruction et à la gloire de Dieu (Ésaïe 33:9 ; 35:1-2). Le Messie est comparé au Carmel (Jérémie 46:18), quand il est envoyé par l’Éternel des Armées. Israël se nourrira du Carmel et de Basan, d’Éphraïm et de Galaad lors de la restauration (Jérémie 50:19). Les cheveux étant de couleur pourpre et le roi étant retenu captif dans ses tresses est tenu pour être : 

Commun à la poésie de tous les temps et régions, c'est l'idée de l'amant retenu captif dans les tresses d'une femme. Comme les cils des paupières, les boucles sont décrites comme ‘le filet de l'amour’ [cf. Prov. 6:25] (Malbim ; Soncino).

 

L'application de la couleur pourpre aux cheveux et la captivité du roi ont également la connotation que le roi deviendra lui-même le sujet de la Sulamithe qu'il avait l'intention d'emprisonner. La royauté des élus en tant que rois et prêtres (sacrificateurs) est notée par le Conseil des Anciens dans Apocalypse 5:10. La RSV a royaume plutôt que rois mais ils doivent être rois et prêtres (sacrificateurs) de Dieu. 

 

6 Que tu es belle, que tu es agréable, ô mon amour, au milieu des délices ! 7 Ta taille ressemble au palmier, et tes seins à des grappes. 

 

La louange va maintenant des aspects individuels du corps à l'ensemble de la Sulamithe (voir aussi Rachi). La Soncino soutient que le roi fait une dernière tentative pour obtenir l'amour de la Sulamithe. Elle est vêtue de vêtements coûteux, comme il sied à sa comparution devant un roi et elle fait en sorte que le prétendant royal soit plus que jamais fasciné par elle.” (Soncino). 

Une fois de plus, elle repousse son attention et se concentre sur son amant. Le roi n'a pas d'autre alternative que de se retirer et de l'abandonner pour retrouver son amant (voir Malbim ; Soncino)

 

 Ici, la dernière tentative est faite pour séduire la fiancée de la dévotion au Messie au système du monde. Les problèmes liés à la conversion de Juda et à la synagogue déclarée de Satan sont mentionnés aussi dans Apocalypse 2:9. Cela était évident comme nous l'avons vu dans l'Église de Smyrne, mais ces derniers jours, nous assistons de nouveau à cette bataille.

 

La référence au palmier est très ancienne. Cela fait référence au palmier de l'exode. Il y avait douze sources d’eau et soixante-dix palmiers à Elim (Exode 15:27).

 

Les eaux avaient été rendues potables à Mara avec un arbre. C’était le Messie. Les douze sources d’eau sont des références aux douze apôtres et les soixante-dix palmiers sont des références au conseil des soixante-dix. Cela a d'abord été le Sanhédrin sous les douze juges, mais cela était une préfiguration des apôtres et des élus. Le terme Elim ou Eliym signifie aussi dieux. Les Beni Eliym sont les fils de Dieu (voir les MMM re Deut. 32:8).

 

Depuis les eaux de Meriba, l'injonction de garder les commandements a été donnée par rapport à la bénédiction et la malédiction (Exode 15:25b-26).

 

8 Je me dis : Je monterai sur le palmier, j’en saisirai les rameaux ! Que tes seins soient comme les grappes de la vigne, le parfum de ton souffle comme celui des pommes,

 

La montée supposée du palmier est soutenue par Malbim pour indiquer jusqu’où le roi affirme qu'il ira pour attirer l'amour de la Sulamithe.

 

9 Et ta bouche comme un vin excellent,… – Qui coule aisément pour mon bien-aimé, et glisse sur les lèvres de ceux qui s’endorment ! 

Le discours est tenu pour être plus doux que le meilleur vin (Metsudath David). Le vin comme le sang de l'Agneau est un message de l'évangile. Il y a aussi une comparaison avec Proverbes 23:31.

 

Le vin est tenu de provoquer un sommeil profond et aussi pour déverrouiller les lèvres muettes. Le discours qui suscite des émotions agréables est considéré comme l’intention de ce texte (Metsudath David).

 

Le rejet du roi est désormais définitif. Satan ne peut pas gagner contre l'Église. 

 

10 Je suis à mon bien-aimé, et ses désirs se portent vers moi. 11 Viens, mon bien-aimé, sortons dans les champs, demeurons dans les villages ! 12 Dès le matin nous irons aux vignes, nous verrons si la vigne pousse, si la fleur s’ouvre, si les grenadiers fleurissent. Là je te donnerai mon amour.

 

Elle déclare qu'elle est au bien-aimé et son désir est pour elle. Personne ne peut la séparer de son seul bien-aimé (Metsudath David). Elle appelle ensuite le bien-aimé à aller aux champs et à ensuite demeurer dans les villages. Certains rendent kefarim (de SHD 3723 kaphar) comme ‘fleurs de henné’ comme au 4:13. Le kaphar est un village protégé par des murs. Le mot vient de la proposition de couvrir (voir aussi SHD 3724 kopher). C’est donc un village qui est recouvert, et en particulier de bitume comme revêtement ou enduit, et aussi de la plante de henné utilisée pour les mourants. Au figuré, cela signifie un prix de rachat et c'est là sa signification implicite, comme cela est également connoté au 4:13. Le mot, en particulier 3724, peut se traduire par un pot de vin, un camphre, une hauteur, une rançon, une satisfaction, une somme d'argent et un village. Le jeu de mots complexe montre le rachat ou rédemption du Messie de la bien-aimée qui l’assiste alors à racheter les élus avec lui.

 

Malbim soutient qu'il réapparaît, et insiste pour qu’ils quittent le palais pour leur ancien lieu de rencontre dans les champs. Le symbolisme est que le Messie encourage et exhorte l'Église à se lever tôt pour les vignobles et à prendre soin de la vigne. La vigne doit être examinée pour voir si elle produit de bons fruits. Le mot Semadar, tel qu’examiné au 2:13, est important ici. Les élus sont appelés à se présenter et ce dernier cas est très important et constitue une continuation du processus sans l'ingérence des filles de Jérusalem et du roi de ce monde. L'invitation au Royaume avait été étendue aux champs et aux villages, car nous voyons que les invités ne sont pas venus. Les seconds invités sont ceux qui finissent par produire le fruit du Royaume de Dieu.

 

13 Les mandragores répandent leur parfum, et nous avons à nos portes tous les meilleurs fruits, nouveaux et anciens : Mon bien-aimé, je les ai gardés pour toi. (LSG) 

 

Les mandragores étaient considérées d’être un aphrodisiaque (en partie à cause de leur forme) et qu’elle stimulait l'amour (cf. Gen. 30:14ff). Le nom hébreu de la plante est dudaim. Ce mot est lié au mot dodim ou amour (Kimchi). Rachi le traduit par panier de figues. Ce concept porte alors le texte dans l’analogie des bonnes figues/mauvaises figues de Jérémie 24:1-10. La nation a donc été divisée en deux groupes. Cela se produira également dans les derniers jours.

 

Poursuivre ici avec la Partie 5 (No. F022v).

 

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