Christian Churches of God

[F022v]

 

 

 

Commentaire sur le Cantique des Cantiques : Partie 5

 (Édition 2.0 19951021-19990607)

 

Nous poursuivons ici avec le Chapitre 8 jusqu'à la fin du Commentaire du Cantique des Cantiques.

 

 

Christian Churches of God

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Commentaire sur le Cantique des Cantiques : Partie 5 [F022v]

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Nouveaux et anciens est rendu par Malbim comme “‘Nouveaux qui semblent vieux, mon amour j’ai gardé pour toi’. Les nouveaux fruits précieux semblent vieux puisque nous en avons été rassasiés. Notre amour, cependant, ne vieillira jamais” (Soncino). La référence est développée dans la parabole des salaires du royaume (Matthieu 20:1-16). Les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers. Cela s’applique également à la conversion de Juda. Le salaire de Juda sera le même que celui des élus, de sorte que Jérusalem et la maison du roi (les élus) ne puissent s’exalter contre Juda. En ce jour, les faibles seront comme David et la Maison de David (les élus) sera comme des elohim, comme l'ange de Jéhovah, à leur tête (voir Zach. 12:7-8). L'être à la tête de la maison du roi est un elohim identifié au Psaume 45:6-7 comme l’elohim d'Israël, oint par son elohim. Hébreux 1:8-9 identifie cet elohim en tant que le Messie, et donc le Messie est indéniablement l'Ange de Jéhovah d’après ce texte.

 

Les fruits ont été entreposés sur des étagères et des armoires et au-dessus des portes où ils ont été laissés à sécher et à l’abri des regards. La Sulamithe assure au berger qu'elle a gardé le fruit pour que lui seul en jouisse (Daath Mikra).

 

Chapitre 8 

Cantique des Cantiques 8:1-14 Oh ! Que n’es-tu mon frère, allaité des mamelles de ma mère ! Je te rencontrerais dehors, je t’embrasserais, et l’on ne me mépriserait pas. 

 

Isaiah da Trani estime que la jeune fille se plaint qu'elle a dû quitter la maison de sa mère et sa famille pour aller au village afin de montrer son affection à son bien-aimé. Elle souhaite qu’il soit comme son frère, auquel cas ils pourraient se montrer affectueux en public sans être méprisés (Soncino). L'Église est en effet méprisée, car elle doit être distinguée des nations du monde dans sa relation avec le Messie.

 

Le texte suivant Je veux te conduire, etc. a la connotation qu’en tant que son frère, personne ne la questionnerait sur le fait de l'amener chez elle (Metsudath David). Le sens est double. La distinction entre l'Église et Juda a d’abord vu l'Église persécutée en Juda. Dans le second cas, l'Église parmi les Gentils a aussi vu une attaque sérieuse des aspects de l’Ancien Testament de l'Église. Les attaques contre ce qui était considéré comme des traditions juives de la loi et des Sabbats ont également entraîné la persécution de l'Église dans ce domaine.

 

2 Je veux te conduire, t’amener à la maison de ma mère ; Tu me donneras tes instructions, Et je te ferai boire du vin parfumé, Du moût de mes grenades. 

 

La traduction du texte ici dans la KJV qui m’instruirait est rendue dans la Soncino comme pour que tu puisses m'instruire. Cela suit Malbim. Isaiah da Trani, cependant, rend qu'elle pourrait m’instruire. L'hébreu peut être interprété comme une deuxième personne au masculin ou une troisième personne au féminin. Par conséquent, cette interprétation signifie que sa mère lui enseignerait les secrets de l'amour.

 

La référence au jus de grenade est expliqué par la Soncino comme : 

Asis est un jus fermenté obtenu à partir de l'écrasement des fruits dans un pressoir. Avec le sorbet ajouté, c’était un breuvage rafraîchissant très apprécié en Orient. Elle souligne ma grenade, c'est-à-dire celle qu'elle lui avait elle-même préparée. 

 

3 Que sa main gauche soit sous ma tête, et que sa droite m’embrasse ! – 

 

Le texte montre une répétition du 2:6. Nous voyons ici l'anticipation de la venue du bien-aimé. 

4 Je vous en conjure, filles de Jérusalem, ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour, avant qu’elle le veuille. – 

 

La supplication est répétée du texte précédent où le fait d’éveiller l'amour avant qu'il ne lui plaise est une référence à l’appel des élus en temps voulu. C'est pour cette raison que Christ a parlé en paraboles afin que les gens ne comprennent pas avant que le moment soit venu pour eux d'entrer en jugement. Le premier amour est essentiel chez les élus et ne devrait pas être entrepris avant le temps approprié tel que déterminé par Dieu et ne devrait donc pas être perdu par un moment malheureux.

 

5 Qui est celle qui monte du désert, appuyée sur son bien-aimé ? – Je t’ai réveillée sous le pommier ; là ta mère t’a enfantée, c’est là qu’elle t’a enfantée, qu’elle t’a donné le jour. –

 

La Soncino note l'explication de Malbim. 

On voit les amants s’approcher et l'auteur demande : ‘Qui est celle qui monte du désert, etc.’ Là-dessus, son amant répond : ‘Sous le pommier je t'ai réveillée.’ La première fois que je t'ai trouvée, tu étais endormie sous le pommier, et là, je t'ai réveillée, ‘ta mère était là en train d’accoucher de toi.’ à savoir tu avais l’habitude d’être dans le désert plutôt que dans la ville (Malbim).

 

L'explication ne fait aucun commentaire quant à la réponse et aux personnes impliquées. Le bien-aimé répond ici à la question qui lui est adressée. Le bien-aimé a vu premièrement le demandeur sous le pommier quand sa mère était en travail d’accouchement avec eux. En d'autres termes, le bien-aimé les a vus avant leur naissance. Les enquêteurs sont les filles de Jérusalem et Israël au complet. Ils sont ceux qui sont de la semence de la femme mentionnée dans Apocalypse 12:1-17. Cette femme était la nation et l'Église, qui a donné naissance aux élus et au Messie. Elle est mentionnée dans Genèse 3:1-17. L'Ange de Jéhovah ou Jéhovah Elohim était celui qui les gardaient dans le jardin. Il était la présence ou le visage (face) de Dieu (aucun homme n'a jamais vu Dieu (Jean 1:18; 1Tim. 6:16). Il a vu la femme en travail sous le pommier. Cette peine a été infligée à la femme en raison du problème qui est survenu dans le jardin (Genèse 3:16). Ici, le bien-aimé se déclare comme L'Ange de Yahovah (Jéhovah) ou Jéhovah Elohim du Jardin d'Éden.

 

L'interprétation en ce qui concerne l'être en travail est donnée par la Soncino comme étant une répétition poétique de ce qui précède. Malbim dit : ‘Là est née celle qui t'a enfantée.’ Non seulement es-tu née dans le désert, mais ta mère l’est également. Cette interprétation est nécessaire car le sens littéral situe le bien-aimé à un grand âge et rend la description de celui-ci incongrue. Le fait est bien sûr que nous parlons du Messie, comme d’un être pré-incarné et comme d’un être ressuscité et admettre cette possibilité condamne carrément Juda et il faut donc l’éviter. C’est pour cette raison que le désert est également identifié comme la plaine d'Esdraelon entre Jezréel et Shulem où les amants sont tenus par la Soncino d'avoir dû traverser sur leur chemin de retour. Cette explication soulève plus de problèmes qu'elle n'en résout étant donné les prophéties concernant la vallée de Jezréel et le retour du Messie.

 

Le terme appuyée sur son bien-aimé est littéralement ‘jointe, associée, avec le bien-aimé’ (Rashi). L'Église doit être finalement jointe au Messie à son retour. On affirme aussi, de façon douteuse, qu’au Moyen-Orient, il n'est pas rare que les enfants naissent en plein air.

 

6 Mets-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras ; car l’amour est fort comme la mort, la jalousie est inflexible comme le séjour des morts ; ses ardeurs sont des ardeurs de feu, une flamme de l’Éternel. 7 Les grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour, et les fleuves ne le submergeraient pas ; quand un homme offrirait tous les biens de sa maison contre l’amour, il ne s’attirerait que le mépris.

 

La Sulamithe aspire à être en permanence près de son bien-aimé et à ne jamais se séparer (Malbim). Elle implore son amant de mettre un sceau sur son cœur et sur son bras pour la protéger contre le roi (Malbim). Ainsi, l’Église fait appel au Messie pour sa protection dans la phase finale. Le texte l'amour est fort comme la mort est considéré comme indiquant que la Sulamithe a risqué sa vie pour son amour (Malbim). Les commentaires au sujet de la jalousie s’adressent au roi. Malbim soutient que la jalousie asservit totalement l’homme dans son emprise. Elle craint que le roi ne revienne la courtiser et ne l’emmène dans son harem (Soncino). Les ardeurs en conséquence sont des ardeurs de feu, une flamme de l’Éternel. Le texte est littéralement une flamme même de Dieu (Jah), soit une flamme formidable (Isaiah da Trani, Metsudath David). Le sens est que la bataille est spirituelle. Le roi est l’un de l'Armée spirituelle. Son autorité et son pouvoir ont été donnés à l'origine par Jah ou Dieu. Ainsi, il est plus puissant et elle a besoin de protection contre le feu même de sa colère jalouse. Le Messie est le seul à pouvoir lui fournir une telle protection.

 

Le verset Les grandes eaux ne peuvent éteindre l'amour est considéré comme le point culminant du Livre, qui a atteint ce point culminant de façon spectaculaire (Soncino). Malbim estime que rien ne peut détruire l'amour vrai qui jaillit spontanément du cœur et qui ne peut être acheté avec les trésors d’un roi, comme elle l'a montré.

 

On considère que l'utilisation du terme fleuves suit naturellement la flamme précédente comme une comparaison naturelle (Rachi, Metsudath David). La Soncino dit : 

Interprété comme une homélie, cela s'applique aux nations du monde qui n'ont pas réussi à arracher l'amour de Dieu du cœur d'Israël que ce soit par la force ou par des flatteries. Le Midrach ajoute : ‘Même si les nations ouvraient leurs trésors et offraient leur argent pour une seule parole de la Torah, elles ne réussiraient jamais. Toutes les tentations qui pendaient devant les yeux de Hanania, Mischaël et Azaria n’ont été d'aucune utilité.’

 

L’usage se trouve par rapport à la progéniture de la femme comme un fleuve qui sort de la gueule du dragon. L'Église est l'Israël spirituel. Juda n'est qu'une partie de l'Israël physique. Tout Israël, à la fois physique et spirituel, est destiné à être détruit par le dragon, le dieu de ce monde (2Cor 4:4) et le prince de la puissance de l'air (Éphésiens 2:2).

 

Le salut est aussi celui des Gentils, et c’est ainsi que le Midrash tombe. L'amour de Dieu ne peut pas être acheté, c’est le don gratuit de la grâce. Ce n'est pas la seule prérogative de Juda, et la Torah n'est pas la totalité de la parole de Dieu. Personne soutenant ce point de vue ne peut bien sûr obtenir le salut en tant que membre des élus.

 

Les huit derniers versets sont considérés comme l’évocation de souvenirs et les triomphes de la Sulamithe. Elle rappelle à ses frères combien leur crainte pour sa chasteté était inutile quand ils étaient assaillis par la tentation (Akedath Yitschak). 

 

8 Nous avons une petite sœur, qui n’a point encore de mamelles ; que ferons-nous de notre sœur, le jour où on la recherchera ?

 

Akedath Yitschak prend alors le texte pour faire référence à la Sulamithe quand elle était encore jeune et peu développée. Il estime que ce que ferons-nous pour notre sœur se réfère au jour de son mariage. Il stipule que leurs plans dépendront de sa vertu. Lorsqu’ils ont premièrement discuté de cette question, elle était encore d’un âge impossible à marier. Le commentaire de Yitschak forme la base des commentaires de la Soncino. Il y a bien sûr une autre interprétation. C'est que le bien-aimé et le Messie parlent de la petite sœur qui n'est pas encore majeure. On peut également l’interpréter comme étant Juda qui est empêché de se convertir jusqu'à ce que le temps des Nations soit complet (c.-à-d 1995/6 ; voir le document d’étude La Chute de l'Égypte (No. 036) : La Prophétie des Bras Cassés de Pharaon).

 

9 Si elle est un mur, nous bâtirons sur elle des créneaux d’argent ; si elle est une porte, nous la fermerons avec une planche de cèdre. – 10 je suis un mur, et mes seins sont comme des tours ; j’ai été à ses yeux comme celle qui trouve la paix. 

 

Le texte semble parler de deux entités, la Sulamithe et une autre. La construction est faite cependant que les frères parlent d'elle et alors qu’elle devient adulte. Ils parlent d'elle comme étant une personne vertueuse et que si elle est capable de résister à toutes les attaques dont elle fait l’objet, alors ils la donneront en mariage à un homme qui est digne (Akedath Yitschak). Ainsi, elle réclame ce droit comme étant un mur et ses seins étaient comme des tours. Cette vertu lui a permis alors de trouver grâce aux yeux du bien-aimé, le Messie. La tourelle d'argent (palais d'argent KJV) est considérée comme symbolique d'un homme jugé digne d'une épouse chaste et modeste (Akedath Yitschak).

 

Le terme si elle est une porte désigne une personne qui cède à la tentation en raison du fait que la porte s'ouvre à ceux qui frappent. Si tel était le cas, alors on la donnerait à une personne de moindre envergure. Une planche de cèdre est considéré comme une petite chambre de grenier, ce qui signifie un homme de faible calibre (Akedath Yitschak). L’autre sens est bien sûr, tel qu’expliqué plus haut, celui du Messie se tenant à la porte et frappe. L'absence de tout autre commentaire est révélatrice du dilemme de ce texte.

 

La réponse Je suis un mur est considérée comme la réponse triomphante d'une gardienne imprenable et fidèle de son honneur. Où est la récompense que vous m’avez promise ? (Akedath Yitschak). Elle est maintenant mûre pour le mariage, compte tenu du commentaire selon lequel ses seins sont comme les tours de celle-ci (Isaiah da Trani). La recherche de la paix est décrite dans les commentaires comme étant la condition de ses frères après que sa vertu ait été incontestée. La véritable compréhension de la paix sous le Messie en tant que prince de la paix et détenteur des titres de Dieu par délégation (Ésaïe 9:6) n'est pas comprise.

 

L'aspect le plus important se trouve dans le commentaire de Saadia Gaon. Selon la Soncino : 

Saadia Gaon voit ‘la petite sœur’ comme les deux tribus de Juda et de Benjamin, la plus petite partie de la nation d'Israël. 

 

C'est le commentaire le plus important du Livre. La petite sœur est en effet la nation de Juda et de Benjamin qui s’est convertie au reste d'Israël dans les derniers jours. Cette nation qui en montre les fruits est rejointe par la petite sœur quand son âge est venu et qu’elle est en mesure de se tenir aux côtés de sa sœur Israël avec le Messie à l'avènement.

 

La Soncino poursuit avec un autre commentaire éloquent. 

Que ferons-nous pour notre sœur. pour nous faire savoir ce que Dieu décrète à la fin de plus de mille ans, ce qui est pour Lui comme un jour ? Que pouvons-nous faire si le rachat vient quand ils sont encore rebelles et qu’ils auront besoin de la venue du Messie, fils de Joseph ? Dieu répond : ‘Si elle est un mur.’ à savoir s’ils sont repentis, ils n'auront pas besoin du Messie, fils de Joseph, mais le Messie, fils de David viendra et reconstruira le Temple. Si, toutefois, ils sont dans un état de désobéissance, ils auront besoin du Messie, fils de Joseph, qui rassemblera des guerriers comme un cèdre, pour combattre pour eux. Israël répond : ‘Je suis fort dans les traditions des Prophètes, et mes sages et érudits sont protégés par leurs justice, leurs études et leurs prières. Alors je sais que je peux me fier sur Ses prophéties et trouver la paix.

 

C’est le texte le plus critique des commentaires rabbiniques. Il montre que les autorités rabbiniques savaient qu'il devait y avoir deux Messies. Le premier, le prêtre (sacrificateur) Messie, était le Messie, fils de Joseph, qui est Josué ou Jésus-Christ. Le roi Messie ou Messie fils de David est celui qui est à venir. Juda voulait un roi Messie pour se débarrasser du joug romain. Le Cantique des Cantiques était un avertissement pour Juda de la venue du Messie et de l'échec des tribus à se repentir. Juda savait qu'il devait se repentir mais s’appuyait sur ses traditions, ce pour quoi le Messie l’avait condamné au nom de Dieu. Les Manuscrits de la Mer Morte montrent qu'au moins certains Juifs à l'époque de Christ comprenaient qu'il devait y avoir un Messie de deux avènements. Ces deux étaient le seul Messie (Damascus Rule VII et le fragment de la grotte 4 (Vermes The Dead Sea Scrolls in English)). L'exigence de la repentance, telle que proclamée par Jean-Baptiste, a donc été comprise par Juda, mais ils ne se sont pas repentis. L'exigence du salut du prêtre (sacrificateur) Messie n'est pas comprise par Juda. Les autorités rabbiniques ne semblent pas comprendre ou du moins reconnaître le symbolisme des sacrifices d’Expiation et le symbolisme des deux types de vêtements portés par le Grand Prêtre (Sacrificateur) aux Expiations. Il ne fait aucun doute cependant que les autorités savent que le Cantique des Cantiques est l'histoire d'amour du Messie et de l'Église et qu’il implique la conversion de Juda et de Benjamin quand ils atteignent la majorité. En d'autres termes, lorsque l'endurcissement de leur cœur est enlevé et qu’ils sont convertis.

 

11 Salomon avait une vigne à Baal-Hamon ; il remit la vigne à des gardiens ; chacun apportait pour son fruit mille sicles d’argent. 

 

Ce texte est considéré comme une réminiscence de la tentation de la Sulamithe par Salomon, dont la richesse a été utilisée comme une tentation pour la faire céder. Le magnifique vignoble du roi a été rejeté par sa réplique : ‘Je suis très heureuse avec mon humble vigne’ (verset 12) (Malbim).

 

Baal-Hamon. Le site n'est pas identifié et n'est pas mentionné ailleurs. Rachi est d'avis que c’était près de Jérusalem et son nom (littéralement ‘propriétaire d'une multitude’) vient du fait qu'il attirait des foules de visiteurs. [Il a été supposé que cela peut avoir été Hamath dans le royaume d'Alep] (Soncino). 

 

Le nom est peut-être négligé. Le nom littéral est également Seigneur de la Multitude. Le Seigneur de la Multitude est Satan en tant qu’entité derrière le pouvoir de la bête de l'Apocalypse. Le fait que le nom ne se trouve qu’ici devrait renforcer le fait qu'il est allégorique.

 

Le don de la vigne aux gardiens était une illusion sur le fait que Salomon a érigé des temples pour des dieux étrangers et a permis à leurs prêtres d’officier en Israël et il participait lui-même aux services. La Soncino note que c'était la coutume des métayers ou partenaires-ouvriers (aris) de recevoir une partie des produits, généralement un tiers ou la moitié en échange de leur travail. Les mille pièces d'argent ont une signification symbolique. Tout comme les trente pièces d'argent versées pour Christ n'étaient pas seulement le prix d'un esclave (Exode 21:32), mais aussi le nombre du Conseil de Dieu, comme nous le voyons dans Apocalypse 4:1 à 5:14. La mort de Christ était une offense à tout le Conseil. De même que le prix des mille étant lié à l'administration de l'Armée (voir Job 33:23 RSV) où le rédempteur était l'un des mille. Salomon, donc, par ses actions a établi une autre administration, mais celle de l'Armée déchue. Ceux qui gardent les fruits ont également été récompensés, mais en fonction de leur part. La Sulamithe ne voulait rien de ce fruit. Ceux-ci sont les 144000 vierges spirituelles qui sont fidèles au Messie (Apoc. 14:4).

 

Les commentaires se préoccupent uniquement de la taille de la vigne et du fait qu'elle a été louée à tant de locataires, chacun d'eux payant cette somme annuellement. En d'autres termes, cela leur a coûté leur salut. Les mille est aussi un regroupement des 144000, étant des douze et des douze tribus (Apoc. 7:5 ; 21:14). 144 coudées, qui est la mesure d'un homme, constitue également la base de la hauteur du mur de la Nouvelle Jérusalem, la Cité de Dieu (Apoc. 21:17). Les élus forment la muraille de la Cité de Dieu, alors qu'ils en étaient le Temple. Il y a donc des multitudes détournées sous le système idolâtre de Salomon. Cela reflète l'expression beaucoup sont appelés mais peu sont élus. Salomon est utilisé ici pour montrer à quel point l’idolâtrie d’Israël était proche du cœur même d'Israël. Salomon est traditionnellement considéré comme ayant gardé les clés du Temple et qu’il a retardé les services en badinant avec la fille de Pharaon (voir Proverbes 31 de Soncino et aussi le document Proverbes 31 (No. 114)).

 

12 Ma vigne, qui est à moi, je la garde. À toi, Salomon, les mille sicles, et deux cents à ceux qui gardent le fruit ! –  

 

Il s’ensuit également que la rédemption de l'humanité ne peut découler que de la médiation d'un des mille. Ainsi, le commentaire au verset 12 est en réalité une provocation selon laquelle Salomon est condamné pour son idolâtrie et doit en effet avoir le rachat du médiateur pour son salut. 

 

13 Habitante des jardins ! Des amis prêtent l’oreille à ta voix. Daigne me la faire entendre ! – 14 Fuis, mon bien-aimé ! Sois semblable à la gazelle ou au faon des biches, sur les montagnes des aromates ! (LSG) 

 

Les commentaires tentent de donner un sens à ce texte en faisant parler le bien-aimé à ses compagnons et en demandant d’entendre la voix de la Sulamithe (voir Isaiah da Trani) en racontant ses expériences au palais (Soncino). Certes, la Sulamithe témoignera lors du jugement et la façon dont les saints ont été traités sera la source du jugement comme nous le voyons dans la parabole des brebis et des boucs (Matt. 25:31-46). Les commentaires estiment qu'elle est timide ou embarrassée et qu’elle demande qu’on la laisse seule pendant un moment et quand ils seront seuls, elle chantera pour lui (Isaiah da Trani). Cela va à l'encontre de toute l'idée maîtresse de sa recherche urgente de lui à travers le Cantique. Elle l’exhorte à venir pour mettre fin à ses épreuves.

 

Les compagnons qui habitent ici dans les jardins sont les saints. Ce sont ceux qui entendent la voix du berger et qui connaissent sa voix (Jean 10:3-4). Elle conjure pour qu’on la fasse entendre. Cela nous rappelle que l’appel est un don de Dieu et que, sans la direction de Dieu, nul ne peut venir au Messie (Jean 6:37,44).

 

La Soncino termine le commentaire par ce texte concernant les montagnes d’épices. 

Maintenant qu'ils sont enfin réunis, les hauteurs accidentées ne sont plus des barrières entre eux, mais délicieuses comme les montagnes d’épices. Le Midrash lit une prière dans le verset : ‘Puisses-tu hâter l'avènement de la rédemption et faire en sorte que Ta Shechinah habite sur la montagne d’épices (c’est-à-dire la Moriah, dérivée de mor, “myrrhe”) et reconstruise rapidement le temple de nos jours.

 

Rappelez-vous que la Shechinah habitera sur la Montagne Sainte lors de la restauration et que la colonne de feu et de nuée s’établira sur Sion et les assemblées de l’Éternel de façon permanente, lorsque le Seigneur aura lavé la saleté des filles de Sion et purifiera les taches de sang de Jérusalem de son milieu au moyen d'une source de jugement et d'un esprit de feu (Ésaïe 4:2-6).

 

Le dernier verset du Cantique est un appel au Messie à venir rapidement. C’est une conclusion qui se prête aussi bien au Cantique des Cantiques qu'à la Bible elle-même (Apoc. 22:20-21). L'Esprit et l'Épouse disent ‘‘Viens’’ (Apoc. 22:17). Certes, il vient bientôt. Amen ! Viens, Seigneur Jésus. Que la grâce du Seigneur Jésus (ou J[eh]oshua) soit avec tous les saints. Amen !  

 

 

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