Christian Churches of God
No. 099
La Signification du Lavement
des Pieds
(Édition
4.0 19950401-19990130-20070120-20250316)
Avec le document
La Signification du Pain et
du Vin (No. 100), ce texte aborde la signification des
éléments du Dîner du Seigneur, qui constituent le deuxième sacrement de
l'Église. Le lavement des pieds symbolise le renoncement à la vie par le
Messie.
Courriel :
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(Copyright
ã 1995
Ben Johnston,
1999, 2007, 2025,
Éd. Wade Cox)
(Tr. 2003, 2025,
rév. 2025)
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La
Signification du Lavement des Pieds [099]
À cette période de l'année, il est approprié
de méditer profondément sur la Pâque. Ce document explore les aspects de la
cérémonie du lavement des pieds.
Le lavement des pieds comporte deux aspects
majeurs.
Le premier est que le Dîner du Seigneur en a
fait une exigence fondamentale. Le premier Sacrement de l’Église est le
Repentir et le Baptême (No.
052), suivi de l’imposition des mains pour recevoir l’Esprit Saint (No.
117). Le Dîner du Seigneur est institué pour nous lors de la Pâque afin
que nous accomplissions deux choses. La première est de renouveler notre
repentance et notre baptême en participant au Dîner du Seigneur en dehors de
nos portes (Deut. 16:5-8) pendant toute la durée de la fête, et la seconde
est de servir la foi et nos frères en nous lavant mutuellement les pieds,
dans un acte de service et d’amour fraternel. En accomplissant cela, nous
renouvelons notre engagement baptismal et ravivons notre réception de
l’Esprit Saint chaque année.
Le lavement des pieds mutuel vise à
renouveler notre amour et notre confiance envers nos frères, en manifestant
un esprit de service et de dévouement. Nous ne sommes pas autorisés à
célébrer cette fête, ni aucune des trois fêtes, à l’intérieur de nos portes.
De plus, nous devons observer les huit jours complets de la Pâque en dehors
de nos portes, et il nous est interdit de retourner à nos domiciles ou à nos
lieux de travail pendant cette fête ou toute autre fête. Sardes et Laodicée
ont toutes deux échoué sur ce point.
L'apôtre Paul a écrit à l'Église de Corinthe,
et cette lettre est conservée dans la Bible pour notre enseignement et notre
correction. Paul avait établi l'Église de Corinthe quelques années
auparavant et la lettre semble avoir été écrite peu avant la Pâque. L’Église
de Corinthe traversait des difficultés liées à des attitudes issues
directement des religions païennes dont ses membres étaient issus.
Nous, en tant que jeune Église, pourrions
rencontrer des problèmes similaires. Méditer sur certains des enjeux abordés
dans cette lettre nous aidera à approfondir notre compréhension et à donner
plus de signification à la Pâque à venir. L'égoïsme, l’orgueil et l'ambition
– le syndrome du « moi, je » – résument bien la situation. Ces
travers avaient manifestement dépassé les limites à Corinthe et se sont manifestés lors
du Dîner du Seigneur.
Dans 1Corinthiens 11:17-22, nous lisons ce
que Paul a déclaré :
17 En donnant cet avertissement, ce que je ne loue point, c'est que vous
vous assemblez, non pour devenir meilleurs, mais pour devenir pires. 18 Et
d'abord, j'apprends que, lorsque
vous vous réunissez en assemblée, il y a parmi vous des divisions, - et je
le crois en partie, 19 car il faut qu'il y ait aussi des sectes
parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés soient reconnus comme tels au
milieu de vous. - 20 Lors donc que vous vous réunissez, ce n'est
pas pour manger le repas du Seigneur ; 21 car, quand on se met à
table, chacun commence par prendre son propre repas, et l'un a faim, tandis
que l'autre est ivre. 22 N'avez-vous pas des maisons pour y
manger et boire ? Ou méprisez-vous l'Église de Dieu, et faites-vous honte à
ceux qui n'ont rien ? Que vous dirai-je ? Vous louerai-je ? En cela je ne
vous loue point. (LSG)
Il semble qu'en se réunissant pour le Dîner
du Seigneur, l'Église de Corinthe l'ai observé à la manière d’une fête
païenne, ce qui a suscité les commentaires de Paul concernant
l’autoglorification – la gloutonnerie et l’ivresse. La signification
spirituelle et symbolique du pain et du vin était complètement ignorée.
Avec le recul, on peut voir que le problème
de l'Église provenait d’une méconnaissance de la signification de la
cérémonie du lavement des pieds, que Jésus a ordonné ses disciples
d’accomplir avant de partager le pain et le vin. Jean 13:1-17 nous donne un
aperçu clair de cet événement.
Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant
que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les
siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux. 2 Pendant
le souper, lorsque le diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariot,
fils de Simon, le dessein de le livrer, 3 Jésus, qui savait que
le Père avait remis toutes choses entre ses mains, qu'il était venu de Dieu,
et qu'il s'en allait à Dieu, 4 se leva de table, ôta ses
vêtements, et prit un linge, dont il se ceignit. 5 Ensuite il
versa de l'eau dans un bassin, et il se mit à laver les pieds des disciples,
et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. 6 Il vint
donc à Simon Pierre ; et Pierre lui dit : Toi, Seigneur, tu me laves les
pieds ! 7 Jésus lui répondit : Ce que je fais, tu ne le comprends
pas maintenant, mais tu le comprendras bientôt. 8 Pierre lui dit
: Non, jamais tu ne me laveras les pieds. Jésus lui répondit : Si je ne te
lave, tu n'auras point de part avec moi. 9 Simon Pierre lui dit :
Seigneur, non seulement les pieds, mais encore les mains et la tête. 10 Jésus
lui dit: Celui qui est lavé n'a besoin que de se laver les pieds pour être
entièrement pur; et vous êtes purs, mais non pas tous. 11 Car il
connaissait celui qui le livrait ; c'est pourquoi il dit : Vous n'êtes pas
tous purs. 12 Après qu'il leur eut lavé les pieds, et qu'il eut
pris ses vêtements, il se remit à table, et leur dit : Comprenez-vous ce que
je vous ai fait ? 13 Vous m'appelez Maître et Seigneur; et vous
dites bien, car je le suis. 14 Si donc je vous ai lavé les pieds,
moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns
aux autres ; 15 car je vous ai donné un exemple, afin que vous
fassiez comme je vous ai fait. 16 En vérité, en vérité, je vous
le dis, le serviteur n'est pas plus grand que son seigneur, ni l'apôtre plus
grand que celui qui l'a envoyé. 17 Si vous savez ces choses, vous
êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez. (LSG)
Christ expliquait qu’après avoir été lavés
par les eaux du baptême, nos péchés précédant la repentance sont pardonnés,
et nous n’avons pas besoin d’être rebaptisés à chaque fois que nous péchons.
Cependant, nous péchons encore, et notre besoin de purification régulière
est symbolisé par nos pieds sales – souillés par nos errances alors que nous
cherchons à marcher dans les voies de Dieu. Nous trébuchons même en
avançant, et nous avons besoin de pardon.
Participer à la cérémonie du lavement des
pieds chaque année renouvelle et redédie notre engagement à notre conversion
et à la pureté reçue lors du baptême.
Nous apprenons ainsi que le lavement des
pieds est comme un second baptême, ou en d’autres termes, le renouvellement
annuel de notre baptême.
Le lavement des pieds est pour nous un acte
personnel, et la cérémonie de se faire laver les pieds est un événement
inhabituel. Mais dans le monde antique, c’était une pratique courante de
salutation et d’hospitalité dans les foyers, à tous les niveaux de la
société. Les gens portaient des sandales ou marchaient pieds nus, et
par
conséquent, leurs pieds devenaient souvent boueux et encrassés.
Dans les maisons aisées, un serviteur de bas
rang accomplissait cette tâche. Cela est comparable à essuyer nos chaussures
sur un paillasson ou à les retirer avant d’entrer, comme le font certains
Européens.
Quand Jésus a pris un linge et s’est mis à
laver les pieds des disciples, cela a dépassé leurs attentes. Leur maître
leur lavait les pieds. Jésus a choisi de le faire comme un exemple de la
sorte d'attitude que nous devrions adopter. C'est un acte non seulement
d'humilité, mais aussi d’amour mutuel et de service envers Dieu, préparant
les frères à la Première Résurrection (No.
143A).
Les disciples passaient beaucoup de temps à
spéculer sur les postes qu’ils occuperaient dans le Royaume, comme en
témoigne Marc 10:35-45.
Les fils de Zébédée, Jacques et Jean,
s'approchèrent de Jésus, et lui dirent : Maître, nous voudrions que tu
fisses pour nous ce que nous te demanderons. 36 Il leur dit : Que
voulez-vous que je fasse pour vous ? 37 Accorde-nous, lui
dirent-ils, d'être assis l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, quand tu
seras dans ta gloire. 38 Jésus leur répondit : Vous ne savez ce
que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être
baptisés du baptême dont je dois être baptisé ? Nous le pouvons, dirent-ils.
39 Et Jésus leur répondit : Il est vrai que vous boirez la coupe
que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être
baptisé ; 40 mais pour ce qui est d'être assis à ma droite ou à
ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu'à ceux à qui cela
est réservé. 41 Les dix, ayant entendu cela, commencèrent à
s'indigner contre Jacques et Jean. 42 Jésus les appela, et leur
dit : Vous savez que ceux qu'on regarde comme les chefs des nations les
tyrannisent, et que les grands les dominent. 43 Il n'en est pas
de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu'il
soit votre serviteur ; 44 et quiconque veut être le premier parmi
vous, qu'il soit l'esclave de tous. 45 Car le Fils de l'homme est
venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon
de plusieurs. (LSG)
Des pensées du Royaume, mêlées à l’ambition
égoïste, dominaient l’esprits des disciples. Un autre exemple est rapporté
dans Luc 22:24-27.
Il s'éleva aussi parmi les apôtres une
contestation : lequel d'entre eux devait être estimé le plus grand ? 25 Jésus
leur dit : Les rois des nations les maîtrisent, et ceux qui les dominent
sont appelés bienfaiteurs. 26 Qu'il n'en soit pas de même pour
vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui
qui gouverne comme celui qui sert. 27 Car quel est le plus grand,
celui qui est à table, ou celui qui sert ? N'est-ce pas celui qui est à
table ? Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qui sert.
(LSG)
Dans leur culture, le service et l'humilité
étaient méprisés – considérés comme des attributs de bons esclaves.
L'humilité est perçue comme une
faiblesse. La position d'un homme dans la société reflétait son pouvoir
et son influence sur les autres. Que Jésus, leur Maître, accomplisse la
tâche humble du lavement des pieds a bouleversé leur système de valeurs. À
travers l’action de Jésus, nous comprenons que l’humilité et le service sont
des conditions indispensables au salut.
Philippiens 2:3-4 Ne faites rien par
esprit de parti ou par vaine gloire, mais que l'humilité vous fasse regarder
les autres comme étant au-dessus de vous-mêmes. 4 Que chacun de
vous, au lieu de considérer ses propres intérêts, considère aussi ceux des
autres. (LSG)
1Jean 3:16 Nous avons connu l'amour, en
ce qu'il a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie
pour les frères. (LSG)
Ainsi, nous voyons qu’il ne s’agit pas
seulement de service et d’humilité, mais aussi d’une volonté de donner notre
vie pour nos frères, comme Christ l’a fait, et comme ses actions
l’annonçaient dans la conversation rapportée en Jean 13:6-7 :
Il vint donc à Simon Pierre ; et Pierre
lui dit : Toi, Seigneur, tu me laves les pieds ! 7 Jésus lui
répondit : Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le
comprendras bientôt. (LSG)
Ce que Christ a fait est très clair pour nous
maintenant, mais ne l’était pas pour les apôtres à ce moment-là. Méditons
sur le symbolisme en lisant le passage de Jean 12:1-8.
Jean 12:1-8 Six jours avant la Pâque,
Jésus arriva à Béthanie, où était Lazare, qu'il avait ressuscité des morts.
2 Là, on lui fit un souper; Marthe servait, et Lazare était un de
ceux qui se trouvaient à table avec lui. 3 Marie, ayant pris une
livre d'un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus, et
elle lui essuya les pieds avec ses cheveux; et la maison fut remplie de
l'odeur du parfum. 4 Un de ses disciples, Judas Iscariot, fils de
Simon, celui qui devait le livrer, dit : 5 Pourquoi n'a-t-on pas
vendu ce parfum trois cent deniers, pour les donner aux pauvres ? 6 Il
disait cela, non qu'il se mît en peine des pauvres, mais parce qu'il était
voleur, et que, tenant la bourse, il prenait ce qu'on y mettait. 7 Mais
Jésus dit : Laisse-la garder ce parfum pour le jour de ma sépulture. 8 Vous
avez toujours les pauvres avec vous, mais vous ne m'avez pas toujours. (LSG)
Marie oint les pieds de Jésus avec une huile
coûteuse, utilisée pour préparer les morts à la sépulture. Judas Iscariot se
plaint du gaspillage (le coût de l'huile équivalant à un an de salaire).
C'est symbolique de notre rachat et l'observance annuelle du rituel du pain
et du vin. D’après ce que nous avons lu, il serait raisonnable de dire que
les apôtres ne voulaient pas affronter la prophétie selon laquelle leur
bien-aimé Maître allait bientôt mourir.
Revenons aux passages de Jean 13:4,12. Les
actions et la conversation sont rapportées.
Jean 13:4 se leva de table, ôta ses
vêtements, et prit un linge, dont il se ceignit. (LSG)
Jean a été inspiré pour utiliser le mot grec
tithenai, le terme pour
déposer, pour décrire cet
événement. Dans les chapitres 10, 11, 15, 17 et 18, ce mot est aussi utilisé
pour rapporter la déclaration de Christ selon laquelle il dépose sa vie pour
les brebis.
Jean 13:12 Après qu'il leur eut lavé les
pieds, et qu'il eut pris ses vêtements, il se remit à table, et leur dit :
Comprenez-vous ce que je vous ai fait ? (LSG)
Jean a utilisé le verbe grec
lambenei (prendre) pour décrire le
fait que Christ reprenait ses vêtements.
Dans les chapitres 10, 17 et 18,
lambenei est utilisé pour décrire
l'autorité de Christ à reprendre sa vie. Christ préfigurait ainsi son
sacrifice et sa résurrection.
Dans les versets 6-10, la conversation de
Jésus avec Pierre est rapportée. Pierre est indigné que son Maître veuille
lui laver les pieds et dit : "Non, jamais tu ne me laveras les pieds".
Cela ne semblait pas juste à Pierre que son Maître lui lave les
pieds.
Jésus a répondu : "Si je ne te lave, tu
n'auras point de part avec moi".
En participant au symbolisme du lavement des
pieds, nous renouvelons notre participation à la résurrection, au ministère
et à l’héritage de Christ.
Pierre répond : "Seigneur, pas seulement les
pieds, mais aussi les mains et la tête".
Jésus répond : "Celui qui est lavé n'a besoin
que de se laver les pieds pour être entièrement pur ; et vous êtes purs,
mais non pas tous". Car Jésus savait que Judas allait le trahir.
En conclusion, nous voyons que le lavement
des pieds nous prépare au pain et au vin. Il nous rappelle l’attitude humble
et repentante (une repentance qui s’approfondit chaque année) que nous
devons avoir lorsque nous nous présentons devant Dieu ; à l’opposé des
Corinthiens. Méditons sur qui nous sommes, d’où nous venons et où nous
allons. La miséricorde et l’amour de Dieu envers nous prépareront une
attitude digne pour recevoir les symboles du pain et du vin.
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