Christian Churches of God

[179]

 

 

 

Le Cantique de Moïse

dans Exode 15

 

(Édition 1.0 19981110-19981110)

 

 

Ce commentaire porte sur le premier des deux cantiques de Moïse dans le Pentateuque. Il concerne la délivrance d'Israël. Le deuxième texte de ce type se trouve dans Deutéronome 32.

 

 

 

 

Christian Churches of God

PO Box 369, WODEN ACT 2606, AUSTRALIA

 

Courriel : secretary@ccg.org

 

 

(Copyright ã 1998 CCG, Thomas McElwain, éd. Wade Cox)

(Tr. 2011, 2022, rév. 2022)

 

Cette étude peut être copiée et distribuée librement à la condition qu'elle le soit en son entier, sans modifications ni rayures. On doit y inclure le nom, l'adresse de l’éditeur et l'avis des droits d'auteur. Aucun montant ne peut être exigé des récipiendaires des copies distribuées. De brèves citations peuvent être insérées dans des articles et des revues critiques sans contrevenir aux droits d'auteur.

 

Cette étude est disponible sur les pages du World Wide Web :
http://logon.org/ et http://ccg.org/

 


 Le Cantique de Moïse dans Exode 15 [179]

 


Le document d'étude qui suit est à la fois inhabituel et très personnel. L'auteur a abordé le texte avec un certain degré d'érudition, mais il n'a pas épuisé les sources scripturaires pour sa contemplation, ni non plus il n’a examiné les nombreuses facettes culturelles et historiques ouvertes à son interprétation. Il a choisi avec parcimonie parmi les autres textes qui l’éclairent. L’emphase est surtout mise sur un examen philologique combinée à une contemplation des mots. 

 

Exode 15:1 Alors Moïse et les enfants d’Israël chantèrent ce cantique à l’Éternel. Ils dirent : Je chanterai à l’Éternel, car il a fait éclater sa gloire ; il a précipité dans la mer le cheval et son cavalier.

Le cantique proprement dit commence après la respiration. Il est à nouveau utilisé comme un refrain de réponse au rythme d'un tambourin au verset 21. Cela montre que le premier verset est le thème central du cantique, le triomphe glorieux du Seigneur. Le cantique commémore la délivrance du peuple de l'Égypte et l'attaque du Pharaon à la Mer Rouge. Bien que de nombreux événements de délivrance soient décrits dans les Saintes Écritures, celui-ci reste le modèle sur lequel des siècles de croyants se sont penchés. Ce cantique de délivrance est chanté par ceux qui ont reçu la victoire sur la Bête et son image dans Apocalypse 15:3, à moins qu’il ne s’agisse du Cantique de Moïse dans Deutéronome 32.

 

Note : Le Cantique de Moïse est écrit tant à la fois dans le texte d’Exode 15:1-19 que dans celui de Deutéronome 32:1-43, et tous deux constituent un témoignage pour Israël concernant la Loi de Dieu et Ses actions.

 

Le cantique est clairement adressé à YHVH, le nom étant mentionné deux fois dans le verset. La victoire glorieuse peut ne pas sembler si grande aujourd'hui, mais il est bon de se rappeler que la machine/équipement de guerre égyptien était le meilleur à l'époque. Le message est que la victoire militaire de Dieu est remportée face à un équipement haut de gamme utilisé contre des gens qui n'ont absolument rien. On a pensé que la division de la mer était due aux effets naturels du vent et de la marée dans la région, et en effet, de tels phénomènes sont censés s'y être produits. La différence entre un événement naturel et un événement miraculeux est essentiellement une question de perception humaine. Il est certain que le maintien de l'univers est suffisamment miraculeux, et bien plus grand et important que la séparation de la mer. Pourtant, les gens vaquent à leurs préoccupations sous le regard émerveillé des cieux ouverts sans y prêter attention. Qu'il s'agisse ou non d'un événement qui s'est reproduit à l'occasion, son moment était si opportun qu'il était providentiel dans l'expérience d'Israël. Cela a certainement été traité comme étant une puissante intervention divine par l'ancien Israël et dans les Saintes Écritures.

 

Exode 15:2 L’Éternel est ma force et le sujet de mes louanges ; C’est lui qui m’a sauvé. Il est mon Dieu : je le célébrerai ; Il est le Dieu de mon père : je l’exalterai.

Ce verset est extrêmement riche en informations sur Dieu, pourtant il ne dit presque rien sur ce que Dieu est intrinsèquement et en Lui-même. Tout est en relation à l'humanité. Réaliser que Dieu est ma force, c’est constater que je ne peux rien faire, mais que tout ce qui est fait vient de Dieu. Il n'y a aucune force, c’est-à-dire de capacité de faire, excepté Dieu. La profondeur de la dépendance humaine vis-à-vis de Dieu et de la proximité divine avec l'humanité dépasse l’imagination.

 

Dieu est mon chant, ou plus littéralement mon Psaume. Les Psaumes sont appelés l'habitation/demeure de Dieu dans les Psaumes (voir Ps. 22:3). Ici, Dieu est le Psaume. Si une personne devait faire une telle déclaration aujourd'hui, la plupart des gens la trouveraient blasphématoire. La vérité est que Dieu est au-delà de toute recherche, et tout ce qu'un être humain rencontre n'est pas Dieu dans Son essence, mais une habitation, un mode de révélation adaptée aux limites humaines. Aucun homme n'a jamais vu Dieu ou ne pourra le voir (Jean 1:18 ; 1 Tim. 6:16). Il se révèle Lui-même au moyen de l'Esprit Saint. Par conséquent, dans l'expérience humaine, le Psaume par lequel Dieu se révèle au cœur de l’homme est tout ce qu’un être humain peut connaître de Dieu. Le Psaume est Dieu. L'échec historique à réaliser cela a fait que le Judaïsme s’est développé au-delà du Siddur primitif ou livre d’adoration qu’est le livre des Psaumes, pour passer d’une version à l’autre des livres liturgiques. Le Christianisme est peut-être allé encore plus loin. L’Écriture Sainte est le seul véritable texte pour le culte d’adoration en dehors des prières spontanées, du témoignage et de l'exhortation. Non seulement les Psaumes, mais aussi d'autres portions de l'Écriture, comme le livre de la Révélation [l'Apocalypse], sont clairement écrites avec l'intention d’être récitées et entendues comme un culte d’adoration. Si l'Écriture est l'incarnation de Dieu, alors il peut être soutenu que, remplacer le livre des Psaumes par un recueil de cantiques revient à remplacer le Dieu des Écritures par une idole.

 

Dieu devient le salut. Il s’agit d’un processus en quatre étapes. Cela commence par la reconnaissance de Dieu comme force c’est-à-dire la dépendance totale de l’homme à l’égard sur Dieu et la relation la plus étroite possible avec Lui. La deuxième étape est la réalisation que l'Écriture est Dieu dans la mesure où les humains peuvent connaître Dieu tel qu’Il est révélé par l'Esprit Saint. La troisième étape est le salut par le biais de l'habitation de l'Esprit Saint en tant que Dieu avec nous. La quatrième étape définit le salut : Il est mon Dieu.

 

L'état du salut est ensuite décrit. Il s’agit de construire une habitation pour Dieu, c’est-à-dire de chanter les Psaumes de la délivrance, les louanges d'Israël qui sont Sa demeure. Dieu a choisi d'habiter dans les élus en tant qu’Israël. Ils deviennent ainsi le Temple de Dieu. La récitation de la musique inspirée de la Bible par l'Esprit Saint dans le culte d’adoration consiste à construire efficacement le Temple de Dieu. Les temples humains sont liés à un lieu, et sont donc capables de monopole et finalement de corruption et de manipulation. Le temple de Dieu est fait de Fils de Dieu engendrés de l’Esprit et adorant les jours de Sabbat, ce temple démocratique, éphémère et insaisissable qui s'adresse aussi bien au haut qu'au bas de l'échelle grâce à la présence de l'Esprit Saint, et qui contient également la présence de Celui qui est Invisible. Enfin, le temple de Dieu est fait de la récitation de l'Écriture, des louanges d'Israël, là de nouveau potentiellement disponibles à quiconque a une voix, un œil, une oreille, ou un esprit. Je L’exalterai est un parallèle, une répétition de la pensée que je Lui bâtirai une habitation/demeure.

 

L'apôtre Paul a sans doute atteint le summum contemplatif de la vérité inimaginable contenue dans ces expressions quand il a déclaré que les corps des élus en Christ sont le temple de Dieu. L'apôtre Pierre est allé directement au cœur de la vérité en disant : “Grâce à ces choses, il nous a accordé librement des promesses précieuses et les plus grandes afin que vous deveniez par elles des participants de la nature divine” (2Pierre 1:4). 

 

Exode 15:3 L’Éternel est un vaillant guerrier ; l’Éternel est son nom.

L'hébreu en fait utilise le mot iish ou homme en référence à l'Éternel. Ce serait interpréter les Écritures de manière contraire à elles-mêmes que d'attribuer l'humanité à Dieu de quelque manière que ce soit. Nombres 23:19 déclare clairement : Loo iish Eel, Dieu n'est pas un homme. L'expression pourrait être une référence elliptique à l'ange de l'Éternel, mais le contexte semble clair que le verset parle de Dieu Lui-même. En hébreu, il n'est pas permis de séparer les deux mots d'une construction d'expression, et celle-ci en est l'une d’entre elles. Ce qui doit être analysé, c’est la phrase entière iish milhaamaa, homme de guerre. En tant que telle, la phrase ne tient pas compte de l'humanité ou du manque d'humanité. Elle se concentre sur la fonction militaire. Dans ce cas-là, la fonction militaire est celle du salut. L'expression signifie que Dieu sauve.

 

La dernière moitié du verset révèle le nom de Dieu. Connaître le nom ou la réputation d'une personne (en hébreu le mot couvre les deux significations) donne accès à ce que cette personne peut faire en notre faveur. L'humanité a besoin de délivrance quelquefois, et connaître le nom de Dieu, c'est savoir où se tourner, et avoir la possibilité de se tourner vers Lui.

Exode 15:4-10

Il a lancé dans la mer les chars de Pharaon et son armée ; Ses combattants d’élite ont été engloutis dans la mer Rouge.

Les flots les ont couverts : Ils sont descendus au fond des eaux, comme une pierre.

Ta droite, ô Éternel ! a signalé sa force ; ta droite, ô Éternel ! a écrasé l’ennemi.

Par la grandeur de ta majesté tu renverses tes adversaires ; tu déchaînes ta colère : Elle les consume comme du chaume.

Au souffle de tes narines, les eaux se sont amoncelées, les courants se sont dressés comme une muraille, les flots se sont durcis au milieu de la mer.

L’ennemi disait : Je poursuivrai, j’atteindrai, je partagerai le butin ; ma vengeance sera assouvie, je tirerai l’épée, ma main les détruira.

Tu as soufflé de ton haleine : La mer les a couverts ; ils se sont enfoncés comme du plomb, dans la profondeur des eaux.

La description de l'événement à la Mer Rouge est impressionnante et même les sons qu'elle produit ont un effet fort. La principale difficulté de ce texte est sa description anthropomorphique de Dieu. Une grande partie de ceci peut s'expliquer par les habitudes de l’ancien hébreu d’utiliser les mêmes mots pour le concret et l'abstrait. Un étranger à la culture ancienne reçoit une plus forte impression de l'anthropomorphisme et du concret que ne le suggère l'original. Une illustration en est donnée par le tout premier mot du passage, “ta main droite.” Que Dieu ait une main droite réelle ou non, le texte ne le laisse en aucun cas entendre. L'expression hébraïque “main droite” ou “main” signifie “force” ou “pouvoir” tout autant qu’une main physique. Choisir l’une ou l’autre est une question d’interprétation, et aucune n’est une traduction plus littérale que l'autre.

 

L'esprit habitué à traiter des attributs métaphysiques de Dieu éprouve des difficultés avec les expressions anthropomorphiques, mais il s'agit là d'un simple préjugé. Le mot “majesté” du verset 7 est tout aussi difficile, même si le lecteur le survole sans s'apercevoir du problème. Le mot g'oon vient d'un verbe qui signifie s’agrandir. La métaphore de la hauteur est transférée à la fierté/orgueil et l'excellence. Attribuer à Dieu la hauteur, c’est déterminer Dieu dans l'espace, ce qui est tout aussi gênant en fait que l’anthropomorphisme.

 

La réponse à ces deux problèmes consiste simplement à reconnaître que le langage humain n'est pas capable d'exprimer l'essence de Dieu. Par conséquent, nous ne devrions pas prendre ses expressions comme essentielles à Dieu. Elles sont là dans le but de révéler Dieu, dans Sa relation avec l'humanité, et non dans Sa nature essentielle. Et à cette fin, elles sont tout à fait adéquates, voire merveilleuses. 

        

Exode 15:11-12

Qui est comme toi parmi les dieux, ô Éternel ? Qui est comme toi magnifique en sainteté, digne de louanges, opérant des prodiges ?

Tu as étendu ta droite : La terre les a engloutis.

Ce passage commence par une question : Qui est semblable à Dieu ? L'expression n'est pas sans rappeler le titre de l'ange de l’Éternel tel que noté dans Daniel 12:1: Et à ce moment-là se lèvera Michel ... et Daniel 10:13,21. Il y a onze personnages humains dans la Bible qui portent également le nom. Le but de ce nom est de rappeler que nul n'est semblable à Dieu, en posant une question rhétorique. Certains des aspects anthropomorphiques qui sont apparemment appliqués à Dieu dans la Bible peuvent en effet se référer à l'ange de l’Éternel qui est clairement le moyen d’expression de la révélation dans un certain nombre de passages (Genèse 16:7, 22:11 suiv. et al.) et fort probablement dans beaucoup d'autres.

 

Il y a une certaine cohérence dans l'interprétation des paroles de Jésus dans Jean 8:58 (Avant qu'Abraham fût, je suis) comme une revendication d’être cet ange de l’Éternel incarné. L'ange de l’Éternel est si effacé qu'il prononce les paroles de Dieu directement, à la première personne, comme s'il n'avait aucune existence propre. Jésus reflète cette attitude en disant dans Jean 5:30 : “Je ne puis rien faire de moi-même : selon que j'entends, je juge : et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté du Père qui m'a envoyé.” Ceci est certainement la voie, le chemin de la participation à la nature divine 2Pierre 1:4.

 

L'expression dieux ou Eeliim au verset 11 a une lecture marginale dans la version KJV de la Bible comme les puissants. Cela semble effectivement être la connotation du mot Eel dans la Bible, qui est utilisé de diverses manières de la façon similaire au mot Elohim. Il est utilisé comme puissant dans plusieurs endroits (Deut. 28:32 ; Néh. 5:5 ;... Prov. 3:27 et al.) Il est même traduit par beau dans le Psaume 80:10 (11). Il se réfère clairement à un faux dieu dans quelques textes, comme dans Juges 9:46, et à l'idole physique elle-même dans d'autres, comme Ésaïe 44:10,15,17. Parfois, il est générique à la fois pour le véritable Dieu et les faux dieux, comme dans Exode 34:14. Mais le plus souvent, il fait référence à l’Unique Véritable Dieu comme dans Genèse 14:18 ; 17:1 ; 21:33 ; 31:13 et 33:20, où d'autres titres y sont associés. Utilisé seul en référence à Dieu, il est le plus typique dans les livres de Job, des Psaumes et d’Ésaïe (Job 5:8 ; Ps. 5:4 (5) ; Ésaïe 5:16 et al.)

 

Mais nous sommes ici confrontés à un usage particulier du mot au pluriel, les puissants, qui pourrait apparemment se référer à un groupe de faux dieux ou d’autres dieux, à des êtres humains puissants, ou à autre chose. Exode 15:11 est le premier texte qui semble faire référence à cette autre chose par le mot Eeliim. Une comparaison avec les quelques autres textes pertinents suggère que cette expression est un terme technique pour la congrégation/assemblée appelée diversement les fils de Dieu (Job 1:6 ; 2:1 et al), les étoiles du matin (Job 38:4), les armées (Ésaïe 1:9 et al.), et les étoiles de Dieu (Ésaïe 14:16). Psaume 29:1 : Rendez à l'Éternel, ô puissants, gloire et force. L'expression ici est les fils des puissants, une expression clairement en relation avec les expressions du livre de Job. Psaume 82:1 : Dieu se tient dans l'assemblée des puissants... Il serait préférable de traduire cette expression par grande congrégation/assemblée ou la congrégation/assemblée de Dieu. Elle fait clairement référence à une assemblée/congrégation comprenant des personnes autres que des êtres humains. Psaume 89:6(7) : Qui, dans le ciel peut être comparé à l'Éternel ? Qui parmi les fils des puissants peut être comparé à l'Éternel ? Ce texte est le plus semblable à Exode 15:11. Mais il définit plus précisément de qui il s’agit. Les puissants ne sont pas les personnages humains puissants de l'Égypte, mais des êtres qui sont dans le ciel. Ce verset associe également les fils des puissants du Psaume 29:1 dans le contexte de la congrégation céleste. À ce stade, les expressions du Psaume se mettent toutes en place dans leur rôle explicatif d'Exode 15:11.

 

Sortant du contexte des Psaumes, nous trouvons Ésaïe 14:16 : Car tu as dit en ton cœur : Je monterai au ciel, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu : Je m'assiérai sur la montagne de l’assemblée, à l'extrémité du septentrion. Si en effet nous reconnaissons ce verset comme se référant à Satan, comme le veut une longue tradition chrétienne, il y a ici deux références claires aux armées célestes. La première est celle des étoiles de Dieu et la seconde est celle de la congrégation. Les étoiles de Dieu pourraient bien être traduites par les grandes étoiles, ce qui les distingue ainsi des orbes lumineux que nous voyons par ​​une nuit claire.

 

Daniel 11:36: “Le roi fera ce qu’il voudra ; il s’élèvera, il se glorifiera au-dessus de tous les dieux, et il dira des choses incroyables contre le Dieu des dieux ; il prospérera jusqu’à ce que la colère soit consommée, car ce qui est arrêté s’accomplira.” L’expression Dieu des dieux est ici Eel eeliim. Ce texte montre clairement que Dieu règne sur ​​une congrégation d’eeliim.

 

Exode 15:12 suggère que les puissants sont en fait les Égyptiens. Il se pourrait bien que nous devions comprendre le mot eeliim du verset 11 comme désignant non seulement l'armée céleste loyale et ses homologues humains mais aussi les infidèles/rebelles et les puissants d'Égypte. Le texte suivant d'Ézéchiel semble décrire les puissants d'Égypte dans leur perdition commune avec les infidèles/rebelles de l'armée céleste. Ézéchiel 32:21: Les puissants héros lui adresseront la parole au sein du séjour des morts, avec ceux qui étaient ses soutiens. Ils sont descendus, ils sont couchés, les incirconcis, tués par l’épée. Le mot eeliim est traduit ici par (les) puissants.

 

Exode 15:13 Par ta miséricorde tu as conduit, tu as délivré ce peuple ; par ta puissance tu le diriges vers la demeure de ta sainteté.

 

Ce passage contient le concept de peuple élu. L'idée de rédemption dans la Bible a deux fondements. Le premier est le rachat des premiers-nés, qui est une pratique consistant à reconnaître que toutes choses appartiennent à Dieu. Cela est bien établi dans les passages qui précèdent ce texte, c’est-à-dire dans Exode 13:2 et autres, et c’est clairement symbolisé dans l’Exode lui-même, qui se déroule dans le contexte où Dieu revendique les premiers-nés d'Égypte et passe au-dessus de ceux qui sont marqués par le sang sur les poteaux et sur le linteau de la porte des maisons (voir Ex. 12:12,13). L’autre figure de rachat dans la Bible est celle du rachat de la femme d'un frère mort, le lévirat, mentionné de manière très célèbre dans l'histoire de Ruth. Les personnes choisies/élues deviennent le peuple de Dieu par l'Exode, au sens figuré, comme un fils premier-né racheté, ou une femme rachetée. C'est la toile de fond des références prophétiques à Dieu en tant que Père et mari, et à l'idolâtrie en tant qu'infidélité conjugale.

 

La question suivante est de savoir qui sont les gens rachetés ou choisis/élus. Il y a deux facteurs à prendre en compte : l'un est l’ascendance et l'autre la participation à l'acte rédempteur de la Pâque et de l'Exode. C'est précisément ce dernier facteur qui apparaît significatif dans le récit. Il y a clairement des personnes de descendance non israélite parmi les rachetés (Et une multitude mélangée monta avec eux : Ex. 12:38). Si l’on considère les forts avertissements concernant la nécessité de mettre du sang sur les poteaux des portes, il est très probable que certaines personnes de descendance israélite ne figuraient pas parmi les rachetés.

 

Néanmoins, ces deux facteurs ont une certaine importance. En considérant la dispersion des israélites, il est très probable qu'il n'y ait aucun individu en vie aujourd'hui qui ne descende pas d'un de ceux rachetés dans l'Exode. Si la vérité était connue, beaucoup pourraient être surpris par le pourcentage d’une telle descendance de ces peuples qui semblent des candidats improbables. Même la dispersion des Juifs, à une date ultérieure, a couvert le globe, alors ce que l'ampleur des dix tribus dispersées pourrait être doit s’approcher de l'universalité. Néanmoins, la participation à la Pâque et à l’Exode tels qu’ils s'appliquent à un niveau plus universel est le facteur le plus essentiel. La manière dont on se rapporte à ce Cantique de Moïse en fait partie intégrante.    

      

Exode 15:14-16

Les peuples l’apprennent, et ils tremblent : La terreur s’empare des Philistins ;

Les chefs d’Edom s’épouvantent ; un tremblement saisit les guerriers de Moab ; tous les habitants de Canaan tombent en défaillance.

La crainte et la frayeur les surprendront ; par la grandeur de ton bras ils deviendront muets comme une pierre, jusqu’à ce que ton peuple soit passé, ô Éternel ! Jusqu’à ce qu’il soit passé, le peuple que tu as acquis.

Les deux derniers passages de ce grand hymne décrivent les deux groupes qui se font face : les rachetés et les rachetés et ceux, apeurés, au combat. La première description ici met l’accent sur la façon dont les apeurés sont amenés à craindre Dieu par la nouvelle de Sa délivrance des rachetés à la Mer Rouge. Cela va au-delà des Égyptiens et s’étend à ceux qui s'opposent à Dieu dans toutes les nations.

 

Exode 15:17-19

Tu les amèneras et tu les établiras sur la montagne de ton héritage, au lieu que tu as préparé pour ta demeure, ô Éternel ! Au sanctuaire, Seigneur ! que tes mains ont fondé.

L’Éternel régnera éternellement et à toujours.

Car les chevaux de Pharaon, ses chars et ses cavaliers sont entrés dans la mer, et l’Éternel a ramené sur eux les eaux de la mer ; mais les enfants d’Israël ont marché à sec au milieu de la mer.

 

Ce dernier passage reprend les thèmes importants de l'hymne dans sa description des rachetés. Si le passage précédent va au-delà des Égyptiens, celui-ci va au-delà des époques pour envisager une victoire universelle des rachetés. Ils reçoivent leur héritage et sont amenés à habiter dans le Temple de Dieu, où le Seigneur régnera pour toujours et à jamais.

 

 

 

q