Christian Churches of God

 

No. 285

 

Le Juma'ah :

La Préparation du Sabbat

 

(Édition 5.0 19991208-20080127-20091117-20110503-20010518)

 

 

Désigné aujourd’hui sous le nom de Juma’ah par l’Islam, le sixième jour de la semaine est devenu un jour sacré à part entière, conduisant à la négligence du Sabbat. Le judaïsme n’en a saisi la portée que de manière partielle, tandis que le christianisme trinitaire fait abstraction de son existence. Or, la préparation du Sabbat tout comme le jour du Sabbat lui-même demeurent inscrits tant dans la Loi biblique que dans le Coran (Qour'an). Quelle en est la signification profonde ? Que représentent les Feux du Sabbat ? En quoi ceux-ci sont-ils liés au Jour de l’Assemblée, ou Juma’ah ?

 

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(Tr. 2003, 2026, rév. 2026)

 

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Le Juma'ah : La Préparation pour le Sabbat [285]

 


 


Note : Mouhammad est ici le nom attribué à l’Église.

Ahmad désigne l’Esprit Saint.

Le nom du Prophète était Qasim (qualifié de Mouhammad)

 

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Le jour de préparation du Sabbat — jour désigné en Occident sous son appellation païenne de « vendredi » — est nommé yaum (Yom) al Juma’ah au sein de l'Islam. En Indonésie et en Malaisie, il est connu sous le nom de Hari Juma'at. Ce jour constitue une composante essentielle du Sabbat ainsi que de sa préparation ; or, il a été négligé par le judaïsme et le christianisme, et s'avère mal compris par l'Islam.

 

Cette journée revêt une importance majeure sur le plan prophétique, et elle sera examinée sous cet angle une fois que ses aspects matériels auront été exposés. Le Juma’ah représente un aspect fondamental du système sabbatique, et les préparatifs devant être accomplis en ce jour sont indissociables du Sabbat lui-même, s'inscrivant dans la perspective de l'avènement du Messie.

 

En effet, l'on ne saurait exclure la possibilité que le terme Juma'ah — ou Assemblée [Congrégation] — ait lui-même été détourné de son sens dans l'application de la terminologie initialement employée par le Prophète. Il se pourrait que l'Assemblée de la communauté ait eu lieu dans l'après-midi, au moment du sacrifice du soir, marquant ainsi l’entrée dans le Sabbat et le commencement de la réunion cultuelle.

 

Le Quatrième Commandement

Exode 20:8-11 Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. 10 Mais le septième jour est le jour du repos de l'Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l'étranger qui est dans tes portes. 11 Car en six jours l'Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s'est reposé le septième jour : c'est pourquoi l'Éternel a béni le jour du repos et l'a sanctifié. (LSG)

Exode 20:8-11, et plus spécifiquement les versets 9 et 10, interdit toute forme de travail durant le jour du Sabbat. Le fait que les prêtres et les ministres du culte officient durant le Sabbat n'annule en rien ce commandement. Ces derniers accomplissent leurs charges conformément aux autres dispositions légales qui s'articulent autour des ordonnances subsidiaires relatives au Quatrième Commandement.

 

Afin d'appréhender ce concept du Sabbat et son application tant au sein de l'Islam que du christianisme trinitaire, il convient de relater une allégorie dont la portée s'avère plus immédiatement intelligible pour les cultures africaines que pour les sociétés occidentales. Il s'agit d'un récit d'une grande simplicité :

 

Un roi, sur le point de s'absenter, confia la garde de ses dix fils à son premier ministre. Ce dernier accepta la charge et prit soin d'eux. Estimant toutefois que le quatrième fils ne présentait aucune ressemblance avec le roi, il l'écarta pour lui substituer son propre fils, et relégua le quatrième fils royal aux travaux des champs. À son retour, le roi demanda à voir sa progéniture ; constatant que le quatrième fils n'était pas le sien, il s'enquit du sort de son véritable descendant. Le premier ministre objecta qu'en raison de son absence de ressemblance avec le monarque, il avait jugé opportun de le remplacer. Le roi était très en colère contre le premier ministre, le destitua et le bannit de son royaume en compagnie de son fils.

 

C’est une histoire très simple et facile à comprendre : le roi représente Dieu, et ses dix fils figurent les Dix Commandements. Le quatrième fils incarne le Sabbat — le quatrième commandement —, tandis que le premier ministre symbolise une église ainsi que l’Islam. Les églises et l’Islam, investies de l'autorité, ont la charge des commandements, et ont substitué des jours d'observance illégitimes.

 

Cette histoire peut être étendue tant à l’islam qu’au christianisme trinitaire, dans la mesure où ces deux systèmes ont exilé le quatrième fils du roi vers les champs : tous deux travaillent le jour du Sabbat et ont substitué leur propre jour non-autorisé à la place du Sabbat. Toute personne dotée d'un minimum de sens logique peut le comprendre. C'est précisément l'altération que les Églises et l'Islam ont fait subir à la Bible et aux commandements du Dieu Vivant.

 

L'obligation de sanctifier le Sabbat — en s'abstenant de toute œuvre servile — constitue l'ultime directive formelle transmise à Moïse avant que ne lui fussent remises les Tables de la Loi gravées des Dix Commandements. Elle demeure le signe de l'Alliance et de l'efficience des Lois de Dieu au sein de Son peuple.

Exode 31:12-18 L'Éternel parla à Moïse, et dit : 13 Parle aux enfants d'Israël, et dis-leur : Vous ne manquerez pas d'observer mes sabbats, car ce sera entre moi et vous, et parmi vos descendants, un signe auquel on connaîtra que je suis l'Éternel qui vous sanctifie. 14 Vous observerez le sabbat, car il sera pour vous une chose sainte. Celui qui le profanera, sera puni de mort ; celui qui fera quelque ouvrage ce jour-là, sera retranché du milieu de son peuple. 15 On travaillera six jours ; mais le septième jour est le sabbat, le jour du repos, consacré à l'Éternel. Celui qui fera quelque ouvrage le jour du sabbat, sera puni de mort. 16 Les enfants d'Israël observeront le sabbat, en le célébrant, eux et leurs descendants, comme une alliance perpétuelle. 17 Ce sera entre moi et les enfants d'Israël un signe qui devra durer à perpétuité ; car en six jours l'Éternel a fait les cieux et la terre, et le septième jour il a cessé son œuvre et il s'est reposé. 18 Lorsque l'Éternel eut achevé de parler à Moïse sur la montagne de Sinaï, il lui donna les deux tables du témoignage, tables de pierre, écrites du doigt de Dieu. (LSG, caractères gras ajoutés)

 

La sanctification du Sabbat implique l'impératif de l'assemblée communautaire, tel que l'a enseigné l'apôtre Paul :

Hébreux 10:23-25 Retenons fermement la profession de notre espérance, car celui qui a fait la promesse est fidèle. 24 Veillons les uns sur les autres, pour nous exciter à la charité et aux bonnes œuvres. 25 N'abandonnons pas notre assemblée, comme c'est la coutume de quelques-uns ; mais exhortons-nous réciproquement, et cela d'autant plus que vous voyez s'approcher le jour. (LSG, caractères gras ajoutés)

 

Dieu nous commande de nous réunir au jour du Sabbat dans le Lévitique :

Lévitique 23:1-3 L'Éternel parla à Moïse, et dit : 2 Parle aux enfants d'Israël, et tu leur diras : Les fêtes de l'Éternel, que vous publierez, seront de saintes convocations. Voici quelles sont mes fêtesOn travaillera six jours ; mais le septième jour est le sabbat, le jour du repos : il y aura une sainte convocation. Vous ne ferez aucun ouvrage : c'est le sabbat de l'Éternel, dans toutes vos demeures. (LSG, caractères gras ajoutés)

 

Selon la Young’s Analytical Concordance, le vocable hébreu traduit par « convocations » est miqra, signifiant « une convocation » ou « un appel (à se rassembler) ». Miqra est le terme hébraïque employé tout au long de Lévitique 23:4-44 pour désigner l'ensemble des saintes convocations également prescrites pour les Grands Sabbats (jours de Grandes Fêtes).

 

Afin de guider Son peuple à sanctifier le Sabbat, Dieu lui a donné le sixième jour comme jour de préparation. Il a ainsi institué le Juma’ah, autrement dit le Jour de la Préparation.

  

Le Commandement du Jour pour se Préparer

Exode 16:1-21 Toute l'assemblée des enfants d'Israël partit d'Elim, et ils arrivèrent au désert de Sin, qui est entre Elim et Sinaï, le quinzième jour du second mois après leur sortie du pays d'Égypte. Et toute l'assemblée des enfants d'Israël murmura dans le désert contre Moïse et Aaron. 3 Les enfants d'Israël leur dirent : Que ne sommes-nous morts par la main de l'Éternel dans le pays d'Égypte, quand nous étions assis près des pots de viande, quand nous mangions du pain à satiété ? car vous nous avez menés dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette multitude. 4 L'Éternel dit à Moïse : Voici, je ferai pleuvoir pour vous du pain, du haut des cieux. Le peuple sortira, et en ramassera, jour par jour, la quantité nécessaire, afin que je le mette à l'épreuve, et que je voie s'il marchera, ou non, selon ma loi. 5 Le sixième jour, lorsqu'ils prépareront ce qu'ils auront apporté, il s'en trouvera le double de ce qu'ils ramasseront jour par jour6 Moïse et Aaron dirent à tous les enfants d'Israël : Ce soir, vous comprendrez que c'est l'Éternel qui vous a fait sortir du pays d'Égypte. 7 Et, au matin, vous verrez la gloire de l'Éternel, parce qu'il a entendu vos murmures contre l'Éternel ; car que sommes-nous, pour que vous murmuriez contre nous ? 8 Moïse dit : L'Éternel vous donnera ce soir de la viande à manger, et au matin du pain à satiété, parce que l'Éternel a entendu les murmures que vous avez proférés contre lui ; car que sommes-nous ? Ce n'est pas contre nous que sont vos murmures, c'est contre l'Éternel. 9 Moïse dit à Aaron : Dis à toute l'assemblée des enfants d'Israël : Approchez-vous devant l'Éternel, car il a entendu vos murmures. 10 Et tandis qu'Aaron parlait à toute l'assemblée des enfants d'Israël, ils se tournèrent du côté du désert, et voici, la gloire de l'Éternel parut dans la nuée. 11 L'Éternel, s'adressant à Moïse, dit : 12 J'ai entendu les murmures des enfants d'Israël. Dis-leur : Entre les deux soirs vous mangerez de la viande, et au matin vous vous rassasierez de pain ; et vous saurez que je suis l'Éternel, votre Dieu. 13 Le soir, il survint des cailles qui couvrirent le camp ; et, au matin, il y eut une couche de rosée autour du camp. 14 Quand cette rosée fut dissipée, il y avait à la surface du désert quelque chose de menu comme des grains, quelque chose de menu comme la gelée blanche sur la terre. 15 Les enfants d'Israël regardèrent et ils se dirent l'un à l'autre : Qu'est-ce que cela ? car ils ne savaient pas ce que c'était. Moïse leur dit : C'est le pain que L'Éternel vous donne pour nourriture. 16 Voici ce que l'Éternel a ordonné : Que chacun de vous en ramasse ce qu'il faut pour sa nourriture, un omer par tête, suivant le nombre de vos personnes ; chacun en prendra pour ceux qui sont dans sa tente. 17 Les Israélites firent ainsi ; et ils en ramassèrent les uns plus, les autres moins. 18 On mesurait ensuite avec l'omer ; celui qui avait ramassé plus n'avait rien de trop, et celui qui avait ramassé moins n'en manquait pas. Chacun ramassait ce qu'il fallait pour sa nourriture. 19 Moïse leur dit : Que personne n'en laisse jusqu'au matin. 20 Ils n'écoutèrent pas Moïse, et il y eut des gens qui en laissèrent jusqu'au matin ; mais il s'y mit des vers, et cela devint infect. Moïse fut irrité contre ces gens. 21 Tous les matins, chacun ramassait ce qu'il fallait pour sa nourriture ; et quand venait la chaleur du soleil, cela fondait. (LSG, caractères gras ajoutés)

 

Notez le commentaire suivant sur la préparation.

Exode 16:22-30 Le sixième jour, ils ramassèrent une quantité double de nourriture, deux omers pour chacun. Tous les principaux de l'assemblée vinrent le rapporter à Moïse. 23Et Moïse leur dit : C'est ce que l'Éternel a ordonné. Demain est le jour du repos, le sabbat consacré à l'Éternel ; faites cuire ce que vous avez à faire cuire, faites bouillir ce que vous avez à faire bouillir, et mettez en réserve jusqu'au matin tout ce qui restera. 24 Ils le laissèrent jusqu'au matin, comme Moïse l'avait ordonné ; et cela ne devint point infect, et il ne s'y mit point de vers. 25 Moïse dit : Mangez-le aujourd'hui, car c'est le jour du sabbat ; aujourd'hui vous n'en trouverez point dans la campagne. 26 Pendant six jours vous en ramasserez ; mais le septième jour, qui est le sabbat, il n'y en aura point27 Le septième jour, quelques-uns du peuple sortirent pour en ramasser, et ils n'en trouvèrent point. 28 Alors l'Éternel dit à Moïse : Jusqu'à quand refuserez-vous d'observer mes commandements et mes lois ? 29 Considérez que l'Éternel vous a donné le sabbat ; c'est pourquoi il vous donne au sixième jour de la nourriture pour deux jours. Que chacun reste à sa place, et que personne ne sorte du lieu où il est au septième jour. 30 Et le peuple se reposa le septième jour. (LSG, caractères gras ajoutés)

 

Dans Ses directives relatives au Jour de la Préparation, Dieu utilise la préparation courante des aliments afin d'illustrer le type de travail profane à ne point accomplir le jour du Sabbat. Ainsi, la préparation courante de la nourriture destinée au Sabbat — telle que la cuisson au four et le mijotage ou l'ébullition — doit s'effectuer le sixième jour, dédié à la préparation. Cela ressort clairement des éléments énoncés ci-dessus ainsi que des versets qui suivent.

 

Exode 16:5 Le sixième jour, lorsqu'ils prépareront ce qu'ils auront apporté, il s'en trouvera le double de ce qu'ils ramasseront jour par jour. (LSG)

 

Exode 16:22-23 Le sixième jour, ils ramassèrent une quantité double de nourriture, deux omers pour chacun. Tous les principaux de l'assemblée vinrent le rapporter à Moïse. 23 Et Moïse leur dit : C'est ce que l'Éternel a ordonné. Demain est le jour du repos, le sabbat consacré à l'Éternel ; faites cuire ce que vous avez à faire cuire, faites bouillir ce que vous avez à faire bouillir, et mettez en réserve jusqu'au matin tout ce qui restera. (LSG).

 

L'Exode 16 énonce la directive selon laquelle les aliments destinés au Sabbat doivent être récoltés et apprêtés — y compris leur cuisson — le sixième jour, qualifié de jour de préparation. La collecte ou la préparation des denrées alimentaires durant le Sabbat doit se limiter strictement aux dispositions prévues par la loi, telles qu'elles sont exposées ci-après.

 

Dans Exode 16:23, Moïse déclare que le Seigneur a ordonné de cuire au four et de bouillir la double portion de nourriture le sixième jour. Par le biais de leur tradition (Matthieu 12:2), les Pharisiens ont surinterprété le commandement interdisant de récolter de la nourriture le jour du Sabbat. Ils ont ainsi assimilé le geste du Christ, consistant à consommer du grain directement à l'épi, à une activité de glanage ou de collecte de nourriture.

Matthieu 12:1-8 En ce temps-là, Jésus traversa des champs de blé un jour de sabbat. Ses disciples, qui avaient faim, se mirent à arracher des épis et à manger. 2 Les pharisiens, voyant cela, lui dirent : Voici, tes disciples font ce qu'il n'est pas permis de faire pendant le sabbat. Mais Jésus leur répondit : N'avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu'il eut faim, lui et ceux qui étaient avec lui; 4 comment il entra dans la maison de Dieu, et mangea les pains de proposition, qu'il ne lui était pas permis de manger, non plus qu'à ceux qui étaient avec lui, et qui étaient réservés aux sacrificateurs seuls ? 5 Ou, n'avez-vous pas lu dans la loi que, les jours de sabbat, les sacrificateurs violent le sabbat dans le temple, sans se rendre coupables ? Or, je vous le dis, il y a ici quelque chose de plus grand que le temple. Si vous saviez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices, vous n'auriez pas condamné des innocents. 8 Car le Fils de l'homme est maître du sabbat. (LSG)

 

Le Christ faisait ici référence aux prêtres qui, au sein du Temple, profanaient la Loi sans en être tenus pour coupables. Ces derniers allumaient des feux, préparaient la nourriture et offraient des sacrifices à l’occasion de chaque Sabbat et jour de Fête sainte, ainsi qu'il sera exposé ci-après.

 

De la même manière, la Loi autorise un individu à glaner de la nourriture dans un champ à l'aide de ses seules mains. Bien qu'il ne lui soit pas permis d'y faire usage d'une faucille, il est fondé, en cas de nécessité absolue, à collecter des subsistances pour sa propre consommation. Le Christ agit de la sorte un jour de Sabbat et demeura exempt de péché. En d'autres termes, l'interprétation de la Loi par les Pharisiens était erronée, une réalité qui leur échappait en raison de l'altération de leur relation avec Dieu.

 

Ce texte rétablit la juste compréhension de la Loi. Dans la mesure du possible, toute la préparation nécessaire à la cuisson au four et à l'ébullition dans le cadre de l'apprêt courant des aliments doit être effectuée le jour précédant le Sabbat, à savoir le sixième jour de la semaine — désigné sous le terme de Juma'ah, ou « vendredi » selon la nomenclature païenne.

 

Dans les Écritures citées ci-dessus, Dieu énonce Ses directives relatives au jour de préparation. Ces textes stipulent explicitement qu'il s'agit du sixième jour, et ordonnent aux fidèles de préparer des portions doubles. Cette prescription divine attachée au sixième jour englobait les instructions relatives à la cuisson au four et à l'ébullition des denrées récoltées ce jour-là.

 

Le jour où Christ a été sacrifié était le jour de préparation le plus solennel de l'année. Il s’agissait du Quatorzième jour du Premier Mois ; ce jour précédait la Pâque, qui correspond au premier Grand Sabbat de la Fête des Pains sans levain.

Matthieu 27:62-64 Le lendemain, qui était le jour après la préparation, les principaux sacrificateurs et les pharisiens allèrent ensemble auprès de Pilate, et dirent : Seigneur, nous nous souvenons que cet imposteur a dit, quand il vivait encore : Après trois jours je ressusciterai. Ordonne donc que le sépulcre soit gardé jusqu'au troisième jour, afin que ses disciples ne viennent pas dérober le corps, et dire au peuple : Il est ressuscité des morts. Cette dernière imposture serait pire que la première. (LSG)

 

Marc 15:42-43 Le soir étant venu, comme c'était la préparation, c'est-à-dire, la veille du sabbat, - arriva Joseph d'Arimathée, conseiller de distinction, qui lui-même attendait aussi le royaume de Dieu. Il osa se rendre vers Pilate, pour demander le corps de Jésus. (LSG)

 

Luc 23:54 C'était le jour de la préparation, et le sabbat allait commencer. (LSG) (Grec : allait tomber)

 

Jean 19:14 C'était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs : Voici votre roi. (LSG)

 

Jean 19:31 Dans la crainte que les corps ne restassent sur la croix pendant le sabbat, - car c'était la préparation, et ce jour de sabbat était un grand jour, - les Juifs demandèrent à Pilate qu'on rompît les jambes aux crucifiés, et qu'on les enlevât. (LSG)

 

Jean 19:42 Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus, à cause de la préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche. (LSG)

 

Christ fut la Pâque immolée en ce jour de Préparation – notre Pâque et notre Pain sans Levain.

Jean 6:45-51 Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi. 46 C'est que nul n'a vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu ; celui-là a vu le Père. 47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. 48 Je suis le pain de vie. 49 Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. 50 C'est ici le pain qui descend du ciel, afin que celui qui en mange ne meure point. 51 Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu'un mange de ce pain, il vivra éternellement ; et le pain que je donnerai, c'est ma chair, que je donnerai pour la vie du monde. (LSG)

 

Ce texte démontre que la compréhension de la Loi procède de l’Esprit Saint et non d'une application de la Loi de manière pharisaïque, comme nous l’avons observé chez les Pharisiens. En effet, l’application de la Loi relative à la préparation de la nourriture et à l'allumage des feux, sans tenir compte des autres textes traitant de cette question, mène à une vision biscornue et déformée de la Loi. Une telle vue en vient à imputer le péché au Christ — comme mis en évidence précédemment — et condamne les fidèles à demeurer dans l'obscurité de leurs maisons le jour du Sabbat, à devoir prendre leur repas sur des mets froids.

 

Les feux durant le jour du Sabbat

Exode 35:3 Vous n'allumerez point de feu, dans aucune de vos demeures, le jour du sabbat. (LSG)

 

Ce verset a suscité une grande confusion et a conduit certaines personnes à s'abstenir d'allumer du feu pour le chauffage ou la cuisson durant le Sabbat. Le terme employé ici pour désigner les feux (SHD 784) est générique et identique à celui employé pour les feux en général.

 

Pourtant, la Loi exige que des feux soient allumés le jour du Sabbat au sein du Temple, et prescrit que l’agneau de Pâque soit cuit et consommé dans toutes les habitations à travers Israël au soir du premier Jour Saint des Pains sans levain (Exode 12:1-9, en particulier les versets 6 à 9).

 

Exode 12:6-9 Vous le garderez jusqu'au quatorzième jour de ce mois ; et toute l'assemblée d'Israël l'immolera entre les deux soirs. 7 On prendra de son sang, et on en mettra sur les deux poteaux et sur le linteau de la porte des maisons où on le mangera. 8 Cette même nuit, on en mangera la chair, rôtie au feu ; on la mangera avec des pains sans levain et des herbes amères. 9Vous ne le mangerez point à demi cuit et bouilli dans l'eau ; mais il sera rôti au feu, avec la tête, les jambes et l'intérieur. (LSG)

 

La prescription est explicite : l'agneau doit être rôti au feu.

 

Le texte de Deutéronome 16:5-7 démontre que l'ordonnance relative à la Pâque a été modifiée après la première célébration en Égypte — où elle s’était déroulée à l’intérieur des habitations. Une fois le peuple établi dans son héritage, le rituel devait s'accomplir à l'extérieur des foyers.

Deutéronome 16:5-7 Tu ne pourras point sacrifier la Pâque dans l'un quelconque des lieux que l'Éternel, ton Dieu, te donne pour demeure ; mais c'est dans le lieu que choisira l'Éternel, ton Dieu, pour y faire résider son nom, que tu sacrifieras la Pâque, le soir, au coucher du soleil, à l'époque de ta sortie d'Égypte. 7 Tu feras cuire la victime, et tu la mangeras dans le lieu que choisira l'Éternel, ton Dieu. Et le matin, tu pourras t'en retourner et t'en aller vers tes tentes. (LSG)

 

Dès lors, on pourrait arguer qu'aucun feu n'était allumé à l'intérieur des habitations. Néanmoins, la préparation par le feu des offrandes de la Teroumah — les offrandes remises au Prince pour assurer la subsistance en viande lors des festivités — pour les Sabbats, les Nouvelles Lunes et les jours de fête sainte, était régie par décret, comme le stipulent Ézéchiel 45:16-17 ainsi qu'Ézéchiel 45:18-25. Ces offrandes étaient consommées par l'ensemble d'Israël.

 

Ézéchiel 45:16-17 Tout le peuple du pays devra prélever cette offrande pour le prince d'Israël. 17 Le prince sera chargé des holocaustes, des offrandes et des libations, aux fêtes, aux nouvelles lunes, aux sabbats, à toutes les solennités de la maison d'Israël ; il offrira le sacrifice expiatoire, l'offrande, l'holocauste, et le sacrifice d'actions de grâces, pour faire l’expiation pour la maison d'Israël. (LSG)

 

Ainsi, tout Israël avait l'obligation de participer et de fournir des biens en quantité suffisante au Prince afin de garantir les sacrifices pour la population, de sorte que chacun pût recevoir sa part lors de chaque Sabbat, Nouvelle Lune ou Jour Saint, indépendamment de ses revenus.

 

Par conséquent, l'allumage des feux durant le Sabbat, les Nouvelles Lunes et les Jours Saints de Fête était non seulement autorisé, mais revêtait un caractère obligatoire. Les Lois de Dieu ne souffrent aucune contradiction. Il existe donc une explication à ce problème apparent, et la clé se trouve dans Exode 35:4 et suivants.

 

La suite du texte détaille en effet la construction du Tabernacle. Les trois premiers versets d'Exode 35 concernent le Sabbat et la semaine de travail. Le but est clair d’après le contexte : les feux en question sont des feux industriels ou artisanaux, liés à des travaux de construction ou à l'édification d'un ouvrage, fût-ce le Tabernacle de Dieu. Aucune activité de construction, aucun artisanat de production, ni aucune forme de moulage ou de forge par le feu ne saurait avoir lieu le jour du Sabbat.

 

Distinctions dans la Préparation de la Nourriture

Les exigences sont donc les suivantes : toute préparation de nourriture doit s’effectuer le jour de la préparation, mais le rôtissage de portions de viande peut avoir lieu le jour du Sabbat ou des Jours Saints ; il est d'ailleurs requis par la Loi et exécuté par l’entremise des officiers du prince et le corps sacerdotal du Temple.

 

Par conséquent, cette règle ne s'applique pas à l'allumage des feux destinés au chauffage, lequel s'avère indispensable à la survie dans de nombreuses régions du globe. Là où de tels feux sont nécessaires, le jour de la préparation doit être mis à profit pour le ramassage du bois, car la collecte de bois de chauffage ou de cuisson est, elle aussi, expressément interdite. C'est pour cette raison que Christ a consommé les grains crus dans le champ le jour du Sabbat (Matt. 12:2). La punition encourue pour le glanage ou la collecte le jour du Sabbat est la mort. Dès lors, tout travail de cette nature accompli le jour du Sabbat constitue une transgression de la Loi, qui expose celui qui s'en rend coupable à la Deuxième Résurrection et le rend passible de la Deuxième Mort.

Nombres 15:32-36 Comme les enfants d'Israël étaient dans le désert, on trouva un homme qui ramassait du bois le jour du sabbat. 33 Ceux qui l'avaient trouvé ramassant du bois l'amenèrent à Moïse, à Aaron, et à toute l'assemblée. 34 On le mit en prison, car ce qu'on devait lui faire n'avait pas été déclaré. 35 L'Éternel dit à Moïse : Cet homme sera puni de mort, toute l'assemblée le lapidera hors du camp. 36 Toute l'assemblée le fit sortir du camp et le lapida, et il mourut, comme l'Éternel l'avait ordonné à Moïse. (LSG)

 

Cet homme fut lapidé pour avoir ramassé du bois le jour du Sabbat, et non pour avoir cuisiné ou tenté de le faire le jour du Sabbat. Par conséquent, le travail de préparation ou les préparatifs doivent être effectués à l'avance, tandis que le rôtissage proprement dit peut être réalisé dans le cadre des sacrifices, des offrandes et des festivités du Sabbat. En revanche, la cuisson au four, le mijotage, les ragoûts, l’étuvage ainsi que les préparations générales des mets doivent être accomplis le Jour de la préparation ou en amont.

 

Le simple fait de faire bouillir de l'eau pour infuser du thé, cuire du riz, ou pour la vaisselle, ne s'assimile pas à du mijotage ou à de la cuisson lourde au sens de la Loi. Cette action est non seulement permise, mais également requise pour les règles d'hygiène élémentaires, et elle était d'ailleurs pratiquée au sein du Temple.

 

Le Système du Jubilé

Cette perspective relative à l'approvisionnement et aux préparatifs liés au système de Sabbat s’étend sur toute la période du Jubilé ; elle englobe même des récoltes triples au cours de l'année précédant le septième Sabbat du Jubilé. En cette année-là, Dieu pourvoit aux besoins des deux Années Saintes consécutives.

Lévitique 25:18-22 Mettez mes lois en pratique, observez mes ordonnances et mettez-les en pratique ; et vous habiterez en sécurité dans le pays. 19 Le pays donnera ses fruits, vous mangerez à satiété, et vous y habiterez en sécurité. 20 Si vous dites : Que mangerons-nous la septième année, puisque nous ne sèmerons point et ne ferons point nos récoltes ? 21 je vous accorderai ma bénédiction la sixième année, et elle donnera des produits pour trois ans. 22 Vous sèmerez la huitième année, et vous mangerez de l'ancienne récolte ; jusqu'à la neuvième année, jusqu'à la nouvelle récolte, vous mangerez de l'ancienne. (LSG, caractères gras ajoutés)

 

Ce processus se reproduit lors de la sixième année de chaque cycle de sept ans, au cours de laquelle une double portion est accordée ; toutefois, c'est lors de la sixième année précédant le Jubilé qu'une triple récolte est promise. Durant l'année du Jubilé — qualifiée ici de huitième année du cycle —, les semailles sont autorisées après le Jour des Expiations en vue de la récolte attendue pour la Pâque de la neuvième année.

 

Dieu déverse Ses bénédictions physiques sur Israël lorsque le peuple obéit à Ses commandements. De la même manière, Il comble l'Israël spirituel qui marche dans Ses voies en lui accordant une connaissance plus vaste, une compréhension accrue, ainsi que la puissance de l’Esprit Saint.

 

Le Juma’ah dans la prophétie

Le Jour de la Préparation anticipe l'avènement du Messie.

 

La Bible nous enseigne que le système millénaire du règne de Christ et des Saints doit durer mille ans. Cette période devait survenir au terme de la période de six mille ans de domination du dieu de ce monde (cf. 2Cor. 4:4).

 

Apocalypse 20:1-6 Puis, je vis descendre du ciel un ange, qui avait la clef de l'abîme et une grande chaîne dans sa main. 2 Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans. Il le jeta dans l'abîme, ferma et scella l'entrée au-dessus de lui, afin qu'il ne séduisît plus les nations, jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. Après cela, il faut qu'il soit délié pour un peu de temps. Et je vis des trônes ; et à ceux qui s'y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n'avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n'avaient pas reçu la marque sur leur front ou sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans. 5 Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu'à ce que les mille ans fussent accomplis. C'est la première résurrection. Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort n'a point de pouvoir sur eux ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans. (LSG)

 

Sur le plan prophétique, cette période de mille ans est assimilée au « jour de repos en Jésus le Christ » et se trouve gravée dans la semaine sous la forme du Sabbat.

 

L'apôtre Pierre nous rappelle qu'un jour n'est pour le Seigneur que comme mille ans (2Pierre 3:8).

2Pierre 3:8 Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c'est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. (LSG)

 

Ainsi, en ce sens, la période de l'après-midi du jour de préparation qui est utilisé pour la préparation du jour du Sabbat — constitue en réalité la phase ultime des six mille ans, dédiée à la préparation et à l'avènement du Messie. Au cours de cette période prophétique, nous assistons à l’assujettissement de la planète au Messie, avant le commencement effectif du Millénium en tant que « repos sabbatique de Dieu en Christ ».

 

Tel est le sens profond du yaum al Juma'ah, devenu si central au sein de l'Islam. Les musulmans ont perdu de vue sa pertinence au regard du Sabbat et sa place dans la prophétie ; ils l'ont dissocié du Sabbat pour l'élever au-dessus de lui, en contradiction manifeste avec la Loi de Dieu.

 

Ils inaugurent cette période par une récitation spécifique à midi du sixième jour de la semaine, à la mosquée, où la présence est obligatoire pour les hommes libres.

 

Lors de cette récitation, une khotbah (ou sermon) spéciale précède la salat (la prière), laquelle se compose de deux rak’ahs (ou prostrations). À l'origine, ces prostrations spéciales ou doubles furent réservées par le Prophète pour le jour du Sabbat, et non pour la période du sixième jour — le vendredi —, aujourd'hui appelé Juma’ah (voir également le document d’étude Le Sabbat dans le Qour'an (No. 274)).

 

La pratique consistant à célébrer un service spécial le sixième jour de la semaine remonterait, selon certaines allégations, à l'époque où le Prophète de l'Arabie résidait à Médine ; toutefois, les divergences doctrinales et les développements ultérieurs sont apparus à des périodes bien plus tardives (Voir The Encyclopedia of Religion and Ethics (ERE) Vol. 10, p. 893).

 

Le Qour'an, dans la Sourate 62, intitulée Al-Juma’ah (L'Assemblée ou La Congrégation), enjoint cette pratique à l'Islam. Le texte stipule que lorsque l'Islam est appelé à la prière du Juma’ah, les fidèles doivent se hâter à la commémoration d'Allah et interrompre tout commerce. Il s'agit là d'une référence historique au fait que, le vendredi après-midi, toute activité commerciale cessait afin que le peuple pût se préparer pour le Sabbat. Les instances dirigeantes les plus rusées de l'Islam ultérieur ont recentré cette obligation sur le seul après-midi du sixième jour, au détriment du Sabbat qu'ils ont délaissé.

 

Le christianisme, quant à lui, a substitué au Sabbat du septième jour le premier jour de la semaine (connu sous le nom de dimanche) pour en faire son jour de repos — une pratique qui avait été solidement établie par Zoroastre en Perse dès le VIIIe siècle AEC (avant l’ère courante).

 

Le Prophète les a pourtant clairement avertis, au sein de la Sourate 62:5, que ceux auxquels le fardeau de la Torah a été confié mais qui refusaient toujours de le porter ressemblent à un âne chargé de livres. Malgré cet avertissement, l'Islam Hadithique a abandonné la Torah et le Sabbat qui y est enchâssé. Au lieu de prêter attention aux paroles du Prophète, ils l’ont ignoré et ont poursuivi leurs activités commerciales, non seulement le sixième jour — qu'ils ont nommé Juma’ah —, mais également le jour du Sabbat, que le Prophète s'efforçait précisément de préserver. Il souligne ce point dans la Sourate 62:11, rappelant que dès qu'ils voient quelque marchandise ou divertissement, ils s'y ruent en le (vous) laissant debout tout seul. Dawood soutient que le pronom vous se réfère ici au Prophète qualifié de Mouhammad ; toutefois, cette interprétation n'est avancée que parce que leur thèse s'effondrerait si ce pronom désignait le Messie et le domaine spirituel. En réalité, ce texte constitue une reformulation des paroles du prophète Amos dans Amos 8:5.

Amos 8:4-6 Écoutez ceci, vous qui dévorez l'indigent, et qui ruinez les malheureux du pays ! Vous dites : Quand la nouvelle lune sera-t-elle passée, afin que nous vendions du blé ? Quand finira le sabbat, afin que nous ouvrions les greniers ? Nous diminuerons l'épha, nous augmenterons le prix, nous falsifierons les balances pour tromper ; 6 Puis nous achèterons les misérables pour de l'argent, et le pauvre pour une paire de souliers, et nous vendrons la criblure du froment. (LSG)

 

Dans ce passage, Amos fait indubitablement référence aux Juifs et à leurs pratiques mercantiles. L'auteur ne peut viser ici que la période complète de préparation ainsi que le Sabbat lui-même. Il est absurde de suggérer que le Prophète aurait institué le vendredi après-midi pour se substituer au Sabbat, alors qu'il magnifie la Torah et les Écritures au sein du même texte. La période de préparation du Sabbat, aujourd’hui connue sous le nom de Juma’ah, demeure consacrée par la Torah, ainsi qu'il a été démontré ci-dessus. Il faut accorder à tout homme le temps nécessaire pour se préparer au Sabbat, lequel représente le véritable Jour de l'Assemblée, ou yaum al Juma’ah.

 

En réalité, l'assemblée du vendredi après-midi était en usage bien avant l'avènement du Prophète de l'Arabie, et l'appellation de ce jour lui aurait été attribuée par l'un des ancêtres du Prophète (voir ERE, ibid., p. 894).

 

Le terme juma'ah en est venu à supplanter le vocable al-‘arubah, attesté dans les sources talmudiques pour désigner la veille de la préparation du Sabbat (voir ibid.). C'est ainsi que l'Islam hadithique en est arrivé à déplacer l'accent de la préparation du Sabbat vers un système de culte distinct, lequel n’avait été ni envisagé ni sanctionné par le Prophète et le Qour'an. Le christianisme a opéré sa transition du Sabbat vers le dimanche en s'appuyant sur un raisonnement analogue.

 

Sale dresse la liste des autorités qui prétendent que le Prophète aurait tenté d’abolir le Sabbat, s'appuyant apparemment sur des motifs non bibliques selon lesquels :

Moïse lui-même aurait souhaité instituer le vendredi comme jour sacré, mais les Juifs auraient insisté pour observer le jour du Sabbat, au motif que Dieu s'était reposé de Son œuvre de création ce jour-là, « raison pour laquelle il leur fut ordonné d'observer de la manière la plus stricte le jour qu'ils avaient choisi. » (ERE, ibid.)

 

Cette perspective fantaisiste écarte totalement de l'analyse Dieu, Sa Loi ainsi que l'Ange de la Présence au Sinaï. Elle nie la substance même des paroles du Prophète dans le Qour’an, s'avérant tout à la fois anti-islamique et contraire aux Écritures. Ce raisonnement aberrant a ouvert la voie à une thèse encore plus fantaisiste, voulant que le Sabbat se fût en quelque sorte perdu et que le vendredi représentât le véritable Sabbat que les Juifs auraient égaré en raison du déclin du soleil au cours de l'histoire d'Israël.

 

Le Prophète a déclaré au sujet du Sabbat, dans sa Sourate 4, intitulée Les Femmes — texte adressé aux Juifs en tant que gens du Livre et aux trinitaires en guise de prophétie venant de Dieu :

Mais Dieu les a maudits à cause de leur infidélité ; c'est pourquoi quelques-uns d'entre eux seulement croiront, ô vous à qui on a donné les Écritures, croyez à ce que nous avons révélé, confirmant ce qui est avec vous, avant que nous ne défigurions vos visages, et que nous les rendions comme les parties postérieures de ceux-ci, ou que nous les maudissions, comme nous avons maudit les gens du Sabbat. Car le commandement de Dieu est toujours exécuté. Certes Dieu ne pardonnera pas qu'on Lui donne un égal, mais Il pardonnera tout autre péché… (Sale, The Koran, London, F. Warne and Co., p. 59).

 

Ce texte explicite visait les populations qui suivaient le dogme trinitaire. Concernant le passage relatif à la transgression du Sabbat, Arthur John Arberry l'a traduit par « les a maudits comme nous avons maudit les hommes du Sabbat », dissimulant ainsi l'intention réelle de la malédiction qui visait leur transgression du Sabbat (A. J. Arberry, The Koran Interpreted, Oxford, 1964). Dawood démontre qu'elle est spécifiquement dirigée contre ceux qui brisent le Sabbat (N. J. Dawood, The Koran, Penguin 1983 p. 371). Il semble qu'il y ait des intérêts partisans, de part et d'autre, visant à faire obstacle à la juste compréhension du Sabbat, tant au sein de l'Islam que du christianisme.

 

S'agissant du concept de repos du Sabbat consécutif à la création, le Prophète stipule clairement que Dieu monta ensuite (après l’œuvre de création) sur le Trône (Sourate 7:54 ; 10:4 ; 32:4-5).

 

La Sourate 50:15, 38 démontre qu'aucune idée d'épuisement n'était en cause. Dieu s'est reposé par l'effet de Sa seule volonté.

 

L’accent mis sur le Sixième jour ou vendredi découle du Mishkat ul Masabih, prétendument sous l’autorité du Prophète (Livre 4, chap, 14, 43) (cf. ERE op. cit.).

 

Goldziher suggère que l’influence des Parsi a pu jouer un rôle dans le rejet du Sabbat, tandis que Margoliouth (ERE ibid.) avance que, si tel est le cas, les conceptions babyloniennes, alors prépondérantes en Arabie, ont pu y jouer un rôle. Quoi qu'il en soit, le Qour’an apporte un soutien manifeste au Sabbat et à la Torah.

 

La portée eschatologique de la période de préparation (al-’arubah, désormais appelée Juma’ah par l'Islam), concernant de la resurrection, est contenue dans la Sourate 62:6-8.

 

Sur le plan biblique, cette période englobe les Derniers Jours, la phase préparatoire à l'avènement du Messie et la soumission des nations. Elle revêt, à l'échelle de la semaine, la même signification que celle qu'offre la période allant de la Fête des Trompettes jusqu’au Jour des Expiations pour les cycles des fêtes de l'année.

 

Il incombe à l'ensemble de l'Islam, chaque semaine, d'accorder à son peuple un temps d'abstention de tout travail, s'étendant de l'après-midi du sixième jour de la semaine jusqu'à la fin du septième jour (le Sabbat). Tout manquement à cette obligation expose à une sanction lors de la résurrection, car il s'agit alors d'une infraction à la Torah et au Qour'an.

 

Conclusion

Nous avons l'obligation de nous préparer lors du sixième jour, pour le jour du Sabbat. C'est par une préparation adéquate qu'il nous est permis de communier au repos sabbatique de Dieu et de sanctifier ce jour. Lorsque notre Père a donné les commandements concernant le jour de préparation et le Sabbat, Il traçait la voie à suivre pour marcher à Sa suite. Si nous obéissons à Ses paroles et renonçons à poursuivre nos propres « plaisirs » (ce qui inclut nos propres œuvres) pendant le Sabbat, nous pourrons accéder à la connaissance de l’Unique Véritable Dieu et de Son Christ, ce qui constitue la vie éternelle (Jean 17:3).

 

Lorsque nous mettons à profit le jour de préparation, en attendant le Sabbat avec impatience comme un temps privilégié avec Dieu, en retrait du monde, nous nous rendons plus aptes à délaisser nos préoccupations, et même nos excès de préoccupation, concernant les choses du monde lorsque le Sabbat arrive. En nous rassemblant le jour du Sabbat pour recevoir l'enseignement de la Parole de Dieu, nous faisons, à l'instar de Marie, « le bon choix ».

 

Luc 10:38-42 Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. 39 Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. 40 Marthe, occupée à divers soins domestiques, survint et dit : Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? Dis-lui donc de m'aider. 41 Le Seigneur lui répondit : Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses. 42 Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée. (LSG)

 

Moyennant une préparation appropriée, nous sommes en mesure de participer dignement au Sabbat et de croître dans la grâce et la connaissance du Seigneur par l'action efficace et la puissance de l'Esprit Saint.

  

 


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