Christian Churches of God

No. 177

 

 

 

Psaume 45

 

(Edition 2.0 19970904-20000712)

 

Voici un psaume magnifique intitulé "Chant d'Amour". Il s'agit d'une représentation prophétique de Jésus-Christ en tant que époux royal et de son Église en tant qu’épouse royale. Ce psaume dépeint et décrit également la relation entre Jésus-Christ et Dieu le Père.

 

 

 

 

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(Tr. 2008, 2026, rév. 2026)

 

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 Psaume 45 [177]

 


Introduction

Le Psaume 45 est une représentation prophétique de Jésus-Christ en époux royal et de son Église en épouse royale. Ce psaume dépeint également la relation entre Jésus-Christ et Dieu le Père. Non seulement le Père a oint Jésus-Christ pour une position particulière — à savoir devenir l’époux royal de Son peuple —, mais Il l'a également oint en tant qu'elohim procédant de Son autorité.

 

Les autorités rabbiniques ont exprimé des réactions mitigées à l'égard de ce psaume. Ibn Ezra comprenait le roi comme étant David. Cependant, le Targum et Kimchi estimaient que ce psaume se référait au Messie et que le mariage désignait la rédemption d'Israël par celui-ci. La distinction entre l'Israël physique et l'Israël spirituel ne leur était pas accessible. Rashi tente d'expliquer le psaume à la lumière des docteurs de la Torah, salués comme des rois (cf. Prov. 8:15). Ainsi, Rashi conçoit la sagesse commeétant la Torah – les érudits étant les véritables guides spirituels d'Israël, que le peuple doit écouter pour subsister. Cette explication demeure tout à fait insuffisante au vu des entités décrites. Malbim interiorise l'allégorie pour l'appliquer au corps et à l'esprit, ce qui s'avère tout aussi insatisfaisant, voire blasphématoire.

 

Psaume 45:1-17 Au chef des chantres. Sur les lis. Des fils de Koré. Cantique. Chant d’amour. Des paroles pleines de charme bouillonnent dans mon cœur. Je dis : Mon œuvre est pour le roi ! Que ma langue soit comme la plume d’un habile écrivain ! 2 Tu es le plus beau des fils de l’homme, la grâce est répandue sur tes lèvres : C’est pourquoi Dieu t’a béni pour toujours. 3 Vaillant guerrier, ceins ton épée, – ta parure et ta gloire, 4 oui, ta gloire ! – sois vainqueur, monte sur ton char, défends la vérité, la douceur et la justice, et que ta droite se signale par de merveilleux exploits ! 5 Tes flèches sont aiguës ; des peuples tomberont sous toi ; elles perceront le cœur des ennemis du roi. 6 Ton trône, ô Dieu, est à toujours ; le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité. 7 Tu aimes la justice, et tu hais la méchanceté : C’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint D’une huile de joie, par privilège sur tes collègues. 8 La myrrhe, l’aloès et la casse parfument tous tes vêtements ; dans les palais d’ivoire les instruments à cordes te réjouissent. 9 Des filles de rois sont parmi tes bien-aimées ; la reine est à ta droite, parée d’or d’Ophir. 10 Écoute, ma fille, vois, et prête l’oreille ; oublie ton peuple et la maison de ton père. 11 Le roi porte ses désirs sur ta beauté ; puisqu’il est ton seigneur, rends-lui tes hommages. 12 Et, avec des présents, la fille de Tyr, les plus riches du peuple rechercheront ta faveur. 13 Toute resplendissante est la fille du roi dans l’intérieur du palais ; elle porte un vêtement tissu d’or. 14 Elle est présentée au roi, vêtue de ses habits brodés, et suivie des jeunes filles, ses compagnes, qui sont amenées auprès de toi ; 15 on les introduit au milieu des réjouissances et de l’allégresse, elles entrent dans le palais du roi. 16 Tes enfants prendront la place de tes pères ; tu les établiras princes dans tout le pays. 17 Je rappellerai ton nom dans tous les âges : aussi les peuples te loueront éternellement et à jamais. (LSG)

 

Les Divisions du Psaume

Le Psaume comporte trois parties ou sections distinctes.

 

Section 1. Le verset 1 dépeint l'émotion que le chanteur du Psaume, sous l'inspiration de l'Esprit Saint de Dieu, exprime en chantant ce magnifique "chant d'amour" (Les Shoshannim signifient littéralement « lys » ou « roses » ; il s'agit d'instruments de musique spécifiques).

 

Psaume 45:1 Au chef des chantres. Sur les lis [Shoshannim]. Des fils de Koré. Cantique. Chant d’amour. Des paroles pleines de charme bouillonnent dans mon cœur. Je dis : Mon œuvre est pour le roi ! Que ma langue soit comme la plume d’un habile écrivain !

 

D'autres traductions proposent : Mon cœur déborde d'un bon thème. Je récite mon œuvre concernant le roi, etc. (version NKJV de la Bible). Le terme hébreu traduit par « bouillonne » ou « déborde » n'est employé qu'ici. En tant que substantif, il peut désigner un reptile, sa racine signifiant « mouvoir » ou « s'agiter » (Hirsch). On peut rapprocher cela du contexte d'Ésaïe 6:5-7 concernant la signification des séraphins.

 

Section 2. Versets 2-9

L'attention est ici dirigée vers l’époux royal. Il s'agit d'une adresse prophétique destinée à Jésus-Christ. Il convient de noter les termes essentiels d'une portée majeure dès le verset 2 : Dieu t’a béni à toujours. Cette déclaration constitue une réfutation directe de la position binitaire. Dieu n'agirait pas ainsi si le Christ était déjà coéternel et coexistant avec le Père sur une base duelle de toute éternité.

 

Nous observons au verset 4 une mise en contraste de l'Époux avec son adversaire Satan, qui a été déchu de son rang en raison de son orgueil et de son arrogance.

 

Psaume 45:2-5 Tu es le plus beau des fils de l’homme, la grâce est répandue sur tes lèvres : c’est pourquoi Dieu t’a béni pour toujours. 3 Vaillant guerrier, ceins ton épée, – ta parure et ta gloire, 4 oui, ta gloire ! – Sois vainqueur, monte sur ton char, défends la vérité, la douceur et la justice, et que ta droite se signale par de merveilleux exploits ! 5 Tes flèches sont aiguës ; des peuples tomberont sous toi ; elles perceront le cœur des ennemis du roi.

 

L'effusion de la grâce sur les lèvres du Messie participe de l'œuvre du salut. Elle s'accomplit par l'Esprit. La faveur divine doit reposer sur lui éternellement. L'injonction de ceindre l'épée représente, selon Rashi, un appel à défendre la Torah ou la Loi de Dieu. La gloire véritable s'obtient non par la force ou les armes, mais par la défense de la vérité et de la droiture (Metsudath David et Malbim), qu'il a le devoir de protéger (cf. Hirsch). La main droite est un symbole de puissance chez lui comme chez Dieu (cf. Ps. 44:4). Ses flèches pénètrent le cœur.

 

Aux versets 7 et 8, apparaissent des éléments doctrinaux majeurs quant à la position que le Christ doit occuper en qualité d’époux royal : c'est parce qu'il abhorre le mal et aime la justice que Dieu le Père, Son Dieu, l'élève au-dessus de ses compagnons. Les autorités rabbiniques tentent de restreindre l'application du terme elohim au Messie. Rashi et Hirsch traduisent elohim ici par juge. Le texte littéral ton trône de Dieu est jugé par eux inadapté au contexte. Ibn Ezra rend le texte par : Ton trône est [le trône de] Dieu (cf. 1Chron. 29:23 "et Salomon s’est assis sur le trône de l’Éternel"). On retrouve ici le concept d'une autorité et d'une puissance déléguées, manifestant la puissance de Dieu pour l'éternité (cf. 2Sam. 7:16).

 

Psaume 45:6-7 Ton trône, ô Dieu, est à toujours ; le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité. 7 Tu aimes la justice, et tu hais la méchanceté : C’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie, par privilège sur tes collègues.

 

L'huile est l'emblème de la joie (Ésaïe 61:3). Kimchi explique que l'intention du Psalmiste est de montrer que Dieu, en oignant le Messie en tant que Son roi, l'exaltera au-dessus des autres et produira une joie universelle (cf. la note au v. 8, Soncino).

 

Ce passage est repris dans Hébreux 1:8-9, ce qui démontre de manière irréfutable qu'il s'applique à Jésus-Christ en tant que Messie. Ce texte établit clairement :

a.        Que le Dieu de Jésus-Christ est Dieu le Père ; et

b.       Que Christ fait partie d'une pluralité d'êtres qui sont ses compagnons (ses pairs) et qu’il s’est qualifié pour faire un travail spécial (accomplir une mission unique), à savoir devenir l’époux royal de l'Église en tant que Grand Prêtre (cf. Ps. 110:1-7) pour la défense de la vérité et de la justice.

 

Psaume 45:8-9 La myrrhe, l’aloès et la casse parfument tous tes vêtements ; dans les palais d’ivoire les instruments à cordes te réjouissent. 9 Des filles de rois sont parmi tes bien-aimées ; la reine est à ta droite, parée d’or d’Ophir.

 

Ici, la Reine représente l'Église établie à sa droite, tout comme il se tient lui-même à la droite du Père. Les aromates possèdent une portée symbolique analysée dans le document Le Commentaire sur Esther (No. 063). Les parfums renvoient aux vertus morales et spirituelles (Kimchi) acquises par l'Esprit. L'expression palais d'ivoire est rendue par Malbim sous la forme de palais incrustés d'ivoire, d'où il s'avancera à la rencontre de son "épouse" (Soncino, la note au v. 9). Rashi soutient que la traduction exacte devrait être : ceux qui viennent de Moi te réjouiront encore plus que des palais d'ivoire. Le terme minni constitue une forme abrégée de mimenni (de Moi), bien que certains y voient une forme emphatique signifiant « en vérité » (Soncino, ibid.).

 

L'expression dames d’honneur [voir version Darby de la Bible par exemple] ou femmes honorables est avantageusement rendue par tes précieuses, suivant en cela Ibn Ezra et Kimchi. L'édition Soncino privilégie tes préférées. Rashi interprète le terme au sens de visite. De là, les filles de rois viennent lui rendre visite. Le Targum traduit par viennent pour te visiter et te rendre hommage (la note 10, Soncino).

 

Section 3. Versets 10-17

Cette section constitue une adresse (vv. 11-13) destinée à l’épouse royale , décrivant les qualités dont Dieu l'a parée pour en faire une épouse digne et prête pour Jésus-Christ. Les rabbins considèrent que la fille se réfère à la nation d'Israël, puis ils la restreignent à nouveau à la fille de Juda par comparaison avec Lamentations 2:6 (Soncino, la note. 11).

 

Psaume 45:10-17 Écoute, ma fille, vois, et prête l’oreille ; oublie ton peuple et la maison de ton père. 11 Le roi porte ses désirs sur ta beauté ; puisqu’il est ton seigneur, rends-lui tes hommages. 12 Et, avec des présents, la fille de Tyr, les plus riches du peuple rechercheront ta faveur. 13 Toute resplendissante est la fille du roi dans l’intérieur du palais ; elle porte un vêtement tissu d’or. 14 Elle est présentée au roi, vêtue de ses habits brodés, et suivie des jeunes filles, ses compagnes, qui sont amenées auprès de toi ; 15 on les introduit au milieu des réjouissances et de l’allégresse, elles entrent dans le palais du roi. 16 Tes enfants prendront la place de tes pères ; tu les établiras princes dans tout le pays. 17 Je rappellerai ton nom dans tous les âges : aussi les peuples te loueront éternellement et à jamais. (LSG)

 

Le Verset 10 exhorte la jeune fille à quitter son propre peuple. Ce concept est développé dans le document Le Cantique des Cantiques (No. 145). L'édition Soncino précise : L’épouse est issue d'une nation étrangère où l’on adore les idoles. C'est pourquoi Ibn Ezra suggère qu'il s'agit de l'épouse de David. D'autres exégètes tentent d'y inclure Salomon, qui épousa Maaca, fille du roi de Gueschur, ainsi que la fille de Pharaon. Le sens spirituel indique clairement que les Gentils (les Païens) sont inclus ici au sein d’Israël. L'assimilation à Israël ne peut renvoyer qu'aux convertis issus des nations, et non au judaïsme traditionnel. Metsudath David affirme :

Lu dans son contexte Messianique, c'est un appel lancé aux nations à s’identifier à la cause du Messie et non aux intrigues de ses adversaires (Soncino, la note. 11).

 

Le verset 11 [12] fait référence à la beauté de l'Église, vivement désirée par le roi. Dieu est le Seigneur de l'Église et Il est l'objet de Son adoration. La fille de Tyr fait référence aux systèmes religieux du monde (cf. Ézéchiel 28). Kimchi soutient que ce n’est pas seulement Tyr mais aussi les riches des autres nations qui apporteront leurs présents (Soncino). Ici, l'Église devient la fille du roi, prête à être donnée à l'Époux Messie qui a été oint comme roi. Les vierges sont celles qui suivent l'Église en tant que compagnes. Cette division illustre la séparation entre les 144000 et la grande multitude mentionnés dans Apocalypse 7:1-17.

 

Le verset 13 est traduit dans la version KJV comme la fille du roi est toute glorieuse au dedans. Les vêtements de tissu or renvoient au statut social accordé à l'Église lors du mariage ; à la pureté de l'Église, symbolisée par les robes blanches, se transforme en habits d'or affiné au feu, signes de son rang royal.

 

Une conséquence néfaste de la mauvaise interprétation de ce texte par certaines autorités rabbiniques fut l'enseignement selon lequel la gloire véritable d'une femme modeste réside exclusivement dans l'intimité du foyer domestique (Shavuoth 30a ; voir également Maimonides, Mishneh Torah, Lois se Rapportant aux Femmes 13:11; et aussi cf. Hirsch, Soncino). Dans leur volonté de nier le Messie et l'Église, ces théologiens ont ainsi reclus leurs propres femmes.

 

Le verset 14 est aussi traduit comme elle sera amenée devant le roi, vêtue de robes multicolores. Les vierges, ses compagnes qui la suivent, seront amenées devant toi. La racine du terme hébreu riqmâh (SHD 7553) désigne la diversité des couleurs, d'où le tissu de couleur associé au travail du tisseur (Ex. 26:36), et s'applique spécifiquement à la broderie, que Green (The Interlinear Bible) traduit par ouvrage brodé. Elle ne revêt pas ces parures pour flatter sa vanité, mais pour rehausser l'honneur du roi (cf. Hirsch). Ses compagnes sont les demoiselles d'honneur qui la suivent lors du cortège nuptial.

 

La mention des pères et des fils montre que la dynastie messianique ne s'ordonne pas selon la lignée ancestrale, mais se tourne vers la descendance. Kimchi soutient que cette lignée lui assurera un avenir glorieux (Soncino). Ainsi, le sacerdoce selon Melchisédek ne repose pas sur une généalogie charnelle comme le sacerdoce aaronique, mais sur une filiation éternelle fondée sur la justice (Ps. 110:1-7 ; Héb. 5:6). Voir également le document Melchisédech (No. 128).

 

Le Royaume de Dieu s'étendra par la soumission des autres peuples, sur lesquels ses fils, en tant que descendants du Messie, régneront (cf. Soncino). C'est Dieu qui perpétuera la mémoire du nom du Messie de génération en génération, et c'est pourquoi les peuples le célébreront à jamais.

 

Résumé

Nous sommes en présence d'un psaume messianique d'une grande beauté. L'adresse initiale décrit le royal époux à travers :

·          La beauté de sa personne ;

·          La valeur de ses conquêtes ;

·          La stabilité de son royaume ;

·          La joie de son mariage ;

·          La relation qui unit l'Époux au Père.

 

L'adresse destinée à l’épouse royale offre un aperçu de :

·          Le dévouement complet de l’épouse envers l’époux royal ;

·          La promesse remarquable d'une haute distinction ;

·          Un éloge des charmes ou vertus de l’épouse ;

·          L'assurance d'une faveur divine croissante.

 

Le Psaume se termine au verset 17 en disant : Je rappellerai ton nom dans tous les âges : Aussi les peuples te loueront éternellement et à jamais. Dieu a souverainement élevé le Christ, et c’est en vertu de cette onction que les gens le louent. Ce Psaume est le chant concernant le mariage du Messie Époux avec l'Épouse l'Église. Dieu est le Père de l’épouse et Il est la puissance qui élève le Messie. Il est le Roi et l' elohim — le Dieu — du Messie comme de l'épouse. Dieu est glorifié à travers la beauté de ce psaume et par cette union éternelle.

 

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