Christian Churches of God

[228]

 

 

 

Lazare et l’Homme Riche

 

(Édition 1.0 19971120-19971120)

 

 

 

La parabole de Lazare et de l'Homme Riche a été détournée par le Christianisme traditionnel à diverses fins inappropriées. On s’en est servi pour appuyer les doctrines de l'Âme ainsi que celles du Ciel et de l'Enfer comme des lieux où résident les morts. Quelle est la signification de cette parabole ? Qui était son public cible ?

 

 

 

 

Christian Churches of God

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Lazare et l'Homme Riche [228]

 


Pour bien saisir le sens de la parabole de Lazare et de l'Homme Riche, mais aussi les raisons pour lesquelles Christ l’a racontée et l’auditoire visé par ce récit, il convient d’étudier préalablement le récit de Lazare. Nous y décelons une multitude de messages et d’enseignement fondamentaux tant pour les doctrines de l'Église que pour le message que Christ voulait transmettre aux Juifs.

 

Il importe de souligner que ce récit ne soutient pas — et ne peut d’ailleurs pas soutenir — les doctrines relatives à l'immortalité de l’âme, ni la conception du Ciel et de l'Enfer comme lieux de demeures des morts, comme nous allons le démontrer ci-après.

 

Le Récit de Lazare

Nous trouvons cette histoire bien connue dans les chapitres 11 et 12 de l’Évangile de Jean.

 

Ce miracle a constitué le miracle pivot qui a incité les autorités juives à conspirer pour la mise à mort du Christ. Nous voyons dans ce récit une planification délibérée de la part du Messie.

 

Jean 11:1-4 Il y avait un homme malade, Lazare, de Béthanie, village de Marie et de Marthe, sa sœur. 2 C’était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c’était son frère Lazare qui était malade. 3 Les sœurs envoyèrent dire à Jésus : Seigneur, voici, celui que tu aimes est malade. 4 Après avoir entendu cela, Jésus dit : Cette maladie n’est point à la mort ; mais elle est pour la gloire de Dieu, afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle.  (LSG)

Nous voyons ici que le Messie a agi selon un plan délibéré pour la gloire de Dieu et pour l'affirmation de sa propre identité en tant que Fils de Dieu. En effet, c’est précisément ce miracle qui l'a identifié comme Messie et sur lequel le grand prêtre Caïphe a fondé sa prophétie.

 

Dans ce texte, Marie sollicite directement l’intervention du Messie en faveur de son frère, invoquant l’affection qu’il lui porte. Le texte souligne l’étroite amitié liant le Messie à l’ensemble de cette famille. Néanmoins, bien qu’informé de la maladie de Lazare, Christ a différé son départ de deux jours avant de se rendre à Béthanie, en Judée. Sa présence en Judée était périlleuse, les autorités ayant déjà tenté de le lapider, ce que les disciples rappellent au verset 8.

Jean 11:5-8 Or, Jésus aimait Marthe, et sa sœur, et Lazare. 6 Lors donc qu’il eut appris que Lazare était malade, il resta deux jours encore dans le lieu où il était, 7 et il dit ensuite aux disciples : Retournons en Judée. 8 Les disciples lui dirent : Rabbi, les Juifs tout récemment cherchaient à te lapider, et tu retournes en Judée ! (LSG)

 

Jésus ne manifestait aucune crainte ; là n'était point la raison de son départ. Il a évoqué la ‘lumière du monde’. Il a également parlé ici dans ce passage de la longueur du jour. Il a fait référence au jour et à la nuit, établissant une analogie entre les cycles temporels et les conditions spirituelles de lumière et de ténèbres.

Jean 11:9-11 Jésus répondit : N’y a-t-il pas douze heures au jour ? Si quelqu’un marche pendant le jour, il ne bronche point, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; 10 mais, si quelqu’un marche pendant la nuit, il bronche, parce que la lumière n’est pas en lui. 11 Après ces paroles, il leur dit : Lazare, notre ami, dort ; mais je vais le réveiller. (LSG)

 

La Mort comme Sommeil

L'usage du terme « sommeil » désignait ici la mort. Christ démontrait que Lazare était comme une figure typologique de l'Église. Pour l'Église, la mort n’est qu’un sommeil dans l’attente de la résurrection. Par cet acte, il préfigurait la résurrection de l'Église lors de l’avènement du Messie. Les disciples, n’ayant pas encore saisi la portée de ce message, interprétèrent ses paroles au sens littéral, ils ne se doutaient pas non plus de ce qu'il allait faire. Ils estimèrent que si Lazare parvenait à trouver un repos paisible, cela augurait de sa guérison.

Jean 11:12-13 Les disciples lui dirent : Seigneur, s’il dort, il sera guéri. 13 Jésus avait parlé de sa mort, mais ils crurent qu’il parlait de l’assoupissement du sommeil. (LSG)

 

Cependant, il ne dormait point. Il était décédé, ce que Christ leur a signifié alors explicitement.

Jean 11:14-16 Alors Jésus leur dit ouvertement : Lazare est mort. 15 Et, à cause de vous, afin que vous croyiez, je me réjouis de ce que je n’étais pas là. Mais allons vers lui. 16 Sur quoi Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : Allons aussi, afin de mourir avec lui. (LSG)

 

Le Messie précise qu'il se réjouit de son absence initiale, car celle-ci permettrait la démonstration plus éclatante de sa puissance lors de la résurrection des morts.

 

Le commentaire de Thomas demeure ambigu : il est difficile de déterminer s'il s'agit de sarcasme. L'absence de tout indice d'ironie dans le texte grec suggère plus probablement que Thomas, le jumeau, a perçu immédiatement le potentiel de la résurrection et l'intention du Messie d’accomplir un prodige significatif.

 

Ils sont partis après avoir laissé un délai suffisant pour que Lazare soit resté quatre jours dans la tombe. Il était donc ‘légalement’ décédé – ayant dépassé le seuil coutumier de trois jours. Béthanie se situant à environ trois kilomètres de Jérusalem, de l'autre côté du mont des Oliviers, l’occasion était propice pour témoigner devant les Juifs de Jérusalem et du Temple.

Jean 11:17-19 Jésus, étant arrivé, trouva que Lazare était déjà depuis quatre jours dans le sépulcre. 18 Et, comme Béthanie était près de Jérusalem, à quinze stades environ, 19 beaucoup de Juifs étaient venus vers Marthe et Marie, pour les consoler de la mort de leur frère. (LSG)

 

Ils étaient avec Marie et Marthe. Ce fut Marthe uniquement qui est allée à la rencontre de Christ, exprimant sa foi en son pouvoir sur la résurrection. L’ajout du mot encore (dans certaines versions de la Bible comme la KJV et la RSV) ne figure pas dans le texte grec original et pourrait induire un jugement injustifié à l'égard de Marie. Il est plus probable que Marie s’est consacrée à s'occuper des invités et des personnes en deuil.

 

Jean 11:20-28 Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie se tenait assise à la maison. 21 Marthe dit à Jésus : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. 22 Mais, maintenant même, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. 23 Jésus lui dit : Ton frère ressuscitera. 24 Je sais, lui répondit Marthe, qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. 25 Jésus lui dit : Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; 26 et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? 27 Elle lui dit : Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui devait venir dans le monde. 28 Ayant ainsi parlé, elle s’en alla. Puis elle appela secrètement Marie, sa sœur, et lui dit : Le maître est ici, et il te demande.  

Dans ce passage, nous voyons ici la véritable intention derrière le fait que Marie est restée à sa place. Marthe l'a appelée discrètement pour l’informer. La raison est alors claire. Elles ne souhaitaient donner aucune indication de la présence de Christ car cela pouvait donner lieu à un nouvel incident de lapidation, ce que Thomas semblait avoir pressenti. Marie a réagi instantanément. Le cœur du récit réside dans la foi de ces deux femmes en la puissance du Messie, en tant que Fils de Dieu, sur la mort lors de la résurrection. Marie était manifestement accablée, comme en témoigne la réaction des invités.

Jean 11:29-32 Dès que Marie eut entendu, elle se leva promptement, et alla vers lui. 30 Car Jésus n’était pas encore entré dans le village, mais il était dans le lieu où Marthe l’avait rencontré. 31 Les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et qui la consolaient, l’ayant vue se lever promptement et sortir, la suivirent, disant : Elle va au sépulcre, pour y pleurer. 32 Lorsque Marie fut arrivée là où était Jésus, et qu’elle le vit, elle tomba à ses pieds, et lui dit : Seigneur, si tu eusses été ici, mon frère ne serait pas mort. (LSG)

 

Nous avons ici dans ce passage le reproche de la douleur mêlé à la foi en la puissance de Christ, bien que cette foi ne s’étende pas encore sur la victoire immédiate sur la mort consommée. Le Messie ‘a frémi en son esprit’ face à la détresse de Marie, ému par l'impact de la situation sur Marie.

Jean 11:33-36 Jésus, la voyant pleurer, elle et les Juifs qui étaient venus avec elle, frémit en son esprit, et fut tout ému. 34 Et il dit : Où l’avez-vous mis ? Seigneur, lui répondirent-ils, viens et vois. 35 Jésus pleura. 36 Sur quoi les Juifs dirent : Voyez comme il l’aimait. (LSG)

 

Le terme grec embrimaomi utilisé ici dans ce passage ne signifie pas simplement gémir, mais évoque un frémissement intense, semblable au sifflement ou au souffle d'un cheval, exprimant une émotion profonde, proche de l'indignation, voire de la colère [face à la condition humaine]. Cette émotion fut telle qu'elle provoqua ses larmes.

 

Ce qu'il dit ensuite vient sûrement de tout ce qu'il ressentait et percevait autour de lui, et ça l'a ému. Le fait de réexprimer ce sentiment a de nouveau suscité en lui de l'inquiétude.

Jean 11:37-38 Et quelques-uns d’entre eux dirent : Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas faire aussi que cet homme ne mourût point ? 38 Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C’était une grotte, et une pierre était placée devant. (LSG)

 

Tout ce processus pointait vers la mort par persécution et le martyre des élus sur toute la période allant jusqu’à l'Avènement. Dans cette perspective, Lazare constitue une figure typologique de l'Église. Ses disciples, à l'instar du monde entier, étaient assujettis à la mort en raison de la faute d'Adam.

 

Toutefois, ils [les élus] étaient appelés à la vie et reviendraient à la vie par l’entremise du Messie et par l’effusion ultérieure de l'Esprit Saint lors de la Pentecôte.

 

Par l’entremise du Messie, considéré comme le second Adam, ils allaient connaître la résurrection. Néanmoins, en tant que ses disciples, le monde chercherait à les mettre à mort, tout comme il allait le mettre à mort lui-même. Ce processus de persécution devait se poursuivre de manière quasi ininterrompue jusqu'à ce qu'il revienne pour sauver ceux qui l'attendaient avec ferveur. Lors de sa première venue, sa mission consistait à traiter la question du péché. La détresse du Messie provenait de sa vision prospective à travers les Jubilés jusqu'à son second Avènement. Il pouvait ressusciter Lazare, mais la mort des élus — tout comme sa propre mort — était une prérogative de Dieu.

 

La Résurrection de Lazare et l'État de l'Église

Nous en venons à la description du miracle proprement dit. Marthe avait reçu des instructions spécifiques et, bien qu'elle ait exprimé la foi en la puissance du Christ, et qu’elle lui avait même demandé d’intervenir en opérant un miracle, au moment venu celui-ci allait se produire, elle n'a pas compris la portée de ce qu'il s’apprêtait à faire. Ce passage illustre, à sa manière, l’état spirituel de l'Église aux derniers jours, juste avant le retour du Messie et la Première Résurrection des élus.

Jean 11:39-40 Jésus dit : Otez la pierre. Marthe, la sœur du mort, lui dit : Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu’il est là. 40 Jésus lui dit : Ne t’ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?

 

Ici dans ce passage, le Messie lui a reproché de ne pas s’être souvenue de la promesse qu'il lui avait faite. Ce manquement illustre également la problématique de l'Église dans les derniers jours. Marthe représente le type de l'Église au travail (à l’œuvre), préoccupée ou troublée par les soucis du monde, perdant de vue la promesse divine ainsi que l'avènement imminent du Roi dans sa gloire et exerçant son pouvoir.

 

Jean 11:41-42 Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit : Père, je te rends grâces de ce que tu m’as exaucé. 42 Pour moi, je savais que tu m’exauces toujours ; mais j’ai parlé à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. (LSG)

Nous voyons ici dans ce passage que la discussion a été rapportée non pas pour l'instruction de Dieu, mais pour la nôtre. Le message vise à démontrer la puissance du Messie en tant que le fils de Dieu, et également à consigner la fonction de la prière et notre relation avec Dieu qui entend toujours.

 

Jean 11:43-44 Ayant dit cela, il cria d’une voix forte : Lazare, sors ! 44 Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d’un linge. Jésus leur dit : Déliez-le, et laissez-le aller. (LSG)

Cela a dû être un spectacle très émouvant. La tentation, bien sûr, était que ceux qui n'avaient aucun intérêt personnel l'ont accepté à sa juste valeur, tandis que ceux qui étaient à la solde du sacerdoce y ont trouvé à redire.

 

Jean 11:45-46 Plusieurs des Juifs qui étaient venus vers Marie, et qui virent ce que fit Jésus, crurent en lui. 46 Mais quelques-uns d’entre eux allèrent trouver les pharisiens, et leur dirent ce que Jésus avait fait. (LSG)

Cela a ensuite conduit aux actions entreprises lors de la Pâque. Ils ont compris qu'ils devaient agir. Si les hommes croyaient en Christ, alors le sacerdoce n'avait plus de raison d’être, car son message contestait ou remettait en cause leur position. C'est encore le problème de Juda aujourd'hui, même parmi les laïcs, parce que le salut est venu des Gentils (nations).

 

Jean 11:47-48 Alors les principaux sacrificateurs et les pharisiens assemblèrent le sanhédrin, et dirent : Que ferons-nous ? Car cet homme fait beaucoup de miracles. 48 Si nous le laissons faire, tous croiront en lui, et les Romains viendront détruire et notre ville et notre nation. (LSG)

Dans ce passage, nous voyons ici la consternation du grand prêtre face à l’épouvantable ignorance de son propre peuple. Il ne comprenait pas les Écritures Saintes qui exigeaient que le Messie dût mourir d’abord en tant que prêtre Messie, avant de pouvoir revenir en tant que roi Messie. Il leur a parlé poussé par l'Esprit Saint, mû par Dieu.

 

Jean 11:49-52 L’un d’eux, Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là, leur dit : Vous n’y entendez rien ; 50 vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. 51 Or, il ne dit pas cela de lui-même ; mais étant souverain sacrificateur cette année-là, il prophétisa que Jésus devait mourir pour la nation. 52 Et ce n’était pas pour la nation seulement ; c’était aussi afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu dispersés. (LSG)

Dans ce passage, nous voyons ici que ce n'était pas simplement pour la nation de Juda, mais aussi pour les enfants de Dieu qui étaient dispersés à l'étranger. Ainsi, il était implicitement compris que les tribus étaient dispersées et que le salut s’étendait également au-delà de Juda et du sacerdoce Lévitique. À cause de cela, ils ont fait ce qu'ils ont toujours fait aux prophètes et ce qu'ils ont ensuite tenté plus tard de faire à l'Église : Ils ont cherché à le tuer.

 

Jean 11:53-54 Dès ce jour, ils résolurent de le faire mourir. 54 C’est pourquoi Jésus ne se montra plus ouvertement parmi les Juifs ; mais il se retira dans la contrée voisine du désert, dans une ville appelée Ephraïm ; et là il demeurait avec ses disciples. (LSG)

Il n’est pas anodin que le Messie se rendit de ce lieu à la ville d'Éphraïm.

 

Il symbolisait ainsi que la puissance de l'Esprit allait être retirée pour être donnée à une nation manifestant les fruits du Royaume de Dieu et de l'Esprit Saint.

 

Jean 11:55-56 La Pâque des Juifs était proche. Et beaucoup de gens du pays montèrent à Jérusalem avant la Pâque, pour se purifier. 56 Ils cherchaient Jésus, et ils se disaient les uns aux autres dans le temple : Que vous en semble ? Ne viendra-t-il pas à la fête ? (LSG)

Ce processus de purification se déroulait conformément à la loi. La sanctification de ceux qui sont simples et de ceux qui sont dans l’erreur avait lieu le septième jour du Premier Mois. La mise à part du Messie en tant qu'agneau avait lieu le dixième jour.

Jean 11:57 Or, les principaux sacrificateurs et les pharisiens avaient donné l’ordre que, si quelqu’un savait où il était, il le déclarât, afin qu’on se saisît de lui. (LSG)

 

Nous reprenons l'histoire six jours avant la Pâque à Béthanie. Cela se passait dans la maison de Lazare et de ses sœurs. Nous voyons ainsi que c’est Marie qui fut celle qui l’oignit avec de l'huile de parfum, suite au miracle de la résurrection de son frère. Elle a aussi compris qu'il allait mourir à cause de ce miracle.

Jean 12:1-6 Six jours avant la Pâque, Jésus arriva à Béthanie, où était Lazare, qu’il avait ressuscité des morts. 2 Là, on lui fit un souper ; Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui se trouvaient à table avec lui. 3 Marie, ayant pris une livre d’un parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus, et elle lui essuya les pieds avec ses cheveux ; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum. 4 Un de ses disciples, Judas Iscariot, fils de Simon, celui qui devait le livrer, dit : 5 Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, pour les donner aux pauvres ? 6 Il disait cela, non qu’il se mît en peine des pauvres, mais parce qu’il était voleur, et que, tenant la bourse, il prenait ce qu’on y mettait. (LSG)

Judas était pris au piège par ses propres désirs. Dominé par ses penchants charnels, il aspirait à un Messie qui gouvernerait et lui donnerait immédiatement le pouvoir en ce temps-là. En cela, il n'était aucunement différent de la multitude des télé-évangélistes et de ministres qui prolifèrent dans le monde anglophone et, en particulier, aux États-Unis d'Amérique. Il a trahi le Messie par opportunisme et le livra parce qu'il savait qu'ils allaient tous être persécutés. L'Église de Dieu a été infestée ou en proie par ces changeurs du temple pendant des siècles.

 

Jean 12:7-11 Mais Jésus dit : Laisse-la garder ce parfum pour le jour de ma sépulture. 8 Vous avez toujours les pauvres avec vous, mais vous ne m’avez pas toujours. 9 Une grande multitude de Juifs apprirent que Jésus était à Béthanie ; et ils y vinrent, non pas seulement à cause de lui, mais aussi pour voir Lazare, qu’il avait ressuscité des morts. 10 Les principaux sacrificateurs délibérèrent de faire mourir aussi Lazare, 11 parce que beaucoup de Juifs se retiraient d’eux à cause de lui, et croyaient en Jésus. (LSG)

Lazare constituait la preuve manifeste du miracle et, à ce titre, il devait lui aussi subir le martyre. Lazare était la figure (type) de l'Église persécutée en raison de sa relation (union) avec le Messie et du témoignage qu'elle portait.

 

Le jour suivant, soit le cinquième jour avant la Pâque ou le dixième jour du mois, Christ a été mis à part en tant qu'agneau à partir de ce jour-là. Il a été acclamé comme roi par ceux qui avaient été témoins des miracles qu'il avait accomplis. Toutefois, ils s’attendaient à ce qu'il agisse en roi Messie – non en sacrifice.

Jean 12:12-19 Le lendemain, une foule nombreuse de gens venus à la fête ayant entendu dire que Jésus se rendait à Jérusalem, 13 prirent des branches de palmiers, et allèrent au-devant de lui, en criant : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël ! 14 Jésus trouva un ânon, et s’assit dessus, selon ce qui est écrit : 15 Ne crains point, fille de Sion ; Voici, ton roi vient, Assis sur le petit d’une ânesse. 16 Ses disciples ne comprirent pas d’abord ces choses ; mais, lorsque Jésus eut été glorifié, ils se souvinrent qu’elles étaient écrites de lui, et qu’ils les avaient accomplies à son égard. 17 Tous ceux qui étaient avec Jésus, quand il appela Lazare du sépulcre et le ressuscita des morts, lui rendaient témoignage ; 18 et la foule vint au-devant de lui, parce qu’elle avait appris qu’il avait fait ce miracle. 19 Les pharisiens se dirent donc les uns aux autres : Vous voyez que vous ne gagnez rien ; voici, le monde est allé après lui. (LSG)

 

Les Pharisiens, qui plus tard sont devenus le système rabbinique, ont perçu alors la menace pesant sur leur autorité. La compréhension de l'avènement d’un prêtre Messie était déjà ancrée chez les Esséniens (voir Geza Vermes The Dead Sea Scrolls in English re Damascus Article VII et le fragment de la grotte IV). Les Zélotes semblent d’ailleurs avoir été associés à ces derniers, si l’on en juge d’après ce que nous savons aujourd’hui à partir des découvertes effectuées dans la Genizah de Masada.

 

Les échos de ces événements s’étaient répandus jusqu’à la diaspora, la foule exigeait de le voir. C'était là, pour le Messie, le signe manifeste que l’heure était venue.

Jean 12:20-26 Quelques Grecs, du nombre de ceux qui étaient montés pour adorer pendant la fête, 21 s’adressèrent à Philippe, de Bethsaïda en Galilée, et lui dirent avec instance : Seigneur, nous voudrions voir Jésus. 22 Philippe alla le dire à André, puis André et Philippe le dirent à Jésus. 23 Jésus leur répondit : L’heure est venue où le Fils de l’homme doit être glorifié. 24 En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. 25 Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle. 26 Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera. (LSG)

 

Ce même message est donné ici à l'Église. Par le témoignage et le martyre, beaucoup de fruits ont été portés. De même, nous portons des fruits par nos propres sacrifices en tant que Chrétiens. Nul ne saurait nous soustraire aux devoirs qui nous incombent, en tant qu’Église. Lazare a dû affronter la mort en raison de son implication et engagement avec Christ. Toutefois, la portée de la signification était que lui et tous les autres savaient avec certitude que le Messie détenait le pouvoir de le ressusciter des morts quand le moment serait venu, selon la direction de l’Unique et Véritable Dieu.

 

Jean 12:27-29 Maintenant mon âme est troublée. Et que dirai-je ?… Père, délivre-moi de cette heure ?… Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. 28 Père, glorifie ton nom ! Et une voix vint du ciel : Je l’ai glorifié, et je le glorifierai encore. 29 La foule qui était là, et qui avait entendu, disait que c’était un tonnerre. D’autres disaient : Un ange lui a parlé. (LSG)

La voix émanant des cieux n’était pas celle de Dieu le Père, car nul homme n'a jamais entendu Sa voix, et la réponse est fournie dans le texte. Le texte nous précise qu’un Ange a parlé afin de témoigner, auprès des hommes, de l'implication et du contrôle du Père dans le déroulement de cet événement.

 

Jean 12:30-33 Jésus dit : Ce n’est pas à cause de moi que cette voix s’est fait entendre ; c’est à cause de vous. 31 Maintenant a lieu le jugement de ce monde ; maintenant le prince de ce monde sera jeté dehors. 32 Et moi, quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi. 33 En parlant ainsi, il indiquait de quelle mort il devait mourir. (LSG)

Nous voyons s’accomplir ici la prophétie relative au prince de ce monde qui est jeté dehors. Ce dernier a alors été chassé et précipité sur Terre et a poursuivi la femme avec colère.

 

Christ avait pleine connaissance de comment il allait mourir, manifestant ainsi le contrôle que Dieu avait exercé en cette circonstance.

Jean 12:34-36 La foule lui répondit : Nous avons appris par la loi que le Christ demeure éternellement ; comment donc dis-tu : Il faut que le Fils de l’homme soit élevé ? Qui est ce Fils de l’homme ? 35 Jésus leur dit : La lumière est encore pour un peu de temps au milieu de vous. Marchez, pendant que vous avez la lumière, afin que les ténèbres ne vous surprennent point : celui qui marche dans les ténèbres ne sait où il va. 36 Pendant que vous avez la lumière, croyez en la lumière, afin que vous soyez des enfants de lumière. Jésus dit ces choses, puis il s’en alla, et se cacha loin d’eux. (LSG)

La foule commençait à remettre en question les paroles de Christ. Le peuple ne pouvait se résoudre à l’idée d’un fils de l'homme voué à la crucifixion. Ils aspiraient à un fils de Dieu qui serait victorieux. Ils voulaient être libérés du joug romain ainsi que dans la fin de l'hégémonie de la dynastie édomite.

 

Jean 12:37-41 Malgré tant de miracles qu’il avait faits en leur présence, ils ne croyaient pas en lui, 38 afin que s’accomplît la parole qu’Esaïe, le prophète, a prononcée : Seigneur, qui a cru à notre prédication ? Et à qui le bras du Seigneur a-t-il été révélé ? 39 Aussi ne pouvaient-ils croire, parce qu’Ésaïe a dit encore : 40 Il a aveuglé leurs yeux ; et il a endurci leur cœur, de peur qu’ils ne voient des yeux, qu’ils ne comprennent du cœur, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. 41 Ésaïe dit ces choses, lorsqu’il vit sa gloire, et qu’il parla de lui. (LSG)

Cet exemple visait à démontrer que les élus ne constituaient qu’un petit nombre choisi, conformément aux prophéties annonçant qu’ils seraient un petit nombre choisi. Juda devait perdre sa position durant près de deux millénaires. Seuls quelques individus réussiraient à faire partie du système du Messie en tant qu’élus. Nombre d’entre eux subiraient le sort de Lazare. Il convient de noter que plusieurs parmi les dirigeants ou l’aristocratie, issus notamment de la faction des Sadducéens, ont cru également au Messie.

 

Jean 12:42-43 Cependant, même parmi les chefs, plusieurs crurent en lui ; mais, à cause des pharisiens, ils n’en faisaient pas l’aveu, dans la crainte d’être exclus de la synagogue. 43 Car ils aimèrent la gloire des hommes plus que la gloire de Dieu. (LSG)

Le problème fondamental rencontré par l'Église réside dans le fait qu’une multitude de ceux qui y entrent aiment l'éloge des hommes plus que l'éloge de Dieu. Il en résulte plus de théologies fracturées que tout autre chose.

 

Le postulat veut que quiconque croit au Christ ne place pas sa foi en lui seul, mais ultimement en Dieu qui l'a envoyé.

Jean 12:44-45 Or, Jésus s’était écrié : Celui qui croit en moi croit, non pas en moi, mais en celui qui m’a envoyé ; 45 et celui qui me voit voit celui qui m’a envoyé. (LSG)

Cette perspective, ainsi que le texte qui la sous-tend, échappent à la compréhension du Christianisme du courant dominant.

 

Le Christ n’exerce point de jugement envers ceux qui, bien qu'ayant entendu sa parole, refusent d'y souscrire, car leur temps de jugement n'est pas encore venu. Christ n'est pas venu pour juger le monde, mais pour lui apporter le salut. Par conséquent, leur période de jugement n'est pas encore venu. Seule la ‘Maison de Dieu’ est soumise au jugement maintenant.

Jean 12:46-48 Je suis venu comme une lumière dans le monde, afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. 47 Si quelqu’un entend mes paroles et ne les garde point, ce n’est pas moi qui le juge ; car je suis venu non pour juger le monde, mais pour sauver le monde. 48 Celui qui me rejette et qui ne reçoit pas mes paroles a son juge ; la parole que j’ai annoncée, c’est elle qui le jugera au dernier jour. (LSG)

Ainsi, leur jugement a lieu au dernier jour, et c’est contre la Parole de Dieu qu’ils seront évalués. Leur épreuve relève d’un jugement de décision et de correction, soit de krisis.

 

Jean 12:49-50 Car je n’ai point parlé de moi-même ; mais le Père, qui m’a envoyé, m’a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer. 50 Et je sais que son commandement est la vie éternelle. C’est pourquoi les choses que je dis, je les dis comme le Père me les a dites. (LSG)

Le Père commande tant ce que le Messie doit dire que ce que nous devons tous dire. Ne vous inquiétez point de ce que vous aurez à dire – cela vous sera inspiré au moment opportun. Tout comme Lazare a été ressuscité, ainsi Dieu devait ressusciter Jésus Christ.

 

Le décor était ainsi dressé pour l'événement le plus significatif de l'histoire humaine. Les détails afférents, à savoir la crucifixion et la résurrection, sont exposés dans le document intitulé Chronologie de la Crucifixion et de la Résurrection (No.159).

 

La Parabole : Analyse et Portée Prophétique     

Nous procédons à présent à l’examen de la parabole de Lazare et de l'Homme Riche, à la lumière de l'histoire du récit de Lazare, lequel constitue le pivot central ou est intrinsèquement lié à la doctrine de la résurrection.

 

Cette parabole se trouve dans l’Évangile de Luc chapitre 16. La parabole s'inscrit en réalité dans la continuité d'un récit précédent ; toutes deux traitent de la condition des pharisiens et du système judaïque de l'époque. L'analyse des deux est nécessaire pour saisir pleinement le propos de Christ.

Luc 16:1-2 Jésus dit aussi à ses disciples : Un homme riche avait un économe, qui lui fut dénoncé comme dissipant ses biens. 2 Il l’appela, et lui dit : Qu’est-ce que j’entends dire de toi ? Rends compte de ton administration, car tu ne pourras plus administrer mes biens. (LSG)

Dans ce passage, le Messie visait directement le sacerdoce, dépositaire et intendant des oracles de Dieu (cf. le document Les Oracles de Dieu (No. 184)). Ayant failli à leur mission d'intendance, cette autorité devait leur être retirée.

 

En réaction, ils ont alors élaboré un plan visant à pervertir les lois de Dieu afin de préserver leur statut au sein des structures du monde. Ils y parvinrent plus tard par la déconstruction de la quasi-totalité des préceptes/aspects de la Loi de Dieu. Le calendrier a été modifié pour s’assurer que rien ne pourrait être observé aux bons jours. Ils s’en sont pris à l'Église, qui était héritière de la promesse de l'alliance, et ils ont essayé de la détruire.

 

Luc 16:3-9 L’économe dit en lui-même : Que ferai-je, puisque mon maître m’ôte l’administration de ses biens ? Travailler à la terre ? Je ne le puis. Mendier ? J’en ai honte. 4 Je sais ce que je ferai, pour qu’il y ait des gens qui me reçoivent dans leurs maisons quand je serai destitué de mon emploi. 5 Et, faisant venir chacun des débiteurs de son maître, il dit au premier : Combien dois-tu à mon maître ? 6 Cent mesures d’huile, répondit-il. Et il lui dit : Prends ton billet, assieds-toi vite, et écris cinquante. 7 Il dit ensuite à un autre : Et toi, combien dois-tu ? Cent mesures de blé, répondit-il. Et il lui dit : Prends ton billet, et écris quatre-vingts. 8 Le maître loua l’économe infidèle de ce qu’il avait agi prudemment. Car les enfants de ce siècle sont plus prudents à l’égard de leurs semblables que ne le sont les enfants de lumière. 9 Et moi, je vous dis : Faites-vous des amis avec les richesses injustes, pour qu’ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer. (LSG)

Dans ce passage, le Messie a établi une distinction fondamentale, au sein de la foi, entre les élus et les enfants de ce monde. Il y a une certaine forme de naïveté qui caractérise souvent les ‘enfants de lumière’. À l’inverse, les injustes, bien qu’appelés, ne sont point choisis (élus) et par conséquent, ils sont voués à l’échec. Le commentaire du Christ s'explique par le fait qu'ils ne sont pas encore soumis au jugement, ils agissent selon la sagesse de leur génération.

 

Les élus, quant à eux, sont éprouvés dans leur intendance, à l’instar des Lévites et des Pharisiens.

Luc 16:10-12 Celui qui est fidèle dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les moindres choses l’est aussi dans les grandes. 11 Si donc vous n’avez pas été fidèles dans les richesses injustes, qui vous confiera les véritables ? 12 Et si vous n’avez pas été fidèles dans ce qui est à autrui, qui vous donnera ce qui est à vous ? (LSG)

Le message ici signifie que les Lévites et les Pharisiens se sont montrés infidèles envers les lois de Dieu. Par conséquent, l'autorité était en train d’être retirée à Juda et à ses dirigeants. C’est pour cette raison qu’ils ont d'abord ridiculisé le Messie avant de l’envoyer à la mort.

 

Luc 16:13-18 Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. 14 Les pharisiens, qui étaient avares, écoutaient aussi tout cela, et ils se moquaient de lui. 15 Jésus leur dit : Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos cœurs ; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu. 16 La loi et les prophètes ont subsisté jusqu’à Jean ; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer. 17 Il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu’il ne l’est qu’un seul trait de lettre de la loi vienne à tomber. 18 Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et quiconque épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère. (LSG)

Dans ce passage, nous voyons la distinction entre la structure de ‘‘la loi et des prophètes’’ et la proclamation du Royaume de Dieu. Juda, ainsi que le sacerdoce Lévitique, ont été évincés de ce Royaume, au sein duquel seuls des individus entraient désormais par un effort et engagement résolu.

 

Ayant entendu ces paroles, les pharisiens tournèrent Christ en dérision. C’est alors que Christ a donné la parabole de Lazare, laquelle constituait à la fois une allégorie de l'Église, une prophétie concernant la résurrection physique de Lazare ainsi qu’une illustration de la relation entre Christ et son Église.

Luc 16:19-21 Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. 20 Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d’ulcères, 21 et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche ; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères. (LSG)

 

Il convient également de rappeler que l’Église fut la cible de persécutions atroces de la part des autorités juives au Moyen-Orient durant les premiers siècles, partout où ces dernières exerçaient leur pouvoir. C’est en raison de ces agissements qu’elles furent livrées à la captivité et à la dispersion. Elles refusèrent de se repentir et persistèrent dans leur voie.

 

La parabole se développe alors autour d'un thème centré sur la figure d'Abraham, employant un symbolisme pictographique pour expliciter la divergence de destin entourant l'homme riche — ce dernier étant asservi aux "richesses injustes" (mammon) mentionnées dans la parabole précédente. C’est à ce stade du récit que Lazare est explicitement nommé au fur et à mesure que le récit progresse.

 

Luc 16:22 Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. (LSG)

Le concept exposé ici traite de la Première et de la Deuxième résurrection. Lazare est porté dans le ‘‘sein d'Abraham’’, tandis que l'homme riche meurt et est simplement enseveli. La notion de ‘‘postérité d’Abraham’’ est explicitée dans les textes relatifs aux élus : ils constituent la véritable semence d'Abraham.

Galates 3:29 Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d’Abraham, héritiers selon la promesse. (LSG)

 

L’apôtre Paul a approfondi ces concepts dans l’Épître aux Romains, à partir de la fin du chapitre 8 jusqu’au chapitre 10.

Romains 10:1-9 Frères, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. 2 Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence : 3 ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu ; 4 car Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient. 5 En effet, Moïse définit ainsi la justice qui vient de la loi : L’homme qui mettra ces choses en pratique vivra par elles. 6 Mais voici comment parle la justice qui vient de la foi : Ne dis pas en ton cœur : Qui montera au ciel ? C’est en faire descendre Christ ; 7 ou : Qui descendra dans l’abîme ? C’est faire remonter Christ d’entre les morts. 8 Que dit-elle donc ? La parole est près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur. Or, c’est la parole de la foi, que nous prêchons. 9 Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. (LSG)

 

Ce processus établit une distinction entre les fils d'Abraham parmi les élus, dont Lazare est l’archétype, et ceux qui, bien qu'issus de la lignée biologique d'Abraham, n'appartenaient pas à Israël mais à Mammon, et sont ainsi voués à la Deuxième Résurrection. La fonction primordiale du récit est ici de traiter de la résurrection des morts.

 

Luc 16:23-24 Dans le séjour des morts, il leva les yeux ; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. 24 Il s’écria : Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue ; car je souffre cruellement dans cette flamme. (LSG)

L’expression tou hade [Grec] employée ici désigne la tombe (le sépulcre). C'est de ce lieu que s’opère la résurrection. Le récit démontre que le système Judaïque était consigné à la Deuxième Résurrection, mentionnée spécifiquement dans l’Apocalypse 20. Celle-ci se produit à la fin du règne Millénaire. Il s’agit de la résurrection de toute la ‘‘Maison d'Israël’’, évoquée dans Ézéchiel 37:11, et cette résurrection est dans la chair.

 

Luc 16:25-26 Abraham répondit : Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne ; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. 26 D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. (LSG)

Le récit s'articule ici autour de deux autres paraboles. La première est celle des brebis et des boucs, où le sort des nations est déterminé par leur traitement envers les élus. La deuxième concerne celle des élus qui sont raffinés par le feu de la persécution, tel que décrit aux chapitres 1 à 6 de l’Apocalypse. Le grand abîme auquel il est fait référence est la séparation ou le fossé résultant de l’échec de la ‘‘chair et du sang’’ à hériter du Royaume de Dieu. Juda, sous l’égide du sacerdoce Lévitique, ne pourra jamais hériter le Royaume de Dieu. C'est précisément pourquoi Paul affirme qu'ils ont du zèle, mais sans intelligence. Nous touchons ici au cœur de la parabole. La demande est faite d'envoyer Lazare vers la maison du père, laquelle désigne naturellement Juda. La réponse d'Abraham constitue la clé de l'énigme, tout comme la mention des cinq frères.

Luc 16:27-28 Le riche dit : Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père ; 28 car j’ai cinq frères. C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. (LSG)

Les cinq frères de Juda correspondent aux fils de Léa. Comme nous le savons, celle-ci eut sept enfants (six fils et une fille). Les cinq frères de Juda sont : Ruben, Siméon, Lévi, Issacar et Zabulon. Juda, Issacar et Zabulon formaient les trois tribus de la division orientale, placées en tête de l’ordre de marche. Elles sont suivies par Lévi, au titre du sacerdoce, puis par Ruben, Siméon et Gad pour la division du Sud et les suivants dans l'ordre de marche (cf. Nombre. 10). Ruben ayant perdu son droit d'aînesse et Siméon ayant été dispersé en raison de sa cruauté, il apparaît clairement que le texte désigne le peuple d'Israël constituant la nation appelée les Juifs. Issachar et Zabulon leur étaient associés et se situaient, à cette époque, au nord d'Israël. La mention des ‘‘cinq frères’’ est donc une référence aux fils de Léa permettant d'identifier sans ambiguïté Juda par rapport à ses demi-frères issus des autres tribus.

 

Luc 16:29-31 Abraham répondit : Ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent. 30 Et il dit : Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront. 31 Et Abraham lui dit : S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait. (LSG)

Dans ce passage, nous voyons qu'Abraham est présenté comme leur signifiant qu'ils disposent de l’enseignement de Moïse et des Prophètes pour leur instruction. Le texte affirme de manière explicite et catégorique qu'ils n'ont écouté ni l'un ni les autres. En dénaturant l'esprit de la Loi, ils en pervertissaient la substance même, un constat que l'apôtre Paul formulera également par la suite.

 

Le Messie place alors dans la bouche d'Abraham une interrogation sur l'improbabilité qu'ils puissent écouter un ressuscité, alors qu'ils refusent déjà de se conformer à la Loi.

 

La résurrection de Lazare fut donc d'abord exposée sous forme de parabole, puis accomplie dans les faits afin de manifester la puissance de Dieu et de valider le message du Messie concernant l'application juste de la Loi. Christ a été ridiculisé pour cet enseignement, car ses détracteurs comprenaient qu'il s'attaquait aux pharisiens (lesquels devaient plus tard engendrer le système rabbinique).

 

Bien qu'il ait accompli ce miracle, ils en conçurent de la haine, au point de conspirer pour mettre à mort le Christ ainsi que l'homme qu'il avait ressuscité. Ils finirent par l'exécuter, puis s'en prirent aux élus qui le suivirent en sa qualité de Fils de Dieu.

 

En conclusion, ce récit n'a absolument rien à voir avec les concepts du Ciel et de l'Enfer ou avec la doctrine de l'immortalité de l'Âme. Elle traite du salut de Juda et de leur refus ou incapacité à entendre la loi et la Parole de Dieu. Il traite de leur expulsion et de leur dispersion. Il s'agit d'une prophétie directe du Messie relative à la résurrection de Lazare : un signe et un prodige puissants destinés à avertir Juda du péril imminent.

 

Toutefois, ils restèrent sourds à cet avertissement, tout comme le christianisme traditionnel demeure sourd aujourd'hui.

 

 

 

 

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