Christian Churches of God

No. 230

 

 

 

L’Usage du Terme Hypostase

 

(Édition 1.0 19971214-19971214)

 

Hypostase est un terme fondamental du Trinitarisme. On y soutient que Dieu est constitué de trois hypostases en un seul ousia. Ces termes sont issus de la philosophie grecque et sont employés dans le Nouveau Testament ainsi que dans la Septante (LXX). Quelle est leur signification ? 

 

 

 

 

 

 

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 L’Usage du Terme Hypostase [230]

 


À l'origine, hypostase est un terme stoïcien qui correspond au terme platonicien ousia. Tous deux signifient en substance l’essence de l'être. Ils ont acquis un usage religieux à la suite des débats trinitaires, lesquels cherchaient à définir la Divinité en ayant recours à ces termes de manière distinctive. Dans le stoïcisme, l'hypostase représentait une manifestation de la Divinité, tandis que le terme platonicien ousia servait à représenter la Divinité dans sa globalité. La Divinité fut alors confinée à trois manifestations : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Chacune de ces manifestations était considérée comme l'un des modes par lesquels l'entité unique choisissait de se représenter. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit furent dès lors considérés comme des manifestations coégales et coéternelles d'un seul être. La distinction avancée était que lorsque l'un agissait, tous agissaient, excluant ainsi toute possibilité de comportement séparé. C’est ainsi qu’est proposée la notion absurde selon laquelle les hypostases sont distinctes mais non séparées.

 

Cette notion visait, en effet, à nier la capacité des élus à devenir des elohim ou theoi, tel que cela avait été enseigné par l'Église primitive et certainement compris par Irénée (voir le document Les Élus en tant qu'Élohim (No. 001) pour plus de notes). On soutint que le Christ n'était pas un fils au même sens que l'étaient les autres fils de Dieu au sein de l'Armée céleste, ou que le deviendraient les élus (voir également le document Le Socinianisme, l'Arianisme et l'Unitarisme (No. 185)).

 

Le terme hypostasis apparaît à plusieurs reprises dans le Nouveau Testament ainsi que dans la Septante (LXX). On le retrouve notamment dans le Psaume 68 (69):3 (LXX) ainsi que dans Ézéchiel 43:11. Le concept du terme est défini comme suit :

 

un arrangement ou une action de placer dessous ; une chose placée dessous, une sous-structure ou un fondement : Psaume lxviii (lxix) 3 ; [tou oikou], Ézéchiel xliii, 11... (Le Lexique grec-anglais de Thayer, pp. 644-645).

 

Le second sens est celui de : 

ce qui possède un fondement, ce qui est ferme ; par conséquent, a) ce qui possède une existence réelle ; une substance, un être réel : ... b) la qualité substantielle, la nature de toute personne ou chose.

 

C’est ainsi qu’il est employé dans Hébreux 1:3, où le Fils représente la réalité de Dieu.

 

Le texte grec se lit comme suit : 

os oon apaugasma tes dozes

lui qui est [le] rayonnement de [Sa] gloire

 

kai charakter tes hupostaseoos autou,

et [la] représentation de la réalité [de Son hypostase] de Lui,

 

pheroon te ta panta too remati tes dunameoos

et qui soutient toutes choses par la parole de la puissance

 

autou, katharismon toon amartioon poiesameos

de lui, après avoir accompli la purification des péchés,

 

ekathisen en dezia tes megaloosunes

s’est assis à la droite de la majesté

 

en upselois,

dans les lieux très hauts.

 

Ainsi, le mot ici signifie en fait réalité. Christ est donc une représentation de la réalité de Dieu. Cela revient à dire que nous sommes une représentation de la réalité de l'Église, et à affirmer que nous et l'Église sommes Dieu sous prétexte que nous sommes tous deux des représentations, ou hypostases, de la structure.

 

Les trinitaires tentent de nier la distinction et la subordination en utilisant un mot qui véhicule une réalité d'être. Il s'agit d'un jeu de mots.

 

Il existe une vérité significative dans le fait que vous, en tant qu'individu, et l'Église de manière générale, êtes tous des hypostases de Dieu. Or, les trinitaires rejettent cette extension. Ils s'efforcent de restreindre l'usage du terme à trois entités. Ainsi, l'Esprit Saint ne serait pas un mécanisme, mais une hypostase distincte. C’est là que réside l'hérésie et la raison pour laquelle la coexistence et l'union entre les élus et les trinitaires sont impossibles.

 

Le terme est également utilisé chez Josephus (Antiquités Judaïques 18:1,6) ; il signifie la confiance ou ferme assurance dans 2Corinthiens 9:4 (assurance) et aussi 11:17. Hébreux 3:14 l’utilise dans le sens de confiance ou d’assurance (Marshall), tout comme Hébreux 11:1 le traduit par « réalité » (Marshall) ou « assurance » (RSV), où la foi est la réalité ou l'assurance des choses à venir. Ainsi, la foi est une hypostase des choses qu'on espère. De ce texte, il ressort que toutes les manifestations de la divinité — qu’il s’agisse de la foi, du Christ, de l'Esprit Saint ou de la ferme assurance des élus — sont des hypostases de Dieu. Par conséquent, Dieu se manifeste dans plus d'une hypostase et dans plus de trois hypostases. La Trinité est donc une farce sélective.

 

L'usage du terme se retrouve aussi dans Ruth 1:12 (LXX) (pour le terme hébreu SHD 8615 ; tiqvah) lorsqu'elle dit « à supposer que je sois mariée », signifiant par là : « prenez cela comme une base de fait ». La supposition forme, pour ainsi dire, la base de l'être. Ézéchiel 19:5 (LXX) utilise hypostasis pour traduire l’espoir ou l’attente. Le Psaume 38[39]:8 l'utilise (pour SHD 8431 ; towcheleth) au sens de base ou fondement de l'espérance qui repose en Dieu. Dans Ézéchiel 19:5 (LXX), l'espérance de la lionne d'Israël reposait sur le jeune lion qui a péri (apooleto e hupostasis).

 

Ainsi, la foi est elle-même une hypostase en tant qu'essence de la réalité qu'est Dieu.

 

Les élus, par cette espérance en la foi à travers l'Esprit Saint, sont tous des hypostases de l’Unique et Véritable Dieu (Jean 17:3), étant cohéritiers avec Son Fils Jésus Christ en tant que [des] Fils de Dieu (Romains 8:17 ; Galates 3:29 ; Tite 3:7 ; Hébreux 1:14 ; 6:17 ; 11:9 ; Jacques 2:5 ; 1Pierre 3:7).

 

 

 

 

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