Christian Churches of God

[001]

 

 

 

Les Élus en tant qu'Elohim  

Les Doctrines Originelles de l’Église et l’Avènement de la Trinité

 

(Édition 2.5 19940311-19990322-20071112-20161215)

 

 

Ce document d’étude traite de la multiplicité des elohim dans la Divinité et du destin des élus à devenir elohim. La capacité à devenir elohim ou theoi était la vue de l’Église primitive. Ce document d’étude est relié aux documents d’étude de la série La Déité de Christ et aussi de la série Le Dieu que Nous Adorons et l'Esprit Saint.

 

    

Christian Churches of God

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(Tr. 2003, 2020, rév. 2021)

 

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Les Élus en tant qu'Elohim [001]

 

Aux troisième et quatrième siècles, l'Église a adopté un changement doctrinal par rapport à la position selon laquelle les élus existeront en tant qu’elohim ou theoi, qui était la position adoptée par Christ dans Jean 10:34-35 provenant du Psaume 82:6, et qui était la compréhension originale de l'Église. La position originale est expliquée en détail dans l'œuvre Dieu Révélé. Ce document d’étude s’intéresse à ce que dit réellement le texte de la Bible et à l'établissement du plan qu'il décrit. Après avoir établi le schéma biblique, son exactitude sera ensuite évaluée ou testée par rapport à la compréhension des premiers auteurs (écrivains) de l'Église. Les problèmes et les hypothèses sont décrits dans le document d’étude Dieu Révélé Chapitre 1 L’Ancien Monothéisme (No. G1).

 

La plupart des Lexiques hébreux-anglais enregistrent les différentes utilisations des mots. Les variantes d’utilisation des noms de la déité en sont extraites et expliquées dans un cadre trinitaire. Un tel paradigme exige que les textes soient expliqués dans un contexte qui ne rendrait pas absurde la doctrine de la Trinité. Par conséquent, certains, tels que Francis, Driver et Briggs ou Gesenius lequel est le plus largement utilisé (Robinson, tr. Brown, Driver, Briggs mise à jour), s'entendent pour expliquer les significations multiples des termes utilisés pour la déité et pour l'Armée, à l'intérieur d'un paradigme d'une religion en développement.

 

La discipline des Études Religieuses (Religious Studies) essaye aussi d'expliquer le contexte de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament dans des termes similaires. Cet arrangement convient aussi bien aux Trinitaires qu'aux agnostiques. Aux premiers, parce que le postulat qu'ils adoptent est que la forme finale de la structure n'a pas été développée avant le Concile de Chalcédoine (ca. 451 EC (ère courante)) en utilisant la métaphysique grecque, et aux derniers, parce que le concept d'un Dieu vivant écrivant une Bible inspirée est en désaccord ou en contradiction avec la nature syncrétique de leurs études. Nous nous intéressons aux mots mêmes des textes.

 

Les mots, normalement appliqués à la déité dans les sociétés israélites et non-israélites, sont également appliqués aux humains. Une telle application est une vision du monde cohérente du Moyen-Orient, qui voit également l'Armée céleste comme interagissant avec les êtres humains. L'examen de l'utilisation d'Eloah, elohim, el, elim (eliym) etc., l’équivalent hébreu ou chaldéen, et l’équivalent araméen, sont contenus dans l’ouvrage Dieu Révélé. Les exemples où Eloah (ou Elahh) est utilisé au singulier pour faire référence à un concept d'un dieu autre qu'Eloah, se trouvent dans 2Chroniques 32:15 ; Daniel 11:37-39 ; Habacuc 1:11. Eloah n'a jamais d'article, bien qu’Habacuc 1:11 le détermine par le suffixe et qu’il est trouvé une fois dans la construction dans Psaume 114:7 (voir l’ouvrage Theological Wordbook of the Old Testament, Harris ed., Moody, Chicago, 1980, p. 93). De telles préoccupations n'enlèvent rien au présent document d’étude. Par exemple, les textes dans l’ouvrage de Brown-Driver-Briggs-Gesenius à propos de El (SHD 410), à la page 42, montrent que le mot signifie dieu mais avec des diverses applications subalternes (ou subordonnées) pour exprimer des idées de pouvoir (puissance), et qu'il est appliqué aux hommes de pouvoir et de rang.

 

De même, elohim (SHD 430) est expliqué comme étant au pluriel en nombre et comme se référant aux dirigeants, ou aux juges, soit comme représentants divins dans des lieux sacrés, soit comme reflétant la majesté et le pouvoir divins. Par conséquent, le terme est étendu aux êtres humains aussi bien qu'à l'Armée angélique. Les textes bibliques montrent que cette simple explication du reflet de la majesté divine est le sens dans lequel les termes ont été appliqués dans la Bible. Ainsi, le nom portait l'autorité qui avait elle-même été conférée par Dieu. Ce sens est résisté par les Trinitaires.

 

Les œuvres Trinitaires qui cherchent à faire avancer les concepts de la Bible en tant qu’une structure en développement progressant vers la Trinité abondent. De bons exemples sont ceux de Karen Armstrong A History of God, Heinemann, London, 1993 et de M. C. LaCugna GOD FOR US: The Trinity and Christian Life, Harper, San Francisco, 1993. LaCugna admet (Enc. of Religion, l'art. ‘Trinity’) que ni l'Ancien Testament ni le Nouveau Testament ne contiennent une base pour la Trinité. L’ouvrage classique auquel il est fait référence pour de tels buts, est celui de W. F. Albright Yahweh and the Gods of Canaan, London, 1968. G. R. Driver développe le concept du mythe dans son ouvrage intitulé Canaanite Myths and Legends, Edinburgh, 1956. R. L. Fox va encore plus loin dans cette veine dans son ouvrage The Unauthorised Version: Truth and Fiction in the Bible (London, 1991). L'approche fondamentaliste Trinitaire a consisté à modifier (à changer) la traduction des textes bibliques pour déguiser les concepts, et à nier la pluralité du mot elohim. Josué 22:22 est un exemple. La Bible version LSG rend le texte :

Dieu, Dieu, l'Éternel, Dieu, Dieu, l'Éternel

 

Mark S. Smith dans l’ouvrage The Early History of God (Harper, San Francisco, 1990, page 8) note le texte hébreu est 'el'elohim yhwh 'el'elohim yhwh ou Dieu des dieux est yhwh Dieu des dieux est yhwh. Ainsi, El d'Elohim signifie le chef ou la tête d'une pluralité. Smith soutient que le texte expose l'assimilation du mot el en hébreu et son développement en un nom générique signifiant dieu. Smith explique le développement des concepts hébreux par le fait que les Cananéens se seraient imposés sur le culte de Yahweh, peut-être dès la période de l'Âge de Fer I, comme l’indique le corpus Ugaritique (Intr., p. xxvii). Il dit qu'à la fin de la Monarchie, le Yahwisme monolâtre était la norme en Israël, permettant le développement progressif du Monothéisme (ibid.). Smith admet l'importation de pratiques dans la religion d'Israël. Il soutient que certaines pratiques considérées comme syncrétiques appartiennent à l'ancien héritage religieux d'Israël (ibid., p. xxxi), et viennent, peut-être aussi, de la base linguistique Cananéenne, qui est essentiellement la même langue que l'hébreu. Smith essaye d'établir les revendications bibliques et les examine ensuite dans un cadre plus large.

 

Ce document d’étude cherche aussi à établir le cadre biblique, afin qu'il puisse être examiné plus largement, mais avec des conclusions différentes de celles de Smith. Cet examen est approfondi dans l'ouvrage Le Mysticisme Chapitre 4 Le Judéo-Christianisme (No. B7_4). Ainsi le cadre ne devrait donc pas être écrit d’après un préjugé sociologique. La structure doit être fidèlement reconstituée ou restaurée en supposant que le texte de la Bible signifie ce qu'il dit. Les préjugés Trinitaires interfèrent avec ce processus. Les Manuscrits de la Mer Morte, les textes Ougarit et de Nag Hammadi ont apporté un éclairage important (ou grandement mis en lumière) pour ce qui était réellement compris comme la signification des textes bibliques à l'époque de Christ et on y fait référence comme étant nécessaire.

 

Ce qui est important, c’est qu'aucun érudit (savant) sérieux ne nie que la Bible a été comprise, à l'époque de Christ, comme faisant référence à un Conseil des Elohim ou Elim et que ce terme s'étendait bien au-delà du concept d'une dualité ou d'une Trinité. Un ouvrage important sur le sujet est The Psalms: Their Origin and Meaning par Leopold Sabourin S.J., (Alba House, NY, la version révisée et mise à jour (post-1974)). Sabourin démontre le concept du Conseil des Elohim dans son œuvre. Aux pages 398 et suivantes, Sabourin énumère les utilisations d'Eloah, mais évite de traiter de la signification. À partir des pages 72-74, Sabourin aborde Psaume 86:8-10 ; 95:3 ; 96:4 ; 135:5. Les Bene Elim sont identifiés comme étant les Fils de Dieu, tout comme le sont les Bene Elyon (les Fils du Très-Haut). Aux pages 102-104, il mentionne les saints ou Les Consacrés [Les Saints] (qedosim) du Psaume 89:6-8 qui sont les serviteurs célestes (gardiens du ciel) de Dieu et que le terme est aussi utilisé pour les êtres humains fidèles. Ces êtres supraterrestres font partie des Bene Elim ou des Bene HaElohim. Les Bene HaElohim sont les Fils du(des) Dieu(x). Notant aussi le commentaire de Coppens (ETL, 1963, pp. 485-500) selon lequel le nom qedosim désigne, dans le Texte Massorétique, la Cour supraterrestre de YHVH, qui consiste en les elohim (pp. 102-103), Sabourin en dit :

Le concept d'une assemblée céleste n'est pas une forme purement littéraire, mais est un élément du modèle vivant de la foi israélite (p. 75).

 

Le modèle (le schéma) de l'utilisation des termes pour Dieu est d'un ordre étendu. Il ne fait aucun doute que la signification était comprise, que la langue soit écrite en hébreu ou en araméen ou en chaldéen. Le modèle (le schéma) est sans aucun doute d'un ordre étendu, qui incluait les êtres humains, et implique un Conseil que Christ a établi au Sinaï. Ces elohim sont mentionnés dans Exode 21:6, où le mot est traduit comme juges dans la version KJV de la Bible (Dieu dans la version LSG).

 

Le mot est donc reconnu comme étant pluriel dans ce cas ici et dans Exode 22:8-9, par sa traduction en tant que juges, mais le mot utilisé est elohim. Il existe cependant deux mots parfaitement valables et communs pour juge(s) en hébreu. Ceux-ci sont paliyl (SHD 6414 ; Exode 21:22 ; Deut. 32:31) et shaphat (SHD 8199 ; Nombres 25:5 ; Deut. 1:16 et suiv.). Ces mots étaient utilisés au moment où le mot elohim a été utilisé. Par conséquent, la distinction a été faite pour transmettre ou véhiculer un concept autre que celui de juge. Le concept, que le terme était destiné à transmettre, était celui de l'autorité de Dieu telle qu’elle était étendue à la congrégation d'Israël. Le Conseil de Direction (de Gouvernement) d'Israël faisait donc partie des Elohim. Cette extension était une réflexion du système céleste, comme cela a été noté dans Hébreux 8:5. Le modèle a été compris d'une façon consistante et cohérente partout dans l'Ancien Testament et il a été appliqué de la même manière dans le Nouveau Testament. C'était l'intention déclarée de Dieu que, à partir de cette alliance, Il écrirait la Loi dans le cœur et l’esprit des hommes et qu'ils n'auraient pas besoin d'enseignants (Héb. 8:10).

 

L'Ancien Testament démontre les rapports (relations) subalternes des Elohim et indique leur étendue. Il identifie également l'Ange de YHVH (lire le terme comme Yahovah, d’après les anciennes interprétations de Yaho des textes d'Éléphantine ; voir l’ouvrage de Pritchard The Ancient Near East: An Anthology of Texts and Pictures, Princeton 1958, pp. 278-282) et sa relation avec la Loi, qui est fondamentale à la question de la position et de l'autorité de Christ. L'identification progressive de l'Ange de YHVH commence à partir de Genèse 16:7 (voir la note en bas de page dans la Bible version NIV). Il est également identifié par des commentateurs en tant que l'Ange de la Présence (Ésaïe 63:9). Il y a également des cas où de multiples entités apparaissent et sont référées sous le nom de YHVH. Les exemples d’altérations (de changements) de YHVH en Adonaï (par les Sopherim) et ce, à 134 endroits, sont énumérées à l'Annexe 32 de la Bible Companion Bible (voir aussi l'Annexe 31 pour les quinze points extraordinaires et l'Annexe 33 pour les corrections ou amendements et l’ouvrage Introduction to the Hebrew Bible de Ginsburg, pp. 318-334 pour les détails).

 

L'Ange est apparu à Abraham et à sa famille. Agar a vu l'Ange (Genèse 16:7) qui a été appelé comme Vous Êtes le Dieu qui Voit. Il était un El. L'entité a été mentionnée de façon interchangeable comme l'Ange de Yahovah et Yahovah, Celui qui Lui Parle – ce qui implique la multiplicité. Cet Ange, qui était Yahovah, apparaît à Abraham dans Genèse 17 ; 18:3 (le premier des 134 changements (altérations) faits par les Sopherim ; voir Massorah, ss. 107-115 et Ginsburg, ibid.). Les substitutions affectant ce concept se trouvent à Genèse 18:3,27,30,32 ; 19:18 ; 20:4 ; Exode 4:10,13 ; 5:22 ; 15:17 ; 34:9 ; Nombres 14:17. Le mot Elohim a été traité de la même manière ; par conséquent, la liste exige d'être élargie. Les trois entités, qui sont apparues à Abraham, ont été appelées YHVH, sans distinction, et les deux Anges, dans Genèse 19, qui ont détruit Sodome, ont été adressés comme YHVH, à la fois ensemble et sans distinction, ce qui est probablement la raison du changement par les Sopherim. La destruction de Sodome a été faite par [les] elohim (Genèse 19:29). Donc, le titre de Yahovah ou YHVH est appliqué dans une structure hiérarchique allant de YHVH des Armées, le Dieu Très-Haut ou Eloah à l'Elohim d'Israël, qui est un dieu subalterne, puis aux deux Anges qui étaient à leur tour subalternes à cet Elohim. Le terme est donc un terme d'autorité déléguée par Eloah. L'elohim, qui était l'Ange de YHVH, est aussi apparu à Abimélec à Genèse 20:4 et suivants. Dans Genèse 21:17-30, elohim est mentionné comme l'Ange d'elohim.

 

Abraham était lui-même appelé elohim dans Genèse 23:6. Les termes sont traduits prince puissant dans la Bible version KJV mais les mots sont nâsîy ' (SHD 5387), un être glorifié en tant que roi ou scheik et elohim (SHD 430) ; de là, roi ou prince elohim.

Genèse 23:6 Écoute-nous, mon seigneur ! Tu es un prince de Dieu au milieu de nous ; enterre ton mort dans celui de nos sépulcres que tu choisiras ; aucun de nous ne te refusera son sépulcre pour enterrer ton mort. (LSG)

Les mots rendus prince de Dieu sont, en fait, prince elohim. C'est un peu incommode pour les Trinitaires et le Judaïsme moderne ; c'est pourquoi, ils l'ont tous les deux rendu par prince puissant. Ainsi, Abraham et Moïse ont tous deux été appelés elohim dans la Bible.

 

L'Ange de YHVH a été appelé elohim, Yahovah, et l'Ange de Yahovah dans le sacrifice d'Isaac, dans Genèse 22:11-12 (voir la Bible The Interlinear Bible). Cet Être subalterne (subordonné) n'était pas omniscient. Il est apparu dans Genèse 24:7,30-44,48 et n'était manifestement pas Eloah.

 

L'Ange de YHVH s'est révélé à Jacob comme le El BethEl ou le Dieu (El) de la Maison de Dieu, de là, le Grand Prêtre (Souverain Sacrificateur) de la Maison de Dieu (Genèse 28:21-22). Ce YHVH, l'Elohim des Patriarches et le El de la Maison de Dieu, s'identifie plus tard comme l'Ange de HaElohim ou du(des) Dieu(x) (Genèse 31:11-13). Cet elohim instruit Jacob (Genèse 35:1-13). Genèse 35:11 et suiv. utilise AbiEl ou Dieu est Mon Père. Le terme Elohim Abi El Shaddai a également la signification de Dieu qui Adore le Dieu Tout-Puissant (voir le document d’étude Dieu Révélé Chapitre 1 L’Ancien Monothéisme (No. G1)). Cet Ange était le Peniel ou le Visage [Face] de Dieu (Genèse 32:24-30). Osée identifie cet Ange comme étant un elohim (Osée 12:2-9). Cet Ange, un des elohim, était l'Elohim (ou le Capitaine) de l'Armée (Elohi ha Tseba'avch) appelé à tort Dieu des Armées (supprimant la référence au Le).

 

Il était un 'ach elohim ou Frère Elohim, ce qui dénote une relation familiale plus large des elohim. Amos 9:5 a également une signification similaire qui s'accorde avec Josué 5:15. Cet Ange était le Commandant de l'Armée ou le Capitaine de l'Armée de Dieu. Yahovah est Son Mémorial semble être un autre terme pour l'Ange. Le concept de sceau ou de marque est probablement issu d'Exode 3:15 (Mon Nom est Mon Mémorial). Jacob considérait cet elohim comme l'Ange de la Rédemption (Genèse 48:15-16).

 

Cet Ange de YHVH s’est adressé à Moïse sur la Montagne du(des) Dieu(x) (HaElohim) et s'est identifié comme l'Elohi d'Abraham, d'Isaac et de Jacob (Exode 3:1-6,10-12). Il se distingue de Eloah, et est un messager pour Eloah, le Dieu des Armées ou le Dieu Très-Haut. Cet Être était l'Ange dans la Nuée de l'Exode (Exode 13:21 ; 14:19 (notez l'identification interchangeable)) qui était également le YHVH qui repoussait la mer (Exode 14:21), le YHVH dans le Pilier [Colonne] de Feu et de Nuée (Exode 14:24). Il a donc des titres interchangeables. C'est lui qui a donné la Loi à Moïse et qui a établi les soixante-dix Anciens d'Israël (Exode 24:9-18). Deutéronome 5:30-33 identifie cette entité comme étant YHVH et il est un messager de YHVH des Armées, que Christ dit qu'aucun homme n'a jamais vu et dont aucun homme n'a entendu la voix (Jean 5:37 ; 6:46). Cet Ange a été compris comme étant la Présence de Dieu et, de là, l'Ange de la Présence. Il est un Dieu subalterne (subordonné), désigné comme Elohi d'Israël par son Dieu au-dessus de ses compagnons [collègues] (Psaume 45:6-7 ; voir aussi Hébreux 1:5-13 ; Romains 15:6 ; Éphésiens 1 jusqu’au chapitre 3). Le YHVH a envoyé cet Ange pour sortir Israël d'Égypte (Nom. 20:16) et pour chasser les habitants de Canaan (Exode 33:2-3). Cet Ange était le YHVH qui parlait à Moïse face à face (Exode 33:11) et Moïse ne les a pas différenciés d'aucune façon significative (Exode 33:12-17). Ainsi, la présence de Dieu était considérée comme étant dans l'Ange qui était son visage ou persona, ce qui est le mot latin pour visage ou masque, duquel le terme personne est dérivé et qui est incorrectement appliqué et confiné dans la Trinité.

 

Cet Ange de YHVH est resté avec Israël pendant la période des Juges et il est appelé YHVH (voir Juges 6:11 et suiv.). L'Ange est appelé Adonaï (v. 13) et YHVH (v. 15) (modifié par les Sopherim), et l'Ange d'Elohim (v. 20). Cet Ange est également appelé YHVH Shalom ou Il Cause la Paix ; de là, il est le Prince de la Paix, un titre du Messie. Gédéon a prié et sacrifié Au Dieu et non à cet elohim (Juges 6:36), bien que cet elohim ait permis à l'Esprit du Seigneur d'entrer dans Gédéon (Juges 6:34).

 

L'Ange est apparu aux parents de Samson et a été appelé elohim (Juges 13:19-20). L'Ange a déclaré son nom comme pel'iy (Juges 13:18), ce qui est proche de merveilleux, qui est un titre du Messie (d'Ésaïe 9:6). L'Ange apparaît au temps des Rois (2Samuel 24:16, 1Chron. 21:12-30). Cet Ange est un médiateur entre le Ciel et la Terre (1Chroniques 21:16). L'Ange de YHVH était le YHVH qui a parlé par le biais du prophète Gad (v. 18). La version dans Samuel montre que deux YHVH sont impliqués : l'Ange de YHVH et le YHVH pour qui le sacrifice est fait. YHVH commande donc l'Ange (1Chron. 21:27). David a été motivé par la crainte de l'Ange de YHVH ; c’est pourquoi, il a déplacé le Temple ou la Maison du Dieu (1Chron. 22:3).

 

L'Ange de YHVH est apparu à Élie et a été appelé YHVH (1Rois 19:5-12). Il a parlé en condamnant le roi à 2Rois 1:3. À 2Rois 1:15, Il a parlé au nom de ou pour YHVH,  qui est identifié comme YHVH des Armées à 2Rois 19:31-32 ; 2Chroniques 32:31 ; Ésaïe 37:33-36 traite du Yahovah qui parle à Ésaïe. Cet Ange de YHVH, Dieu intermédiaire d'Israël, est le protecteur d'Israël (Psaume 34:7).

 

Les formes respectueuses de renvoi à Yahovah et à son Supérieur, Yahovah des Armées, se trouvent dans Ézéchiel (voir aussi SHD 3068, 3069). Yahovah se réfère à Yahovah des Armées comme Yahovih (par exemple, dans Ézéchiel 16:36 ; 31:10,15 ; 36:5 ; 38:10,14 ; 39:8 etc.). Le dabar Yahovah ou la parole de Yahovah est la forme normalement utilisée dans Ézéchiel. Ézéchiel 31:1 et suivants., se réfère au Jardin du(des) Dieu(x) (HaElohim). Adonaï Yahovih est utilisé pour cette prophétie dans Ézéchiel 29:8, ce qui implique une distinction entre la Parole de Dieu et l'utilisation d'Adonaï Yahovih. Le concept hébreu évolue donc de Memra, qui a été traduit logos dans le Nouveau Testament grec.

 

L'Ange ou la Parole de Dieu en tant que Memra est compris pour être le Messie. Zacharie 3:1-9 montre l'Ange en tant que Juge et il est identifié comme YHVH et l'Ange de YHVH. Satan est l'accusateur. L'Ange a le pouvoir de juger et il est ainsi le juste juge des Testaments et l'Elohim de Psaume 82:1, qui se tient dans la Congrégation des El et qui juge parmi les elohim. La référence s’étend pour inclure le Rameau (la Branche), le serviteur de YHVH. Psaume 110:4 étend le sacerdoce Aaronique à celui de Melchisédek à travers cette entité. Les Manuscrits de la Mer Morte montrent que le Judaïsme attendait un Messie de deux avènements (voir G. Vermes Les Manuscrits de la Mer Morte en anglais, en particulier Anthologie Messianique et la traduction des treize fragments de la grotte XI).

 

La lignée du Messie était celle de Nathan et de Lévi (voir Zach. 12:10 ; d’où Luc 3). L’Anthologie Messianique attire l'attention sur les promesses faites à Lévi, mentionnées dans Deutéronome 33:8-11 et 5:28-29. Le texte identifie le prophète de Deutéronome 18:18-19 comme se référant au Messie, tout comme Nombres 24:15-17. Le Messie d'Aaron et le Messie d'Israël étaient la même personne, d’après le Règne de Damascus (VII) et le fragment non publié de la grotte IV (Vermes, p. 49). Les traductions du Qumran désignent Melchisédek comme Elohim et El. Cela provient du sens du jugement final administré par le sacrificateur (prêtre) Messianique et par le sacerdoce. Ésaïe 52:7 utilise elohim dans le contexte de l'avènement Messianique à Sion (voir Héb. 12:22-23). Il était compris comme étant identique à l'Archange Michel et était le chef des Fils du Ciel ou des Dieux de Justice. C’est pour cela que certaines sectes Judaïques ont identifié le Messie comme étant Michel (à partir de Daniel 12:1). C'était l'ancienne doctrine Adventiste du Septième Jour jusqu'en 1931 et à la mort d'Uriah Smith, et elle a duré jusqu'en 1978, date à laquelle ils ont adopté le Trinitarisme.

 

Le Messie est également supposé être Melchisédek. Cette hypothèse est fausse. Le Messie est le Grand Prêtre (Souverain Sacrificateur) de l'ordre de Melchisédek, le sacerdoce de Dieu. Le nom Melchisédek signifie Mon Roi est la Justice ou Mon Roi est la Vertu (justice et vertu étant synonymes, voir les Manuscrits de la Mer Morte en anglais par Vermes). Si Melchisédek était le Messie, il y aurait alors un sérieux problème avec l'incarnation et le sacrifice. L'hypothèse Chrétienne selon laquelle Melchisédek est le Messie repose sur une mauvaise compréhension des textes dans Hébreux 7:3. Les termes sans père, sans mère et sans généalogie (apator etc.) font référence à l'exigence d'avoir la lignée Aaronique enregistrée (Néhémie 7:64) pour faire partie du sacerdoce Lévitique. Les termes début de jours et fin de vie se réfère à l'exigence de commencer ses fonctions à trente ans et de les cesser à cinquante ans (Nombres 4:47). Le Grand Prêtre (Souverain Sacrificateur) succédait au jour de la mort de son prédécesseur. Melchisédek n'a pas une telle exigence. Hébreux note qu'il était un homme (Héb. 7:4). Il a été fait comme le Fils de Dieu (Héb. 7:3), mais il n'était pas le fils de Dieu, qui était un autre prêtre [sacrificateur] (Héb. 7:11).

 

Ainsi, tous les élus peuvent participer au sacerdoce à perpétuité, étant faits ou rendus semblables au fils de Dieu, indépendamment de leur lignée et de leur âge. Quant à savoir qui était Melchisédek, nous ne pouvons que conjecturer (voir le document d'étude Melchisédek (No. 128)). Les Esséniens ont mal interprété le texte de façon messianique, comme l'ont fait certains fondamentalistes modernes. Hébreux semble avoir été écrit pour corriger cette erreur, mais il a, lui aussi, été mal interprété. Le Midrash soutient qu'il était Sem (Rashi) étant roi (melek) d'un lieu juste (tsedek) (Abraham ibn Ezra et Nachmanides). Ce lieu était là où le Temple serait construit pour la Présence Divine, ce que le Midrash attribue à Jérusalem dans l'ensemble, d’après le texte la Justice a logé chez elle (Ésaïe 1:21) (ibn Ezra et Nachmanides, voir Soncino, la note de bas de page à Genèse 14:18).

 

Mais, ce qui est le plus important encore, c’est que le concept d'un Conseil des Elohim était absolu et est indéniable, comme étant la signification correctement comprise des textes de l'Ancien Testament impliquant les elohim. La structure subalterne (subordonnée) des Elohim est comprise d'une part, mais mal comprise par rapport à Michel et à Melchisédek.

 

YHVH Sabaoth ou YHVH des Armées est le nom de Dieu (d'Ésaïe 51:15 ; 54:5 ; Jérémie 10:16 ; 32:35 et suiv. ; Amos 4:13 ; 5:27), qui est Eloah. Cet Être a un fils, peut-être d’après la lecture du texte à 1Chroniques 22:11 (plutôt que hayah SHD 1691), comme le Fils de Yehi Yahovah. Il est certain que Eloah a un fils, d’après Proverbes 30:4-5. Par conséquent, le fils d'Eloah semble être l'Elohi d'Israël, mais il n'est pas l'objet de la prière et du sacrifice.

 

Cet Elohim, oint par son Dieu, ayant un trône des elohim (Psaume 45:6-7), se tient alors dans l'Assemblée des El et juge parmi les Elohim (Psaume 82:1). De là :

Psaume 82:8 Lève-toi, ô Elohim, juge la terre ! Car toutes les nations t'appartiennent.

 

Le résultat final de cette activité de l'Ange de YHVH en tant qu’Elohim est étendu à la maison de David dans l'Ancien Testament. Il est, par conséquent, absolument sûr, d'après l'Ancien Testament, que le destin des élus, en tant que la maison de David comme Roi d'Israël, est de devenir aussi elohim, comme l'Ange de YHVH à leur tête.

Zacharie 12:8 En ce jour-là, l'Éternel protégera les habitants de Jérusalem, et le faible parmi eux sera dans ce jour comme David ; La maison de David sera comme Dieu, comme l'ange de l'Éternel devant eux. (LSG)

 

Le terme devant eux est traduit ailleurs par à leur tête. Ainsi, l'Ange de YHVH était l'elohim à la tête de la maison d'Israël. Cet Être ne peut être que le Messie.

 

L'Ancien Testament envisage donc une avancée dans le statut d'Israël. La maison du roi est promue (avancée) au rang d'elohim, gouvernant depuis Jérusalem parmi les nations. Nous voyons que ce concept n'est pas physique et n'est pas développé dans le Nouveau Testament.

 

Le Nouveau Testament (Actes 7:38) confirme que c'est un Ange qui est apparu au Sinaï et qui a parlé à Moïse et qui lui a donné la Loi (Actes 7:53), et identifie Christ comme cet Ange de l'Ancien Testament. De plus, le Nouveau Testament (Héb. 1:8-9 citant le Psaume 45:6-7) démontre de façon concluante la subordination et l'obéissance de Christ.

 

Le mot ou le nom singulier appliqué au Dieu Très-Haut est Eloah. Il est appliqué à Dieu le Père et il n'a jamais été utilisé pour se référer à Christ. Le terme générique qui est utilisé pour se référer à l'ordre étendu de l'Armée opérant sous l'autorité de Dieu est Elohim.

 

Les Elohim agissent à la fois comme un Conseil parmi l'Armée et pour l'humanité. La position déclarée par les Trinitaires selon laquelle le Conseil est celui des magistrats à Jérusalem est une présomption dérivée des commentaires dans l'Exode. Au premier siècle, il était admis que le rang d'Elohim ou de Theoi s'étendait à l'humanité, et autant Philon que Josephus comprenaient qu'il s'étendait à Moïse. La position Chrétienne était celle exposée par Irénée. Ce fait est bien compris par les érudits modernes. Par exemple, Gregg et Groh se réfèrent à Irénée qui a dit :

Il n'y a aucun autre appelé Dieu par les Écritures, sauf le Père de tous et le Fils, et ceux qui possèdent l'adoption (Early Arianism - A View of Salvation, Fortress Press, Philadelphia, 1981, p. 68).

 

Irénée utilisait le terme grec theoi qui était l'équivalent du terme hébreu elohim. L’hypothèse moderne est que, d’après cette déclaration, l'Armée angélique n'était pas incluse dans ce terme.

 

À savoir, il est considéré qu’ils étaient inférieurs à l'humanité (d'après une mauvaise compréhension de 1Cor. 6:3, qui se rapporte entièrement à l'Armée déchue) ou qu’ils ne possédaient pas l'adoption, ce qui pour eux était inutile. Les premiers théologiens considéraient l'Armée déchue comme capable de se repentir (cette position est davantage développée dans l'ouvrage Dieu Révélé).

 

La recherche moderne démontre que le Judaïsme a reconnu une dualité de la Divinité - à savoir un Dieu suprême et un Dieu subalterne (subordonné) et ce, jusqu'au Moyen Âge (voir Peter Hayman Monotheism: A Misused Word In Jewish Studies ? JJS 42 (1991), 1-15; Margaret Barker The Great Angel: A Study of Israel’s Second God, SPCK, London, 1992 ; et aussi Hurtado One God, One Lord: Early Christian Devotion and Ancient Jewish Monotheism, Fortress/SCM ; son article dans Dictionary of Jesus and the Gospels (éds. Green McKnight and Marshall, Inter-Varsity Pres, 1992) ; et son œuvre non publiée What do we mean by "First-Century Monotheism"? (Journal de recherche de l'Université du Manitoba). L'ouvrage Theological Wordbook of the Old Testament (Lexique Théologique de l'Ancien Testament) (93c) rejette l’idée que l'origine d'Elah, le nom biblique araméen de Dieu, comme étant dérivée de deux Dieux, El et Ah (une abréviation d’Ahyeh ou "je serai", tel que le suggère Feigin (JNES 3:259)). Il ne fait guère de doute que l'entité Eloah est le Dieu Très-Haut et que la dualité des déités israélites implique directement une forme supérieure et une forme subalterne.

 

Lorsque l’on parle de Dieu Très-Haut, Il est distingué du YHVH subalterne par l'épithète YHVH des Armées, ou l'Elyon, la désignation du Très-Haut. L’argument en faveur du développement du concept de Dieu est présenté par Smith (loc. cit.). Il affirme que le Dieu original d'Israël était El. C'est parce que El n'est pas un nom Yahwistique. C’est pourquoi El était le Dieu en chef original du groupe nommé Israël. Smith s'appuie sur Genèse 49:24-25, qui présente les noms de El séparément de la mention de YHVH au verset 18. En outre, Deutéronome 32:8-9 attribue à YHVH le rôle d'un des fils d'El, ici appelé Elyon.

Quand le Très-Haut (elyon) a donné aux nations leur héritage, quand [I]l a séparé l'humanité, [I]l a fixé les frontières des peuples selon le nombre d'êtres divins. Car la part de Yahweh est son peuple, Jacob son héritage assigné (Smith, p. 7).

 

La Soncino traduit le Texte Massorétique (TM) comme selon le nombre des enfants d'Israël. Ainsi, le lien est limité aux douze tribus et aux territoires Cananéens, mais seulement par le rabbin Rashbam.

 

Le TM lit bene yisrael, tandis que la Septante (LXX) lit aggelon theou et le Qumran lit bny 'ilhym [ou bene eliym] (cf. Smith, la note 37, qui mentionne aussi Meyer et Skehan BASOR 136 (1954):12-15 (cf. la Première Épître de Clément, qui utilise aggelon theou) et le texte de Ben Sira 17:17, qui reflète l’exégèse postérieure de Deut. 32:8, qui implique un dirigeant divin pour chaque nation). Ainsi, les plus anciens textes confirment ce qui précède et le Texte Massorétique semble avoir été modifié à une date postérieure. La Bible version RSV adopte ce point de vue et rend le texte comme Fils de Dieu.

 

La répartition des nations en fonction ou selon le nombre des fils de Dieu ou des Elohim/eliym démontre encore plus clairement l'ordre étendu. Au lieu de soutenir la thèse d'une structure en développement, elle soutient plutôt une structure étendue déguisée par le Judaïsme des Pharisiens et ce déguisement est soutenu, sans défi ou contestation sérieuse par les Trinitaires.

 

Smith lui-même dit :

Tout comme il existe peu de preuves que El soit un Dieu israélite distinct durant l'ère des Juges, Asherah est aussi peu attestée comme une déesse israélite distincte à cette époque. Des arguments ...  reposent sur Juges 6 où elle est mentionnée avec Baal.

 

La compréhension régionale en tant qu’une structure étendue de l'elim n'est pas pleinement appréciée par les érudits. La théorie d'intégration syncrétique est utilisée pour expliquer les titres et les hiérarchies variables. Cependant, cela n'était pas aussi confus parmi les nations que ce que certains érudits voudraient nous le faire croire. La suggestion selon laquelle les élus seraient elohim est prise comme un fait dans l’ouvrage Epic of Gilgamesh (l'Épopée de Gilgamesh) où Noé (Uta-Napishtim) est fait un des elim ou elohim (voir la Nouvelle Encyclopédie Larousse de la Mythologie, Ch. sur la Mythologie Assyro-babylonienne, Hamlyn, 1984).

 

Le soi-disant Yahweh (ou plus correctement, Yahovah), auquel il est fait référence ci-dessus, dans Deutéronome 32:8-9, est le Yahovah subalterne d'Israël à qui Israël avait été alloué, en tant que nation clé de la restauration. La répartition des nations en fonction du nombre d'êtres divins s'étend ici au-delà des trente, car il était entendu qu'il y avait soixante-dix nations ou langues. Par conséquent, on peut déduire qu'il était entendu qu’il y avait soixante-dix elohim divins dans le Conseil des Elohim en entier.

 

Le Sanhédrin ou Conseil des Anciens établi au Sinaï était un prototype de l'ordre étendu. Le fait est que les veilleurs nationaux ou elim ont résisté à Dieu et au YHVH d'Israël est noté dans Daniel 10:13 (cf. Deut 32:18). Ainsi, le Conseil étendu a dû avoir un nombre significatif d'Elohim qui se sont rebellés. Ces entités doivent être remplacées à partir des rangs des élus dès la Première Résurrection.

 

Harvey (dans Jesus and the Constraints of History, dans le Chap. The Constraint of Monotheism, Westminster Press, Philadelphia, 1982) note que des termes honorifiques sont utilisés pour décrire des personnages autres que Dieu. Moïse est qualifié de divin. Il est appelé Theios dans Josephus (Antiquities of the Jews 3:180 ; 8:34,187 ; 10:35) et aussi dans Philon (e.g. Vita Moses 1:158). Harvey considère que la référence à Moïse comme étant divin est un phénomène linguistique qui ne qualifie pas la divinité unique qui est Dieu.

 

Cependant, aucun des commentateurs ne semble conscient que c'est Dieu qui a fait de Moïse un Elohim et qui l'a placé comme Elohim pour l'Égypte, faisant d'Aaron son prophète. Ces termes ne sont utilisés que pour désigner l'agence divine, mais il est démontré que la délégation ne vient pas seulement du Dieu Très-Haut à l'Ange de la Présence, mais également à Moïse, qui a été la première preuve biblique spécifique que nous ayons, que le rang d'Elohim a été étendu à l'humanité et ce, par ordre direct de Dieu (voir Exode 4:16 ; 7:1). Si le rang d'Elohim n'avait pas pu être délégué sur ordre d'Eloah, alors Dieu Lui-même aurait forcé Pharaon à violer le Premier Commandement en faisant de Moïse un Elohim pour Pharaon. C'est-à-dire que Pharaon aurait eu un autre Elohim devant Dieu.

 

Cependant, le Commandement ne signifie clairement pas cela. Par cette nomination, Dieu démontrait que le terme devant ou à côté de signifiait spécifiquement à la place de ou sans la délégation et l'autorité de. Par conséquent, Dieu pouvait nommer l'Elohim subalterne d'Israël dans Psaume 45:7 sans affecter le sens et l'autorité du Premier Commandement. L'utilisation du terme Elohim par délégation aux magistrats, en tant que juges à Jérusalem, est considérée comme impliquant que le terme comme Dieu ne s'étend donc pas au-delà de trois hypostases en réalité. Un tel raisonnement absurde semble inverser complètement la façon de penser de l'Ancien Testament.

 

Le terme Elohim a été appliqué autant à l'Armée angélique qu'à ceux en autorité dans le sacerdoce, spécifiquement à Moïse, pour démontrer que le rang d'Elohim, et l'unité de Dieu et de Sa nature, s'étendrait pour englober l'humanité. Si l'inverse était le cas, le sacerdoce serait engagé dans un blasphème alors permanent.

 

Le terme elohim est un mot pluriel qui est utilisé pour se référer à l'Armée angélique, ou à Dieu agissant à travers ou avec l'Armée angélique. Cela démontre en soi que le terme elohim est un mot pluriel qui étend le concept et l'autorité de Dieu à une structure subalterne (subordonnée). Dans Genèse 35:7, le terme elohim a un verbe au pluriel ; mais il est traduit par Dieu s’était révélé plutôt que les Dieux s’étaient révélés. La Soncino note que :

Elohim qui décrit Dieu sous l'aspect de l'Autorité, peut être utilisé au pluriel ; mais aucun autre mot signifiant Dieu n'est jamais employé de cette façon.

 

La Soncino poursuit en notant que l'autorité rabbinique Abraham ibn Ezra a compris que ce texte se réfère aux anges. Ce texte peut être développé pour démontrer qu'il faisait référence à l'Ange de la Présence ou au Messie. L'aspect significatif est que la logique de l'utilisation du terme elohim ici est reconnue pour s'étendre à l'Armée angélique. Par conséquent, le concept de l'extension de la capacité d’être elohim à l'Armée était reconnu au sein du Judaïsme. Sur le plan biblique, l'extension aux élus a commencé au moins dès Moïse.

 

La référence à Ésaïe 44:8, offerte par les Trinitaires pour démontrer que YHVH est un Elohim, est tout simplement fausse. Ésaïe 44:6-8 déclare :

Ainsi parle Jéhovah, le Roi d’Israël, et son Rédempteur, Jéhovah des [A]rmées : je suis le Premier et je suis le Dernier ; et il n’y a point d’autre Dieu que Moi … Y a-t-il un Dieu à côté de moi ? Oui il n’y en a aucun. Je n’ai pas connu de rocher. (Interlinéaire)

 

Il est affirmé que Yahovah (traduit incorrectement Jéhovah) est un ici mais le texte, en fait, parle de deux entités, Yahovah, le Roi d'Israël, et Yahovah des Armées. Yahovah le Roi d'Israël parle de Yahovah des Armées. Green a traduit le texte en insérant et avec son Rédempteur pour faire apparaître que les deux sont mentionnés comme étant une seule entité. De même, il a traduit le mot biladay (SHD 1107) par sauf dans Ésaïe 44:6 et par à côté de dans Ésaïe 44:8. Cependant, le sens de sans ou à côté de est celui qui est transmis ici.

 

Ésaïe 44:8 identifie clairement cette entité dont on parle, à savoir YHVH des Armées, comme étant Eloah. Eloah est un mot singulier qui est attribué ou se réfère uniquement à Dieu le Père ou au Dieu des Armées. D’après Proverbes 30:4-5, nous savons que cet Eloah est Dieu le Père et qu'Il a affirmé avoir un fils dans Sa relation de l'Ancien Testament avec Israël. Le Judaïsme, l'Islam et le Christianisme biblique adorent cette entité comme Le Dieu Unique et Suprême. Le Yahovah d'Israël est identifié, comme nous l’avons vu plus haut, en tant que l'Ange de la Présence, qui est le Messie. Le texte démontre qu'il y a ici deux YHVH, le YHVH subalterne (subordonné) d'Israël proclamant l'ascendant de YHVH des Armées. Ce YHVH des Armées est Eloah et à côté de Lui et, en effet, sans Lui, il n'y a pas d’Elohim. Ce concept constitue la base du Premier Commandement. Par conséquent, le YHVH d'Israël est ici séparé et subalterne.

 

Le Dieu subalterne d'Israël, l'Ange de YHVH qui est le Messie, est le Grand Prêtre (Souverain Sacrificateur) de la Maison ou du Temple de Dieu. Il est le El BethEl. Hébreux note sa nomination directement du Psaume 45:6-7. Il ne fait aucun doute que cet elohim a été oint et nommé par-dessus ses partenaires (metoxous) ou ses camarades (Héb. 1:9) au sein du Conseil. Le Conseil des Elohim, dont il est le dirigeant en tant que Grand Prêtre (Souverain Sacrificateur), se reflète dans l'organisation du Temple, le Temple de Sion étant un exemple et une ombre de la structure céleste (Héb. 8:5). Le Haut Sacerdoce du Temple se compose de vingt-quatre Grands Prêtres (Souverains Sacrificateurs) divisionnaires et d’un Grand Prêtre (Souverain Sacrificateur) central. L'organisation est reflétée dans le Conseil des Anciens dans Apocalypse 4 et 5. Ce Conseil des Anciens/Elohim est mentionné partout dans toute la cosmologie du Moyen-Orient et évoqué de la Sumeria à l'Égypte, ce qui démontre que la structure biblique était largement connue (voir également Eliade Gods, Goddesses and Myths of Creation, Harper and Row, New York, 1974, pp. 21-25).

 

Psaume 9:5-8 se réfère à YHVH qui est fidèle dans l'assemblée des saints (la multitude). Il est le plus élevé des Fils du Puissant (ou des Eliym (le pluriel de El), c'est-à-dire des Dieux). El est grandement craint ou très redouté dans la congrégation (l'assemblée ou conseil intérieur) des saints (qadoshim ou consacrés [saints]). Yahovah, le Dieu des Armées, est l'entité mentionnée comme étant entourée de fidélité. Apocalypse 4 et 5 montrent que ce groupe comptait trente entités dont quatre Chérubins ou Créatures Vivantes. Par conséquent, trente pièces d'argent (ce qui est aussi le prix d'un esclave) étaient nécessaires pour la trahison de Christ (Matt. 27:3,9 ; cf. Zach. 11:12-13) car il s’agissait d’une offense contre la Divinité tout entière. Les Anciens sont chargés de surveiller les prières des saints (Apocalypse 5:8) et Christ est leur Grand Prêtre (Souverain Sacrificateur), celui qui, parmi eux, a été trouvé ou jugé digne d'ouvrir le livre [le rouleau] du Plan de Dieu ayant racheté les hommes et en ayant fait d’eux un royaume et des prêtres (sacrificateurs) pour notre Dieu, c'est-à-dire le Dieu du Conseil et de Christ (Apocalypse 5:9-10).

 

La rançon des hommes fait partie d'une restauration des temps de la fin qui se produit lors de la seconde venue du Messie comme Roi d'Israël ; sa première venue étant comprise comme le Messie d'Aaron. Ce premier avènement Messianique était pour l'expiation du péché et pour l'établissement du sacerdoce de Melchisédek. La restauration des temps de la fin était comprise comme étant une extension des elohim telle que décrite dans Zacharie 12:8. Dans la restauration des Derniers jours, quand le Messie viendra à Sion, comme cela a été compris d'Hébreux 12:22-23, la séquence de l'Avènement implique la défense de Jérusalem et le renforcement des habitants physiques de la ville pour le règne millénaire. Cependant, comme nous l’avons noté ci-dessus, Zacharie continue en déclarant :

En ce jour-là, l'Éternel protégera les habitants de Jérusalem, et le faible parmi eux sera dans ce jour comme David ; La maison de David sera comme Dieu (elohim), comme l'Ange de YHVH devant eux.


La signification de ceci, c’est qu'il a été donné à Zacharie de comprendre que l'Ange de YHVH était un elohim et que la maison de David (qui était mort depuis longtemps) devait être composée de ceux qui seraient eux-mêmes elohim faisant partie de la Maison de David. Zacharie a écrit à la fin de la période de la Bible, son livre étant l’un des derniers livres à avoir été écrits (prétendument ca. 413-410 AEC (Avant l’Ère Courante) ; l’annexe 77 de la Companion Bible y fait référence). La compréhension de la séquence n'a donc pas été altérée pendant la durée de la compilation du texte. Grâce aux Manuscrits de la Mer Morte, aux textes Ugarit/Nag Hammadi, nous savons que la compréhension était intacte à l’époque de Christ.

 

L'Église a adopté une forme de Trinitarisme qui a cherché avant tout à nier le susdit. Le Trinitarisme est sérieusement incohérent et non-biblique. En bref, la forme primitive du Trinitarisme a été initialement développée par Origène à Alexandrie pour combattre la soi-disant vue Gnostique d'un conseil céleste des elohim, à laquelle l’Église primitive a adhéré. Christ était un Dieu subalterne désigné par son Dieu (Ps. 45:7 (utilisant Eloheik) et Héb. 1:9) qui était Eloah ou Theon ou ho Theos (comme Le Dieu) en grec (Jean 1:1,18). Origène a utilisé le concept Stoïque des hypostases, qui est un synonyme (comme l'est le terme Platonique ousia) qui signifie existence réelle ou essence, ce qu'est une chose. Mais Origène lui donne le sens de subsistance individuelle et, ainsi, d'existence individuelle. Origène a ainsi développé une hiérarchie fermée, permettant seulement trois éléments à la Divinité. Le Père était le Dieu suprême. Les deux autres éléments du Fils et de l'Esprit Saint étaient des créations du Père en tant que ktisma. Mais le schéma d'Origène est un précurseur du Trinitarisme, dont le seul but était de limiter l'extension de la capacité d'être elohim à trois êtres, et de nier la capacité aux élus et à l'Armée céleste.

 

Les Grecs ont repris le modèle d'Origène dans la deuxième moitié du IIIe siècle. Certains, comme Theognostus de l'école catéchétique d’Alexandrie, ont souligné la parenté du Fils avec le Père, bien que le Fils soit une créature dont l’activité était limitée aux êtres rationnels (doués de raison). Il a aussi déclaré que sa substance ou ousia (utilisant le terme Platonique plutôt qu’hypostases) était dérivée de la substance du Père (voir Kelly Early Church Doctrines, p. 133). D'autres ont souligné son subordinationisme. À partir du document d’étude Les Origines de Noël et de Easter/Pâques (No. 235), nous savons que le dieu Attis portait les deux aspects du père et du fils. Il s'agit d’une structure Modaliste. Ces deux éléments ont donné naissance au Trinitarisme. Le Trinitarisme est le désir d'accommoder la structure du culte du dieu Attis, et son Modalisme, dans le Christianisme pour satisfaire les objections philosophiques de ses adeptes.

 

Denys (Dionysius), le disciple d'Origène, pape d'Alexandrie, a écrit afin de réfuter le Modalisme, suite à une éruption du Sabellianisme dans le Pentapolis Lybien, dans la deuxième moitié du IIIe siècle. Il a mis au premier plan la distinction personnelle entre le Père et le Fils. Les Sabelliens avaient en leur possession une de ses lettres aux évêques Ammonius et Euphranor mettant en évidence cet aspect, fait que Kelly (p. 134) allègue être une indiscrétion. Les Sabelliens se sont plaints que les Origénistes faisaient une division nette équivalant à une séparation entre le Père et le Fils. Cela a été opposé et limité par les Novationistes à Rome qui ont influencé l'évêque Dionysius, le pape. Athanasius a essayé (De sent Dion. 4) de blanchir Dionysius d'Alexandrie, un siècle plus tard, mais Basile (Ep. 9.2) soutenait qu'il était allé à l'extrême opposé dans son zèle anti-Sabellien.

 

Le terme hypostases a finalement été incorporé dans la doctrine Catholique, ce qui a donné lieu aux anathèmes des Conciles de Chalcédoine et de Constantinople II. Cette structure a produit les déclarations de la Monarchie et de la Circumincession. La déclaration selon laquelle la Divinité est distincte mais non séparée est essentiellement une déclaration de la Monarchie et de la Circumincession. Elle est philosophiquement absurde étant donné les fonctions du français. L'utilisation des termes hypostases et ousia semble tenter de dissimuler l'incohérence. La Divinité est considérée par les Trinitaires comme étant trois hypostases dans un ousia, utilisant les termes Stoïques et Platoniques pour tenter de faire une distinction.

 

Le refus du terme Être à Dieu et à Christ nie effectivement leur existence, ce qui est absurde. Dire que Dieu est Esprit Universel (ou l'Âme Universelle) dépersonnalise totalement Dieu et nie la réalité du Fils de Dieu, à part le fait que l'existence du Fils est spéculativement ou théoriquement déclarée comme une hypostase. C'est un jeu de mots qui ne donne aucune réalité au Sauveur. D'autre part, si l’on insiste sur la réalité du Fils, la doctrine est alors essentiellement une violation insidieuse du Premier Commandement.

Tu n’auras aucun autre elohim devant moi.

 

L'entité ici est le YHVH Eloheik (YHVH Ton Elohim) qui est identifié au Psaume 45:7-8 comme l'Elohim qui a oint l'Elohi d'Israël.

 

En élevant notre elohim intermédiaire, l’un du Conseil (Psaume 89:7), au niveau d'Eloah, (Dieu le Père), nous sommes en violation du Premier Commandement. C'est le péché de Satan, qui a revendiqué ou prétendu être El du Conseil des Elohim (Ézéchiel 28:2). Voir le document d’étude Le Premier Commandement : Le Péché de Satan (No. 153).

 

La doctrine de la Trinité repose sur une série de fausses prémisses conçues pour permettre un changement de paradigme (voir le document d’étude Le Binitarisme et le Trinitarisme (No. 076)). Celles-ci sont :

 

a)   Qu'elohim en tant que la Divinité se réfère à deux entités seulement, ne faisant aucune distinction entre Eloah et les multiples entités, incluant le Conseil et l'Armée (Daniel 7:9 et suiv.)

 

b) Que ces deux entités (et l'Esprit) sont incapables de séparation en fait ou en pensée et qu’elles ne peuvent pas être décrites comme des Êtres.

 

c)   Que l'existence de Christ avant son incarnation n'était pas en tant que l'Ange de YHVH.

 

d)    d) Que Christ était le seul Fils de Dieu avant la création du monde (voir Job 1:6 ; 38:7).

 

e)    Que Christ et Satan étaient les deux seules Étoiles du Matin (voir Job 38:7 ; Ésaïe 14:12 ; Apoc. 2:28 ; 22:16).

 

f)   Que Christ est Dieu de la même manière que Dieu est Dieu (voir ci-dessus) et non un Dieu subalterne (Héb. 1:9) envoyé par l’Éternel des Armées (Zach. 2:10-11). De là, il est fait un objet d'adoration et de prières, contrairement à Exode 34:14, Matt. 4:10, etc.).

 

g)    Que Christ était le seul Fils engendré et non pas le seul Dieu et Fils (monogenes theos et uion ; Jean 1:18 ; 3:16 ; 1Jean 4:9 ; voir aussi Luc 7:12 ; 8:42 ; 9:38 ; Héb. 11:17 pour comparaison). Il était le premier engendré (prototokos) de toute la création (Col. 1:15) et, de là, le début (commencement) de la création de Dieu (Apoc. 3:14, pas selon la Bible version NIV).

 

h)   Que Christ avait une existence séparée de son incarnation ; de là, il aurait pu se prier à lui-même comme Dieu. Une telle proposition nie effectivement la distinction entre le Père et le Fils, et la totalité de la résurrection. Elle est de l'Antéchrist (1Jean 2:22 ; 4:3 ; 2Jean 7).

 

i)    Que Christ et Dieu n'avaient qu'une seule volonté et que Christ ne possédait pas une volonté séparée qu'il a subordonnée à Dieu volontairement, par obéissance, contrairement à Matthieu 21:31 ; 26:39 ; Marc 14:36 ; Jean 3:16 ; 4:34.

 

j) Que la nature divine n'admet aucun gain ni perte en Christ. Logiquement, cela reviendrait à nier la résurrection des saints, telle qu’expliquée dans 1Corinthiens 15, et dans les promesses bibliques aux élus. La Trinité cherche à affirmer que la nature divine donnée aux élus diffère de la façon dont elle est partagée par Christ.

 

k)  Que l'Esprit Saint est donné avec mesure fixe, contrairement à Jean 3:34 ; Romains 12:6.

 

l)    Que Christ n'aurait pas pu pécher (à partir du faux postulat de la nature divine qui n'admet ni gain ni perte, plutôt que de l'omniscience de Dieu, qui savait que Christ ne pécherait pas).

 

m)   Que Christ était consubstantiel à Dieu d'une telle façon qu'il était co-égal à et coéternel avec Dieu, contrairement à Philippiens 2:6 et 1Timothée 6:16, qui montrent que Dieu seul est immortel. La vie éternelle de Christ ou sa vie aioonion (1Jean 1:2) et celle de tous les êtres, y compris Christ, provient de cette entité. Christ et les élus sont tous deux de la même origine (Héb. 2:11, RSV) et dérivent leur vie et leur éternité de leur obéissance conditionnelle au Père (Jean 5:19-30), qui nous a tous créés (Mal. 2:10-15). Comme le Père a la vie en Lui-même, Il a aussi donné au Fils d'avoir la vie en lui-même (Jean 5:26) et nous sommes cohéritiers, ayant été ordonnés afin d’avoir la vie en nous-mêmes par l'autorité de Dieu (voir le document d’étude Consubstantiel au Père (No. 081)).

 

n)    Que les élus ne sont pas des Fils de Dieu de la même manière que Christ est un Fils de Dieu et, par conséquent, pas cohéritiers, contrairement à Romains 8:17 ; Galates 3:29 ; Tite 3:7 ; Hébreux 1:14 ; 6:17 ; 11:9 ; Jacques 2:5 ; 1Pierre 3:7.

 

o)  Que le Dieu Suprême est descendu dans la chair et qu'Il a demeuré (habité) parmi les hommes (provenant des insertions frauduleuses dans 1Timothée 3:16 dans le Manuscrit Codex A. Les fausses insertions ont été conservées dans la Bible version KJV et manipulées dans le préambule dans la Bible version NIV). L'affirmation selon laquelle le Dieu Suprême est descendu dans la chair est contraire à Jean 1:18 (et Jean 1:14 où c'est le logos (ou Memra) qui s'est fait chair), et aux nombreux textes distançant Christ du Seul Véritable Dieu (Eloah ou Theon ou ho Theos en tant que Le Dieu, qui est Dieu le Père), le Dieu de Jésus Christ (Jean 17:3, 20:17 ; 1Cor. 8:6 ; 2Cor. 1:3) qui agit en Son nom (Michée 5:5).

 

Les Trinitaires comprennent mal les concepts de la façon dont Dieu est un. Le Shema (Deut. 6:4) se réfère à Yahovah Elohenu ou Yahovah en tant que Dieu unique. L'entité de Deutéronome 6:5 est identifiable comme étant le Dieu Très-Haut, le Dieu qui a oint Christ en tant que Elohi d'Israël dans le Psaume 45:7.

 

L'unité de Dieu, nécessaire au Monothéisme, est d’un ordre étendu qui réside dans l'unité sous une volonté centrale en accord et en interaction spirituelle par l'esprit et la puissance de Dieu (1Cor. 2:4-14) qui, à travers Christ, est vers Dieu (2Cor. 3:3-4). La Trinité nie l'unification nécessaire au Monothéisme et est logiquement polythéiste. Elle est défendue parce que les dirigeants ne comprennent pas, n'étant pas spirituels (1Cor. 2:8,14).

 

Le Dieu, décrit dans Proverbes 30:4 comme ayant un Fils, est Eloah, d’après Proverbes 30:5. Les Fils de Dieu, et particulièrement le Messie, sont donc connus depuis l'Ancien Testament. La compréhension du Père par Christ est la conséquence de la révélation volontaire du Père (voir Apoc. 1:1,6). Christ n'est pas omniscient et n'a jamais revendiqué l’être.

 

La Bible considère que Dieu est le Dieu et le Père de Christ (Rom. 15:6 ; 2Cor. 1:3 ; 11:31 ; Éph. 1:3,17 ; Col. 1:3 ; Héb. 1:1 et suiv. ; 1Pierre 1:3 ; 2Jean 3 ; Apoc. 1:1,6 ; 15:3). Christ tire sa vie, sa puissance et son autorité par ordre de Dieu le Père (Jean 10:17-18). Christ subordonne sa volonté à celle de Dieu, qui est le Père (Matt. 21:31 ; 26:39 ; Marc 14:36 ; Jean 3:16 ; 4:34). Dieu a donné les élus à Christ et Dieu est plus grand que Christ (Jean 14:28), et plus grand que tous (Jean 10:29). Dieu a ainsi envoyé son seul Fils (monogene) dans le monde afin que nous puissions vivre par lui (1Jean 4:9). C'est Dieu qui honore Christ, étant plus grand (Jean 8:54).

 

Dieu est le Rocher (sur), comme une Carrière ou une Montagne, de qui tous les autres sont extraits, le silex de Josué 5:2, la cause principale et effective (Deut. 32:4, voir Maimonedes Guide of the Perplexed, University of Chicago Press, 1965, Ch. 16, pp. 42 et suiv.). Dieu est le Rocher d'Israël, le Rocher de leur salut (Deut. 32:15), le Rocher qui les a portés (Deut. 32:18,30-31). 1Samuel 2:2 montre que Notre Dieu est notre Rocher, un Rocher éternel (Ésaïe 26:4). C'est de ce Rocher que tous les autres sont taillés, comme le sont tous les descendants d'Abraham dans la Foi (Ésaïe 51:1-2). Le Messie est taillé de ce Rocher (Daniel 2:34,45) pour subjuguer les empires du monde. Dieu, et pas Pierre, ni Christ, ni un autre, est le Rocher ou le fondement sur lequel Christ bâtira son Église (Matt. 16:18) et sur lequel il repose lui-même.

 

Le Messie est la pierre angulaire principale du Temple de Dieu, duquel les élus sont le Naos ou le Saint des Saints, le dépôt de l'Esprit Saint. Les pierres du Temple sont toutes coupées (taillées) du Rocher qui est Dieu, comme Christ l’était, et données à Christ, le rocher spirituel (1Cor. 10:4), la pierre d'achoppement et le rocher de scandale (Rom. 9:33), pour former le Temple. Christ construira le Temple pour que Dieu soit tout en tous (Éph. 4:6). Dieu a donné Christ pour qu'Il soit tout et en tous (panta kai en pasin Col. 3:11), en mettant toutes choses sous ses pieds (1Cor. 15:27), l'ayant donné pour être la tête (chef) de toutes choses à l'Église qui est son Corps, la plénitude de Celui qui remplit tout en tous (Éph. 1:22-23).

 

Quand Dieu met toutes choses sous Christ, il est manifeste que Dieu n’est pas inclus, étant Celui qui met les choses sous les pieds de Christ (1Cor. 15:27). Quand Christ aura soumis toutes choses, alors Christ lui-même sera soumis à Dieu, qui a mis toutes choses sous Christ, afin que Dieu soit tout en tous (panta en pasin 1Cor. 15:28, pas selon la Bible version RSV). Par conséquent, les doctrines Platonistes, qui cherchent à fusionner Dieu et Christ dans la Trinité, sont un non-sens ou des absurdités métaphysiques qui contredisent l'Écriture. Christ s’assiéra à la droite de Dieu, par la directive de Dieu (Héb. 1:3,13 ; 8:1 ; 10:12 ; 12:2 ; 1Pierre 3:22) et partagera le Trône de Dieu, comme les élus partageront le trône donné à Christ (Apoc. 3:21), qui est un trône de Dieu (Psaume 45:6-7 ; Héb. 1:8 ou Dieu est ton Trône traduit Ton trône, Ô Dieu, voir la note de bas de page à la Bible version RSV annotée).

 

Dieu qui envoie est plus grand que celui qui est envoyé (Jean 13:16), le serviteur n’étant pas plus grand que son Seigneur (Jean 15:20). C'est une absurdité totale de suggérer qu'un être puisse être un sacrifice pour lui-même. Un tel acte, logiquement, est un suicide ou, dans le cadre du Trinitarisme, une mutilation partielle. Par conséquent, la doctrine nie la résurrection, particulièrement 1Corinthiens 15.

 

Ainsi, la distinction dans la crucifixion et la résurrection est obligatoire et complète. La résurrection doit se faire dans la chair, ce qui implique la transformation en être spirituel en tant que l’Offrande de la Gerbe, autrement, il n'y a aucun salut et aucune récolte en cours. La préparation de Christ pour son ascension vers son Dieu et notre Dieu, qui est notre Père (Jean 20:17), était réelle et distinctive. Christ a réalisé ou atteint sa capacité à être Dieu et a atteint la plénitude de la Divinité corporellement, grâce à l'opération de l'Esprit Saint. Ainsi, la doctrine de la Filiation à partir du baptême est donc vraie et complète.

 

Ayant établi la position biblique à l’époque de Christ, nous sommes en mesure de voir comment cette position était présente au cours des premier et deuxième siècles. Grâce aux textes de Justin Martyr et d’Irénée que nous avons à notre disposition, nous savons que cette compréhension était présente dans l’Église primitive.

 

Justin Martyr affirme que Dieu a enseigné la même chose tant par les prophètes que par Moïse, ce qui est confirmé ci-dessus (voir Dialogue with Trypho, Ch. XXVII, ANF, Vol. I, pp. 207 f). Justin a enseigné que Dieu a engendré, comme commencement, une certaine puissance rationnelle à partir de Lui-même, qui est appelée, par l'Esprit Saint : parfois la Gloire de l'Éternel, parfois le Fils, de nouveau la Sagesse, puis un Ange, ensuite Dieu (Theos), et enfin Seigneur et logos. Justin l'identifie comme le Capitaine de l'Armée de l’Éternel qui est apparu à Josué (ibid., LXI). Cette section a été tirée de l’exposé de Proverbes 8:21 et suiv. où la Sagesse est identifiée comme le Messie, qui a été fait (créé) par Dieu. La volonté de Dieu a alors été exécutée par le Messie. Justin soutient (ibid., LXII) que, lors de la création, Dieu s'est entretenu avec des entités numériquement distinctes de Lui-même. Aussi, Moïse aurait déclaré que la création impliquait au moins deux Êtres numériquement distincts l'un de l'autre. Les Dithéistes tentent de les limiter à deux, et les Trinitaires les fusionnent en trois hypostases indistinctes. En fait, les elohim sont plus nombreux, d’après les autres textes cités plus haut, en particulier Psaume 45:6-7, qui attribue des associés (camarades) à Christ.

 

Irénée (ca. 125-203) a écrit à l'humanité sur la question de l'extension du terme elohim (ou theoi en grec). Irénée est important car il a été enseigné par Polycarpe, le disciple de Jean (voir Butler, Lives of the Saints, Burns & Oates, UK, 1991, p. 56). Nous pouvons donc être relativement certains que la compréhension d'Irénée (à moins d’être une contrefaçon) se rapproche de celle de l’Église primitive. Il a certainement appuyé les Quartodécimans et a servi de médiateur dans la controverse de la Pâque (Butler, ibid., p. 197), bien qu'il ait été isolé de l'Asie Mineure, étant à Lyon. Dans son ouvrage Contre les Hérésies, il a expliqué le concept selon lequel les élus existeraient en tant qu’elohim.

 

Irénée soutenait que les anges et le créateur du monde n'étaient pas ignorants du Dieu suprême puisqu’ils savaient qu'ils étaient Sa propriété et Ses créatures et qu’ils étaient contenus par Lui (Livre. II, Ch. VI, ANF, p. 365). Irénée ne désignait pas le créateur de l’Âge, lequel était le Messie, comme étant le Dieu Très-Haut ou le Tout-Puissant (ibid., Ch. VI:2). Il ressort de cet ouvrage que les concepts grecs du Démiurge et du Pléroma avaient envahi les concepts de ce que l’on appelle les Aeons et qu’ils avaient cherché à infuser les concepts bibliques avec la métaphysique grecque, les détruisant de la sorte. Les Gnostiques ont été forcés de se réfugier dans la clandestinité, faisant partie des Mystères et se sont finalement développés pour devenir la Trinité. La question est développée ailleurs.

 

Irénée (et Justin) ont enseigné que la résurrection était physique et, qu’alors, Dieu rendrait les corps incorruptibles et immortels (ANF, Vol. I, p. 403). Dieu est considéré comme le Créateur (ibid., p. 404), par opposition à Christ, qui a créé le monde sous l’autorité de ce Dieu (ibid., p. 405). Irénée a soutenu que l'Esprit Saint avait désigné à la fois le Père et le Fils (Ps. 45:6-7) comme Elohim ou Theoi le Père nommant le Fils.

 

Irénée soutenait que le Psaume 82:1 faisait référence au Père, au Fils et aux élus (ceux de l'adoption, en tant que l'Église) lorsqu’il disait :

Dieu se tient dans la Congrégation des dieux (theoi), il juge parmi les dieux (Adv. Her., Bk. III, Ch. VI, ANF, Vol I, p. 419).

 

Il n'a pas bien compris l'étendue de la fraternité des élus, qui s'étend à toute l'Armée, qui sont frères dans le Royaume. La révélation de cela a été donnée à Jean, lorsqu’il était en exil sur l’île de Patmos, après avoir formé Polycarpe. Apocalypse 12:10 considère que les anges sont les frères des élus. Apocalypse 4 et 5 montrent que les élus ont été rachetés au Conseil des Anciens pour devenir des rois et des prêtres (sacrificateurs) parmi l'Armée. Christ déclare que les élus doivent devenir égaux aux anges (isaggelos de isos et aggelos (Luc 20:36), qui a le concept de faire partie d’eux comme un ordre). Christ nous confesse devant ses frères dans l'Armée.

 

Irénée soutenait que l'Église était la Synagogue de Dieu que le Fils avait réunie à lui-même. Le Dieu des dieux dans le Psaume 50:1 est considéré comme se référant à Dieu. Notre Messie est le theos ou Dieu qui viendra ouvertement et qui ne gardera pas le silence (Psaume 50:3) et qui apparaîtra ouvertement à ceux qui ne l'ont pas cherché (Ésaïe 65:1) ; et le terme dieux de Psaume 50:1 fait référence aux élus à qui Christ aurait fait référence, lorsqu’il dit :

Vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut (Jean 10:34-35 cf. Ps. 82:6) (ibid.).

 

Il est, par conséquent, tout à fait erroné pour l'Église d’affirmer, après deux millénaires, que Christ utilisait un texte qui faisait référence aux magistrats à Jérusalem, alors qu’un disciple de Polycarpe estimait qu'il faisait référence aux élus en tant qu’elohim. Ceux qui croyaient en Christ étaient considérés par Irénée comme étant des Fils de Dieu, cohéritiers avec Christ et donc elohim.

 

Irénée soutenait également que Christ était le Fils de Je Suis ce que Je Suis (YHVH) ou, plus correctement, Je serai ce que Je deviendrai (cf. la Bible dans la version RSV Oxford Annotated) (d'après Exode 3:14). Ainsi, son port du titre était donc par délégation. Irénée cite Ésaïe ainsi :

Je suis moi aussi témoin (il déclare), dit l'Éternel Dieu, et le Fils que j’ai choisi, afin que vous sachiez, et que croyiez, et que vous compreniez que JE SUIS (Ésaïe 43:10) (ibid.).

 

La Soncino rend le texte :

Vous êtes mes témoins, dit le Seigneur, et Mon Serviteur que J'ai choisi, afin que vous me connaissiez, que vous me croyiez et que vous compreniez Que Je suis Celui est. Avant Moi, il n'y a pas eu de Dieu (El) formé, et il n'y en aura pas non plus après Moi.

 

La LSG le rend ainsi :

Vous êtes mes témoins, dit l'Éternel, vous, et mon serviteur que j'ai choisi, afin que vous le sachiez, que vous me croyiez et compreniez que c'est moi : Avant moi il n'a point été formé de Dieu, et après moi il n'y en aura point. (LSG)

 

La citation d'Irénée et la variante Soncino qui confirme plus ou moins Irénée, montrent que JE SUIS se réfère à Dieu, qui est le Père. La référence au serviteur dans la Soncino est considérée, par Irénée, comme se référant au Messie. La Soncino tente d'assimiler Mon Serviteur aux témoins précédents, en tant qu'Israël, bien qu'aucune autorité rabbinique ne soit citée. Ce qui est certain, c’est que ce texte était considéré comme indiquant que seul Dieu, et pas le Messie, était préexistant. De plus, le Messie se distingue de Dieu.

 

Irénée a montré que sa compréhension d'Ésaïe 44:9 et de Jérémie 10:11 sur la question des idoles était que les idoles étaient celles de démons (Adv. Her., Bk. III, Ch. VI, ANF, p. 419). Ces démons étaient enlevés des theoi ou elohim. En se référant à Jérémie 10:11, Irénée cite :

Les dieux qui n'ont point fait les cieux et la terre disparaîtront de la terre et de dessous les cieux. Car du fait qu'il a adjoint leur destruction, il leur montre qu'ils ne sont pas des dieux (elohim ou theoi) du tout.

 

On voit ainsi que les idoles elles-mêmes étaient comprises, non pas comme de simples idoles, mais plutôt comme étant l'incarnation du démon qu'elles représentaient (voir aussi Livre III, Ch. XII:6, ibid., p. 432). C'était la compréhension standard partout dans tout l’ancien monde. L'enlèvement des démons et leur contrôle, puis leur jugement postérieur, les a enlevés de la catégorie des elohim. Irénée montre, en se référant à Exode 7:1, que Moïse a en effet été fait un elohim pour Pharaon, mais qu’il n'est pas correctement appelé Seigneur ou Dieu par les Prophètes. Il est plutôt désigné par l'Esprit comme Moïse, le fidèle ministre et serviteur de Dieu (Héb. 3:5 ; Nombres 12:7), ce qui est également le cas du Messie dans les textes. Ainsi, chacun des elohim est un serviteur subalterne d'Eloah, l'Elyon.

 

Irénée (ibid., p. 421) déclare que Christ a reconnu César comme César et Dieu comme Dieu, dans Matthieu 22:21, ainsi que dans Matthieu 6:24 où il est question de servir Dieu et non mammon. Ainsi, Christ s'est donc distancé de la revendication d'être Le Dieu (voir aussi ibid., p. 422).

 

En citant Philippiens 2:8, Irénée montre que la relation que Christ avait en tant que Dieu et Juge provenait du Dieu de Tous, parce qu'il est devenu obéissant jusqu’à la mort (ibid., Ch. XII:8, p. 433). Irénée cite la LXX à propos d'Ésaïe 9:6, déclarant que le Messie était Emmanuel le messager [ou l'Ange] du Grand Conseil du Père (ibid., Ch. XVI:3, p. 441). Il a, de la sorte, montré que l'Ange du Grand Conseil de l'Ancien Testament (LXX) était compris comme étant Christ.

 

Irénée nie le concept que la souffrance de Jésus peut être séparée du Messie en alléguant que Christ est resté impassible. Autrement dit, il nie la tentative d'affirmer que l'aspect divin du Messie pourrait être séparé de l'homme Jésus sur Terre. Cela est devenu un enseignement des sectes Gnostiques, qui ont tordu l'Évangile de Marc et ignoré les autres. Irénée montre également ce qui a constitué la base des erreurs des sectes. Les Ébionites utilisaient seulement l'Évangile de Matthieu. Par conséquent, ils ont tiré des conclusions erronées quant à la position de Christ. Les Athanasiens ou Trinitaires ont, plus tard, utilisé le terme Ébionite afin de tenter de limiter les doctrines du subordinationisme et les subordinationistes de toute obédience à une origine hérétique allant des Ébionites aux parties impliquées dans les disputes de Nicée et en les étiquetant comme des Ariens. De telles revendications sont fausses, si l’on examine les premiers auteurs (écrivains) de l'Église qui, avant Nicée, étaient subordinationistes (cf. le document d’étude La Première Théologie de la Divinité (No. 127)).

 

Irénée a insisté sur le fait qu'il n’y avait qu’un seul Dieu ou Père, à savoir Dieu le Père. Le Messie était Son fils. Il dit que Marcion a aussi mutilé l'Évangile de Luc afin d’établir son enseignement. Les Valentiniens ont utilisé Jean au détriment des autres et en incluant des pseudo-évangiles. Le fait est qu'à l’époque, comme aujourd’hui, les Écritures doivent être utilisées ensemble avec diligence et non de manière sélective. Irénée montre une compréhension avancée de la nature quadruple des évangiles et de leur signification par rapport aux chérubins (ibid., Livre III, Ch. XI:8, pp. 428-429).

 

Irénée a nié le concept selon lequel Jésus aurait pu souffrir et être ressuscité et que celui qui était monté au ciel était un autre, qui était resté impassible. Irénée soutenait que le Christ que Dieu a promis d'envoyer, Il l'a envoyé en Jésus, qu'ils ont crucifié mais que Dieu a ressuscité (ibid., Ch. XII:2,4,5, pp. 430-431).

 

Il n'y a aucune confusion entre Dieu et Christ dans l'esprit de ce théologien et il affirme clairement ici que les apôtres n'ont pas changé Dieu mais que Christ a été envoyé par Dieu. Irénée dit :

Connaissez par la présente l'esprit de Dieu : Tout esprit qui confesse que Jésus Christ est venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui sépare Jésus Christ n'est pas de Dieu, mais est de l'Antéchrist (Ch XVI:8 citant 1Jean 4:1-2. Note : la Vulgate et Origène sont d'accord avec Irénée. Tertullien semble reconnaître les deux lectures. Socrate dit (VII, 32. P. 381) que le passage a été corrompu par ceux qui voulaient séparer l'humanité de Christ de sa divinité. Polycarpe (Ep., c, vii) semble être d'accord avec Irénée, de même qu'Ignatius (Ep. Smyr., c, v) (voir la note de bas de page à ANF, ibid., p. 443, citant aussi Burton Ante-Nicene Testimonies to the Divinity of Christ).

 

Donc, toute doctrine qui cherche à séparer Christ par un déplacement conjoint aux royaumes tant terrestres que célestes était comprise par l’Église primitive comme étant la doctrine de l'Antéchrist. L’altération du texte semble avoir eu lieu en Orient. Les textes de la Bible ne sont toujours pas corrigés à ce jour.

 

Irénée dit que l'Esprit de Dieu est descendu sur Christ comme une colombe afin d'accomplir Ésaïe 11:2 (L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui) et aussi Ésaïe 61:1 (L'Esprit du Seigneur, l'Éternel, est sur moi, car l'Éternel m'a oint). Car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous (Matt. 10:20) (ibid., Ch. XVII:1, p. 444). L'Esprit Saint était donc compris comme étant de Dieu et non pas de Christ mais plutôt à travers Christ, tel qu’expliqué ci-dessus.

 

C'était afin que :

…le Fils de Dieu, fait le Fils de l'homme, s’habituant en communion avec Lui à demeurer dans la race humaine, à rester avec les êtres humains et à demeurer dans l’œuvre de Dieu, en faisant en eux la volonté du Père et les renouvelant de leurs vieilles habitudes dans la nouveauté de Christ (ibid.).

 

Irénée enseignait que les élus revêtiraient l'immortalité pour qu'ils puissent recevoir l'adoption en tant que fils (ibid., Ch. XIX:1).

 

L'Esprit a joint (uni) les élus à Dieu en amenant des tribus éloignées à l'unité, et en offrant au Père les premiers fruits (prémices) de toutes les nations (ibid., 2). Christ était l'instrument de cette action, mais il n'était pas l'objet d'adoration, ni l’architecte de son fonctionnement. Mais il était, néanmoins, le Merveilleux Conseiller et le Dieu Puissant dont il est question dans Ésaïe 9:6 et le Juge de Daniel 7:13 (ibid.).

 

Cependant, Christ a reconnu le Père comme son Dieu, tout comme David l'avait fait, en citant le même Psaume 22:2, où David a dit premièrement :

Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m'as-tu abandonné ?

Christ l'a de nouveau dit sur la croix, tel qu'enregistré dans Matthieu 27:46 et Marc 15:34. Ces deux textes se réfèrent à Eloah, le Dieu Suprême et le Dieu et Père de Christ. Les mots utilisés par Christ sont en araméen à savoir, aurait-il dit :

Éloï, Éloï, lama sabachthani ?  [Eli, Eli, la’ma sabach-th’a’ni].

 

Il s’agit d’une translittération française d'une translittération grecque de l'araméen 'eli, ‘eli lamah 'azabthani. Le mot pour Dieu est El en araméen, mais il est ici l'équivalent à Eloah, en tant que Dieu exprimant Sa volonté à Son fils. Néanmoins, Christ et les élus ont été appelés Dieu (elohim) par extension.

 

Irénée dit :

Il n'y a personne d’autre appelé Dieu par les Écritures, sauf le Père de tous, le Fils et ceux qui possèdent l'adoption (Adv. Her., Livre IV, Préf. 4, ANF, p. 463).

 

De plus :

[Ch] 1. Puisque, par conséquent, il est sûr et certain (sic), qu'aucun autre Dieu ou Seigneur n'a été annoncé par l'Esprit, sauf Celui qui, comme Dieu, règne sur tout, ensemble avec Sa Parole et ceux qui reçoivent l'esprit d'adoption [voir iii. 6,1], c'est-à-dire ceux qui croient au unique et vrai Dieu, et à Jésus Christ, le Fils de Dieu ; de même, les apôtres n'ont eux-mêmes appelé personne d'autre Dieu ou appelé [aucun autre] Seigneur ; et, ce qui est plus important encore [puisque c'est vrai (sic)], c’est que notre Seigneur [a agi de même], lui qui nous a aussi commandé de confesser personne comme Père, sauf Celui qui est dans les cieux, qui est l’unique Dieu et le seul Père ; ... (ibid., p. 463).

 

Il est, par conséquent, absurde de suggérer que la compréhension que les élus deviendront elohim n'ait pas été comprise comme la position originale de l'Église des deux premiers siècles, étant donné qu'Irénée est, pour nous, le lien le plus proche que nous ayons avec ses doctrines et qu’il a également clairement soutenu cette position. De plus, il est démontré, au-delà de tout doute, que cette position est le plan cohérent des Écritures, et pas seulement des Écritures comme telles qui, par définition biblique, constituaient l'Ancien Testament (Daniel 10:21 ; Matt. 21:42 ; 22:29 ; 26:54 ; Marc 12:10,24 ; 14:49 ; 15:28 ; Luc 4:21 ; 24:27,32,45 ; Jean 2:22 ; 5:39 ; 7:38 ; etc.), mais aussi des Évangiles et des écrits du Nouveau Testament.

 

Dans le passage même qui traite des élus comme elohim, à savoir Jean 10:35, Christ introduit le concept selon lequel l'Écriture ne peut pas être anéantie. Le choix de ce passage pour servir d’exemple n'était pas un accident. Ce concept même marque notre destin et c’est l'aspect que l'Adversaire attaque le plus et pour lequel la Trinité a été conçue. Les Évangiles sont spécifiquement destinés à tracer les grandes lignes du Royaume de Dieu à venir. Les écrits des Apôtres ont pour but de préparer les élus et de montrer les mécanismes de l'exécution. Cependant, tous les Apôtres, tel que noté par Paul, soutenaient que :

Toute Écriture est inspirée de Dieu (ou soufflée par Dieu), et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice (2Timothée 3:16).

 

L'Écriture est porteuse de la Loi Royale qui est d'aimer son prochain comme soi-même (Jacques 2:8). Aucune Écriture ne doit être le sujet d'une interprétation privée quelconque (2Pierre 1:20). Par conséquent, une doctrine développée par trois théologiens Cappadociens, aux quatrième et cinquième siècles, qui est en contradiction avec l'Écriture et la position originale (initiale) de l'Église, doit être résistée et combattue de toutes nos forces. Elle viole de toute évidence le Premier Commandement, faisant de Christ l’égal de Dieu. C'était, de toute évidence, l'intention derrière la modification du passage de Philippiens 2:6 dans la Bible version KJV afin de refléter cet aspect et créer l'illusion que Christ était égal à Dieu. C'est pour accuser Christ d'idolâtrie comme le péché de Satan.

 

Aucun Chrétien ne peut accepter la doctrine de la Trinité, car elle nie l'omnipotence de Dieu le Père et rejette notre destin. Pour ces raisons, les Églises de Dieu sont persécutées depuis 1600 ans.

 

Les élus ont été persécutés à cause de cette doctrine par ceux qui se définissent comme orthodoxes, ou du moins, à qui ce droit a été accordé, parce que leur doctrine de gouvernement convenait le mieux à la structure civile de l'empire qui les utilisaient. Les Églises de Dieu ont eu, jusqu'à une époque récente, une structure d'organisation différente qui les a aidées à résister aux persécutions dont elles ont fait l’objet.

 

Paul rapporte que l'Église a eu des disputes sur la doctrine en de nombreuses occasions, bien qu'elle n'ait pas l’habitude d’être friande de querelles (1Cor. 11:16). Il note que des disputes (des différends) équivalents à des divisions surgissent au sein des Églises de Dieu.

Car il faut qu'il y ait aussi des sectes parmi vous, afin que ceux qui sont approuvés soient reconnus comme tels au milieu de vous (1Corinthiens 11:19).


Des disputes (conflits) sur la nature de Dieu et la subordination de Christ ont déjà surgi auparavant dans les ères de l'Église. Les résultats ont été la division. Les groupes qui ont embrassé le Trinitarisme, ou son équivalent Modaliste à l'époque de Jean, ont alors soit quitté l'Église lorsque leurs erreurs ont été exposées, comme avec Jean (1Jean 2:19), soit sombré dans l'antinomisme, en devenant Protestants, comme cela s’est produit parmi les Vaudois. Christ n'est pas intervenu, au moins, à la dernière occasion. Chaque personne a dû faire son choix en fonction de sa compréhension, telle que développée par l'Esprit Saint.


Le processus d'exposition Trinitaire s’est traditionnellement déroulé sur une période de temps. La première étape a consisté à exposer la doctrine selon laquelle Christ était coéternel avec Dieu dès le commencement, plutôt que sous sa direction, comme le sont les élus et toute l'Armée. Une fois cette erreur établie, la doctrine de la co-égalité est ensuite avancée jusqu'à ce que ce soit considéré comme une hérésie le fait d'affirmer son subordinationisme dépendant ou qu'il était le prõtotokos, le premier engendré de toute la création, le début de la création de Dieu. Prõtotokos n'est pas un titre, comme cela a été démontré à partir de la compréhension initiale. C’est pourquoi Christ fait le point et fait la remarque à l'Église de Laodicée, dans Apocalypse 3:14, qu'il est le commencement ou archè de la création de Dieu (cf. le document d’étude L’Archè de la Création de Dieu en tant que l'Alpha et l'Oméga (No. 229)). Apparemment, cette Église enseigne qu'il ne l'est pas. Elle était la seule Église à le faire, et tout enseignement concernant les ères doit conclure que la dernière ère de l'Église fait de même. L'erreur de la co-éternalité, ab origine, a commencé à être présentée dans les Églises de Dieu pour la première fois en cinq cents ans, quelques temps après 1940, probablement dans les années 1950. Cette erreur doit être comprise et corrigée.



 

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