Christian Churches of God

[F022ii]

 

 

 

Commentaire sur le Cantique des Cantiques : Partie 2

 (Édition 2.0 19951021-19990607)

 

Nous poursuivons ici le Commentaire à partir du Chapitre 2:8-14 pour terminer au Chapitre 4:7.

 

 

Christian Churches of God

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(Copyright © 1995, 1999, 2020 Wade Cox)

(Tr. 2010, 2020, rév. 2020)

 

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Commentaire sur le Cantique des Cantiques : Partie 2 [F022ii]

 

Audio B [audio en anglais]

 

Chapitre 2:8-14 

La Soncino produit le commentaire suivant sur la section suivante. La division devient évidente : nous avons assisté à un retrait de la Sulamithe de sa première position qui était centrée sur son propre environnement et son travail a été transféré de force, par ses propres frères. Ainsi, l'Église dans la première phase se trouve à Jérusalem et était entourée par les filles de Jérusalem et Jérusalem a tenté d'éradiquer l'Église. C’était à cause des Juifs que l'Église a dû être transférée. Ils se sont enfuis à Pella en raison de la destruction du Temple et ils ont alors mis en place l'ère d'Éphèse proprement dite, par l’intermédiaire des apôtres, centrée sur Éphèse.

 

La première scène se termine par l'échec du roi et de ses dames de la cour de persuader la jeune paysanne d'être déloyale envers son amant. Cette section est consacrée au récit de la façon dont, un matin de printemps, son berger est venu et l'a invitée à le rejoindre dans les champs. Pour empêcher cette rencontre, ses frères ont transféré son travail dans les vignes à partir desquelles elle avait été prise par la force jusqu’à la cour royale. Elle trouve réconfort et consolation dans la certitude que son amant la rechercherait. Son approche est tracée jusqu'à ce qu'il atteigne le mur de l'édifice dans lequel elle est enfermée. En regardant à travers la fenêtre du grenier, il ne parvient pas à la voir, et implore le son de sa voix. En réponse, elle lui annonce qu'elle a renvoyé les dames de la cour qui la gardent pour chasser les renards qui détruisent les vignobles (Malbim).

 

Les frères semblent représenter la nation peu sympathique à l’être aimé [au bien-aimé]. Cela ne pouvait être que Juda. L'Église est alors persécutée dans les circonstances que nous voyons dans le texte. Cela correspondrait à ce que nous comprenons de l'ère de Smyrne. Les dames de la cour chassent les renards qui détruisent les vignobles. La ruse consiste à chasser les faux bergers. Les renards se trouvent aussi dans l'histoire de Samson où il y en a 300 attachés par paire. Ces symboles sont expliqués dans le document Samson et les Juges (No. 073). Vous pouvez également voir ce qui se passe dans le document La Force de Gédéon et les Derniers Jours (No. 022).

 

Cantique des Cantiques 2:8-14 C’est la voix de mon bien-aimé ! Le voici, il vient, Sautant sur les montagnes, bondissant sur les collines.

 

Le texte utilise le mot kol (lit. voix) dans le sens de écouter (cf. Gen 4:10 ; Ésa. 43:3). Le sens entendre est appliqué au sens d’écouter, signifiant écouter la voix du berger. Les élus entendent la voix du berger (Jean 10:25-30). 

Jean 10:25-30 Jésus leur répondit : Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. 26 Mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. 27 Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent. 28 Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. 29 Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous ; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. 30 Moi et le Père nous sommes un. (LSG)

 

C'est un texte puissant et c'est la chose qui maintient l’Église libre et pure de l'idolâtrie et des fausses doctrines. Parce que lorsque nous entendons ces fausses doctrines nous savons qu'elles ne sont pas la voix de notre maître ou du berger, et nous sommes simplement retirés de ces faux docteurs. La Soncino déclare au sujet du texte : 

L'auteur décrit comment la Sulamithe entend les pas de son bien-aimé quoiqu’il soit encore loin. Elle discerne néanmoins qu'il s’en vient. Il saute sur les montagnes, de montagne en montagne, puis, sur les collines en bas. Il se hâte sur les collines à la vitesse d'une gazelle aux pieds légers (Malbim). [Elle doit faire allusion à son berger, car le langage ne serait pas utilisé pour un roi] (Soncino).

 

Le langage ici n'est pas celui d'un roi. Ils parlent du prêtre-Messie, parce que quand Christ est venu la première fois, il est venu en tant que sacrificateur-Messie d'Aaron et non pas roi-Messie d'Israël. C'est pourquoi certains de ses disciples ne pouvaient pas se tenir debout. C'est pourquoi Judas est tombé et plusieurs sont tombés quand il n'a pas pris l'épée du monarque au pouvoir. Ce langage est celui d'un berger. Il est un berger des brebis jusqu'à la fin de l'ère des Églises. À la fin, il revient en tant que roi-Messie en puissance et en gloire. Ce même symbolisme se reflète dans le Jour des Expiations, quand le sacrificateur-Messie est vêtu de lin, fait l'expiation et vous avez alors la séparation des boucs, puis il est vêtu de nouveau de vêtements du roi-Messie. Il y a donc deux prêtres (sacrificateurs) impliqués. Le grand prêtre (sacrificateur) est vêtu de deux manières au Jour des Expiations, l'une en tant que sacrificateur-Messie et l'autre en tant que roi-Messie en tant que grand prêtre (sacrificateur) – grand prêtre (souverain sacrificateur) et prêtre expiatoire. Il s’agit de deux formes d’habillement différentes. L’une est en lin blanc clair sans vêtement royal et l'autre est dans la tenue royale totale du grand prêtre (souverain sacrificateur). C'est la division entre la première et la deuxième venue ou avènement de Christ. Le langage utilisé est celui du berger pour la période intermédiaire.

 

Ce texte fait également référence au Psaume 114:4-6. 

Psaume 114:4-6 Les montagnes sautèrent comme des béliers, les collines comme des agneaux. 5 Qu’as-tu, mer, pour t’enfuir, Jourdain, pour retourner en arrière ? 6 Qu’avez-vous, montagnes, pour sauter comme des béliers, et vous, collines, comme des agneaux ? (LSG)

 

Il s'agit du Messie et de l'avènement du Messie. Les collines sont littéralement secouées par la venue du Messie. Ainsi, ce bien-aimé qui saute par-dessus les collines est le seul vrai berger - le Messie.

 

L'inversion est utilisée dans ce texte. Le Messie fait bondir les collines elles-mêmes. 

Psaume 29:6 Il les fait bondir comme des veaux, et le Liban et le Sirion comme de jeunes buffles. (LSG)

 

Ainsi nous traitons de la période qui précède son retour, tandis qu’il est encore loin. Il n'est pas encore de retour en tant que Roi Messie. Il est d'abord venu en tant que prêtre (sacrificateur) Messie ou Messie d'Aaron et est devenu le Grand Prêtre (Souverain Sacrificateur) de l'ordre de Melchisédek (Psaume 110:4).

 

À l'époque de Christ, les Manuscrits de la Mer Morte étaient tout à fait clairs. Tout Juda s’attendait à un Messie de deux avènements. Ils s’attendaient à un Messie d'Aaron et à un Messie d'Israël. Damascus Rule VII des MMM et le fragment inédit de la grotte 4 indiquent clairement que le Messie d'Aaron et le Messie d'Israël sont un seul Messie. Donc, nous avons un Messie de deux avènements. Les Juifs l’ont compris au temps de Christ. Les Pharisiens ont quand même tué Christ, même s'ils savaient qu'il devait y avoir un seul Messie des deux avènements. Certains d'entre eux savaient qu'ils devaient le tuer afin d'accomplir la prophétie.

 

9 Mon bien-aimé est semblable à la gazelle ou au faon des biches. Le voici, il est derrière notre mur, il regarde par la fenêtre, il regarde par le treillis.

 

La Soncino note sur ce texte : 

Il est déjà venu si près qu'il ‘se tient derrière notre mur’. Maintenant, il s’est approché encore plus, car il ‘regarde par le treillis.’ En fait, il pousse sa tête à travers le treillis. Le mot ‘metsits’ signifie ‘floraison’, désignant quelque chose qui dépasse (Malbim). Il est également possible que le mot peereth [regarde] signifie ‘briller’ [‘étinceller’] et suggère peut-être qu'elle pense à son sauveur comme étant si près qu'elle peut voir la lueur ardente dans ses yeux (voir Rachi, Psaumes 132:18). (Soncino). 

 

Le bien-aimé place sa tête, en tant que la tête [chef] des élus, de sorte qu'elle dépasse les barrières du système terrestre. Il brille en tant que le nouveau désigné Étoile du Matin.

 

10 Mon bien-aimé parle et me dit : Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens ! 

Ce texte est compris que son amant a élevé la voix et l’a appelée à le rejoindre (Malbim, Metsudath David).

 

11 Car voici, l’hiver est passé ; la pluie a cessé, elle s’en est allée. 

 

Le mot sethav apparaît uniquement ici - le seul endroit dans la Bible où il est utilisé. Le mot sethav est utilisé pour traduire l'hiver, mais il ne signifie pas cela. D’après le Targum Genèse 8:22, c’est synonyme de choref signifiant hiver. Selon de nombreux commentateurs, il s’agit de la deuxième moitié du mois de Kislev, de Tebeth et de la première moitié de Shebat, se terminant généralement en février. SHD 5638 montre que ce mot provient d'une racine inutilisée signifiant se cacher et, par conséquent, cela signifie la saison de cachette, de là, c’est synonyme de hiver. Il s’agit de la période de cachette qui accompagne la persécution de l'ère de Smyrne pendant la persécution mentionnée dans Apocalypse 2:10. 

Apocalypse 2:9-10 Je connais ta tribulation et ta pauvreté bien que tu sois riche, et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan. 10 Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. (LSG)

 

Ces gens ont été persécutés pendant dix jours, mais pas à l'Ouest. Ils ont été persécutés dix jours à l'Est. La persécution de Dioclétien a duré dix ans dans les Églises orientales, mais cela n’a duré que trois ans dans les Églises occidentales. C'est pourquoi il y a une certaine confusion sur le fait que cette prophétie ne se soit pas produite parce que beaucoup de gens voyaient la persécution en Europe occidentale et disaient qu'elle n'avait duré que trois ans, mais elle a duré dix ans à l'Est. Quand l'Église était basée à Smyrne, ils ont été davantage persécutés et ont fait les frais de cette persécution. La persécution dans l'Empire n'était pas si longue ou si importante ; en fait Gibbons dit que dans la période entière de l'Empire romain, il y eut seulement quinze cents personnes mises à mort. La plupart d'entre elles ont été mises à mort pour avoir frappé des magistrats. Elles ont frappé les magistrats pour qu'elles soient mises à mort et ainsi être à la première résurrection. Ce n'est pas ainsi qu’on entre dans la première résurrection ! Ce n'est pas l'Empire romain qui a trop persécuté l'Église, c’était dix ans sous Dioclétien.

 

La persécution de l'Église a eu lieu sous le successeur de l'Empire romain, qui était le Saint Empire Romain. Ils ont tué des centaines de milliers de personnes. Il s'agissait en fait de l'église Chrétienne dominante qui a persécuté la véritable Église de Dieu.

 

La persécution sous Dioclétien à l'Est a duré pendant dix ans, alors qu’à l'Ouest, cela n’a duré que trois ans. Les persécutions n’ont pas cessé avec l'Empire, mais se sont poursuivies pendant de nombreuses années sous son successeur, le Saint Empire Romain.  

 

12 Les fleurs paraissent sur la terre, le temps de chanter est arrivé, et la voix de la tourterelle se fait entendre dans nos campagnes.

 

Ce verset est mal compris. Les fleurs qui apparaissent sont considérées comme les fleurs du printemps en Palestine (Akedath Yitzchak). Le temps de chanter est cependant rendu dans la LXX (Septante) et aussi par Rashbam comme le temps de la taille des vignes ; cf. Lévitique 25:3. C'est le temps de la taille des vignes. Nous entrons alors dans la période de la tribulation et de la taille des vignes et du dépouillement de la faiblesse de l'Église. Cela a marqué les conciles de Nicée, Constantinople, et de Chalcédoine. Les vignes ont été taillées. 

 

D'autres soutiennent que la zamir est le nom d'un oiseau migrateur qui émet une chanson à son retour au printemps (Daath Mikra). Le Midrash renvoie le verset à Moïse et Aaron (les fleurs) dont l’arrivée à Pharaon a entraîné Israël à chanter Az Yashir [Exode 15] à la Mer Rouge après l'hiver d'oppression en Égypte (Soncino).

 

La voix de la tourterelle [colombe] n'est pas un oiseau qui chante, mais un oiseau de passage (cf. Jér. 8:7). Sa voix annonce l'arrivée du printemps (Malbim).

 

La taille des vignes est la compréhension de la persécution et de l’épreuve des élus. L'analogie avec Moïse et Aaron et avec Israël en Égypte et à la Mer Rouge est exactement celle de l'Église dans le désert des quarante Jubilés sur la base d’un an pour un Jubilé. Israël a vécu quarante ans dans le désert et l'Église a vécu quarante Jubilés dans le désert. Israël a été jugé quarante ans après la mission de trois ans du Messie. Les nations païennes ont reçu Quarante Jubilés et alors les systèmes du monde sont détruits.

 

13 Le figuier embaume ses fruits, et les vignes en fleur exhalent leur parfum. Lève-toi, mon amie, ma belle, et viens !

 

Le figuier a poussé a comme sens littéral du verbe adoucit avec épice qui est également utilisé pour l'acte d'embaumer avec des épices (Soncino). 

 

Cela peut également se référer au pollen, qui ressemble aux épices saupoudrées sur les morts lors du processus d'embaumement (Ibn Ezra).

 

Le sens a donc un lien avec les épices de l'affliction. Ce symbolisme a été utilisé pour le Messie au moment de son enterrement et avant celui-ci. La myrrhe est aussi à la base du nom de Mardochée, qui a aussi un symbolisme Messianique dans l'histoire d'Esther (voir le document Commentaire sur Esther (No. 063)). Le texte relatif aux figues vertes est important. 

 

figues vertes. [En hébreu paggeha ; les figues mûres sont appelées te'enim, et celles qui mûrissent tôt bikkurah. Les figues mûrissent à différents moments, généralement à partir du mois d'août. Certaines restent vertes sur l'arbre jusqu'au printemps suivant. Les figues vertes sont légèrement plus foncées ; et le verbe chanat, qui est apparenté au blé brun rougeâtre (chittah), suggère la traduction suivante : ‘Le figuier fait mûrir ses figues d'hiver en rouge’.] (Soncino).

 

Ainsi, le sens est que ceux qui ont mûris pendant la saison de la cachette [de la clandestinité] sont mûrs au rouge ou sont assimilés à la récolte de blé qui est celle des élus. Les vignes en fleur est également significatif. 

les vignes en fleur. Réputées pour leur parfum suave. Semadar, un mot d'origine inconnue et qui ne se trouve qu’ici, est interprété par les Rabbins comme ‘de tendres raisins dès leur apparition.’ Quelques semaines plus tard, ils deviennent boserim, et quand ils sont bien mûrs, on les appelle anabim. ‘Quand la fleur tombe et que les raisins sont visibles, c'est le stade de semadar’ (Rashi).

 

Nous avons donc affaire à l'étape des prémices de la vigne. C'est le premier stade de l'appel des élus.

 

14 Ma colombe, qui te tiens dans les fentes du rocher, qui te caches dans les parois escarpées, fais-moi voir ta figure, fais-moi entendre ta voix ; car ta voix est douce, et ta figure est agréable. (LSG)

 

Kimchi rend le texte au-dessus des rochers. La colombe dans la fente des rochers représente une colombe qui reste dans son lieu de nidification lorsqu’elle se cache. L'amant berger, impatient à son retard à se joindre à lui, l’exhorte à quitter sa cachette (Malbim).

 

L'Église s’est cachée pendant la persécution et n’a pas pu accomplir sa tâche. Le Berger l’appelle à l'action.

 

Cantique des Cantiques 2:15-17 Prenez-nous les renards, les petits renards qui ravagent les vignes ; car nos vignes sont en fleur. 16 Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui ; il fait paître son troupeau parmi les lis. 17 Avant que le jour se rafraîchisse, et que les ombres fuient, Reviens !… sois semblable, mon bien-aimé, à la gazelle ou au faon des biches, sur les montagnes qui nous séparent. (LSG)

 

Le texte est le suivant : prenez-nous les renards ou attrapez-nous les renards

Avec cela, elle explique à son amant comment elle s’est débarrassée des filles de Jérusalem, qui la surveillait de près. Elle les a exhortées à chasser les renards qui détruisaient les vignes, ‘car nos vignes sont en fleur’ (Malbim).

 

Les filles de Jérusalem inhibaient les actions de l'Église. Les actions de Juda, même s’il a été endurci et donc privé de conversion, ont été capables de résister aux effets des attaques sur la foi faites par les éléments gnostiques et ont ainsi préservé intacte la compréhension physique des Écritures prête pour la Restauration. De cette façon, l'Église a pu se libérer des filles de Jérusalem également. Mais les petits renards qui ont détruit le vignoble finirent par se retrouver dans les conciles de Nicée, Constantinople et de Chalcédoine. Ces renards, ces faux prêtres (sacrificateurs) et prophètes ont détruit la foi et créé ce qu'on appelle aujourd'hui l'église Chrétienne dominante et ces personnes n'entrent pas dans la première résurrection. Ils ont détruit les vignes de Dieu.

 

La Soncino commente le terme : les petits renards est révélateur. 

les petits renards. Peut-être qu'elle se réfère à son danger à la cour. Se comparant à un vignoble, elle lui demande de la sauver des renards qui cherchent à détruire son vrai bonheur. Cela peut être une allusion à l'histoire de Samson, qui a lâché des renards dans les vignes pour se venger de ceux qui avaient détruit son mariage (Malbim).

 

Si nous regardons en arrière au moment où nous avons traité de l’histoire de Samson et des Juges, toute cette structure entière est l’opération de Christ dans l'Esprit Saint avec Samson pour établir les prophéties à venir sur l’effondrement des nations païennes. Ces trois cents renards ont été envoyés deux par deux, dans les nations des Gentils, par Jésus-Christ. Ce sont les trois cents feux (lumières) sous les boisseaux qui ont été brisés en même temps afin que l'évangile du Royaume de Dieu soit apporté aux Gentils (païens) et que les nations reçoivent la compréhension.

 

Samson a utilisé les 300 renards pour allumer le feu aux champs des Philistins (voir le document Samson et les Juges (No. 073)). Cette histoire est une représentation physique de l'intervention spirituelle du Messie. Elle se réfère au développement de l'Esprit Saint dans l'individu tel qu'il se produit avec Samson. Le Messie, en tant que l'Ange de Yahovah (Jéhovah), utilise Samson pour s’occuper du système des païens. Les renards ont aussi une application à l'histoire de Gédéon (voir le document La Force de Gédéon et les Derniers Jours (No. 022)). Les renards qui détruisent les vignes sont les bergers qui doivent être retirés du troupeau. Les passages dans Ézéchiel 34, Malachie et d'autres montrent que c’est le pouvoir des enseignants rabbiniques. Cette structure a dû être soustraite à son influence sur les élus. Le terme en fleur signifie qu'elle est facilement détruite (Metsudath David). Par conséquent, il a fallu étendre la protection pour s'assurer que les élus ne soient pas détruits avant qu'ils puissent se développer.

 

Le commentaire mon bien-aimé est à moi du verset 16 est considéré comme signifiant que la femme se tourne vers les femmes (les filles de Jérusalem) et  

elle fait cette confession passionnée comme pour dire : ‘Mes frères ont réussi à nous séparer, mais nous sommes à jamais unis dans notre amour.’ (Metsudath David).

 

Les Juifs nous ont donc séparés du Messie et nous ont mis dans le désert, mais nous sommes toujours unis au Messie, en tant qu’Église.

 

Bien sûr, les frères de Juda ont effectivement réussi à séparer le Messie de l'Église, mais ils sont toujours unis dans l'amour et seront réunis lors du dîner de noces. Juda sera enfin converti et prendra sa place lorsqu’il se rendra compte de la pleine signification des Écritures Messianiques auxquelles il a été aveuglé. Une dureté de cœur s’est abattue sur Juda, mais cette dureté va lui être enlevée. Dans les derniers jours, Juda va être converti et Juda sera le premier à être restauré.

 

Le terme au verset 17 avant que le jour se rafraîchisse est littéralement avant que le jour souffle’ à savoir la brise du soir se lève. Metsudath David explique, ‘avant que le soleil s’envole’ de la terre (Soncino). Les rabbins considèrent que c’est la fin de la journée. Cependant, la signification peut aussi être que le jour se lève, comme l'a mentionné Pierre dans 2Pierre 1:19. 

2Pierre 1:19 Et nous tenons pour d’autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu’à ce que le jour vienne à paraître et que l’étoile du matin se lève dans vos cœurs ; (LSG)

 

Le Messie est la nouvelle Étoile du Matin. La référence aux ombres qui fuient peut aussi être à la lumière qui enlève toute obscurité et toute ombre. Le sens est pris pour s’étendre jusqu'au coucher du soleil comme étant le moment où les ombres s’enfuient. La séparation doit seulement être jusqu'au coucher du soleil quand elle l'attendra (David Metsudath). Ainsi, les rabbins comprenaient que le processus était une séparation qui impliquait une réconciliation à la fin. Il s'agit de la réconciliation de Christ et de l'Église lors du dîner de noces.

 

Le terme : sur les montagnes qui nous séparent, est rendu par la Soncino comme sur les montagnes d'épices

Cette traduction fait suite à celle de Gratz.  

 

Le dernier mot bather signifie ‘division, séparation,’ et peut se référer aux montagnes intermédiaires que le berger avait à franchir pour l'atteindre. Le mot ‘division’ est utilisé à juste titre pour les montagnes qui semblent être fendues. D'autres explications proposées : il s’agit d’un nom propre, ‘les montagnes de Béther’ (Metsudath David).

 

Les montagnes de division ou de séparation sont mentionnées dans les différents textes décrivant le retour du Messie dans l'Église et en Israël. Les montagnes à la fin se révèlent être le refuge des survivants de la colère de Dieu. La division est également évidente dans l'Église par l’erreur. Le bâton brisé de l'union est la division qui a abouti à la séparation d'Israël et de Juda.

 

Chaque texte du Cantique des Cantiques a une signification ou implication majeure pour l’établissement de l'Église et sa relation avec Juda. Il a aussi une signification par rapport à la conversion de Juda. Une fois que Juda comprend et peut mettre tout cela en contexte, Juda peut se convertir. Ce ne sera pas fait par des fables et ne sera pas le résultat d’une théologie défectueuse. Nous devons savoir de quoi nous parlons et nous devons être en mesure de saisir chacun de ces textes dans l'Ancien Testament et de les expliquer afin que les Juifs puissent voir par l'Esprit Saint ce que Christ et l'Église ont fait depuis deux mille ans. Une fois que nous y parvenons, nous convertirons Juda.

 

Chapitre 3 

Cantique des Cantiques 3:1-3 Sur ma couche, pendant les nuits, j’ai cherché celui que mon cœur aime ; je l’ai cherché, et je ne l’ai point trouvé…

 

Les notes de la Soncino du texte : 

Bien des jours plus tard, la jeune fille, emprisonnée dans les chambres de Salomon, se souvient de son amant et de son amour alors qu’elle est couchée au lit la nuit. Elle se lève de son lit, sort et part à sa recherche dans la ville. Elle ne le trouve pas jusqu'à ce qu'elle quitte la ville et part dans le désert. Elle rejoint son bien-aimé jusqu'à ce qu'elle soit poursuivie par les filles de Jérusalem. Néanmoins, elle continue son union avec lui et il lui parle avec affection. Cet épisode raconte comment elle a quitté le lit de Salomon, et la façon dont les filles de Jérusalem ne les ont pas séparés par la suite. Cela continue jusqu'au v. 2 (Malbim). 

Je l'ai cherché. Répété pour connoter qu'elle l’a cherché à plusieurs reprises (Malbim).

 

Les élus parmi Israël sont constamment appelés et sont en lutte contre les éléments réactionnaires du Judaïsme. Cela ne cessera qu’à la conversion de l’ensemble de Juda. Cela se produira dans les derniers jours en raison de cette histoire d’amour constante de la nation avec le Messie, en dépit de la résistance rabbinique à la restructuration Messianique du sacerdoce et des élus.

 

Zacharie 9:9 montre comment le Messie est venu vers les filles de Jérusalem et qu’elles ne l’ont pas reçu.

 

2 Je me lèverai, et je ferai le tour de la ville, Dans les rues et sur les places ; Je chercherai celui que mon cœur aime… Je l’ai cherché, et je ne l’ai point trouvé. 

 

Le Messie ne se trouvait pas dans la structure de Jérusalem et du Temple ni dans le système rabbinique ultérieur. C’est seulement dans le désert que cette union pouvait se produire.

 

3 Les gardes qui font la ronde dans la ville m’ont rencontrée : Avez-vous vu celui que mon cœur aime ? (LSG) 

Les gardes sont les gardiens d'Ézéchiel et les scribes et bourreaux d'Ézéchiel 8:1 à 9:11.

 

Le texte passe ensuite à la recherche de l’être aimé. Les autorités rabbiniques soutiennent que les gardiens ne lui ont pas répondu (Metsudath David). 

 

Cantique des Cantiques 3:4-5 À peine les avais-je passés, que j’ai trouvé celui que mon cœur aime ; je l’ai saisi, et je ne l’ai point lâché Jusqu’à ce que je l’aie amené dans la maison de ma mère, dans la chambre de celle qui m’a conçue. – 5 Je vous en conjure, filles de Jérusalem, par les gazelles et les biches des champs, ne réveillez pas, ne réveillez pas l’amour, avant qu’elle le veuille. – (LSG)

 

La suite immédiate des gardiens au bien-aimé montre un lien d'un aspect à l'autre. S’ils lui ont répondu, elle néglige d'indiquer la réponse. Il y a ici une certaine brutalité dans le style.

 

Le fait d’amener le bien-aimé dans la maison de la mère est comme une place permanente et non un saut par-dessus les montagnes qui les séparent (Malbim). L’endroit permanent est une référence à la maison de la Mère, qui est Jérusalem et Sion en tant que capitale d'Israël et centre du système millénaire.

 

"La chambre de celle qui m'a conçue" est un exemple du parallélisme qui caractérise la poésie hébraïque. Toutefois, la chambre de celle qui a conçu l'Église est le Temple, de sorte que la maison de la mère pour la nation est la même que les chambres de l'Église.

 

Le texte au verset 5 est considéré, par Malbim, de se rapporter au fait que les filles de Jérusalem la poursuivent, et elle les adjure de ne pas aliéner l'amour que le bien-aimé a pour elle (comme ci-dessus v. 2). Cela concerne les aspects de la conversion. L'adjuration, c'est que la conversion des filles de Jérusalem n'a pas lieu avant qu'elles ne soient prêtes à être appelées par Dieu. En d'autres termes, jusqu'à ce qu’il plaise à Dieu. Juda ne devait pas être appelé et converti avant que le temps des Nations n’ait été achevé. Cette période a duré sept temps à partir de 605-525 AEC et s'est terminée en 1914-1994/95. Ils ne pouvaient pas comprendre et cela leur fut donné en paraboles afin qu'ils ne se convertissent pas et soient sauvés avant d’être prêts à venir ou entrer en jugement.

 

Le texte passe ensuite jusqu’à la prochaine phase de l'histoire, qui se rapporte à la puissance d'Israël. 

 

Cantique des Cantiques 3:6-11 Qui est celle qui monte du désert, comme des colonnes de fumée, au milieu des vapeurs de myrrhe et d’encens et de tous les aromates des marchands ?

 

La Soncino fait ce commentaire éloquent. 

Lorsque la jeune fille revient du désert, tout le monde se demande comment elle a pu s’échapper du lit de Salomon pendant la nuit. Comment se fait-il que les hommes vaillants qui l'entourent n'ont pu la retenir ? La question qui se pose est la suivante : ‘Qui est celle qui monte du désert, etc. ? Voici la litière de Salomon, soixante hommes vaillants sont autour d’elle, etc.’ La réponse est : ‘Chaque homme porte son épée sur sa cuisse en raison de la terreur de la nuit.’ La peur de la nuit s’est abattue sur eux avant qu'ils ne puissent tirer leurs épées (Malbim). 

 

Ce commentaire montre la condition de Juda et des hommes vaillants d'Israël à cette époque. La question sur les lèvres de Juda ici est la suivante : ‘Comment l’Église a-t-elle pu s’échapper des environs de Juda et de Jérusalem ?’ Tout d'abord, Juda a tenté de retenir l'Église et de la détruire. Dans les jours modernes, Juda en vient à cette prise de conscience et se convertit suite à cette prise de conscience et suite à l'adversité dans laquelle il se trouve. Nous voyons ceci se développer à partir de cette période de l'histoire.

 

7 Voici la litière de Salomon, et autour d’elle soixante vaillants hommes, des plus vaillants d’Israël. 8 Tous sont armés de l’épée, sont exercés au combat ; chacun porte l’épée sur sa hanche, en vue des alarmes nocturnes. 9 Le roi Salomon s’est fait une litière de bois du Liban. 10 Il en a fait les colonnes d’argent, le dossier d’or, le siège de pourpre ; au milieu est une broderie, œuvre d’amour des filles de Jérusalem. 11 Sortez, filles de Sion, regardez le roi Salomon, avec la couronne dont sa mère l’a couronné le jour de ses fiançailles, le jour de la joie de son cœur. – (LSG)

 

La peur dans la nuit est due à la destruction qui entoure la nation. Les épées sont sur leurs cuisses tout comme l’étaient les arcs dans les mains des hommes qui ont construit les murs de Jérusalem sous Néhémie (Néhémie 4:10-20). Le texte dit aussi ici : Voici son lit, qui est celui de Salomon. Le terme ne dit pas que c'est Salomon, mais plutôt que la litière est celle qui est à Salomon. Cette litière est la litière de l'héritage de Salomon. Nous parlons donc aussi des descendants de Salomon au cours de l'histoire de l'Église. L'histoire pourrait également être étendue pour englober le pouvoir et le droit du Messie, qui s’occupe de la nation unifiée d'Israël, à son retour. Toutefois, la séquence temporelle indique que nous traitons avec Juda dans la séquence de l'Église. La séquence temporelle ici devrait se situer pendant Pergame, à la suite de Smyrne (Apoc. 2:9-17).  

Apocalypse 2:9-17 Je connais ta tribulation et ta pauvreté bien que tu sois riche, et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan. 10 Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. 11 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises : Celui qui vaincra n’aura pas à souffrir la seconde mort. 12 Écris à l’ange de l’Église de Pergame : Voici ce que dit celui qui a l’épée aiguë, à deux tranchants : 13 Je sais où tu demeures, je sais que là est le trône de Satan. Tu retiens mon nom, et tu n’as pas renié ma foi, même aux jours d’Antipas, mon témoin fidèle, qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure. 14 Mais j’ai quelque chose contre toi, c’est que tu as là des gens attachés à la doctrine de Balaam, qui enseignait à Balak à mettre une pierre d’achoppement devant les fils d’Israël, pour qu’ils mangeassent des viandes sacrifiées aux idoles et qu’ils se livrassent à l’impudicité. 15 De même, toi aussi, tu as des gens attachés pareillement à la doctrine des Nicolaïtes. 16 Repens-toi donc ; sinon, je viendrai à toi bientôt, et je les combattrai avec l’épée de ma bouche. 17 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Églises : A celui qui vaincra je donnerai de la manne cachée, et je lui donnerai un caillou blanc ; et sur ce caillou est écrit un nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit. (LSG)

 

La persécution de l'ère de Smyrne avait été provoquée par l'autorité romaine, mais elle a été aidée par les divisions et l'animosité causées par Juda. Les systèmes Trinitaires de l'Ouest ont vu une réaction à leur pouvoir en Orient. La fondation du système catholique avec le soutien de Théodose en tant qu’empereur en 381 EC a vu l'Église persécutée. Les royaumes judaïques en Arabie et en Afrique du Nord ont vu l'émergence de l’Islam en réaction à ces deux systèmes basés sur certaines doctrines Chrétiennes, mais pas toutes. L'Église a été contrainte à conclure une alliance avec l'Islam à cause de l'Empire romain à Constantinople. L'hégémonie juive sur l'Arabie a été détruite en même temps. Ainsi, Juda fut entraîné dans la peur et dispersé. Les soixante hommes vaillants montrent que nous avons affaire à une force réduite. Elle n'a ni le pouvoir ni l'autorité spirituelle des soixante-dix du Sanhédrin, puisque cela a été transféré à l'Église selon Luc 10:1. Les hommes vaillants ont peur parce que le système, qui repose sur la force physique, n'a aucun pouvoir de traiter et faire face au Trinitarisme occidental ni à l'Église et à l’Unitarisme islamiste. Les Pauliciens, durant l’ère de Pergame, ont mis les forces de Constantinople en déroute et ont pillé l'Asie Mineure jusqu'aux montagnes du Taurus et jusqu’à la mer. Ils ont acquis la protection de l'Islam dans tout l'empire. L'Église dans l'Espagne islamiste a également bénéficié de cette protection à ce moment-là (voir le document La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122)). Christ a dit qu'il poursuivrait Pergame avec l'épée de sa bouche, c’est parce qu'ils ont été entachés par la pensée qui va avec la force militaire, et Christ s’occupe d’eux en conséquence.

 

L'Église, mais aussi Juda, sont dès lors pris en charge dans le désert, symbolisé par la manne cachée. La manne cachée se rapporte à la puissance de l'Esprit, qui était la prérogative de l’Église uniquement. Cependant, Juda était toujours protégé par Dieu.

 

Les cailloux blancs sont ceux qui formaient la fondation du Temple sous Salomon. Les cailloux aussi formaient le système de vote dans le monde hellénisé. Ainsi, le caillou blanc avec un nouveau nom est une preuve du pouvoir de contribuer par la voix au gouvernement de Dieu en tant que partie de l'administration qui constitue la fondation de la Cité de Dieu.

 

La couronne mentionnée au Chapitre 3:11 n'est pas considérée comme un symbole de royauté mais de bonheur. Cela correspondait aux guirlandes portées lors des occasions festives (voir Soncino). Les fiançailles dont il est question ici concernent Salomon et la couronne qui lui avait été donnée par sa mère, qui n'était en fait pas de Juda, puisqu’elle était Bath-Shéba, la femme d'Urie, le Hittite, et donc nous parlons d'un système différent. Les fiançailles peuvent avoir été son mariage ou faire référence à l'union avec des dieux étrangers avec lesquels il s’est enchevêtré.

 

Chapitre 4 

Certains disent que ce texte est le début d’un discours de Salomon pressant sa demande avec la femme et vantant sa beauté, d'autres estiment que c’est le Berger qui s’adresse à sa bien-aimée après l'arrivée de son cortège. C’est considéré comme plus probable (Ibn Ezra, Isaïe da Trani, Malbim). 

 

Cantique des Cantiques 4:1-16 Que tu es belle, mon amie, que tu es belle ! Tes yeux sont des colombes, derrière ton voile. Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, suspendues aux flancs de la montagne de Galaad. 2 Tes dents sont comme un troupeau de brebis tondues, qui remontent de l’abreuvoir ; toutes portent des jumeaux, aucune d’elles n’est stérile. 3 Tes lèvres sont comme un fil cramoisi, et ta bouche est charmante ; ta joue est comme une moitié de grenade, derrière ton voile. 4 Ton cou est comme la tour de David, bâtie pour être un arsenal ; mille boucliers y sont suspendus, tous les boucliers des héros. 5 Tes deux seins sont comme deux faons, comme les jumeaux d’une gazelle, qui paissent au milieu des lis. 6 Avant que le jour se rafraîchisse, et que les ombres fuient, j’irai à la montagne de la myrrhe et à la colline de l’encens. 7 Tu es toute belle, mon amie, et il n’y a point en toi de défaut. 

 

Le texte traite ici des attributs de la bien-aimée. Les yeux comme des colombes renvoient à 1:15. Rashi dit que la comparaison est suggérée par l'innocence de la colombe. Malbim dit que c'est une vieille coutume de chanter les louanges de la mariée à son mariage. Le verset 1 est traduit : tes yeux sont comme des colombes derrière ton voile, par la Soncino. Le voile cache tout le visage sauf les yeux. Cela fait suite à Ibn Ganach et Kimchi. Rachi explique que l'hébreu signifie “un filet à cheveux pour garder ses cheveux bien rangés ; le sens de la racine est de ‘limiter’, ‘confiner’” (Soncino). Le sens est celui de contrainte. La bien-aimée est belle et a le regard tourné vers la beauté, quelles que soient les contraintes qui pèsent sur elle et les limites imposées quant à la révélation des mystères de Dieu.

 

Les commentaires concernant “les cheveux étant comme un troupeau de chèvres” fait référence à la couleur noire brillante naturelle de la chèvre de chaque tresse. Lorsque le soleil brillait sur elle, ses cheveux étincelaient d'un magnifique éclat (Daath Mikra). Le texte : qui traînent de la montagne de Galaad est considéré comme présentant des difficultés. Il survient uniquement ici et à 6:5. Tant les commentateurs anciens que modernes varient largement dans l'interprétation. La Soncino estime que la meilleure interprétation est celle proposée par le Professeur Yahuda qui le reliait à une racine arabe, ‘faire une chose avant l'aube’. L'image ici est un troupeau de chèvres descendant du flanc de la montagne en rangées juste avant le lever du jour, formant des lignes blanches sur le fond sombre dans la pénombre. Il semble que cette interprétation soit évoquée dans le commentaire du Midrash sur l’expression : ‘Quand une femme a une croissance luxuriante de cheveux, elle les organise en lignes blanches,’ c’est-à-dire en nattes qui montrent des raies blanches entre les deux. Ainsi, ils le rendent tel que : ‘tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres qui se traînent dans le crépuscule du matin’.

 

La difficulté pourrait être mieux comprise ou écartée si l'on se référait à l’Église et si toute la disposition des rangées blanches étaient celle des élus en vêtements blancs, étant revêtus à l'aube du système Messianique, lorsque le jour se lève dans le cœur des élus (2Pierre 1:19) qui participent à la nature divine (2Pierre 1:4) et sont appelés des ténèbres à son admirable lumière (1Pierre 2:9).

 

La région de Galaad est cette zone à l’est du Jourdain. La Soncino dit que c'est Une chaîne de montagnes, au-delà du Jourdain, entrecoupée par de nombreuses vallées. Les tribus de Ruben, Gad et la moitié de Manassé y trouvèrent domicile [Josué 17:1 et suiv.]. Galaad était renommée pour ses riches pâturages et ses innombrables troupeaux [Nom. 23:1 ; Michée 7:14.] Elle se trouve à la vue de Jérusalem. Le fait qu'elle se trouve en vue de Jérusalem est également significatif. Nous rattachons le texte à l'anticipation de l'avènement Messianique et la fin de l'âge actuel. Galaad était tenue en lien avec les rois de Juda (Jérémie 22:6). La royauté a été enlevée à cause de leur idolâtrie et donnée à ceux qui sont devenus à la fois rois et prêtres (sacrificateurs) pour Dieu (Apocalypse 5:10). Ainsi, Galaad symbolisait le lieu de paix pour les élus. Il y avait un baume en Galaad, mais la santé de la population n'a pas été restaurée (Jérémie 8:22) à cause de leur idolâtrie (Jérémie 8:19). Il a été dit aux nations de monter en Galaad pour prendre du baume (Jérémie 46:11). Ainsi, le salut a été, à la suite de cette prophétie sur l'étendue de tout le livre de Jérémie, retiré de Juda et étendu aux Gentils [Nations]. Il ne doit y avoir aucune iniquité en Galaad (Osée 12:11). La destruction des femmes de Galaad sera punie (Amos 1:13). C'est la base de la parabole des brebis et des boucs dans Matthieu 25:31 et suiv. La restauration Messianique impliquera la prise de Galaad par Benjamin (Abdias 19) ; ainsi l'héritage de Ruben et de Gad avec la moitié de Manassé se trouve ailleurs au-delà du Jourdain à l'est.

 

Michée 7:14 montre que les gens qui sont le troupeau de l'héritage du Messie habiteront seuls dans une forêt au milieu d'un pays de jardin. Ils paîtront en Basan et en Galaad comme aux jours d’autrefois (Michée 7:14). Cette période correspond à la période qui suit  la destruction de la planète par les nations (Michée 7:8-17). Alors, la restauration des derniers jours sera comme l'exode et ce sera en Galaad et au Liban aussi (Zacharie 10:10). Ainsi, les élus viendront également du Liban, comme nous le voyons au verset 8.

 

Les dents sont comparées ici à la blancheur de la laine fraîchement lavée, la couleur de la neige (Ésaïe 1:18) (voir Soncino). L'étudiant du Nouveau Testament reconnaîtra ici immédiatement le symbolisme de la pureté spirituelle (Apoc. 15:6 ; 19:8,14) et le lavement des robes des élus dans le sang de l'Agneau (Apocalypse 3:5,18 ; 4:4 ; 6:11 ; 7:9,13,14). Le fait qu'elles aient toutes la même forme (Soncino), explique Rachi, est ‘bien numéroté’, et Kimchi et Ibn Ezra expliquent qu’elles ont ‘toutes la même taille’. L'importance est liée à l'énumération dans le livre de vie de l'Agneau et elles sont toutes spirituellement préparées de la même façon.

 

Le texte toutes portent des jumeaux, Daath Mikra explique qu'elles sont comme des brebis, chacune s'en tient à son compagnon, soit symbolisée ici par les dents supérieures et inférieures. Rashi associe le mot pour jumeaux à methomm ou ‘perfection’, à savoir qu'aucune n’était cariée. Cette interprétation est considérée comme correcte. Seule l'identification de l'hébreu par Rachi nous permet de voir que l'état de perfection spirituelle parmi les élus est le sujet. La Soncino rend le texte : Dont toutes sont jumelées et aucune d'entre elles n’est tombée. Le texte est interprété comme étant “un jeu de mots”. ‘Chacune d’elles (shekullam) est appariée et aucune d'entre elles ne manque (shakkulah)’.

 

Tes lèvres sont comme un fil cramoisi se réfère au salut des Gentils par les sacrifices de la Pâque préfigurés par le salut de Rahab au mur de Jéricho (voir le document La Chute de Jéricho (No. 142) pour l'explication).

 

Le mot hébreu pour bouche ici est midbarech ou ton discours ou les instruments de ton discours, à savoir la bouche. Metsudath David dit que ses lèvres rouges et fines sont comparables à un fil d’un rouge écarlate. Des lèvres fines rouges ne sont guère sensuelles, de sorte que le sens doit se préoccuper du texte qui se trouve ailleurs dans la Bible. Le sens de la perfection de la parole est également correct, lorsque nous voyons que cette condition est celle de la création et étendue à Satan avant la chute, où ses instruments étaient parfaits avant que l'iniquité ne soit trouvée en lui (Ézéchiel 28:13-15) comme on attend de nous que nous soyons parfaits.

 

Les tempes étant comme une grenade fendue derrière le voile, cela signifie que le teint est vermeil. Le mot pour tempe se réfère à la partie mince du crâne et Ibn Ezra traduit pelach comme, ‘la fleur rouge de la grenade’. En conséquence, il fait l’éloge de son teint vermeil. Ceux qui traduisent le texte comme une grenade fendue expliquent que les tempes brillent à travers le voile comme le blanc et le rouge mélangés de la grenade brillent à travers les fissures de l'écorce (Metsudath David). Rashi rend le texte ‘comme une demi-grenade’. Il la loue pour la rondeur de ses joues et leur couleur rougeâtre. La référence est faite aux élus. La fente ouverte renvoie peut-être au rideau. Les élus sont passés derrière le voile quand il a été déchiré en deux par le sacrifice du Messie symbolisé par la couleur rougeâtre. Le jeu de mots place les élus en tant que le sanctuaire intérieur.

 

La référence au cou et à la tour de David construite avec des tourelles sur lesquelles sont suspendus mille boucliers, est une référence aux nombres de l'administration interne au sein du gouvernement céleste. Le sacrifice du Messie a été déterminé parmi les mille de l'Armée angélique. Ce nombre interne de l'Armée semble se rapporter à la structure centrale des elohim et le sacrifice de l'un d'eux a été déterminé dès le commencement. Cela était également compris à partir de Job 33:19-24. Metsudath David se contente de dire que mille représente un grand nombre. Les boucliers étaient utilisés comme ornements selon la Soncino (cf. Ézéch. 27:11). Le fait est qu’autrefois, la structure fortifiée était aussi forte que ses défenseurs. La pratique d’afficher des boucliers à l’époque héraldique était comme des signes pour ceux qui ne savaient pas qui étaient les défenseurs et ils signifiaient la composition, la dérivation et la loyauté des défenseurs.

 

Job 33:23-24 Mais s’il se trouve pour lui un ange intercesseur, un d’entre les mille qui annoncent à l’homme la voie qu’il doit suivre, 24 Dieu a compassion de lui et dit à l’ange : Délivre-le, afin qu’il ne descende pas dans la fosse ; j’ai trouvé une rançon ! (LSG) 

 

Ibn Ezra rend le texte construite avec des tourelles comme signifiant pour la suspension d'armes. Un monticule ou tel dans lequel les armes sont stockées, c’est-à-dire le cou est comparé au monticule et non aux épées. Rashi et Rashbam traduisent talpioth comme s’il provenait de la racine ‘d'enseigner’ (aleph), la première lettre étant élidée. La traduction du Targum, ‘l'instruction de la loi,’ peut avoir suggéré cette explication (Soncino). Le cou de la Sulamithe est comme une magnifique tour construite comme un modèle à suivre pour les autres. Le mot est compris par la LXX comme un nom propre, ‘La Tour de David construite vers Talpioth’. Ce contexte semble échapper à la question ou au problème complexe posé par le texte. Le fait que les élus soient ceux qui ont été décapités pour le témoignage de Jésus et ceux qui n’adoreraient pas la bête ou prendraient son nombre d’après le Nouveau Testament (Apocalypse 20:4), ne pouvait évidemment pas être abordé ici par la Soncino.

 

La référence aux seins comme étant deux faons qui se nourrissent parmi les lis a déconcerté les commentateurs hébreux. Metsudath David estime que les faons apparaissent plus beaux quand ils se nourrissent parmi les lis. La référence est à la nourriture du troupeau et l’habillement des lis des champs comme étant plus grand que Salomon dans toute sa gloire. Le Messie se réfère directement à ce concept dans Matthieu 6:24-34.

 

Le concept du souffle du jour est ici le même que celui à 2:17. Le rafraîchissement ou le souffle du jour symbolise la joie de la bien-aimée lors de sa rencontre avec le berger à la fin de la journée. Cela fait référence à l'avènement messianique. Le début de la journée pour les élus est aussi le premier amour, quand le jour se lève dans le cœur des élus comme nous le voyons ci-dessus. Metsudath David rend le texte : Le soir venu je me rendrai à la campagne, où tout est doux et parfumé comme de la myrrhe et de l'encens. Le symbolisme de la myrrhe et de l'encens et en particulier de la myrrhe a été traité dans le document Commentaire sur Esther (No. 063) et aussi ci-dessus. Le lien avec le Messie est indéniable. Il s’agit en effet des offrandes spécifiques faites par les Mages à sa naissance (Matt. 2:11).

 

Tu es belle, mon amie, et il n'y a point en toi de défaut est une référence directe aux élus étant sans tache ni défaut comme nous le voyons du concept primaire de l'agneau qui était le Messie à partir de 1Pierre 1:19 et aussi des élus à 2Pierre 3:14.

 

C'est le salut du Messie à la mariée qui est l'élue. La phase suivante est son appel à l'Église.

 

Poursuivre avec la Partie 3 (No. F022iii).

 

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