Le Rôle du Quatrième Commandement dans l'Histoire des Églises de Dieu Observant le Sabbat [170]

Les Églises Chrétiennes de Dieu

 

[170]

 

 

Le Rôle du Quatrième Commandement dans l'Histoire des Églises de Dieu Observant le Sabbat [170]

 (Édition 4.0 19960622-20000122-20090128-20100715)

 

 

 

 

Il est usuellement supposé par les Églises de Dieu observant le Sabbat au cours des deux derniers siècles que le thème central et la marque d'identification du Christianisme était le Sabbat et que les églises ont été persécutées pour leur observance du Sabbat. Au mieux, cette position est seulement partiellement vraie. Au pire, elle cache les véritables aspects fondamentaux de la foi pour laquelle l'Église de Dieu a été persécutée et les autres aspects qui forment les signes des élus. Par cette étude, on verra qu'il y a en fait une série de signes qui identifient les élus. Ces signes ont été employés pour les isoler et les extraire de la société au cours des périodes de persécution généralement désignées sous le nom des Inquisitions. 

 

 

 

Christian Churches of God

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(Tr. 2003, rév. 2016)

  

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Le Rôle du Quatrième Commandement dans les Églises de Dieu Historiques Observant le Sabbat [170]

 

Introduction

Dans l'étude La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122), il a été démontré qu'il y a eu une chaîne continue d'Églises observant le Sabbat au cours de l'histoire qui ont été plus ou moins continuellement opposées et persécutées par le système des églises dominantes. Il est communément supposé par les Églises de Dieu observant le Sabbat au cours des deux derniers siècles que le thème central et la marque d'identification de ce système était le Sabbat et que les églises ont été persécutées pour leur observance du Sabbat. Au mieux, cette position est seulement partiellement vraie. Au pire, elle cache les véritables aspects fondamentaux de la foi pour laquelle l'Église de Dieu a été persécutée et les aspects qui forment les autres signes des élus. Par cette étude, on verra qu'il y a, en fait, une série de signes identifiant les élus. Ces signes ont été employés pour les isoler et pour les extraire de la société au cours des périodes de persécution généralement désignées sous le nom des Inquisitions. Le système orthodoxe dominant a employé plusieurs des marques d'identification de la foi pour recueillir de l'information et des preuves contre les élus afin de les détruire.

 

Les Églises de Dieu du vingtième siècle ont fait l'erreur fondamentale de supposer que leur compréhension était meilleure ou plus complète que la compréhension des églises des ères précédentes. En fait, cette erreur s'est avérée être la cause de la destruction des églises des derniers jours. Elle était issue de leur ignorance des doctrines des premières églises et de l'application de la doctrine de leur foi. Il est vrai, en fait, que les dernières ères ont démontré toutes les caractéristiques des systèmes de Sardes et de Laodicée (Apoc. 3:1-6,14-22). De cette ignorance émergera un véritable système de Philadelphie (Apoc. 3:7-13) qui a peu de force, mais qui est fidèle aux commandements de Dieu et au témoignage de Jésus Christ (Apoc. 12:17 ; 14:12). 

 

Quels signes la Bible attribue-t-elle exactement aux élus et quel rôle le Sabbat joue-t-il dans ce processus d'identification ?

 

Le Sabbat en tant qu'un des signes de l'Église 

Le Sabbat est le quatrième commandement. Il est examiné en détail dans l'étude La Loi et le Quatrième Commandement (No. 256) ; voyez également Le Sabbat (No. 031). On le trouve dans Exode 20:8, 10-11 et Deutéronome 5:12.

 

Le Sabbat est énuméré comme un signe du peuple de Dieu. C'est un signe entre nous et Dieu qui nous rend saints. 

Exode 31:12-14 L'Éternel parla à Moïse, et dit: 13 Parle aux enfants d'Israël, et dis-leur: Vous ne manquerez pas d'observer mes sabbats, car ce sera entre moi et vous, et parmi vos descendants, un signe auquel on connaîtra que je suis l'Éternel qui vous sanctifie.14 Vous observerez le sabbat, car il sera pour vous une chose sainte. Celui qui le profanera, sera puni de mort; celui qui fera quelque ouvrage ce jour-là, sera retranché du milieu de son peuple. (LSG) 

Il est souvent et incorrectement assumé que les Sabbats en question ici sont simplement le pluriel du Sabbat hebdomadaire. C'est incorrect. Les Sabbats incluent la gamme entière du culte des Jours Saints, énumérés en tant que les Sabbats de Dieu. La mise à mort est spirituelle.

 

Le Sabbat n'est pas exclusivement un signe de l'Église. C'est également un signe du peuple de l'alliance qui n'est pas encore appelé dans l'Église. Si c'était le signe des élus, le Judaïsme ferait alors partie de la première résurrection, ce qui n'est pas le cas. 

 

Les autres signes des élus 

Le deuxième signe est la Pâque et la Fête des Pains sans Levain. 

Exode 13:9-16 9 Ce sera pour toi comme un signe sur ta main et comme un souvenir entre tes yeux, afin que la loi de l'Éternel soit dans ta bouche; car c'est par sa main puissante que l'Éternel t'a fait sortir d'Égypte. 10 Tu observeras cette ordonnance au temps fixé d'année en année.11 Quand l'Éternel t'aura fait entrer dans le pays des Cananéens, comme il l'a juré à toi et à tes pères, et qu'il te l'aura donné,12 tu consacreras à l'Éternel tout premier-né, même tout premier-né des animaux que tu auras: les mâles appartiennent à l’Éternel.13 Tu rachèteras avec un agneau tout premier-né de l'âne; et, si tu ne le rachètes pas, tu lui briseras la nuque. Tu rachèteras aussi tout premier-né de l'homme parmi tes fils. 14 Et lorsque ton fils te demandera un jour: Que signifie cela? tu lui répondras: Par sa main puissante, l'Éternel nous a fait sortir d'Égypte, de la maison de servitude;15 et, comme Pharaon s'obstinait à ne point nous laisser aller, l'Éternel fit mourir tous les premiers-nés dans le pays d'Égypte, depuis les premiers-nés des hommes jusqu'aux premiers-nés des animaux. Voilà pourquoi j'offre en sacrifice à l'Éternel tout premier-né des mâles, et je rachète tout premier-né de mes fils.16 Ce sera comme un signe sur ta main et comme des fronteaux entre tes yeux; car c'est par sa main puissante que l'Éternel nous a fait sortir d'Égypte. (LSG)

La Pâque et les Pains sans Levain sont le deuxième signe du peuple de l'alliance. Cette prolongation du quatrième commandement (comme nous l'avons vu ci-dessus) sert à marquer les lois de Dieu dans nos actions (mains) et dans nos esprits (fronts, entre les yeux). C'est le signe de la loi de l'Éternel (Deut. 6:8) et de Sa rédemption d'Israël (Deut. 6:10). À partir du Nouveau Testament, ce statut s'étend aux Païens qui sont en Christ (Rom. 9:6; 11:25-26). La compréhension de la Pâque dans les Églises de Dieu au vingtième siècle a été sérieusement dans l'erreur. Il a été supposé tout à fait inexactement que les Juifs erraient et que la Pâque était la nuit du quatorzième jour de Nissan, la Soirée Mémorable était le quinzième jour et que cette nuit était incorrectement appelée la Pâque par les Juifs. Ceci a été examiné en détail et la structure complète des fausses prémisses sur lesquelles cela reposait a été examinée dans l'Annexe de l'étude La Pâque (No. 098).

 

Ces signes de la loi, le Sabbat et la Pâque, sont spécifiquement conçus pour protéger contre l'idolâtrie (Deutéronome 11:6). Ces deux signes sont le sceau sur la main et sur le front des élus de l'Éternel. Avec l'Esprit Saint, ils forment la base du scellement des derniers jours d'Apocalypse 7:3. Le signe des élus est donc centré sur le premier commandement. Christ a dit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu Le serviras Lui seul. (Mat. 4:10; Luc 4:8). Servir signifie adorer en termes bibliques. 

 

Le Jour des Expiations est un autre signe du peuple de l'alliance. L'individu qui n'observe pas les Expiations est puni en étant retranché du peuple; en d'autres termes, du corps d'Israël de l'alliance, qui est l'église (Lév. 23:29).

 

Le signe initial et principal du peuple de l'alliance était la circoncision (Gen. 17:14). Ceci a été remplacé par l'état du baptême (voir l'étude L’Alliance de Dieu (No. 152)).

 

Le baptême de l'Esprit Saint à travers le sang de Jésus Christ et dans le corps unique est devenu le signe primaire des élus (Mat. 28:19; Actes 1:5; 11:16; Rom. 6:3; 1Cor. 12:13; Héb. 9:11-28). 

 

La position doctrinale commune de l'Église 

La doctrine commune des élus peut être vue à partir des premiers temps. C'est par les écrits des disciples Polycarpe et Irénée que nous pouvons nous approcher le plus de l'apôtre Jean. La vue la plus ancienne est que la Bible et l'église du Nouveau Testament avaient une vue distinctive de la Divinité. Celle-ci a été la même pendant environ deux mille ans.

 

Le centre de leur foi était leur doctrine de Dieu. Le Sabbat, les Nouvelles Lunes et les Fêtes étaient des aspects distinctifs de l'adoration de ce Dieu. Ceci était également accompagné de l'adhérence aux lois de l'alimentation sur une base assez répandue ou générale (voir également l'étude Les Lois de l'Alimentation (No. 015)). Par conséquent, le Sabbat et tout ce qui en découlait étaient des signes de l'adoration du seul vrai Dieu (Jean 17:3). Ce Dieu, Éloah, était exactement le même que celui adoré par Juda et révélé dans l'Ancien Testament. Pour la première église, la Bible était l'Ancien Testament, qui était interprété et expliqué par le Nouveau Testament (voir l'étude La Bible (No. 164)). Les doctrines de la première église de Dieu ont été examinées dans les études La Première Théologie de la Divinité (No. 127), L'Immortalité (No. 165), La Déité de Christ (No. 147), Le Premier Commandement : Le Péché de Satan (No. 153) et Consubstantiel avec le Père (No. 081).

 

La base biblique de la doctrine commune 

La base biblique de la doctrine commune est centrée sur le premier et grand commandement (voir l'étude Le Premier Grand Commandement (No. 252)). De cette façon, nous voyons que le quatrième commandement est simplement une quatrième facette d'une plus grande structure. Les Sabbats et les Jours Saints, à leur tour, sont des sous-structures du quatrième commandement et ils sont étroitement liés aux autres commandements. Ceci est examiné dans Les Dépositions de la Foi (No. A1).

 

L'Église s'est engagée à observer les Dix Commandements, tels qu'on les retrouve dans Exode 20:1-17 et Deutéronome 5:6-21.  

Le premier commandement est :  

Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face.  

Dieu le Père est le seul vrai Dieu (Jean 17:3) et il n'y a aucun autre élohim qui est supérieur ou égal à Lui. Il est interdit d'adorer ou de prier à toute autre entité, y compris Jésus Christ. 

Le deuxième commandement est : 

Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde jusqu’en mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements.

Il n'est donc pas permis de faire des figurines ou des représentations de n'importe quelle description pour les utiliser dans le culte ou le symbolisme religieux. Le crucifix est donc interdit comme symbole dans l'Église. Les commandements eux-mêmes font partie de l'identification du système religieux et sont, par conséquent, tous indéniables. 

Le troisième commandement est : 

Tu ne prendras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain; car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui prendra son nom en vain.  

Le nom de l'Éternel Dieu confère l'autorité. Par conséquent, cette loi a non seulement rapport au simple blasphème mais aussi, par extension, à l'abus de l'autorité de l'Église et à tous ceux qui prétendent agir selon la directive de Dieu à travers Jésus Christ. 

Le quatrième commandement est : 

Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu: tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour: c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. 

Le Sabbat du septième jour est donc obligatoire à la foi. Aucun Chrétien ne peut servir Dieu sans honorer le Sabbat, connu dans le calendrier actuel comme le samedi. L'établissement d'un jour d'adoration autre que le septième jour non seulement viole ce commandement, mais cela devient en lui-même un symbole d'idolâtrie, étant externe à la volonté déclarée de Dieu. C'est un acte de rébellion et, par conséquent, équivalent à la sorcellerie (1Sam. 15:23). Lié au deuxième commandement, qui englobe le quatrième, cela devient de l'idolâtrie. L'établissement d'un calendrier, qui ajuste la semaine sur une base rotative, a le même effet.  

Ces quatre premiers commandements déterminent la relation de l'homme avec Dieu et sont identifiés sous le premier et principal en-tête de la loi, à savoir :  

Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée (et de toute ta force) (Marc 12:30). C’est le premier et le plus grand commandement (Mat. 22:37-38).  

L'identification absolue avec Dieu découle de l'observance fidèle de ces commandements et d'éviter toute action qui les compromettrait. 

 

Le quatrième commandement en est ainsi un d'une série de quatre, qui sont intégraux au premier grand commandement. Ainsi, de la bouche de Jésus Christ, Dieu le Père est central à la foi et le point principal et l'objet final de celle-ci (Mat. 22:37-38; Marc 12:30; Apoc. 1:8). La connaissance du Seul Vrai Dieu et de Son fils Jésus Christ, qu'Il a envoyé, est centrale à la réception de la vie éternelle (Jean 17:3; 1Jean 5:20). Le quatrième commandement n'est donc pas une fin en soi, mais simplement un indicateur primaire des élus et du fait de leur obéissance à Dieu. 

 

Le Quatrième Commandement s'étend pour englober le système entier du culte biblique des Nouvelles Lunes, des Fêtes et des Jours Saints et de la dîme également (voir l'étude Le Prélèvement de la Dîme (No. 161)), qui a rapport au système des prémices et à la Moisson de l'Alliance (voir aussi l'étude L'Alliance de Dieu (No. 152)).

 

Nous avons vu les effets des Nouvelles Lunes sur le calendrier de Dieu (voir l'étude Le Calendrier de Dieu (No. 156)). Les Nouvelles Lunes et les Fêtes se combinent pour former la structure du Gouvernement de Dieu. De la même manière, le Sanhédrin, comme Temple physique et son sacerdoce, était la réflexion du système céleste (Héb. 8:5). Cependant, nous avons un autel duquel ceux qui servent la tente (ou la structure physique) n'ont pas le droit de manger (Héb. 13:10). Ainsi, nous n'avons aucune ville physique durable, mais nous cherchons la ville qui doit venir. De la même manière que les sacrifices sont brûlés hors de la ville, Christ a aussi été sacrifié hors de la ville. Nous allons de même hors du camp pour souffrir un abus semblable à celui qu'il a supporté (Héb. 13:12-13). 

 

Regardons l'exemple de nos frères du passé pour voir ce qu'ils ont souffert et pourquoi ils ont été punis. Les doctrines de la première église sont vues comme étant raisonnablement constantes, si nous pouvons isoler les faits de la propagande du système traditionnel.

 

L'application de ces éléments distinctifs dans les doctrines des premières Églises 

La première église était exclusivement Unitaire. Les Gnostiques et les Modalistes ne sont pas considérés comme faisant partie de l'Église. Il n'y a aucune évidence que Christ ou les apôtres ou leurs disciples aient été  Binitaires ou Trinitaires. En effet, il existe des preuves claires que la doctrine de la Trinité a été développée à partir du Binitarisme, dérivé des prétendus Chrétiens du quatrième siècle. La position Trinitaire, comme son incohérent prédécesseur, le Binitarisme, n'a jamais été retenue par l'église observant le Sabbat avant ce temps ou, en fait, avant la Réforme, environ onze siècles plus tard. En fait, le Binitarisme est venu du Modalisme, qui est la doctrine des adorateurs du dieu Attis, à Rome (voir Les Origines de Noël et des Pâques (No. 235)).

 

Les Preuves de l'Histoire et la Persécution de l'Église

 

La première Église  

Des écrits d'Irénée (et de son prédécesseur Polycarpe), nous savons que l'Église et lui étaient Unitaires et qu'ils croyaient que Christ a été nommé élohim et que les élus devaient devenir des élohim, comme Christ l'était avec Dieu. Ils croyaient que Dieu seul a existé éternellement et qu'il n'y avait rien du même âge que Lui. C'est dérivé de Zacharie 12:8 et c'est retrouvé dans l'œuvre Against Heresies (Contre les Hérésies). 

 

Irénée affirme, à propos de Dieu (Against Heresies, III, viii, 3) :  

Car Il a commandé et ils ont été créés. Il a parlé et ils ont été faits. À qui donc a-t-Il commandé ? Sans doute, la Parole, par qui, Il dit, que les cieux ont été établis et toute leur puissance par le souffle de Sa bouche [Psaume 33:6].  

Irénée soutenait que :  

il est clairement prouvé que ni les prophètes ni les apôtres n'ont jamais nommé un autre du nom de Dieu ou appelé un autre leur Seigneur, sauf le seul vrai Dieu ....Mais les choses établies sont distinctes de Celui qui les a établies et celles qui ont été faites de Celui qui les a faites. Car Il est Lui-même non-créé, sans commencement, ni fin et ne manquant de rien. Il est Lui-même autosuffisant; et plus encore, Il accorde à tous les autres cette chose même, l'existence; mais les choses qui ont été faites par Lui (ibid.). 

Irénée a ici étendu la capacité de devenir Dieu (theos ou élohim) au Logos, comme étant distinct des autres choses établies (ibid.). Il avait déjà établi la position de Dieu, du Fils, de ceux de l'adoption, comme theoi ou élohim, et de tous les fils de Dieu dans le Livre III, Chapitre vi. 

Par conséquent, ni le Seigneur, ni l'Esprit Saint, ni les apôtres, n'ont jamais nommé comme Dieu, de façon définitive et absolue, celui qui n'était pas Dieu, à moins qu'il n'ait été vraiment Dieu; pas plus qu'ils  n'auraient appelé Seigneur quiconque le représentant, sauf Dieu le Père qui règne sur tout, et Son Fils qui a reçu le règne de Son Père sur toute la création, tel que ce passage l'affirme : Parole de l’Éternel à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied  [Psaume 110:1]. [L'Écriture] représente ici le Père s'adressant au fils; Celui qui lui a donné l'héritage des païens et Lui a soumis tous Ses ennemis... 

Irénée a poursuivi en déclarant que l'Esprit Saint a ici appelé Seigneur le Père et le Fils. Il soutenait que c'était Christ qui a parlé avec Abraham avant la destruction des Sodomites et qui avait reçu [de Dieu] le pouvoir de juger les Sodomites pour leur méchanceté. Et ceci [texte suivant] :  

déclare la même vérité : Ton trône, ô Dieu, est à toujours ; Le sceptre de ton règne est un sceptre d'équité. Tu aimes la justice, et tu hais la méchanceté: C'est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t'a oint d'une huile de joie, par privilège sur tes collègues [Psaume 45:6]. Car l'Esprit désigne les deux par le nom de Dieu [theos ou élohim] – autant Celui qui est oint comme Fils que Celui qui oint, c'est-à-dire le Père. Et encore : Dieu se tient dans l'assemblée des dieux ; Il juge au milieu des dieux" [Psaume 82:1]. Il se réfère [ici] au Père et au Fils et à ceux qui ont reçu l'adoption; mais ces derniers sont l'Église, car elle est la synagogue de Dieu, que Dieu – c'est à dire le Fils Lui-même – a rassemblé par Celui-là de qui Il parle: "Le Dieu des dieux, l'Éternel a parlé, et a convoqué la terre" [Psaume 50:1]. Qui est visé par le mot ‘Dieu’ ? Celui dont Il a dit: Il vient, notre Dieu, il ne reste pas en silence; (Psaume 50:3) c'est-à-dire, le Fils, qui est venu se manifester aux hommes, qui a dit, Je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas; [Ésaïe 65:1]. Mais de quels dieux [parle-t-il] ? [De ceux] à qui Il dit, "J'avais dit: Vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut" [Psaume 82:6 ]. À ceux, sans doute, qui ont reçu la grâce de ‘l'adoption, par laquelle nous crions : Abba ! Père !’ [Rom. 8:15 ] (Against Heresies, Bk. III, ch vi, ANF, Vol. I, pp 418-419).  

Il n'y a aucun doute qu'Irénée avait une vue subordinationiste de la Divinité et qu'il a étendu le terme Dieu (comme theoi ou élohim) pour inclure le Fils et ceux de l'adoption également. Ceci est probablement dérivé de Zacharie 12:8, au moins. Il semble indiquer ici que Christ a rassemblé les élus, alors que nous savons des Écritures que c'est Dieu qui donne les élus à Christ, pour qu'ils soient rassemblés (Jean 17:11-12; Héb. 2:13; 9:15). L'utilisation exclusive du terme aux élus physiques peut être erronée, compte tenu de l'application d'Irénée ici. L'Armée céleste fidèle est également incluse dans le conseil, d'après la compréhension d'Apocalypse 4 et 5. L'Armée céleste fidèle est donc également l'Ecclésia de Dieu.

 

Ces positions sont examinées dans les études La Première Théologie de la Divinité (No. 127) et également L'Immortalité (No. 165). Il est également important de comprendre que la doctrine de l'Immortalité de l'Âme a été considérée comme une doctrine athée et blasphématoire. Cette vue a été soutenue au point que, même lorsque le culte du dimanche a commencé à s'imposer sur l'église, comme il l'a fait dès 150 EC (Ère Courante), d'après la preuve de Justin Martyr, nous pouvons voir que les doctrines de la Divinité et de la résurrection étaient toujours centrales et intactes. Le Sabbat a donc été renié avant la Divinité et la résurrection, au tout début. Ceci devait être inversé à la position postérieure où la Divinité est attaquée avant les positions du Sabbat et de la Doctrine de l'Âme.

 

Anders Nygren (Agape and Eros, Tr. par Philip S. Watson, Harper Torchbooks, New York, 1969) comprenait le concept de la vie éternelle dans l'église, quand il a dit :  

L'ancienne Église diffère surtout de l'Hellénisme par sa croyance en la Résurrection. La tradition Chrétienne soutenait la ‘Résurrection de la chair’, que les Apologistes ont opposée à la doctrine hellénistique de ‘l'Immortalité de l'âme’. L'antithèse était consciente et intentionnelle car, pour aucun autre point, leur opposition à l'esprit hellénistique n'avait été autant ressentie par les premiers Chrétiens. La doctrine platonique et hellénistique de l'Immortalité de l'âme semblait aux Apologistes une doctrine athée et blasphématoire, qu'ils devaient avant tout attaquer et détruire (Justin Dial. lxxx. 3-4).  

À cet égard, leur devise pourrait être les paroles de Tatian : 'Pas Immortelle, Ô Grecs, est l'âme en soi, mais mortelle. Pourtant, il lui est possible de ne pas mourir (Tatian Oratio ad Graecos, xiii. 1).  

La différence entre le Chrétien et le non-Chrétien, à cet égard, était si grande, que la croyance en la ‘Résurrection de la chair’ pourrait devenir un schibboleth. Celui qui croit en ‘l'Immortalité de l'âme’ prouve de ce fait qu'il n'est pas un Chrétien. Comme Justin le dit: ‘si vous en rencontrez qui se disent Chrétiens... et qui disent qu'il n'y a pas de résurrection des morts, mais que leur âme, après la mort, est emportée au ciel ; n'imaginez pas qu'ils sont des Chrétiens.' (Dial. lxxx. 4) (ibid., pp. 280-281).

 

L'Église niait donc l'Immortalité de l'Âme – ils étaient absolument des  Unitaires subordinationistes. Non seulement ils auraient rejeté la Trinité, si elle avait alors été proposée, ils auraient peut-être aussi excommunié quiconque endossait cette doctrine ou tout Dithéisme, évidence des cercles gnostiques. L'Église était très tolérante, cependant, étant d'avis que les hérésies étaient permises, afin de démontrer qui, dans l'Église, avait l'approbation de Dieu (1Cor. 11:19). Ce qu'ils ont fait par l'étude (2Tim. 2:15, la version RSV dit Faites de votre mieux).

 

Ils considéraient aussi l'Ancien Testament comme étant les Écritures et le Nouveau Testament comme étant l'interprétation de ces Écritures. Ils observaient les Nouvelles Lunes et les Fêtes. Nous voyons que la Pâque est entrée en conflit au deuxième siècle, quand le système des Pâques a été introduit et a commencé à déplacer la Pâque, dans ce qui est devenu la dispute Quartodécimane (voir l'étude La Pâque (No. 098) et Les Disputes Quartodécimanes (No. 277)).

 

L'Église a commencé à être persécutée et elle s'est retrouvée en grande partie à l'extérieur de l'Empire Romain. Par conséquent, elle a été hors de portée de l'Église Orthodoxe jusqu'à la conversion progressive des Ariens, qui a duré de l'établissement du Saint Empire Romain, en 590, jusqu'au huitième siècle. Les persécutions de la foi ont duré le temps qu'ont duré la puissance et l'autorité du Saint Empire Romain, de 590 à 1850 (voir l'étude La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122)).

 

L'Adventisme américain et les Églises de Dieu aux États-Unis, au cours des deux derniers siècles, ont mal appliqué les dates du Saint Empire Romain et la prophétie du temps, des temps et de la moitié d'un temps ou des 1,260 jours. Cette fausse interprétation était en grande partie due à l'ignorance de l'histoire européenne et à l'auto-accomplissement de la fausse prophétie. Cette sérieuse erreur a eu un effet significatif sur la fausse prophétie du mouvement, en rapport à l'avènement de 1842-44. Cela a abouti à une autre fausse doctrine appelée le Jugement précédant l’Avènement (voir l'étude Le Jugement Précédant l’Avènement (No. 176)).

 

Les Inquisitions 

À partir de la preuve des Inquisitions, nous savons quelles étaient les doctrines de l'Église aux diverses étapes de sa distribution.

 

Nous pouvons dire avec certitude que l'église était appelée, par le système Catholique, par divers noms dans ses différents emplacements, pour déguiser la structure répandue et uniforme de ses doctrines. Cependant, les organisations de l'Église de Dieu avaient des opinions divergentes quant à son gouvernement et à son emphase (par exemple, les Presbytériens et les Épiscopaliens parmi les Vaudois Occidentaux). Nous savons qu'elle a été appelée Cathare ou Cathari et, de là, Puritaine, en français. Elle a aussi été appelée Bulgar, Khazzar, Vallenses, Albigeoise, Vaudoise, Sabbatharier, Sabbatati, Insabbatati, Passaginien, parmi d'autres noms. Le terme Sabbatharier semble être une expression signifiant Ariens observant le Sabbat.

 

Nous savons que les vues communes populaires étaient généralement comprises et reflétées dans le langage de tous les jours. Par exemple, le terme ‘poor bugger’ en anglais (pauvre bougre) est une expression commune pour transmettre la sympathie envers une personne malheureuse qui subit une épreuve ou un supplice. C'est souvent une source de confusion pour les Américains modernes et même pour les Australiens, puisque les termes ‘bugger’ et ‘buggery’ ont des significations légales spécifiques touchant à la sodomie. Cependant, le terme a une autre signification qui montre l'application aux élus durant les Inquisitions. Le Dictionnaire Oxford Universel (Oxford Universal Dictionary) soutient que le terme est dérivé du moyen anglais et du terme français bougre et du latin Bulgarus ou Bulgare ou hérétique (ou usurier aussi). Il était soi-disant utilisé en référence aux hérétiques, particulièrement les Albigeois. C'était sa première signification. Le deuxième sens, le péjoratif en rapport à la sodomie, a été un terme postérieur à 1555, apparemment pour dénigrer la secte qui avait été persécutée pendant environ trois siècles. Le terme pauvre bougre ou pauvre bulgare, tel qu'appliqué aux Albigeois, est devenu ‘poor booger’, en anglais. L'utilisation en anglais de ‘bogle’ ou ‘boggle’ (frayeur) au Nord, autour de 1505, est d'origine incertaine. Le terme en est venu à être associé aux fantômes et, de là, il est devenu presque un nom propre pour le diable (d'où ‘bogieman’, etc.). Le terme ‘poor bugger’ a certainement eu son origine dans les Croisades Albigeoises. Cependant, on peut pardonner à la personne qui demanderait ce que les Bulgares ont eu à faire avec les Albigeois ? La réponse est simple. Les branches des Églises de Dieu, appelées les Pauliciens, de ce qu'on connaît comme l'ère de Pergame (Apoc. 2:12 et suiv.), sont venues en Europe, suite aux relocalisations, sous Constantine Capronymous et John Tsimiskes (voir l'étude La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122)). Ces relocalisations à Thrace ont débordé chez les Bulgares, les Slaves du Sud, particulièrement en Bosnie et aussi en Hongrie et en Roumanie. Ils se sont répandus vers l'Ouest et, à partir du quinzième siècle, ils se sont joints avec les restes des Sabbatati à l'Ouest, appelés Vallenses ou Vaudois. Nous pouvons déterminer avec une certitude relative la mesure de leurs doctrines, à partir du treizième siècle, et avec une certitude absolue ce qu'étaient les branches orientales, particulièrement en Hongrie et en Roumanie, du quinzième au dix-neuvième siècle.

 

Les Croisades Albigeoises 

La conduite des croisades Albigeoises du treizième siècle est décrite dans l'étude La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122). Il ne fait aucun doute que les groupes observaient le Sabbat. Le désir de l'Église Catholique Romaine de déguiser ce fait a mené à quelques revendications extraordinaires quant à la dérivation linguistique du nom Sabbatati. Cependant, nous savons aussi qu'ils étaient Unitaires. Ils sont enregistrés comme existants avant l’année 934, quand Atto, l'évêque de Vireulli, s'est plaint à leur sujet, comme d'autres l'avaient fait avant lui.

 

Ils ont d'abord été appelés Vallenses, en 1179, dans leur condamnation par Raymond de Daventry. Les aînés ou barbes (oncles), Bernard de Raymond et Raymond de Baimiac, ont été condamnés en tant qu'hérétiques par Raymond de Daventry, en 1179, devant le Concile de Latran, non pas pour leur observance du Sabbat mais pour leur Unitarisme. Le traité écrit contre eux en 1180 par Bernard de Fontcaude a alors utilisé le nom de Vallenses dans son titre, qui est Adversus Vallenses et Arianos. Ils étaient donc des non-Trinitaires subordinationistes. Cette œuvre de 1180 semble avoir disparu, ce siècle-ci, mais l'œuvre Liber Contra Vallenses, écrite en 1190 par Bernard de Fontcaude, existe toujours. Les Vallenses de l'époque semblent être des Unitaires et distincts des Ariens. C'est une vue correcte et une sur laquelle l'Église de Dieu insisterait. L'Arianisme, qui, selon les Catholiques, voit soi-disant l'Esprit Saint comme une création du Fils, est distinct de l'Unitarisme biblique. Ils sont tous les deux vus comme étant identiques ou une hérésie semblable par les Catholiques, qui peuvent aussi avoir inventé la doctrine de la création de l'Esprit par le fils, étant donné qu'il n'existe aucun rapport réel de cette vue dans les textes attribués à Arius (voir aussi l'étude L'Arianisme et le Semi-Arianisme (No. 167) et Le Socinianisme, l'Arianisme et l’Unitarisme (No. 185)).

 

Les Albigeois n'étaient pas simplement une branche des Vallenses. Les Albigeois consistaient en deux groupes, les Vallenses ou Vaudois et les Cathares ou Puritains locaux. Les Cathares avaient des vues tout à fait distinctives et hérétiques du bien et du mal, basées sur une forme de Gnosticisme et de Dualisme Manichéen. La distinction, parmi d'autres, est faite par Ray Roenfeldt dans sa thèse (An Historical Study of Christian Cosmic Dualism, Andrews University) (voir l'étude Le Végétarisme et la Bible (No. 183)). La foi était souvent attaquée par cette tendance dualiste. Là où l'Église était établie, plusieurs prétendus convertis parmi les ordres monastiques développaient souvent des vues bizarres. Les Bogomiles en sont un exemple. Chez les Bogomiles et parmi les Bosniaques, l'ascétisme monastique a accompagné un dualisme hérétique et essayé de saper le corps général de la foi. Des erreurs apparaissent aussi dans les premières branches des Pauliciens. Une erreur était celle des Melchisédékiens, qui ont créé un autre ordre structuré et développé à partir de la vue Unitaire. Melchisédek était vu comme le médiateur angélique et Christ comme le médiateur humain, sous lui. Les écrits Catholiques s'en prennent à ces groupes hérétiques contemporains et les lient avec l'Église du temps. Ils attribuent ces vues erronées à l'Église, obscurcissant ainsi les vraies doctrines.

 

La croisade Albigeoise entière a été faite par Rome contre les deux éléments, au treizième siècle. Dans le sud de la France, les Albigeois avaient la protection de Raymond, le comte de Toulouse. Les Vallenses ou Sabbatati étaient les plus nombreux et les plus répandus et ils étaient jusqu'en Espagne. Nous pouvons reconstruire les doctrines des Vallenses à partir de la branche espagnole des Sabbatati, à cause de la persécution intense qu'ils ont subie.

 

L'Inquisition Espagnole 

L'Inquisition espagnole visait à exterminer du pays les Chrétiens qui soi-disant Judaïsaient. Ceux-ci étaient appelés Marranos (ou porcs). À partir des termes de l'Inquisition et des commentaires, nous savons que non seulement ils observaient le Sabbat, mais qu'ils niaient la Trinité, observaient les Jours Saints, y compris les Expiations, et les lois de l'alimentation aussi. L’Édit de la Foi montre les moyens par lesquels les hérétiques pouvaient être identifiés. Les Juifs et les Musulmans ont aussi été persécutés, mais la persécution n'était pas dirigée contre eux. Elle était contre l'Église de Dieu, qu'ils ont aussi appelée Sabbatati, Insabbatati ou Insabathi. On donne le décret d'Alphonse, le roi d'Aragon, etc., expulsant les Vaudois ou Insabbatati d'Espagne à la page 20 de l'étude La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122).

 

Dans son œuvre The Spanish Inquisition (L'Inquisition Espagnole), Robert Hale Ltd, London, 1937, Cecil Roth a lancé l'avertissement, dans la Préface, que l'histoire se répète et que le livre n'était pas une satire sur ce qui est alors survenu en Europe. Les érudits juifs ont cherché à développer l'Inquisition espagnole comme une forme de persécution juive. Le récent ouvrage de B. Netanyahu (The Origins of the Spanish Inquisition in Fifteenth Century Spain, Random House, New York, 1995) est peut-être, en dépit de sa rigueur complète,  la pire de ces distorsions. Netanyahu tente de persuader le lecteur que l'objet de l'Inquisition a été la communauté juive, lorsque cela est manifestement faux et que les érudits ont attaqué publiquement sa position. Les Rabbins de l'époque ont déclaré sans équivoque qu’ils n'étaient pas des Juifs mais des Chrétiens. Ils n'étaient pas des Juifs déguisés en Chrétiens. Ils étaient en fait l'Église de Dieu.

 

Le nombre des Tribunaux du Saint-Office en Espagne, en fin de compte, se chiffraient à quinze. Ils ont existé avec tous les compléments de fonctionnaires et d'équipement à Barcelone, Cordoue, Cuenca, Grenade, Llerana, Logrono, Madrid, Murcia, Santiago, Séville, Tolède, Valence, Valladolid et Sargasses. Un autre pour les îles Baléares était situé à Palma de Majorque.

 

Les secteurs les plus horribles et actifs ont été Madrid, Séville et Tolède en raison du nombre accru de Nouveaux Chrétiens (comme Roth se réfère à eux), la plus grande activité étant dans la Vieille-Castille et l'Andalousie, et a diminué après la première explosion frénétique au moins en Catalogne (Roth, ibid., Ch. The Unholy Office, p. 73). Cela a finalement été coordonné à la fin du XVe siècle sous l'autorité du comité central d'El Consejo de la Suprema y General Inquisición dénommé La Suprema, qui était initialement confiné à la Castille. Avec les quatre grands Conciles de l'État sous Ferdinand et Isabella, à savoir les Conseils d'État, des Finances, de Castille et d'Aragon, le Conseil de l'Inquisition a pris sa place en tant que l’exercice du pouvoir royal non pas le plus insignifiant (Roth, ibid. p. 74). En 1647, il fut ordonné que toutes les sentences de tous les tribunaux soient soumises à son contrôle. Cela semble avoir été, en fin de compte, pour réduire la gravité indicible des persécutions locales. La gravité provient d'une erreur de compréhension de base. Netanyahu se réfère à l'erreur (The Origins of the Spanish Inquisition in Fifteenth Century Spain, pp. 440-459) où toutes les erreurs de l'esprit ont été jugées comme une hérésie contraire à la déclaration d’Augustin Je peux me tromper, mais je ne suis pas un hérétique (De Trinitate, c, 3, n. 5-6). Juan de Torquemada, l'Inquisiteur, a attaqué les procès de Tolède en raison de leur irrégularité manifeste et de leur antisémitisme délibéré et non-biblique. Il considérait la question comme étant au même niveau que celui de Haman contre Mardochée et les Juifs (ibid., p. 449). Il a ensuite été confronté au problème de la nature de Dieu comme on le voit par les Vallenses. Les Tolédans avaient déclaré, comme cela a été montré ailleurs, comme une question de notoriété publique (publica fama) (et aussi à Valence comme nous le verrons) que les hérétiques pratiquent la circoncision, nient la vraie divinité de Christ, nient, en outre, la présence de son corps dans l'Eucharistie, etc. (ibid., p. 444). Les Tolédans n'avaient pas démontré, selon Torquemada, que les convertis ne pouvaient jamais être indiqués, soit par ses propres aveux volontaires ou par des déclarations de témoins innocents, pour avoir dit, après avoir reçu le baptême, qu'il croyait en rien, sauf en ce que croyait l'Église Mère elle-même (cf. Netanyahu, p. 444). Torquemada a désigné cette accusation de fausse, mensongère et malveillante et qu’elle démontrait par elle-même la nullité de l'ensemble du procès (ibid., p. 445). Pourquoi devrait-il en être ainsi ? Nous savons au delà de tout doute que les Vallenses ont pratiqué l’Unitarisme pendant des siècles. La distinction réside dans la divinité subordonnée de Christ. Ainsi, la divinité de Christ n'a pas été niée. Mais il y avait quelque chose de plus en jeu ici. Torquemada a vu que les procès à Tolède étaient tout simplement antisémites et qu'il n'y avait aucun fondement biblique pour ce racisme. Il a dû donc dénoncer cette erreur dans les termes les plus forts. Le problème était en partie dans le fait que la suspicion et l'interrogatoire se prolongeaient jusqu'à la quatrième génération des conversions. Il a attaqué cette prémisse du point de vue, des conversions des autres éléments des Antitrinitaires, de ce qu'il décrit comme des erreurs manichéennes parmi les Bosniaques. Il a été confronté au problème de la conversion de la royauté au sein du Saint Empire Romain. Torquemada dit : 

À notre époque, ils s’étaient convertis du paganisme au Christianisme : l'illustre roi de Pologne, le père du roi actuel, avec un grand nombre de nobles et d'une multitude innombrable [Wladislaw II, anciennement Jagellon, Grand-duc de Lituanie, converti lorsqu’il a été fait roi en 1386. Il était le père de Casimir IV, qui monta sur le trône en 1447]. Plus tard, aux jours du pape Eugène IV, le roi de Bosnie, sa reine, et de nombreux autres nobles se sont convertis au Christianisme des erreurs manichéennes [le roi Stephanus Thomas s’est converti au Catholicisme en 1445]. En outre, presque tous les jours, plusieurs Mahométans sont convaincus [de la vérité Chrétienne]. Ce serait un scandale majeur et un sacrilège intolérable de dire que tous ces gens devraient être soupçonnés, au moins jusqu'à la quatrième génération, de l'idolâtrie et des erreurs dont eux et leurs pères avaient confirmées à un moment donné (Tractatus, p. 54-55; cf. Netanyahu, p. 452). 

Torquemada avait écrit un pamphlet contre le Bogomilisme Bosnien (Symbolum pro imformatione Manichaeorum, éd. N Lopez Martinez et V Proano Gil, 1958, p. 23, n. 68 et Netanyahu, n. 119). Ici, nous voyons les effets du mélange du dualisme manichéen, où les Pauliciens avaient établi la foi Unitarienne. L'Église, à ce moment-là, a été confinée à Herzégovine et ensuite dans le Nord (voir aussi l'étude La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122)). Le problème est évident, mais pas pour Netanyahu. Au XVe siècle, les Vaudois avaient été chassés si loin clandestinement que c’était comme s’ils avaient visiblement été exterminés par la persécution. Les Tolédans, entre autres, étaient devenus si excessifs et tyranniques qu'ils utilisaient l'Inquisition pour l'extermination systématique sémitique. Cela affaiblirait la situation des activités de l'église dans la consolidation de l'empire. Torquemada a été confronté à limiter les excès de sorte qu’une certaine interaction stable au sein de l'empire puisse être effectuée, et que la conversion puisse être vue pour être un certain avantage à ceux qui étaient ciblés pour la conversion. Le racisme et l'avarice de l'Inquisition plaçaient cette carotte et, par conséquent, l'expansion en danger. Torquemada a été assez malin pour savoir ce que le jugement de l'histoire serait. Il a dû ainsi freiner l'Inquisition. En l'occurrence, l'église a permis à celle-ci de continuer pendant trois siècles contre les processus et les doctrines mêmes dont l'existence était niée, en fin de compte, détruisant son propre pouvoir (voir Malachie Martin, Decline and Fall of the Roman Church, Secker and Warburg, London, pp. 254ff.).

 

La preuve des Édits 

Dans la mise en place d'une Inquisition par secteur, une procédure d'Édits a été suivie. Après qu’un Décret de Grâce ait été publié, encourageant les hérétiques à se manifester et à avouer, couvrant habituellement une trentaine ou quarantaine de jours (Roth, p. 75), l'Inquisition purgerait ensuite le secteur. Cela a mis en chaîne un processus d'incrimination. La phase suivante est la publication périodique d'un Édit de la Foi, qui a permis d'identifier les types ou les indicateurs des hérésies, qui devaient être dénoncés. Le système Confessionnel a ensuite renforcé ce mal.

 

L’Édit de la Foi a été publié à Valence en 1519 par Andres de Palacio, Inquisiteur de Valence, et a été publié par Roth. Il peut être vu de cet Édit qu'il y avait une série générale de faits et de superstitions désignés qui identifiaient trois groupes de personnes. Le premier était les Chrétiens qui tenaient aux dites tendances judaïsantes. Le deuxième groupe était les Juifs eux-mêmes et le troisième groupe était les Musulmans. Il est évident à partir de l'Édit que l'hérésie avait pénétré l'église elle-même, puisque les paroles prononcées au cours de l'Eucharistie étaient spécifiquement identifiées comme un indicateur de l'hérésie dans l'Édit. Aussi, la Croix, ou le Signe de la Croix, n’était pas utilisé par les Sabbatati. De l'examen de l'Édit, il semble que le groupe ait rejeté [la doctrine de] l’Âme et les doctrines du Ciel et de l'Enfer. Ils observaient le Sabbat du coucher du soleil le vendredi au coucher du soleil le samedi ne faisant aucun travail le jour du Sabbat. Ils célébraient la fête des Pains sans Levain et la Pâque avec des herbes amères. Ils jeûnaient le jour des Expiations (Roth, p. 77 et suiv.).

 

Le point de vue général et le respect des Juifs étaient inclus dans la liste comme indiqué dans l'Édit de sorte que les systèmes ont été mélangés, rendant difficile d'identifier exactement les distinctions entre eux. Ils observaient les lois de l’alimentation et aussi enterraient leurs morts selon la coutume juive. Une grande partie de l'Édit comprend des superstitions attribuées à des sectes (e.g. p. 78). Ils niaient la Mariolâtrie et cela a été regroupé avec le déni judaïque du Messie.

 

La doctrine de la Transsubstantiation était rejetée comme l’était la forme Catholique de la doctrine de l'Omniprésence, qui était l’Animisme platonicien (p. 78). Les prêtres semblaient être impliqués et ont été identifiés à partir de la consécration. Les Chrétiens semblaient se vêtir comme les Juifs en respectant les lois régissant les tissus (p. 79). Ils se rencontraient dans des églises de maison et lisaient des Bibles autres que dans la langue vernaculaire. La propriété des hérétiques était confisquée et cela a sans doute aidé le zèle des Inquisiteurs.

 

Roth enregistre l'ouverture du Bureau à Lisbonne avant qu’il n’ait été transformé en Théâtre d’Opéra. Le compte rendu de témoins oculaires (imprimés dans le Registre Annuel de 1821) démontrent, sans aucun doute, qu'il y avait des restes humains trouvés dans les donjons, qui ont été en usage (d'après une inscription sur un mur du donjon) aussi tard qu’en 1809. Ceux-ci incluaient des moines dont les vêtements ont été retrouvés parmi les humains et les autres restes étendus dans les niveaux de donjons et parmi les preuves de meurtres, à la fois anciens et récents, exécutés là (Roth, p. 84-85).

 

Les intervalles de trois à quatre ans entre l'arrestation et la condamnation étaient monnaie courante, et dans un cas enregistré, quatorze ans se sont écoulés. Les femmes enceintes étaient traînées sur le bûcher et l'abus de prisonniers, ou peut-être une interaction avec eux, a poussé le cardinal Ximenès en 1512 à menacer de mort un fonctionnaire trouvé entretenant des intrigues avec ses prisonniers. La dépense d’emprisonnement était prise en charge par l'accusé, peu importe la durée. Un exemple des dépenses encourues dans l'incarcération de quatre ans d'une religieuse en Sicile, acquittée et libérée en 1703, étaient toujours payées par ses héritiers aussi tard qu’en 1872 (Roth, p. 87). Normalement, les actifs étaient confisqués au moment de l'arrestation.

 

Les Marranos ou Nouveaux Chrétiens ne pouvaient être acceptés en tant que témoins dans une procédure. La retenue des noms des témoins a été introduite au XIIIe siècle sous prétexte de protéger les faibles contre les puissants accusés, mais cela est devenu la norme et nul ne pouvait trouver les noms de leurs accusateurs. (Roth souligne à juste titre que, même jusqu'en 1836 en Angleterre, les criminels accusés n'auraient pas pu voir un avocat ou des copies des dépositions faites contre eux.) Les temps eux-mêmes étaient barbares et l'Inquisition a été le pire de la barbarie.

 

Les Inquisitions européennes débutèrent dans le sud de la France au XIIIe siècle et se sont terminées dans les États pontificaux en 1846. Entre 1823 et 1846, 200 000 personnes dans les États pontificaux seuls ont été condamnées à mort, à l’emprisonnement à vie, à l'exil ou aux galères, avec un autre 1,5 millions de personnes placées sous surveillance (voir Malachie Martin, The Decline and Fall of the Roman Church, p. 254, et l’étude La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122), p. 29 pour les citations). Roth cite le désespoir des personnes dès le début du XIIIe siècle dans le sud de la France. 

Écoutez-moi, mes seigneurs ! Je ne suis pas hérétique : car j'ai une femme et vis avec elle et nous avons des enfants, et je mange de la chair et je mens et je jure et je suis un fidèle Chrétien (Roth, p. 90). 

Ce démenti des éléments du célibat et de l'ascétisme végétarien était nécessaire, parce que les dualistes Manichéens, connus comme les Cathares ou les Puritains, qui recherchaient la purification par l'ascétisme, étaient une secte hérétique qui a finalement attiré la persécution sur les Vallenses ou Sabbatati. Les dualistes Manichéens étaient distincts des Vallenses et c'est la distinction Cathares-Vallenses reconnue, mais inexactement identifiée par Weber. Les lois bibliques étaient continuellement observées par les Sabbatati. Leur culte était en secret. Il est donc difficile de l'identifier avec précision. Cependant, nous savons qu'ils observaient le Sabbat et la pleine mesure de leur culte est identifiée à partir des branches orientales des Sabbatati. 

Les Sabbatati de l'Europe de l'Est 

Nous connaissons précisément les doctrines des églises hongroises et transylvaniennes du quinzième au dix-neuvième siècle. La preuve documentaire a été préservée par le docteur Samuel Kohn, le Grand Rabbin de Budapest, en Hongrie, dans DIE SABBATHARIER IN SIEBENBURGEN Ihre Geschicte, Literatur, und Dogmatik, Budapest, Verlag von Singer & Wolfer, 1894, Leipzig, Verlag von Franz Wagner. Ces points sont inclus dans l'étude La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122)). La structure entière est inscrite dans le livre The Sabbatarians in Transylvania, par Samuel Kohn, tr. T. McElwain et B. Rook, éd. W. Cox, Les Éditions CCG, USA 1998.

 

Nous savons avec certitude que cette branche des Vallenses ou Sabbatati était Unitaire, car Frances David ou Davidis est mort en prison en 1579. Kohn dit qu'ils ont rétabli le Christianisme original et vrai (Kohn, p. 8). En 1579, l'Église Unitarienne s'est séparée entre les fidèles du dimanche et les fidèles du Sabbat. La branche du Sabbat, sous Eossi, a été la plus fidèle à la vérité.

 

1.      Ils pratiquaient le baptême adulte.

2.      Ils observaient les Sabbats et les Jours Saints, y compris la Pâque, les Pains sans Levain, la Pentecôte, les Expiations, les Tabernacles et le Dernier Grand Jour et,

plus important encore, les Nouvelles Lunes. La Fête des Trompettes n'est pas inscrite séparément dans le livre de cantiques et semble avoir été célébrée avec les hymnes de la Nouvelle Lune.

3.      Leurs doctrines englobaient le Millenium physique de 1,000 ans au commencement duquel Christ reviendra et réunira Juda et Israël.

4.      Ils utilisaient le calendrier de Dieu, basé sur les Nouvelles Lunes.

5.      Ils enseignaient deux résurrections, une à la vie éternelle, au retour de Christ, et une autre au jugement, à la fin du Millenium.

6.      Ils enseignaient le salut par la grâce, mais que les lois avaient toujours besoin d'être observées.

7.      Ils soutenaient que Dieu appelle les gens et que le monde est en général aveuglé.

8.      Leur doctrine de Christ était absolument Unitaire subordinationiste. 

(Voir l’étude La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122)).

 

On peut ainsi voir que la première Église du Sabbat était Unitaire et observait les lois de l'Ancien Testament. Le Sabbat était simplement une facette de leur système de croyance, qui indiquait l'adoration du Seul Vrai Dieu. Ils ont été persécutés en Europe de l'Est pour leur Unitarisme plus que pour leur observance du Sabbat (Francis Davidis a choisi de rester en prison où il est mort, plutôt que de compromettre sa foi Unitaire, bien que Socinus, lui-même un Unitaire, a essayé de le persuader de modifier son Unitarisme rigide pour sauver sa vie). Le statut d'église leur a été refusé, alors qu'il avait été accordé même aux Juifs. L'accès aux presses d'impression leur était refusé. Ils ont donc dû rédiger leurs sermons à la main, dans le style lettres à la chaîne. L'Inquisition a été impitoyable dans sa suppression de ce système. À l'Ouest, l'observance du Sabbat était en elle-même suffisante pour les faire exécuter.

 

La croissance de l'Unitarisme 

Avec la Réforme, l'Unitarisme a commencé à croître et il n'a pas été limité entièrement à ceux qui observaient le Sabbat. Autrement dit, les Unitaires n'étaient pas tous des vrais membres des Églises de Dieu, de même que ceux qui observent le Sabbat ne sont pas tous des vrais membres.

 

Le terme Unitarisme est un mot français qui provient du latin unitarius. Il a été d'abord utilisé pour désigner une religion légalisée en 1600 (Encyclopedia of Religion and Ethics (ERE), art. Unitarianism, Vol. 12, p. 519). Il est spécifiquement fondé sur la conception de la personnalité unique de la Déité, en contraste à la doctrine orthodoxe de Sa nature triune. Le terme Trinitaire correspondant a été d'abord utilisé au sens moderne par Servetus en 1546 (ibid.). L'adjectif Unitaire a parfois été employé au-delà des limites du Christianisme (par exemple, l'Islam et le Judaïsme ont aussi une base Unitaire).

 

Le texte grec du Nouveau Testament a été publié par Erasmus (1516). 

Son omission du célèbre verset Trinitaire [1Jean 5:7] et son aversion pour les types scolastiques d'argumentation ont produit un effet marqué sur beaucoup d'esprits (ERE, ibid.). 

 

La production du Nouveau Testament par Erasmus a incité les gens familiers avec le grec à commencer l'examen des prémisses sur lesquelles le Trinitarisme orthodoxe avait été établi. Ce qui est plus important, c'est que les gens en Europe avaient la liberté d'être plus ouverts et l'Inquisition était limitée. Des érudits ont commencé à voir que la Bible n'était pas Trinitaire et qu'elle soutenait, en effet, l'Unitarisme. Les premières œuvres formelles anti-Trinitaires imprimées sur le Continent (par opposition aux enseignements des églises avant la Réforme et l'imprimerie) ont été celles de Martin Cellarius (1499-1564), l'élève de Reuchlin et le premier disciple et ami de Luther (ERE, ibid., pp. 519-520). Dans son œuvre de Operibus Dei, il applique le terme deus à Christ, dans le même sens que les Chrétiens pourraient aussi être appelés dei comme 'fils du Très-Haut' (ibid.). La référence à l'étude La Première Théologie de la Divinité (No. 127) montrera que ce concept est tiré directement d'Irénée et des premiers disciples des apôtres et des apôtres eux-mêmes. Cela a causé tout un émoi et la communauté académique moderne s'est engagée dans le débat, suite à l'œuvre de Servitus, en 1531. À Naples, John Valdes, un Espagnol, a débuté un groupe religieux pour l'étude des Écritures et ce, jusqu'à sa mort en 1541 (ERE, ibid., p. 520). Notez ici le nom Valdes. Cet homme semble avoir été un Vaudois espagnol, d'après son nom et sa théologie (voir aussi La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122)). En 1539, Melancthon a averti le Sénat Vénétien à propos du Servétianisme répandu dans le nord de l'Italie (ibid.). De ce groupe, Bernard Ochino (1487-1565) de Siena est passé lentement par la Suisse. Il est allé jusqu'à Londres, où il a servi dans une des Églises des Étrangers [Strangers Church] (1550-1553), jusqu'à ce qu'elle soit dissoute par la Reine Marie dans sa tentative de restaurer le Catholicisme. Ochino a été expulsé à Zurich et il a émigré en Pologne, où il a rejoint les anti-Trinitaires. En 1539, Catherine Vogel, la femme d'un bijoutier, avait été brulée à l'âge de 80 ans, à Cracovie, pour sa croyance en ‘l'existence d'un Dieu, créateur de tout le monde visible et invisible, qui ne pouvait pas être conçu par l'intellect humain’ (ibid.). Ce mouvement constitue l'œuvre en Europe pendant la période que nous identifions comme l'ère Thyatirienne. Un mouvement anti-Trinitaire s'expose aussi au deuxième synode de l'Église reformée en 1556 et, en 1558, le Piedmontais George Blandrata en est devenu le leader. Les Anabaptistes hollandais étaient aussi Unitaires, sous David Joris de Delft (1501-1556). Ces Unitaires ont été aussi appelés inexactement des  Protestants. La ERE dit que : 

Des milliers de Protestants d'Allemagne, d'Alsace et des Pays Bas ont émigré en Angleterre durant le règne d'Henry VIII et l'Église des Étrangers [Strangers Church], sous Edouard VI, incluait aussi des Français, des Wallons, des Italiens et des Espagnols (ERE, ibid., p. 520). 

Ces gens ont cherché refuge en Angleterre avec l'aide de l'Église Unitaire locale. C'était la véritable Église de Dieu. À partir du quinzième siècle, l'Angleterre était devenue plus ouverte à l'expression publique, grâce aux publications de Richard Peacock, évêque de Chichester. Les Lollards et les Anabaptistes ont divergé, à ce moment-là. 

Le 28 décembre 1548, un prêtre nommé John Assheton a renoncé devant Cranmer aux ‘hérésies condamnables’ que 'le Saint-Esprit n'est pas Dieu, mais seulement une certaine puissance du Père' et que 'Jésus Christ, qui a été conçu de la Vierge Marie, était un saint prophète..., mais n'était pas le vrai Dieu vivant'. En avril suivant, une commission a été nommée pour rechercher tous les Anabaptistes, les hérétiques ou adeptes de la Prière Commune. Un certain nombre de marchands de Londres ont été amenés devant ce corps en mai (ERE, ibid.).  

Ils étaient Unitaires. Il n'y avait aucun Binitarisme ou Dithéisme  évident pendant cette phase de l'Église et durant ses persécutions. Ce n'était pas une doctrine. Le chirurgien George van Parris de Mainz a été exécuté en 1551 pour avoir affirmé que Dieu le Père était le seul Dieu et que Christ n'était pas le Dieu (ERE, op. cit.). Quand Blandrata y arriva en 1558, le mouvement Unitaire en Pologne faisait déjà partie du synode Protestant, mais il a été exclu sept ans plus tard. Ils ont refusé d'être appelés par d'autres noms que Chrétiens (ERE, ibid.). Faustus Socinus (1539-1604), le neveu de Lelius Socinus (1525-1562) de Siena, qui était un ami de Calvin et Melancthon, a visité l'Angleterre et s'est rendu en Pologne. Il visita Blandrata en Transylvanie, en 1578, argumentant contre Francis David, qui rejetait toute forme de culte adressée à Christ. Il s'est installé en Pologne en 1579. Les Sociniens sont nommés d'après lui. Cependant, ils l'ont longtemps précédé là, faisant déjà partie de l'Église que nous connaissons comme la Vaudoise. Cet aspect a été couvert dans l'étude Le Socinianisme, l'Arianisme et l’Unitarisme (No. 185)).

 

L'Église Unitaire polonaise a été persécutée jusqu'à l'extinction par l'Église Catholique (voir ERE, op. cit.). Socinus a admis l'application du terme Dieu à Christ dans un sens inférieur. En effet, ce sens a été celui utilisé par Irénée, comme nous le voyons dans l'étude La Première Théologie de la Divinité (No. 127).

 

Francis David (ou Davidis) des Églises hongroises en Transylvanie, a été emprisonné dans le château de Deva pour son refus de prier ou de rendre un culte à Christ. Il y est mort en novembre 1579. À partir de l'histoire bien documentée de ses successeurs, Eossi et d'autres, nous savons qu'ils étaient non seulement Unitaires, mais qu'ils observaient le Sabbat, les Nouvelles Lunes et les Jours Saints. La Fête des Trompettes était célébrée dans le livre de cantiques comme une Nouvelle Lune. Les hymnes pour la Nouvelle Lune prévalaient, plutôt que des hymnes spéciaux pour les Trompettes, en tant que Fête (voir La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122)).

 

Le nom Unitarius a d'abord été utilisé comme un mot par Melius. Il est apparu pour la première fois sur un document dans le décret du Synode de Lecsfalva en 1600. Il a été formellement adopté par l'Église en 1638. Les Églises hongroises ont été persécutées pendant deux siècles après cela et leurs propriétés ont été confisquées. Au début de ce siècle (1900), leurs descendants avaient 140 églises parmi les Szeklers de Transylvanie et quelques-unes en Hongrie. Leur livre de cantiques de 1865 n'avait aucune disposition pour le culte à Christ (ERE, ibid.). Ceux qui restent du peuple vrai et fidèle de l'Église sont les Transcarpathiens qui sont toujours des Unitaires observant le Sabbat.

 

En Angleterre, la croissance de l'Unitarisme est provenue du désir de rétablir la véritable foi apostolique. Il était évident aux meilleurs esprits anglais que le Nouveau Testament n'était pas Trinitaire, mais Unitaire. Ces hommes éminents se sont mis à la tâche d'établir les enseignements originaux de l'Église. Le commencement peut être attribuable à Richard Hooker (1553-1600) et à John Hales (1584-1656). La restriction de la définition des mystères de la Divinité aux Écritures uniquement est devenue la question centrale. Les œuvres de William Chillingworth (1602-1644) sont centrales à cette question. Chillingworth a été influencé par Lord Falkland, un chef Unitaire. Les œuvres de Grotius sont silencieuses sur la nature triune et (selon Stephen Nye, dans son Brief History of the Unitarians also called Socinians, London, 1687) celui-ci dit qu'il a interprété ses œuvres sur des lignes Unitaires ou selon l'esprit des Sociniens (ERE, p. 522).

 

Paul Best (1590-1657) a été converti durant son voyage en Pologne. Milton a aussi été influencé par les Unitaires transylvaniens (voir Aereopagitica, London, 1644 – cité de ERE, ibid.). Les Convocations de Canterbury et York, en juin 1640, interdisaient l'importation des livres Unitaires (Sociniens) et le Parlement a fait du démenti de la Trinité un crime capital en 1648. Cependant, John Biddle (1616-1662), désigné souvent comme le père de l'Unitarisme anglais, a publié A Twofold Scripture Catechism (Un Catéchisme des Écritures à deux volets) en 1654. L'Unitarisme est devenu généralisé en Angleterre, au dix-septième siècle. Le Professeur Bronowski, dans la série télévisée The Ascent of Man (L'Ascension de l'Homme), va jusqu'à dire que la Révolution Industrielle a été le produit des penseurs Unitaires. Malgré son emprisonnement et son exil dans les Îles Scilly (1654-1658), Biddle a réuni des disciples. La mort de Biddle en 1662 et l'Acte d'Uniformité ont arrêté le mouvement en qualité d'organisation pour le culte. Cependant, les demandes de l'intention littérale des Écritures ont mené tous les grands penseurs du jour à rejeter le Trinitarisme. Cela a inclus Milton. Thomas Firmin (1632-1697), un riche marchand de tissus, a promu la littérature de 1691-1705. Le Parlement a essayé de la supprimer. Cependant, les grands philosophes sont entrés dans l'arène en la personne de John Locke (1632-1704). Sir Isaac Newton avait aussi suivi Milton dans l'Unitarisme, suite à un examen des Écritures. Ces grands penseurs ont été suivis par William Whiston (1672-1752), qui a succédé à Newton à Cambridge, comme professeur Lucasien en 1703, et qui a été privé de sa chaire en 1710, à cause de son Unitarisme. Le traité de Samuel Clarke (1675-1729) The Scripture Doctrine of the Trinity (la Doctrine Biblique de la Trinité) a été aussi important pour l'exposition du problème. L'objection à la co-éternalité du fils y a été faite pour la première fois, introduisant une position quasi-Binitaire. Quand l'Académie de Manchester (plus tard l'Université de Manchester Oxford) a été ouverte en 1786, son premier principal fut Thomas Barnes, qui était un Unitaire.

 

L'Université Presbytérienne à Carmarthen était le continuateur d'une série d'académies, dont la première a été fondée par Samuel Jones, jadis un membre de l'Université Oxford de Jésus et un des 2,000 ministres expulsés en 1662 (ERE, p. 523).

 

Joseph Priestly (1733-1804) était un autre Unitaire. L'ami de Priestly, Theophilus Lindsey (1723-1808), a démissionné de son poste de curé de Catterick sur les Tees, après l'échec d'une pétition Parlementaire et il a ouvert une chapelle Unitaire sur la rue Essex, à Strand, en 1774. C'était la première chapelle depuis beaucoup d'années - peut-être depuis la suppression de l'Église des Étrangers.

 

Il a utilisé la liturgie anglicane adaptée à l'adoration du Père seulement. La nomination de Thomas Belsham (1750-1829) en 1789, comme professeur de théologie à une université d'Hackney, a promu la cause Unitaire en ouvrant simplement les Écritures à l'étude. Cela fut fait à travers The Unitarian Society for promoting Christian knowledge and the Practice of Virtue by the Distribution of Books (la Société Unitaire  pour promouvoir la connaissance Chrétienne et la pratique de la Vertu par la distribution de Livres). Lindsey, Priestly et Belsham étaient ses leaders. En 1813, par les efforts de William Smith (1756-1835), un membre du Parlement pour Norwich et le grand-père de Florence Nightingale, l'abrogation des clauses de l'Acte de Tolérance, qui rendaient illégale la profession de l'Unitarisme, a permis l'avancement de l'Unitarisme. L'Unitarisme de ces gens niait aussi la Doctrine de l'Âme (voir ERE, p. 524). Thomas Southwood Smith (1788-1861) a aussi bien fait comprendre ses idéaux Unitaires à Byron, Moore, Wordsworth et Crabbe.

 

Les opinions de Smith avaient déjà été manifestées plus tôt par un des aumôniers de Cromwell (ERE, ibid.). Les batailles légales du dix-huitième siècle ont vu des changements dans la loi touchant les fiducies des Églises. Ceux-ci ont aussi eu un impact profond sur la façon dont les Églises Unitaires se sont organisées.

 

L'Unitarisme moderne, tel que celui promu par James Martineau (1805-1900) et l'école moderne, sapent la fonction Messianique de Jésus Christ. Il n'est pas entièrement basé sur les Écritures, mais sur l'interprétation de l'Écriture aussi, à cause de cela. Son exposition de la reconstruction Tübingen des origines du Christianisme, publiée dans la Westminster Review (Revue de Westminster) et mentionnée dans la  ERE (p. 525) est importante, comme l'est sa justification philosophique de la communion de l'esprit humain avec le Divin. L'Unitarisme radical cherche à tort à nier l'existence pré-incarnée de Christ.

 

John James Tayler (1797-1869) a produit la première discussion formelle sur la question Johannine, en Angleterre, dans Attempt to ascertain the character of the Fourth Gospel (Tentative de vérifier le caractère du Quatrième Évangile) (London, 1867). Une longue série d'érudits avaient plaidé pour la révision du texte et du Nouveau Testament. George Vance Smith a été invité à se joindre aux Réviseurs de la Bible (1870). Un de ceux-ci était James Drummond (1835-1918), un Unitaire érudit. Il était un théologien qui a produit des œuvres significatives comme The Jewish Messiah (le Messie Juif) (1877), Philo Judaeus (1888) et Inquiry into the Character and Authorship of the Fourth Gospel (Enquête sur le Caractère et le Droit d'Auteur du Quatrième Évangile) (1903). John Relly Beard (1800-1876) a ouvert la voie aux dictionnaires modernes de la Bible avec son People’s Dictionary of the Bible (Dictionnaire Populaire de la Bible). Il y a eu d'autres Unitaires importants comme Edgar Taylor, Samuel Sharpe, H. A. Bright, William Rathbone Greg, Francis William Newman, Frances Power Cobbe, Ralph Waldo Emerson, Theodore Parker et Max Müller. La ERE donne aussi de l'information sur les églises et leur distribution. En examinant la Bible pour son intention, sans la théologie grecque des écoles Alexandrines et Cappadociennes, certains des plus grands penseurs des temps modernes ont adopté l'Unitarisme, comme étant le système original de la Bible.

 

Le mouvement Baptiste du Septième Jour 

Les Unitaires Sabbatariens sont devenus visibles en Angleterre au dix-septième siècle, bien que certains voient une continuité historique de temps beaucoup plus anciens. La théologie purement biblique était à la base du mouvement Traskite mené par John Traske, autour de 1616, à Londres. Hamlet Jackson a introduit le Sabbat au groupe par l'étude biblique. L'interprétation littérale des Écritures a conduit ce groupe Puritain aux lois lévitiques de l'alimentation aussi. Il est pensé que ses disciples ont formé le noyau de l'église Baptiste Sabbatarienne de Mill Yard, tandis que d'autres verraient ses origines dans des mouvements précédents. L'église est devenue plus en vue en 1661, à cause de la prédication de John James à propos de la Cinquième Monarchie; il a été exécuté pour trahison. L'église avait été influencée non seulement par la synagogue juive à Amsterdam, mais par le mouvement messianique populaire de Sabbetai Zwi. Comme beaucoup de Baptistes Généraux du temps, l'église était totalement Unitaire, comme cela a été exposé par des auteurs comme Edouard Elwall, au début des années 1700. Le calendrier biblique et la célébration de la Pâque, le 14 Nissan, continuent aujourd'hui, bien qu'avec la mort du Pasteur Albourne Peat, le témoignage Unitaire ait commencé à se dissiper (en 1992).

 

Quoique l'évidence historique soit insuffisante, il est probable que la plupart, sinon toutes les autres premières églises Baptistes du Septième Jour, en Angleterre, étaient Unitaires aussi. La première exception claire a été l'église de Pinner's Hall, fondée par Frances Bampfield, en 1676. Cette église était Calviniste dans sa perspective et, quoique Bampfield ne fût pas tout à fait Trinitaire dans ses vues, il n'était certainement pas Unitaire. L'amalgamation des Baptistes Particuliers et Généraux a brouillé les cartes des origines Unitaires des Baptistes Sabbatariens. Les Trinitaires ont été plus directs dans la production de déclarations de croyances; les documents ne reflètent donc pas la ténacité de la position Unitaire. Les Unitaires ont eu tranquillement tendance à ignorer les déclarations de croyances. En effet, encore aujourd'hui, Mill Yard n'accepte rien d'autre que les Dix Commandements, avec quelques textes du Nouveau Testament à l'appui (Seventh Day Baptists in Europe and America, Vol. 1, American Sabbath Tract Society, Plainfield, New Jersey, 1910, pp. 25-113).

 

C'est l'erreur principale ou fondamentale de la foi Baptiste du Septième Jour. En ne produisant pas de déclarations détaillées de leurs croyances, ils n'ont pas pu adéquatement publier de déclarations claires. Par conséquent, des déclarations générales détaillées n'ont pas été possibles. Ils ont échoué à mettre à profit leur liberté religieuse et à développer un enseignement doctrinal sain sur la nature de Dieu.

 

L'Unitarisme et l'observance du Sabbat 

Presque sans exception, le premier Unitarisme avait été accompagné par l'observance du Sabbat, car les deux étaient issus du principe de l'interprétation littérale de la Bible. Le Trinitarisme n'a jamais été accompagné par l'observance du Sabbat, avant la Réforme. Après la Réforme, c'est devenu un fait que certains Trinitaires observaient le Sabbat et que certains Unitaires observaient le dimanche, mais pas en règle générale. L'Unitarisme moderne qui observe le dimanche est aussi aberrant que tout autre système observant le dimanche.

 

En Asie 

L'expérience du Sabbat en Asie était principalement non-Trinitaire,  jusqu'à ce que les Jésuites commencent leur travail de missionnaire. Les Nestoriens et les missionnaires africains (voir La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122)) ont suivi l'église primitive jusqu'en Perse, en Inde et, ensuite, en Chine. L'observance du Sabbat Unitaire a posé une menace sérieuse au Bouddhisme et elle a été proscrite par le Bouddhisme. En règle générale, les églises observant le Sabbat en Asie étaient aussi non-Trinitaires. Elles observaient les lois de l'alimentation et rejetaient aussi la confession et le purgatoire. Les divisions de ces églises ont suivi, principalement, les Conciles de Constantinople et de Chalcédoine.

 

Les Chinois avaient connu le système Chrétien depuis longtemps et, comme ailleurs, le Sabbat était un signe d'interprétation littérale de la Bible. En 781, il était déjà bien établi (voir l'étude La Distribution Générale des Églises observant le Sabbat (No. 122)). L'observance du Sabbat a été courante et bien établie en Chine et ce, jusqu'à la montée de la Rébellion Taiping de 1850 (ibid.).

 

L'expérience des États-Unis 

Les Églises de Dieu observant le Sabbat aux États-Unis sont bien documentées et elles ne seront pas traitées ici. Les Églises de Dieu ont grandi du système d'église anglais et de l'influence européenne.

 

Adventisme du Septième Jour 

Le mouvement Adventiste du Septième Jour était principalement et officiellement Unitaire jusqu'en 1931, à la mort d'Uriah Smith. Mais l'adoption officielle a tardé à venir et elle est provenue du ministère. Les penseurs Unitaires Adventistes étaient James White, R. F. Cottrell sénior et fils, D. T. Bordeau jusqu'à sa démission, D. M. Canright, J. N. Andrews, Loughborough, John Matteson, A. C. Bordeau, A. T. Jones, W. W. Prescott et Uriah Smith.

 

D'autres mouvements Adventistes ont été :

1.      Les Adventistes Évangéliques; et

2.      Les Adventistes Chrétiens.  

Ils ont tous mal compris la nature de la résurrection et du jugement. Ces deux derniers étaient des Millénaristes d'interprétation littérale des textes bibliques, tandis que les Adventistes du Septième Jour retenaient le Millénarisme céleste.

 

L'Adventisme a été officiellement généralement Unitaire biblique jusqu'en 1931, lorsque l'influence d'Uriah Smith a cessé et les Trinitaires, présents depuis longtemps, ont commencé à prendre le contrôle. Uriah Smith a été qualifié d'Arien par ses successeurs.

 

Ellen G. White a soi-disant été parmi les premiers à introduire les concepts Trinitaires à l'Adventisme du Septième jour dans Desire of Ages (Désir des Âges) (1898, p. 530), apparemment non-édité et contre la vue expresse de l'église (selon The Spirit of prophecy de M. L. Andreasen, discours du 30 novembre 1948). Parmi les Adventistes, il y a eu d'autres écoles de pensée.

 

M. L. Andreasen (ibid.) dit qu'ils ont suspecté que c'était une erreur d'édition, mais il est allé la trouver pour lui parler et confirmer qu'il en était ainsi. Ceci n'a pas été produit par lui avant 1948. En raison des opinions et des doctrines des anciens de l'église jusqu'en 1931, on a suspecté ce texte d'être une édition frauduleuse. L'Adhérence Chrétienne, de laquelle James White venait, était Unitaire. Par la suite, ils se sont joints à d'autres pour devenir l'Église Unie de Christ. Les doctrines étaient plus bibliques que celles de ce qui est devenu l'Église Unitaire Universaliste. Cette église n'a aucune relation véritable avec les doctrines Unitaires subordinationistes des églises observant le Sabbat.

 

L'Église Adventiste a été Unitaire ou, comme les Adventistes le disent maintenant, Arienne, jusqu'en 1931. Cependant, l'Arianisme, tel qu'il est  défini par les Trinitaires, proclame l'Esprit comme une création du fils. Cette doctrine peut bien être une invention des Trinitaires, étant donné que les commentaires que nous avons d'Arius ne contiennent aucune trace de cette doctrine. Cependant, tel qu'il est défini par le Trinitarisme, l'Arianisme n'est pas l'Unitarisme biblique, ni la doctrine soutenue par Smith ou par aucune des ères de l'église, incluant l'Église de Dieu (Septième Jour) ou les églises subséquentes.

 

Il est important de noter que la dénomination Adventiste du Septième Jour n'est officiellement devenue Trinitaire qu'après la publication de Questions on Doctrine (Questions sur la doctrine), en 1958. Andreasen a écrit une série de lettres en protestation de cette adoption finale. Il y a donc eu une période de transition entre 1931 et 1958. La Déclaration française des Croyances Adventistes était toujours Unitaire en 1938, selon une copie du Manuel de l'Église de cette année-là, en la possession du docteur Thomas Mcelwain, qui a étudié au séminaire Adventiste, en France, de 1968 à 1973. En commentant le manuel, il a observé que le séminaire était Trinitaire, mais que les congrégations étaient encore Unitaires, à ce moment-là.

 

Le mouvement Adventiste du début des années 1800 (1842-1844) a vu des Trinitaires en assez grands nombres attirés dans le système du Sabbat. Certains n'ont jamais vraiment abandonné le modèle Trinitaire. Cela devait s'avérer fatal pour le premier système Adventiste pur, après Smith, en 1931, quand les Trinitaires dans le mouvement ont pris le contrôle de l'Adventisme, principalement à travers les aspirations du ministère. Le désir de plaire au Protestantisme américain a été un facteur contribuant au problème. Cela devait également mener au Binitarisme dans les Églises de Dieu au vingtième siècle et, conséquemment, aux erreurs et aux divisions multiples dans les systèmes actuels.

 

Les Adventistes en Afrique, après les déclarations du Trinitarisme en 1978, lesquelles ne leur avaient pas été largement annoncées, ont commencé à quitter en grand nombre et ont formé ou se sont joints à des corps indépendants.

 

Ils ont commencé à rejoindre CCG en grand nombre partout en Afrique quand ils ont appris sur les doctrines bibliques Unitaires. Ils avaient refusé d’accepter la WCG et ses branches.

 

L'Église de Dieu (Septième Jour)  

L'Église de Dieu (Septième Jour) était un système biblique Unitaire d'observance du Sabbat qui, en règle générale, n'observait pas les Jours Saints dans les Conférences d’Oregon/Denver, mais il a été reconnu pour le faire dans quelques secteurs (par exemple au Chili) et dans la Conférence de Caldwell au États-Unis et au Nigéria et ailleurs.

 

La Conférence de Denver a été renversée par les Trinitaires parmi son ministère et a succombé par les déclarations du Binitarisme en 1995-97 et du Protestantisme Trinitaire en 1999. Le pouvoir des votes de ses membres, par opposition au ministère, ne l’a pas sauvée de la capitulation rapide constatée dans l'Église Universelle de Dieu (Worldwide Church of God).

 

Toutes les Églises de Dieu (Septième Jour) se joignant à CCG sont des Unitaires Bibliques et n’ont pas accepté les changements de doctrines depuis 1995-1999. Presque toutes celles en Afrique ont rejoint CCG.

 

L'Église Universelle de Dieu (autrefois Église de Dieu de la Radio) 

Herbert Armstrong a commencé à écrire pour la revue Bible Advocate (Défenseur de la Bible) de l'Église de Dieu (Septième Jour) à partir de 1927. Il a débuté son travail ministériel au début des années 30 et il a été un salarié de l'Église de Dieu (Septième Jour) jusqu'en 1940, approximativement. C'était après la déclaration du Trinitarisme dans le mouvement Adventiste, mais ce n’est pas relié.

 

La théologie de l'Église Universelle de Dieu était Dithéiste et apparentée à, mais pas la même que l'hérésie de Marathonius, après la déposition et la mort de Macedonius, après le Concile de Constantinople, en 381 CE. Elle différait en rapport à la nature de l'Esprit Saint, mais elle maintenait toujours deux Dieux. Elle était très mal définie et il y avait beaucoup d'Unitaires dans les rangs de l'Église Universelle de Dieu, simplement en raison de l'ambiguïté du cours de Bible par correspondance, qui dérivait la structure de Dieu du singulier Éloah.

 

Après l'éclatement de l'Église Universelle de Dieu, nous avons vu l'apparition d'une série de groupes d'églises avec des doctrines mal définies sur la Divinité et sur la plupart des autres sujets. Plusieurs sont techniquement Dithéistes, croyant à l'existence de deux Dieux, depuis l'origine. Certains ont déclaré une structure Binitaire, mais avec une très pauvre exposition théologique. Tous les groupes observent les Jours Saints. Au moins deux groupes observent les Nouvelles Lunes.

 

Les Églises Chrétiennes de Dieu  

Les Églises Chrétiennes de Dieu (Christian Churches of God) sont un groupe d'églises observant le Sabbat et tous les aspects des systèmes de l'église primitive, y compris la Divinité Unitaire biblique. Elles ont des branches dans les nations non-anglophones sous des noms traduits du nom anglais.

 

Les Témoins de Jéhovah 

Les Témoins de Jéhovah sont une église Unitaire, qui n'observe pas ou ne comprend pas les Sabbats, les Nouvelles Lunes et les Fêtes. Par conséquent, il leur manque les signes essentiels des élus, mentionnés dans cette étude.

 

Conclusion 

Le Sabbat est un signe de l'Église de Dieu. Ce n'est pas le signe. Le signe primaire est la Divinité. C'est la structure Unitaire biblique. Le baptême est le deuxième signe et la réception de l'Esprit Saint est le sceau intérieur. Les signes extérieurs sont le Sabbat et le Dîner du Seigneur/Pâque, qui est le signe des lois de Dieu. Ceci est suivi des Nouvelles Lunes et des Jours Saints. Les Sabbats sont niés à l'humanité en raison de l'idolâtrie. 

Ézéchiel 20:16-20 16 et cela parce qu’ils rejetèrent mes ordonnances et ne suivirent point mes lois, et parce qu’ils profanèrent mes sabbats, car leur cœur ne s’éloigna pas de leurs idoles. 17  Mais j’eus pour eux un regard de pitié et je ne les détruisis pas, je ne les exterminai pas dans le désert. 18  Je dis à leurs fils dans le désert: Ne suivez pas les préceptes de vos pères, n’observez pas leurs coutumes, et ne vous souillez pas par leurs idoles! 19  Je suis l’Éternel, votre Dieu. Suivez mes préceptes, observez mes ordonnances, et mettez-les en pratique. 20  Sanctifiez mes sabbats, et qu’ils soient entre moi et vous un signe auquel on connaisse que je suis l’Éternel, votre Dieu. (LSG) 

La pollution des Sabbats provient de l'idolâtrie. Les Sabbats incluent tous les jours mis de côté par Dieu pour l'adoration, selon Son Calendrier qui est basé sur l'observance correcte des Nouvelles Lunes. Dieu punit la nation, parce qu'elle ne L'honore pas et n'observe pas Ses lois. 

Ézéchiel 20:21-24 21 Et les fils se révoltèrent contre moi. Ils ne suivirent point mes préceptes, ils n’observèrent point et n’exécutèrent point mes ordonnances, que l’homme doit mettre en pratique, afin de vivre par elles, et ils profanèrent mes sabbats. J’eus la pensée de répandre sur eux ma fureur, d’épuiser contre eux ma colère dans le désert. 22  Néanmoins j’ai retiré ma main, et j’ai agi par égard pour mon nom, afin qu’il ne fût pas profané aux yeux des nations en présence desquelles je les avais fait sortir d’Égypte. 23  Dans le désert, je levai encore ma main vers eux, pour les disperser parmi les nations et les répandre en divers pays, 24  parce qu’ils ne mirent pas en pratique mes ordonnances, parce qu’ils rejetèrent mes préceptes, profanèrent mes sabbats, et tournèrent leurs yeux vers les idoles de leurs pères. (LSG) 

Les Sabbats sont inséparables du premier commandement et de la loi. La nation est punie, parce qu'elle n'observe pas tous les aspects des lois de Dieu. Les élus ont gardé la foi d'une façon constante jusqu'aux dix-neuvième et vingtième siècles, où la centralité de l'adoration du Seul Vrai Dieu et la compréhension du Seul Vrai Dieu ont été contestées par le Protestantisme.

 

Tableau des Doctrines des Églises de Dieu

Église/ Doctrine

Divinité

Structure de l'organisation

Baptême

Sabbat

Nouvelles Lunes

Jours Saints

Dîner du Seigneur/

Pâque

Lois de l'alimen-tation

Paulo-Éphésien (de 30 CE)

Unitaire biblique

Presbytérienne et quasi-Épiscopalienne

Baptême adulte

Oui

Oui

Oui

Quarto-décimane

Oui

Smyrne-Lyons (2e-9e siècle)

Unitaire biblique

Presbytérienne et quasi-Épiscopalienne

Baptême adulte

Oui

Oui

Oui

Quarto-décimane

Oui

Pauliciens

(4e-10e siècle)

Unitaire biblique

Quasi-militaire

Baptême adulte

Oui

Difficile à déterminer

Oui

Quarto-décimane

Oui

Vallenses ou Sabbatati Franco -Espagnol (Albigeois 9e-15e siècle)

Unitaire biblique

Français : Épiscopalienne non-hiérarchique Espagnol : Presbytérienne

Baptême adulte

Oui

Tout culte en secret durant la persécution

Oui

Quarto-décimane

Oui

Pré-Réforme centrale Vaudois Sabbatati

Unitaire biblique

Presbytérienne. Conseil de laïcs, synode de nombre égal

Baptême adulte

Oui

Tout culte en secret durant la persécution

Oui

Quarto-décimane

Oui

Post-Réforme centrale Vaudois

(16e siècle et après)

Quasi-Trinitaire

Mêlée jusqu'à leur extinction

Baptême adulte

Observance du dimanche après la Réforme

Non

Non

Pâques.

Crucifixion du vendredi résurrection du dimanche

Non

Sabbatati de l'Europe de l'Est (11e siècle et après)

Unitaire biblique

Presbytérienne sur base locale

Baptême adulte

Oui (Division du dimanche en 1579)

Oui

 

Oui

Quarto-décimane

Oui

Pré-Réforme Anabaptiste/

Lollards (à partir du 9e siècle)

Unitaire biblique

Presbytérienne.

Le groupe s'est divisé au 15ème siècle

Baptême adulte

Oui (Division du dimanche en 1579)

Aucun registre

Comme les Albigeois de la pré-Réforme

Quarto-décimane

Oui

Baptistes Post-Réforme

Mêlée (Premiers Baptistes du SJ Unitaires)

Mêlée

Baptême adulte

Mêlé

Non (certains BSJ observent les Fêtes)

Aucun registre

Pâques adoptées par plusieurs

Mêlé

Baptistes américains

(17e siècle et après)

Mêlée

Mêlée

Baptême adulte

Mêlé

Non

Aucun registre

Pâques adoptées par plusieurs

Mêlé

Adventistes du Septième Jour

(19e siècle)

Unitaire jusqu'à la Trinité adoptée en 1931-58 après Uriah Smith

Constitutionnelle Presbytérienne

Baptême adulte

Oui

 

Non

Acceptées mais pas observées

Pâques (crucifixion du vendredi) après la division de l'Église de Dieu (SJ)

Oui

Église de Dieu (SJ)

Caldwell Idaho était le plus correcte

Unitaire

en changement

Unitaire à Caldwell

Constitutionnelle Presbytérienne

Baptême adulte

Oui

 

Pas dans la Conférence de Denver

Correct à Caldwell

À quelques endroits

Caldwell avait les fêtes selon la Conjonction

Quarto-décimane

Oui

Église Universelle de Dieu (jadis Église de Dieu de la Radio)

Unitaire avec É. de Dieu (SJ) après division et jusqu'en 1955. Mêlée peu défini Unitaire/ Dithéiste/ Binitaire jusqu'en 1994. Multiples divisions

Constitutionnelle Presbytérienne après div. É de Dieu (SJ). Constitution et vote suspendus illégalement.

Maintenant une hiérarchie corporative comme la plupart des ramifications

Baptême adulte

Oui jusqu’en 1996. Vers l'observance du dimanche. Branches observent le Sabbat.

Non.

Quelques études bibliques aux Nouvelles Lunes, les mauvais jours, pour peu de temps

Oui.

Jamais

observé la Gerbe Agitée

Quasi-Quarto-décimane avec calendrier juif. Structure incorrecte de la Pâque. Non observée à certains endroits après 1996

Oui

Églises

Chrétiennes de Dieu

Unitaire biblique

Constitutionnelle Presbytérienne

Baptême adulte

Oui

 

Oui

 

Oui

 

Quarto-décimane

Oui

 

 

Annexe

 

L'Exposition Traditionnelle des Premiers Antitrinitaires et de l'Unitarisme

 

 

Dans la section 150 du Volume II, Schaff parle des classes d'anti-Trinitaires. Il inclut Alogi, Theodotus, Artemon et Paul de Samostata dans la première classe. À la page 572, il dit que :  

ces Antitrinitaires sont communément appelés Monarchiens de (monarchia) ou Unitaires, à cause de l'accent qu'ils ont mis sur l'unité numérique et personnelle de la Divinité.  

Mais nous devons faire attention de distinguer les deux classes opposées parmi eux : les Monarchiens rationalistes ou dynamiques, qui niaient la divinité de Christ ou l'expliquaient comme un simple "pouvoir" [dunamis] ; et les Patripassiens ou les Monarchiens modalistes, qui identifiaient le Fils avec le Père et admettaient au plus seulement une trinité modale,

 c'est-à-dire un mode de révélation à trois volets, mais non pas une tripersonnalité.  

La première forme de cette hérésie, impliquée dans le monothéisme juif abstrait, scindait déistiquement le divin et l'humain et s'élevait un peu au-dessus de l'Ébionisme.

 Après avoir été défaite dans l'église, cette hérésie a surgi à l'extérieur d'elle sur une plus grande échelle, comme une prétendue révélation, et avec un succès merveilleux dans le Mahométisme qui peut être appelé l'Unitarisme pseudo-Juif et pseudo-Chrétien de l'Est.  

La deuxième forme était issue de la conception plus élevée de la déité de Christ, mais en partie également des notions panthéistiques qui s'approchaient de la base du docétisme gnostique. 

L'une compromettait la dignité du Fils et l'autre, la dignité du Père ; pourtant, la dernière était de loin la plus profonde et la plus Chrétienne et, en conséquence, celle qui a reçu l'acceptation la plus grande.

 

On doit également se rappeler que Schaff est un Trinitaire et, en tant que tel, il argumente contre les vues de la théologie centrale qui lui étaient opposées. Son compte rendu est incomplet, comme nous le verrons. Schaff dit (à la page 573) que tous les Monarchiens de la première classe voyaient en Christ un simple homme, rempli de la puissance divine, mais qu'ils concevaient cette puissance divine comme étant opérationnelle en lui et ce, pas seulement du baptême, selon la vue Ébionite, mais du commencement et admettaient sa génération surnaturelle par l'Esprit Saint. Il énumère ensuite les classes de ces sectes, les Alogi et Theodotus. Le jeune Theodotus plaçait Melchisédek en tant que médiateur entre Dieu et les anges, au-dessus de Christ, le médiateur entre Dieu et les hommes (Schaff, p. 574). Ses disciples ont également été appelés Melchisédékiens. Schaff continue en énumérant les Artémonites, qui niaient la divinité de Christ et utilisaient Euclid et Aristote pour nier les mystères et s'opposer à l'utilisation du Platonisme afin d'expliquer les évangiles.

 

Schaff énumère également Paul de Samostata, l'évêque d'Antioche à partir de 260, comme le plus célèbre des Unitaires rationalistes.  

Il niait la personnalité du Logos et de l'Esprit Saint et les considérait de simples pouvoirs de Dieu, comme la raison et l'esprit chez l'homme; mais il reconnaissait que le Logos a demeuré en Christ dans une plus grande mesure que dans n'importe quel messager de Dieu avant lui. Il a enseigné, comme les Sociniens plus tard, une élévation progressive de Christ, déterminée par son propre développement moral vers la dignité divine. Il a admis que Christ est resté libre du péché, qu'il a conquis le péché de nos ancêtres et qu'il est ensuite devenu le Sauveur de la race (ibid.).

 

Schaff considère que ces types de Chrétiens étaient toujours présents comme Samostatiens, Paulianistes et Sabelliens. Cependant, il fait ici l'erreur de confondre sous le terme Monarchiens une variété de groupes contre lesquels la ERE (voir l'art. Monarchianism) met en garde, car cela confond les questions en la matière.

 

Dans sa deuxième classe d'anti-Trinitaires, Schaff inclut Praxeas, Nœtus, Callistus et Beryllus. Ici, nous semblons avoir un conflit entre Hugh Pope et les compilateurs de la ERE d'une part et Schaff d'autre part. Dans son sens classique, le Monarchisme est dérivé des Patripassiens à travers Nœtus et les Sabelliens sont leurs successeurs. Cependant, Schaff énumère les Sabelliens séparément à la section 152. C'était pour montrer l'erreur du Monarchisme et de la position d'Hippolytus dont l'œuvre a été citée dans l'étude La Première Théologie de la Divinité (No. 127). Ils enseignaient que le Dieu suprême, de son plein gré et par un acte de limitation personnelle, est devenu homme, de sorte que le Fils est le Père voilé dans la chair (Schaff, p. 576). Assez curieusement, la référence à la Monarchia est maintenant trouvée seulement dans le Trinitarisme, où les doctrines de la Monarchia et de la Circumincession déterminent les relations de la Divinité.

 

Le Sabellianisme a été retracé par Athanasius à la philosophie Stoïque et il refait souvent surface. Sabellius a plaidé pour une distinction de la monade et de la triade dans la nature divine. Ainsi, la révélation du Père a commencé non pas à la création, qui a précédé la révélation Trinitaire, mais à la transmission de la loi. La révélation du Fils a commencé à l'Incarnation et s'est terminée à l'Ascension. La révélation de l'Esprit Saint a commencé par l'inspiration et elle continue par la régénération et la sanctification. Il illustre la relation Trinitaire en comparant le Père au disque du soleil, le Fils à sa puissance lumineuse et l'Esprit à son influence chaleureuse (voyez également l'analogie de la bougie dans le Trinitarisme moderne). Il nie la permanence de la manifestation du Père et également du Fils et de l'Esprit Saint. Il fait des trois des phénomènes temporaires qui accomplissent leur mission et reviennent à la monade abstraite (voir Schaff, op, cit., pp 581-583 pour la doctrine). Ce système réapparaîtra dans le mouvement du Nouvel Âge, lié en tant que Théologie du Processus. Il est l'opposé du Subordinationisme enseigné par les apôtres, par les Unitaires Chrétiens de l'église primitive, par les Unitaires de la Réforme et par nous-mêmes.

 

Schaff a été moins qu'honnête dans son traitement des doctrines non-Trinitaires primitives. Il emploie le terme anti-Trinitaire, comme pour impliquer qu'il y avait une doctrine Trinitaire, alors qu'il n'y en avait pas. La Trinité n'a pas été formulée avant le Concile de Constantinople, en 381, et elle n'a pas été établie avant le Concile de Chalcédoine, en 451, quand un certain nombre d'églises importantes ont alors cessé leur association avec les Trinitaires. Il ne mentionne pas ces églises, ni la théologie des Premiers Apologistes, qui était Unitaire subordinationiste. Irénée est important, parce que c'est par lui que nous pouvons nous approcher le plus près de la théologie originale de Jean et de Polycarpe, par son exposition. Les histoires Trinitaires, que ce soit les Protestantes ou les Catholiques, admettent rarement la théologie, qui les réfute. Schaff emploie le terme Unitarisme dans son sens généralisé le plus large, tel qu'adapté par les Trinitaires, pour obscurcir les vrais conflits entre les deux parties, à partir du quinzième siècle. Sous l'ensemble général des Unitaires, les Trinitaires tentent de placer un amalgame généralisé de Modalistes ou de Monarchiens et leurs prédécesseurs les Patripassiens avec les Adoptionistes, les Melchisédékiens, les Juifs et les Musulmans, ainsi que les Chrétiens Unitaires qui ont été à l'origine du terme. Ceci obscurcit l'intention originale du terme. Il est plus correct de voir ces derniers comme des Monothéistes et les Unitaires comme une sous-catégorie du Monothéisme. Cependant, cela exclurait évidemment les Trinitaires; il n'est donc pas employé. 


  

 

CONCORDIAS

HECHAS, Y FIRMADAS

entre la jurisdicion Real, y

el Santo Oficio de la

Inquisicion.

DÉCLARATIONS, Actes et Édits de la Juridiction royale et le Saint-Office de l'Inquisition

 

Valencia, 1568 (collection de l'Auteur).


ÉDIT DE LA FOI

 

"Nous, Docteur Andres de Palacio, Inquisiteur contre l'hérésie et la perversité apostolique dans la ville et le royaume de Valence, etc. 

"À tous les fidèles Chrétiens, hommes et femmes, aumôniers, moines et prêtres de toute condition, qualité et degré; à qui l'attention à ceci aura comme conséquence le salut en notre Seigneur Jésus Christ, le vrai salut; qui êtes au courant que, par d'autres décrets et pénalités des révérends inquisiteurs, nos prédécesseurs, ils ont été avertis de se présenter devant eux, au cours d'une période donnée, et de déclarer et de montrer les choses qu'ils avaient vues, connues et entendues raconter à propos de toute personne, vivante ou morte, qui avait dit ou fait quoi que ce soit contre la Sainte Foi Catholique; qui avait cultivé et observé la loi de Moïse ou de la secte musulmane ou les rites et les cérémonies de celles-ci; ou commis divers crimes d'hérésie, en observant les soirées du vendredi et les samedi ; en portant du lin propre, les samedis, et en portant, ce jour-là, de meilleurs vêtements que les autres jours ; en préparant, les vendredis, la nourriture pour les samedis, dans des casseroles de cuisson sur un petit feu ; qui ne travaillent pas les vendredis soirs et le samedi, comme les autres jours ; qui allument des lumières dans des lampes propres avec des nouvelles mèches, les vendredis soirs ; qui placent des draps propres sur les lits et des nappes propres sur la table ; qui célèbrent le festival des pains sans levain en mangeant du pain sans levain, du céleri et des herbes amères ; qui observent le jeûne du pardon (jour des Expiations), où ils ne mangent pas pendant toute la journée jusqu'au soir après l'apparition des étoiles, quand ils se pardonnent les uns les autres et cessent leur jeûne ; et qui observent, de la même manière, les jeûnes de la Reine Esther, du tissabav et du rosessena ; qui prononcent des prières selon la loi de Moïse, en se tenant debout devant le mur, en se balançant et en faisant quelques pas en arrière ; qui donnent de l'argent pour l'huile pour le temple juif ou tout autre endroit secret du culte ; qui abattent la volaille selon la loi judaïque et s'abstiennent de manger de l'agneau ou tout autre animal qui est trefa ; qui ne désirent pas manger de porc salé, de lièvre, de lapin, d'escargots ou des poissons qui n'ont pas d'écailles ; qui baignent les corps de leurs morts et les enterrent dans un sol vierge, selon la coutume juive ; qui, dans la maison de deuil, ne mangent pas de viande mais du poisson et des œufs durs, assis à des tables basses ; qui séparent un morceau de pâte en cuisinant pour le jeter au feu ; qui deviennent ou en connaissent d'autres qui deviennent circoncis ; qui invoquent les démons et leur donnent l'honneur qui est dû à Dieu ; qui affirment que la loi de Moïse est bonne et peut apporter leur salut ; qui exécutent beaucoup d'autres rites et de cérémonies semblables ; qui affirment que notre Seigneur Jésus Christ n'était pas le vrai Messie promis dans les Écritures, ni le vrai Dieu, ni le fils de Dieu ; qui nient qu'il est mort pour sauver la race humaine ; qui nient sa résurrection et son ascension au ciel ; et disent que notre Dame la Vierge Marie n'était pas la mère de Dieu ou une vierge avant la nativité et par la suite ; qui disent et affirment beaucoup d'autres erreurs hérétiques ; qui déclarent que ce qu'ils avaient admis devant les inquisiteurs n'était pas la vérité ; qui enlèvent leurs robes de pénitence et ne demeurent pas dans la prison ni n'observent la pénalité imposée sur eux ; qui disent des choses scandaleuses contre notre sainte Foi Catholique et contre les fonctionnaires de l'Inquisition ; ou qui influencent tout infidèle qui pourrait avoir été attiré vers le Catholicisme à s'abstenir de se convertir ; qui affirment que le Saint Sacrement de l'autel n'est pas le corps et le sang véritables de Jésus Christ notre Sauveur, et que Dieu ne peut pas être omniprésent ; ou tout prêtre retenant cette opinion condamnable, qui récite et célèbre la messe, en ne prononçant pas les saintes paroles de la consécration ; qui disent et croient que la loi de Mahomet et ses rites et ses cérémonies sont bonnes et peuvent apporter leur salut ; qui affirment que la vie est seulement la naissance et la mort et qu'il n'y a pas de paradis ni d'enfer; et qui déclarent que pratiquer l'usure n'est pas un péché ; si un homme dont l'épouse est toujours vivante, se remarie ou une femme se remarie pendant la vie de son premier mari ; si quelqu'un connait ceux qui observent des coutumes juives et qui nomment leurs enfants la septième nuit après leur naissance et avec de l'argent et de l'or sur une table et observent avec plaisir la cérémonie juive ; et si quiconque sait que, quand quelqu'un meurt, ils placent une tasse d'eau et une bougie allumée et quelques napperons où le mort est décédé, et pendant quelques jours, n'y entrent pas ; si quelqu'un est témoin de l'effort d'un juif ou d'un converti de prêcher secrètement la loi de Moïse et d'en convertir d'autres à cette foi, en enseignant les cérémonies appartenant à cette même foi, en fournissant l'information quant aux dates des festivals et des jeûnes, en enseignant des prières juives ; si quelqu'un connait une personne qui essaye de devenir un Juif ou qui, étant Chrétienne, marche à l'étranger dans le costume d'un Juif ; si quelqu'un connait quiconque, converti ou autrement, commander que son vêtement soit fait de toile et non pas de lin, comme le font les bons Juifs ; si quelqu'un connait ceux qui, quand leurs enfants embrassent leurs mains, placent leurs mains sur la tête de leurs enfants sans faire le Signe (de la Croix) ; ou qui, après le déjeuner ou le dîner, bénissent le vin et le passent à tous autour de la table, laquelle bénédiction s'appelle la veraha ; si quelqu'un apprend que, dans une maison, les gens se rassemblent afin de participer à des services religieux ou lire la Bible en langue vulgaire ou accomplir d'autres cérémonies judaïques, et si quelqu'un sait que, quand quelqu'un est sur le point de partir en voyage, certaines paroles de la loi de Moïse lui sont adressées et une main est placée sur sa tête sans faire le Signe (de la Croix). Et si quelqu'un connait une personne qui a professé la foi mosaïque ou attendu l'avènement du Messie, en disant que notre Rédempteur et Sauveur Jésus Christ n'est pas venu et que maintenant Élie devait venir et les amener à la terre promise ; et si quelqu'un connait une personne qui avait prétendu entrer dans une transe et qu'elle avait erré au ciel et qu'un ange l'avait conduit dans des champs verts et lui avait indiqué que c'était la terre promise qui était préservée pour tous les convertis qu'Élie devait racheter de la captivité dans laquelle ils vivaient ; et si quelqu'un connait qu'une personne ou des personnes soit des enfants ou des petits-enfants de la personne condamnée, et étant disqualifiée(s), utiliser l'office public ou porter les armes ou être revêtue(s) de soie et de tissu fin ou ornementer leurs costumes avec de l'or, de l'argent, des perles ou toute autre pierre précieuse ou corail ou utiliser toute autre chose qu'elle(s) n'a(ont) pas le droit de posséder, étant disqualifiée(s) ; et si quelqu'un connait une personne qui possède ou a possédé toute marchandise confisquée, meuble, or, argent ou autres bijoux appartenant à ceux condamnés pour hérésie, qui devrait être apportée au récepteur des marchandises confisquées pour le crime d'hérésie. —Toutes ces choses, ayant été vues, entendues ou connues, vous, les fidèles Chrétiens mentionnés ci-dessus, avec des cœurs obstinés, avez refusé de les déclarer et de les exposer, considérablement au fardeau et au préjudice de vos âmes ; en pensant que vous avez été absous par les bulles et les indulgences émises par notre saint père, et par les promesses et les donations que vous aviez faites, pour lesquelles vous avez encouru la peine d'excommunication et d'autres pénalités graves en vertu de la loi statutaire ; et ainsi vous pouvez être traités comme ceux qui ont souffert l'excommunication et comme étant complices des hérétiques, de diverses manières; mais, si vous le désirez, agissez avec bienveillance et pour que vos âmes ne puissent être perdues, puisque notre Seigneur ne souhaite pas la mort du pécheur mais sa réforme et sa vie ; par ces présentes, nous enlevons et suspendons la censure promulguée contre vous par lesdits inquisiteurs précédents, à condition que vous observiez et vous vous conformiez aux termes de ce décret, par lequel nous vous demandons, vous recommandons instamment et vous commandons, en vertu de la sainte obéissance, et sous la pénalité de l'excommunication complète, dans les neuf jours suivant le temps où le présent décret vous aura été lu ou aura été porté à votre attention de n'importe quelle façon, d'affirmer tout ce que vous savez, avez vu, entendu, ou entendu dire de n'importe quelle façon à propos des choses et des cérémonies mentionnées ci-dessus, et de vous présenter personnellement devant nous pour déclarer et exposer ce que vous avez vu, entendu, ou entendu dire secrètement, sans avoir parlé précédemment avec aucune autre personne, ou sans porter de faux témoignage contre qui que ce soit. Autrement, la période ayant passé, les remontrances canoniques ayant été répétées conformément à la loi, des démarches seront entreprises pour distribuer et promulguer la peine d'excommunication contre vous, dans et par ces documents ; et par une telle excommunication, nous commandons que vous soyez publiquement dénoncés ; et si, après une autre période de neuf jours, vous persistez dans votre rébellion et excommunication, vous serez excommuniés, rendus anathèmes, maudits, isolés et séparés, en tant qu'associés du diable, de l'union avec, et de l'inclusion dans, la sainte Mère-l'Église et de ses sacrements. Et nous commandons les curés, les recteurs, les aumôniers, et les sacristains et toutes les autres personnes religieuses ou ecclésiastiques de considérer et de traiter la personne mentionnée ci-dessus comme excommuniée et maudite pour avoir encouru la colère et l'indignation du Dieu Tout-Puissant et de la glorieuse Vierge Marie, Sa Mère, et des apôtres béatifiés Saint Pierre et Saint Paul, et de tous les saints de la Cour céleste ; et que sur de telles personnes rebelles et désobéissantes qui cacheraient la vérité concernant les choses mentionnées ci-dessus, tombent les fléaux et les malédictions qui sont venus sur le Roi Pharaon et son armée pour ne pas avoir obéi aux commandements divins ; et que la même pénalité d'excommunication divine les entourent, comme elle a entouré les habitants de Sodome et de Gomorrhe, qui ont tous péri par les flammes ; et de Dathan et d'Abiram qui ont été engloutis dans la terre pour les grandes délinquances et les grands péchés qu'ils ont commis dans la désobéissance et la rébellion contre notre Seigneur Dieu ; et qu'ils soient maudits en mangeant et en buvant, au réveil et dans le sommeil, en venant et en allant. Maudits soient-ils dans la vie et la mort, et qu'ils soient endurcis à jamais afin que leurs péchés et le diable soient comme leur main droite pour toujours ; que leur vocation soit pécheresse et que leurs jours soient peu nombreux et mauvais ; que leur substance soit pour la jouissance des autres et que leurs enfants soient des orphelins et leurs épouses des veuves. Que leurs enfants soient à jamais dans le besoin et que personne ne les aide ; qu'ils soient chassés de leurs maisons et dépossédés de leurs biens par les usuriers ; et qu'ils ne trouvent personne ayant de la compassion pour eux ; que leurs enfants soient ruinés et bannis et leurs noms également ; et que leur méchanceté soit toujours présente dans la mémoire divine. Que leurs ennemis les vainquent et les dépouillent de tout ce qu'ils possèdent dans le monde ; et qu'ils  errent de domicile en domicile sans secours. Que  leurs prières soient tournées en malédictions ; et maudits soient le pain et le vin, la viande et le poisson, les fruits et toute autre nourriture qu'ils mangent ; de même que les maisons qu'ils habitent et les vêtements qu'ils portent, les bêtes sur lesquelles ils montent et les lits sur lesquels ils dorment, et les tables et les nappes sur lesquelles ils mangent. Maudits soient-ils à Satan et à Lucifer et à tous les diables en enfer et que ceux-ci soient leurs seigneurs et les accompagnent de nuit et de jour. Amen. Et si une personne encourant lesdites excommunications et malédictions devait persister dans ces choses pour l'espace d'une année, elle devrait être considérée elle-même comme un hérétique et sera poursuivie par la même procédure que celle utilisée contre les hérétiques ou les suspects du crime d'hérésie. Donné  le _____ mars, en l'an de notre Seigneur Dieu, mille cinq cent douze.

 

Nullus omoveat sub pena excommunicationis.

 

(Article : La confession faite au confesseur pour obtenir l'absolution de la pénalité de l'excommunication à laquelle l'hérétique pourrait être sujet, à partir du temps où le crime est commis, ne vaut rien). 

(Article: Tous ceux qui savent quoi que ce soit à propos des choses mentionnées dans cet édit ou à propos d'autres hérésies et qui ne se présentent pas pour les dénoncer et les déclarer, sont excommuniés par la présente et ne peuvent pas être absous par leurs confesseurs).

 

El doctor                      De Mandato sue

Palacio, inquisidor.      Reverende paternitatis,

                                     Petrus Sorell, notarius

  

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